29 janvier 2015

Las 24 horas del cómic en Mexico DF

Las 24 horas del cómic es un evento ineludible por todos los aficionados de cómic. Tras ocho años colmados de éxitos, el principio de creación ideado por el americano Scott McCloud (crear una historieta de 24 páginas, portada incluida, en un plazo récord de 24 horas), llega por primera vez a México. El evento publico se llevo del martes 27 de enero al miércoles 28 de enero en la Casa de Francia (Havre 15).
 
Concepto del evento
Crear una historieta de 24 páginas, portada incluida, en un plazo récord de 24 horas bajo, con el tema anunciado el mismo día del evento.

Requisitos
Evento abierto a todos los apasionados de novela gráfica, aficionados, estudiantes y profesionales (de acuerdo a la categoría seleccionada en su registro).

Tema
Realice un cómic de 22 páginas, una portada y una contraportada a partir de un suceso leído en la prensa
Porque no fue autorizada a tomar el avión con su cachorro,
ahogó al animal en un baño del aeropuerto.

El cómic alternara una viñeta sin texto y una viñeta con texto.
C'est parti pour les 24 heures de la BD ou Las 24 horas del cómic à la Casa de Francia. Défi des dessinateurs : réaliser une bande dessinée de 24 pages en 24 heures en partenariat avec le festival d'Angoulême qui accueille pour la première fois un stand de dessinateurs mexicains.

Les 24 heures de la BD (Las 24 horas del cómic) se déroulent en ce moment jusqu'à demain mercredi 8h. La Casa de Francia reçoit environ vingt dessinateurs qui ont accepté le défi lancé par le festival de la BD d'Angoulême pour créer une bande dessinée de 24 pages dans un délai record de 24 heures !

Cet évènement arrive pour la première fois au Mexique et marque le commencement du festival d'Angoulême reconnu internationalement. De l'autre côté de l'Atlantique, Apolo Cacho et Salvador Jacobo, deux artistes mexicains dans une résidence à Angoulême travaillent sur le même défi et sont en communication permanente avec les dessinateurs présents à Mexico.

La BD mexicaine ou "roman graphique" (novela gráfica) possède même pour la première fois un stand à l'édition 2015 du festival grâce à la présence des dessinateurs Jis et Trino.
Ces deux dessinateur donneront une conférence  (Conservatoire - Salle Brassens ) le samedi 31 janvier.
 
Source : Le petit journal Festival d'Angoulême


Jis es un caricaturista mexicano nacido en Guadalajara en 1963, con el nombre de José Ignacio Solórzano.
José Trinidad Camacho Orozco (Guadalajara, 1961) es un caricaturista e historietista mexicano, más conocido por su nombre artístico Trino. Dueño de un humor ácido y directo, sus caricaturas abarcan muy distintas temáticas, desde el chiste infantil hasta la crítica política más cruda.


Jis & Trino en Mexicali, 2014

20 janvier 2015

La route de Santa Anna

Serge Brussolo
éditions Le Masque, 10/2014

Présentation de l'éditeur
Markh est un cascadeur hors-pair, un fou du volant. Il est recruté par un trafiquant de drogue qui a une idée tellement délirante qu’elle devient plausible. Au Texas, à la frontière mexicaine, se dresse de part et d’autre du Rio Grande un monument dédié à l’amitié entre les deux pays : il s’agit d’une rampe de lancement en béton, comme un pont auquel il manquerait la partie centrale. Markh, au volant d’une voiture au moteur gonflé à l’oxyde nitrique, doit s’élancer côté américain, récupérer des millions de dollars et faire le trajet inverse. L’opération se prépare minutieusement et promet d’être un succès. C’est sans compter la présence d’une famille de losers qui vivent non loin de là dans un mobil-home : Grand’Pa Julius, un ancien para tyrannique, Wichita, sa belle-fille, qui rêve de refaire sa vie à Hollywood, sa fille Sue, qui travaille comme gardienne du monument, et Timmy, le petit frère un peu débile. Alors qu’ils ont décidé de braquer la voiture avec le magot, tout tourne au vinaigre et le cartel mexicain va se mettre à régler des comptes… 


L'auteur
Conteur doué d'une imagination surprenante et d'un époustouflant sens de l'intrigue, il s'épanouit dans la littérature criminelle et trouve son inspiration dans les "aberrations sociologiques" de nos sociétés. Il a reçu le Prix du Roman d'Aventures en 1994 pour "Le Chien de minuit" paru au Masque et son roman "Conan Lord, carnets secrets d'un cambrioleur" a été élu Masque de l'année 1995. Ses thrillers explorent le suspense sous toutes ses formes, conciliant roman noir et énigme classique, thriller international et machinations savantes.
Source


C’est un thriller déjanté (d’autant que c’est une voiture qui guide un peu la trame), qui se passe sur la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, au Texas. Sous le prétexte de construire un monument commémorant Alamo et l’amitié entre les deux pays, on va ériger une construction à cheval sur les deux côtés de la frontière. Le concept de l’amitié, entre mexicains et gringos, réunis autour du souvenir d’Alamo est déjà un premier trait d’humour, peut être involontaire de la part de l’auteur d’ailleurs. On comprend mieux, quelques chapitres plus loin, quand on apprend les conditions de financement et de réalisation du monument.

L’humour noir, volontaire, est posé avec les protagonistes. D’une part, une famille à la dérive composée d’un ancien des services secrets, de sa belle fille au sang indien et de ses enfants, deux adolescents qui se débrouillent comme ils peuvent, Timmy, le plus jeune, étant légèrement attardé suite à une chute en skate-board. C’est cette bande de pieds-nickelés, domiciliée dans un campement de mobil-homes, qui va défier un cartel mexicain, organisation maffieuse dont la réputation sordide est amplement méritée, maniant la violence aveugle, et disposant d’une fortune considérable, ce qui lui permet de pousser la corruption jusqu’à des niveaux extrêmement élevés. Au milieux de cette confrontation, un pilote de rallyes madmaxiens, aux commandes d’un véhicule batmanien, va risquer sa peau pour des livraisons transfrontalières. Quelques personnages hauts en couleurs gravitent autour de ce noyau et donnent sa structure étoffée à l’intrigue.

Le bouquin est indéniablement prenant, la psychologie des personnages est affutée et éclairée sous plusieurs angles, au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire, ce qui réserve quelques grosses surprises. Fidèle à son habitude, Brussolo ménage suspens et rebondissements jusqu’à la dernière ligne. Ou pourra néanmoins reprocher au livre quelques extravagances difficiles à croire et qui nuisent un peu à la crédibilité de l’ensemble. Et puis surtout, on reste sur sa faim à cause d’une fin un peu expédiée, laissant une impression d’inachevé, à moins que l’auteur n’est déjà prévu d’autres aventures pour ses protagonistes ?

PhH

14 janvier 2015

Le rêve mexicain

Jean-Marie Le Clézio
Gallimard, 1988
Folio essais 1990

Présentation de l'éditeur
Au cours du mois de mars 1517 les ambassadeurs de Moctezuma, seigneur de Mexico-Tenochtitlan, accueillent le navire de Hernan Cortés en "mangeant la terre", selon le rituel de bienvenue réservé au dieu Quetzalcoatl, et cette rencontre initie l'une des plus terribles aventures du monde qui s'achève par l'abolition de la civilisation indienne du Mexique, de sa pensée, de sa foi, de son art, de son savoir, de ses lois. Dans cet affrontement, l'un représente la magie, la ferveur religieuse, le doute, tandis que l'autre apporte la certitude et la puissance de l'Europe conquérante. De ce choc des mondes vont naître les siècles de colonisation, c'est-à-dire, grâce à la force de travail des esclaves et à l'exploitation des métaux précieux, cette hégémonie de l'Occident sur le reste du monde, qui dure encore aujourd'hui. Alors commence le rêve, comme un doute, comme un regret, qui unit les vainqueurs et les vaincus à la beauté et aux forces secrètes du Mexique. Rêve du soldat Bernal Diaz del Castillo, témoin des derniers instants du règne orgueilleux des Aztèques, rêve de Bernardino de Sabagun devant les ruines de la civilisation et la splendeur des rites et des mythes qui s'effacent, rêve sur les paroles prophétiques de Nezahualcoyotl, le roi-poète de Tezcoco. Rêve qui s'achève dans la mort des dernières nations nomades du nord et du nord-ouest - les "barbares", Chichimèques, Tepehuanes, Seris, Yaquis, Apaches. Rêve que poursuit Antonin Artaud, jusque dans la Montagne des Signes, au pays des Indiens Tarahumaras. Le rêve mexicain, c'est cette question aussi que notre civilisation actuelle rend plus urgente : qu'aurait été notre monde, s'il n'y avait eu cette destruction, ce silence des peuples indiens ? Si la violence du monde moderne n'avait pas aboli cette magie, cette lumière ?

« Le rêve mexicain ou la pensée interrompue » est un essai écrit par Jean-Marie Le Clézio. Ce livre a été publié en 1988 dans la collection Folio Essais.
L’auteur, un grand connaisseur du Mexique et de son histoire, s’interroge, comme beaucoup d’entre nous, sur la brutale disparition des grandes cultures et civilisations indiennes de Mesoamérique au XVIe siècle et bien évidemment, principalement, sur l’anéantissement de la civilisation mexica de l’actuel Mexique par les conquérants espagnols. Le Clézio s’intéresse de près aux personnages du capitaine Hernan Cortés, conquistador espagnol, de La Malinche interprète indigène et compagne de Cortés, de Moctezuma II, empereur régnant à l’arrivée des espagnols et du courageux résistant Cuauhtémoc, le dernier des empereurs aztèques. Ces personnages furent les acteurs principaux de la conquête du Mexique à partir de 1519.
Dans « l’Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle Espagne » Bernal Diaz del Castillo, compagnon lettré d’Hernan Cortès, donne sa version des faits de façon détaillée ce qui, pour Le Clézio, est une excellente source d’informations.
L’auteur imagine ce que seraient devenues ces civilisations amérindiennes si elles n’avaient pas été réduites brutalement au silence. Comment la pensée indigène aurait pu influencer nos civilisations occidentales.
Voici des questions récurrentes pour ceux qui sont en désaccord avec l’idéologie de la colonisation qui, trop souvent, extermine des êtres humains et leurs pensées et détruisent de magnifiques civilisations.

Ch. Bertheuil