18 février 2014

Mi hermanita Cristina, una niña chamula

Texte et Photos : Xunka’ López Díaz
Texte : Lourdes de León Pasquel
Coordination : Carlota Duarte

2000, édité par le Consejo Estatal para la Cultura y las Artes de Chiapas
Et le soutien de
Ciesas, Archivo fotográfico indígena, Conaculta Chiapas

L’histoire de "ma petite sœur Cristina", une enfant chamula est le témoignage d’une fratrie d’indiens tzotzil, du village de dans les environs de San Juan Chamula, sur les hauts-plateaux du Chiapas (sud du Mexique). En quelques photographies du quotidien, l’auteur décris la vie d’une petite fille dans les années 1990, de ses vêtements, de ses repas, de ses activités et de sa famille. Dans le texte, Cristina se raconte, parle de ses frêres et sœurs, de sa maman et de ses amies. Le livre est origial par plusieurs aspects. Tout d’abord, il résulte du travail de la sœur de Cristina, Xunka’, photographe, qui a su saisir des instantanés très parlants et très évocateurs de la vie de sa famille, ces scènes de vie sont donc vues de « l’intérieur ». Ensuite, il est édité en trois langues, espagnol, anglais et tzotzil. On peut ainsi mesurer l’éloignement grammatical, syntaxique et linguistique du tzotzil des langues européennes.

Un peu de vocabulaire


La langue tzotzil, que parlent les indiens Chamulas, appartient aux langues mayas, du groupe tzeltal-chol, langue parlée par environ 400 000 personnes au Mexique. Les Chamulas, dont le centre le plus connu est San Juan Chamula, à coté de San Cristobal de las Casas, sont des artisans réputés et leurs productions (tissages, vêtements, jouets, bijoux, animaux en terre cuite, poterie …) font le bonheur des touristes de passage. Commerçants avisés, on les rencontre fréquemment loin de leur village, que ce soit à la capitale Mexico ou dans les stations balnéaires du Yucatan. Les tenus des femmes sont caractéristiques, un chemisier (blusa*) le plus souvent bleu ciel mais parfois blanc, brodé de rose et de blanc. Effet de mode, j’ai rencontré en janvier 2014 des indiennes chamulas en chemisier violet ?

Tresses
 

Dans la deuxième partie de l’ouvrage, Xunka’ (équivalent de Juana en espagnol) nous parle de sa vie et des moments forts qui l’ont jalonné. Elle revient à travers sa propre expérience sur les fréquentes querelles religieuses entre catholiques et sectes protestantes inspirées des églises étasuniennes. Il n’est pas rare qu’à l’occasion de ces conflits, des familles entières soient chassées de leur village, quand ça ne fini pas en affrontement armé, machettes voire armes à feu. C’est ce qui est arrivé à la famille de Xunka’, obligée de s’établir à San Cristobal. Les indiens qui conservent un syncrétisme religieux mélangeant divinités mayas et saints catholiques acceptent mal que d’autres écoutent différemment la palabra de Dios. En plus des lois fédérales mexicaines, des lois du Chiapas, les Chamulas et les autres communautés respectent d’abord les autorités coutumières et les lois traditionnelles. Les préceptes de la bible interprétés selon des visions adventistes, pentecôtistes ou autres, sont incompatibles avec ces coutumes. On assiste également depuis quelques années à l’émergence du culte musulman et à la conversion de quelques centaines d’indiens autour de San Cristobal. Enfin, pour être exhaustif, il faut souligner que les divisions politiques du Mexique se retrouvent aussi chez les Chamulas, et que le PRI (Partido Revolucionario Institucional) a largement utilisé la corruption afin de s’assurer le soutien des caciques. Tous ces facteurs contribuent à de fortes tensions intra-communautaires.

Les chamulas, dont les villages se sont retrouvés au cœur du soulèvement zapatiste de 1994, ont adapté leur artisanat à cet évènement en popularisant des poupées de tissus, figurant le Sous-commandant Marcos, et masquées comme les zapatistes. Comme la plupart des ethnies mexicaines, ils doivent faire face à une déconsidération de la part de certains mexicains, notamment les coletos, les grands propriétaires terriens et éleveurs qui voudraient s'approprier leurs petites terres éjidales (de ejidos, terrains dont la propriété est collective). Les Chamulas et les autres indiens du Chiapas ont également été très souvent les victimes de groupes paramilitaires comme lors du massacre d’Acteal le 22 décembre 1997, quand des "anti-zapatistes" ont attaqué une communauté sans que l'armée mexicaine, présente sur les lieux, n'intervienne.

Chapitre 1 :
Yo me llamo Cristina López Diaz. Tengo nueve años. Tengo cuatro hermanas mayores que se llaman Xunka’ Maria, Rosa y Martha. También tengo cuatro hermanc Juan, Mateo, Samuel y Pablo. Sé tomar fotos y me gusta tomar de todo. Me gusta jugar con mis hermanas y mis amigas. Todavia no sé hacer la comida. Mi mamá y mis hermanas la hacen. Me gusta comer de todo, mi favorita las verduras. Me gusta jugar poquito en casa. Me gusta mi ropa tradicional y no quiero cambiarla. Sé tejer pulseras. Mi hermana me enseñó, Lavo mi ropa poquito con mis hermanas y mi mamá. Trenzo mi pelo Mis hermanas bordan mi blusa y tejen mi falda. Me gusta ir al mercado a pasear y ayudar a mi mamá. Mi mamá vende en el mercado, tiene puesto. Me gusta ir pasear en el parque con mis hermanas y mi mamá. Me gusta estudiar.


L’auteur :

Xunka’ López Díaz, indigène Tzotzil est née en 1971 à Joltzemen, dans les environs de San Juan Chamula (Chiapas – Mexique). Elle a débuté ses travaux de photographe en 1996. Actuellement elle fait partie du groupe des Archives photographiques indigènes. Elle vit avec sa famille à San Cristobal de las Casas (Chiapas).


Une photo de Cristina prise par Xunka’ a servi à illustrer l’agenda 2003 de Nosotros vistos, Niños de Chiapas.

 
 
Crédits de l'ouvrage
 
 
* Pour en savoir plus sur les chemisiers (blusas) des indiennes Chamulas : une exposition au musée Na Bolom de San Cristobal de las casas.
 
PhH 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire