Silvia Moreno Garcia traduit de l'anglais par Olivier Debernard éditions Bragelonne, 01 - 2024
Présentation de l'éditeur
Mexique, années 1920. Le Jazz Age bat son plein, mais Casiopea Tun est
trop occupée à récurer les sols de la maison de son richissime
grand-père pour répondre à son appel. Elle rêve pourtant d’une vie loin
de sa petite ville du sud du Mexique. Une vie dont elle serait
maîtresse.
Cet avenir semble aussi inaccessible que les étoiles
jusqu’au jour où elle découvre un mystérieux coffre en bois dans la
chambre de son grand-père. C’est ainsi qu’elle libère – bien malgré
elle – l’esprit d’un dieu de la mort maya. Un dieu qui lui demande de
l’aider à récupérer le trône qui lui a été volé par son traître de
frère. Un échec signifierait la mort, mais réussir permettrait à
Casiopea de réaliser tous ses rêves…
En compagnie de ce dieu
étrangement séduisant, et usant de son esprit aiguisé, Casiopea se lance
dans un périple à travers son pays, des jungles du Yucatán aux lumières
éblouissantes de Mexico… en passant par les noires profondeurs du monde
des morts maya.
Informations ISBN : 979-10-281-1235-6 Nombres de pages : 312 Prix : 12,99 €
production Ocesa Teatro, de Jose Manuel Lopez Velarde, Morris Gilbert y Federico González Compeán - 2011
avec Leticia Lopez (Paloma), Mariano Palacios (Jose Alfredito), Juan Navarro (El rey) et 29 autres acteurs.
Si nos dejan est avant tout un hommage à la chanson ranchera, à la epoca de oro du cinéma mexicain et à la culture mariachi.
C'est l'histoire de Paloma et Jose Alfredito et de leurs amours compliqués et contrariés, notamment par le père de Paloma, El Rey, qui va imposer ses prétentions matrimoniales à sa fille, dans un grand numéro de machisme, avant que ses manoeuvres soient déjouées par sa propre épouse. Si le scénario est classique et les rebondissements habituels, on est tout de même séduit par une mise en scène originale qui allie très bien tradition et modernité. Les acteurs/chanteurs sont excellents, ainsi que l'orchestre mariachi (11 interprètes) qui les accompagne. Faisant la part belle aux années 50/60, aux chansons de Jose Alfredo Jiménez et à tout le catalogue ranchero mais aussi Augustin Lara, Pepe Guizar, Gonzalo Curiel, Joan Sebastian et Cuco Sánchez entre autres. La trame suit aussi quelques films célèbres et des scènes culte du patrimoine mexicain. A noter aussi un passage inattendu et étonnant. Au cours d'une péripétie, le héros vient à mourir. Mais, magie (sorcellerie) et surréalisme obligent, on parvient à le ressusciter. Le public profite ainsi d'une scène dans l'inframonde, mélange des limbes chrétiens et de mythologie préhispanique, et qui lui permet d'entendre une belle version de la Llorona, créature légendaire pour laquelle il existe plusieurs explications, la plus répandue étant celle d'une mère cherchant ses enfants.
Ces moments tragiques ne durent guère et sont rapidement équilibrés par des scènes parodiques de la vie des charros et leurs excès de caractère. Le coté comique est également assuré par les chistes et l'utilisation de espanglish comme ce personnage qui va faire du bisnes.
Les costumes sont très colorés et nous plongent remarquablement dans les ambiances successives, qu'elles soient géographiques ou temporelles, avec beaucoup d'authenticité.
Si nos dejan a manifestement une touche de nostalgie, c'est un Mexique heureux qui est célébré, une culture riche et multiformes qui a tendance à disparaitre. Nostalgie aussi car toutes ces chansons illustrent la plupart du temps des situations délicates, des déceptions, désillusions, angoisses, comme exprimées dans Ella, Volver volver et tant d'autres. Mais loin d'être un spectacle folklorique, la pièce célèbre un Mexique vivant à travers sa musique, son cinéma, ses coutumes (y compris le malinchisme), c'est l'album photo d'une époque particulièrement intense d'un pays pour lequel on peut dire : "deux comme ça, il n'y en a pas" (como Mexico, no hay dos).
Ella - Jose Alfredo Jiménez
Pasillo del teatro, centro cultural Telmex, Mexico DF