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6 avril 2009

Giros negros

Enrique Serna
Ediciones Cal y arena, 2008, México

Según el autor el término Giros negros fue creado para “designar los puestos de fayuca, les garitos clandestinos, los expendios de drogas y los antros de putas con bebidas adulteradas.” Escogió este término para crear una rúbrica publicada en la revista mexicana de literatura Letras Libres, después continuó escribiendo sobre el tema en otras revistas como Nexos, Confabulario y Crítica. Este libro es una compilación de esas crónicas cuyo objetivo es describir el espíritu de una época en México. Crónicas organizadas en ocho partes. Todas relacionadas a la descripción de una forma de pensar de actuar del mexicano. Algunos ejemplos con respecto al idioma y los sueños y a las canciones rancheras y a los boleros:
 

“Cada lengua configura la realidad y divide el tiempo de manera distinta. En inglés, por ejemplo, no hay tiempos imperfectos y para expresar la idea de permanencia en el pasado es preciso recurrir a perifrasis como used to. En los idiomas donde el tiempo no se puede abolir, la experiencia del sueño se difumina al abrir los ojos. Nosotros en cambio, hablamos y pensamos en una lengua que fue creada ex profeso para conjugar el tiempo suspendido del inconsciente. Por algo dijo Carlos V que el español es la mejor lengua para hablar con Dios. Más que un accidente gramátical, el uso del pretérito imperfecto en la narración de los sueños parece un mensaje cifrado con que el genio del idioma quiere revelarnos algo, pues confirma la creencia, compartida por todas las religiones, de que el tiempo onírico es el único tiempo real.”
 

“Por temor al sufrimiento, los hombres y las mujeres ligth prefieren evitar los altibajos de la pasión…sin tomar en cuenta que al privarse de ese riesgo se privan también de una existencia más plena… Existe un tercer camino para exprimir la sustancia de la vida sin resecarla: disfutar al máximo las alegrias y saborear golosamente las penas, como los grandes compositores de boleros y canciones rancheras”. “Casi todas las canciones celebran una ruptura desgarradora o la traición de una ingrata. Como festejar los descalabros del corazón denota, cuando menos, una mentalidad tortuosa y derrotista….Sin duda, hay algo impúdico y grotesco en cantar a lágrima viva:

Maldito corazón
me alegro que ahora sufras
que llores y te humilles
ante este gran amor.

Pero sin haber alcanzado esa tesitura emotiva, ¿quién puede asegurar que de verdad está vivo?” Finalmente, no hay que olvidar que Enrique Serna nos confiesa que ha escrito este libro con el ánimo festivo y chocarrero del espectador que asiste a una carpa.

Vean cantado a Pedro Infante "Fallaste corazón" y otras canciones.


 
Des cours des miracles
Cal y arena, 2008, México (pas encore traduit)

Selon l’auteur le terme Giros negros a été crée pour désigner "les points de vente des marchandises de contrebande, les commerces clandestins, les endroits pour vendre de la drogue et les maisons closes où on vend des alcools frelatés". Il a choisi ce terme pour créer et entretenir une rubrique publiée dans le magazine de littérature mexicain Letras Libres, il a continué d’écrire après sur le sujet dans d’autres revues telles que Nexos, Confabulario et Crítica. Ce livre est une compilation de ces chroniques dont l’objectif est de décrire l’esprit d’une époque au Mexique. Elles sont organisées en huit parties, chacune étant la description d’une manière de penser et d’agir des mexicains, avec quelques exemples par rapport à la langue et aux rêves, et par rapport aux chansons rancheras ou boléros.
 

"Chaque langue configure la réalité et divise le temps de manière distincte. En anglais, par exemple, il n’a pas de conjugaison à l’imparfait et pour exprimer l’idée de permanence dans le passé, il est nécessaire d’utiliser des périphrases comme used to. Dans les langues ou le temps ne peut être ignoré, l’expérience du rêve se diffuse au réveil. Nous, par contre, nous parlons et nous pensons dans une langue qui a été créée ex profeso pour conjuguer le temps suspendu de l’inconscient. Ce n’est pas pour rien que Charles V a dit que l’espagnol est la meilleure langue pour converser avec Dieu. Plutôt qu’un accident grammatical, l’utilisation du prétérit imparfait dans le récit des rêves apparaît comme un message chiffré avec lequel le génie de la langue veut nous révéler quelque chose, car il confirme la croyance, partagée par toutes les religions, de que le temps onirique est le seul temps réel ".
 

"Par crainte de la souffrance, les hommes et les femmes ligth préfèrent éviter les vicissitudes de la passion…sans prendre en compte le fait que au moment de se priver de ce risque ils sont en train de se priver aussi d’avoir une existence plus remplie… Il existe un troisième chemin pour presser la substance de la vie sans la dessécher : profiter au maximum des joies et savourer avec gourmandise les peines, comme cela a été fait par les grands compositeurs de boléros et des chansons rancheras. Presque toutes ces chansons célèbrent une rupture déchirante ou la traîtrise d’une ingrate. Comme le fait de fêter les blessures du cœur montre, du moins, une mentalité tortueuse et en déroute ….Sans aucun doute, il y a quelque chose d’impudique et grotesque dans le fait de chanter et pleurer à chaudes larmes :

Mon cœur maudit
je suis ravi de que tu souffres,
que tu pleures et que tu t’humilies
devant ce grand amour.

Mais sans avoir jamais réussi à atteindre ce nirvana émotif, qui peut prétendre dire qu’il est vraiment en vie ?"Finalement, il ne faut pas oublier que Enrique SERNA avoue qu’il a écrit ce livre avec l’état d’esprit joyeux et plaisantin du spectateur présent au cirque.

ROB.

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