Affichage des articles dont le libellé est Cortés. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cortés. Afficher tous les articles

13 septembre 2025

Mémoires de Cortés

Christian Duverger
éditions Fayard, 08 - 2025

 

Présentation de l'éditeur

César des Amériques, guerrier, aventurier, tel fut Hernán Cortés, figure emblématique du conquistador. Mais ne fut-il que cela ? Et que nous dirait-il de lui-même ?
Fascination pour Moctezuma, profond amour pour Marina, Indienne nahua qui lui donnera un fils, intérêt pour la langue et la civilisation indigènes, apologie du métissage : c’est un homme qui semblait rêver d’une rencontre entre les peuples plutôt que de conquêtes qui s’exprime ici.
Est-il trop indulgent avec lui-même ? Peut-être.
Pourtant l’histoire n’est pas faite que de batailles et de luttes de pouvoir. Dans le cœur et l’esprit des hommes se jouent bien d’autres choses. Ce roman à la fois historique et philosophique imagine la vaste méditation d’un homme au crépuscule d’une vie qui fut tout sauf ordinaire.
Si les faits demeureront toujours les faits, la littérature peut toutefois tenter de s’aventurer dans l’intériorité des êtres – comme un explorateur en territoire inconnu. 


Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur 

Informations
ISBN : 9782213733548
Pages : 408
Prix : 24,90 €

Lire les premiers chapitres en ligne  sur la liseuse Hachette 


👉 Mémoires de Cortés, portrait d'un conquistador par son fils, sans retenue
Loin du mythe, Christian Duverger prête à Hernán Cortés une voix intime, façonnée d’orgueil, de nostalgie et d’autojustifications. Une plongée littéraire dans l’esprit du conquistador, entre grandeur, mauvaise foi et aveux partiels.
Avant-critique de Victor de Sepausy sur le site Actualitté


👉 Hernan Cortés, le conquistador du Mexique
Célèbre pour avoir soumis les Aztèques à l’autorité chrétienne espagnole, Hernan Cortés avance dans les traces de Christophe Colomb. Son ambition le conduira à faire chuter un empire et à rapporter sur le Vieux Continent des quantités considérables d’or. 
Un portrait par la rédaction du magazine Géo (2023)

👉 L'avis de Lectures mexicaines :
Le bouquin est littérairement séduisant. Très bien écrit, avec de l’action, de l’aventure, de l’exotisme, du romantisme (discret), de la violence (pas trop), le style de l’auteur rend bien compte de la vie mouvementée de Cortés. Il est construit sur la même architecture que « Les mémoires d’Hadrien » de Marguerite Yourcenar. Il s’agit d’une vraie/fausse autobiographie du conquistador. Son immense défaut est qu’elle est donc entièrement à sa gloire. A la manière de César dans « La guerre des Gaules », tout est tourné à son avantage. Batailles gagnées facilement, femmes séduites sans coup férir, adversaires soumis en quelques formules, religion réduite en quelques imprécations. … Toutes ses décisions sont éclairées, sages, non-contestées et bien sur efficaces. On est donc loin, parfois très loin de la réalité. Centré sur la prise de l’empire Aztèque puis de sa colonisation, il est fait peu de cas des massacres (celui de Cholula par exemple), des viols, des vols, des destructions, des exécutions sommaires, des conversions forcées, des mensonges, des trahisons … Même la Noche triste (30 juin 1520) devient à peine un incident de parcours. Si Duverger est un historien spécialiste de Cortés, il joue dans ce roman avec quelques faits historiques largement interprétés et il y a des anecdotes totalement farfelues comme celle de l’axolotl de François 1er. Idem pour Californie qui selon Cortés vient du mot califat et renvoie à l'occupation maure de l'Andalousie alors que le nom vient soit de Calafia, (mythique amazone) soit de caliente fornalia (four chaud). Si la violence est contenue, parti pris assumé, il occulte plus volontiers celle des Espagnols pour revenir assez souvent sur l’anthropophagie des indiens. Si une anthropophagie rituelle lors des sacrifices est établie, les historiens la prêtent le plus souvent au clergé et aux castes dirigeantes. L'anthropophagie, même occasionnelle et de subsistance pratiquée par tous ne fait pas consensus Mais comme il est dit en postface, c’est un roman écrit comme aurait pu le faire le héros, tous les prétextes se justifiant pour défendre ses intérêts.
Donc, avec sa politique de créolisation, de sa sauvegarde de la culture aztèque, de sa reconnaissance du génie architectural, de son amour pour Malintzin, de son amitié pour Moctezuma … facile d’avoir le beau rôle et d’apparaitre comme un bienfaiteur du Mexique. 

C’est pourquoi il faut impérativement compléter la lecture de ces « mémoires » par d’autres sources historiques dans lesquelles Cortés est décrit dans son vrai rôle : un conquérant avide à la tête d’une troupe de soudards, colon massacreur, esclavagiste, assoiffé d’or, d’argent et de pouvoir, dont les actes, ajoutés aux virus amenés d’Europe, ont conduit à un quasi génocide. D’environ 15 millions de personnes en 1519, la population indigène tombe à 1,5 million en 1650 !

PhH


2 avril 2022

Cortés, série en deux tomes

La guerre aux deux visages
Cortés - tome 1/2

Christian Chavassieux (scénario), Cédric Fernandez (dessin)
éditions Glénat, 04-2022

Présentation de l'éditeur

Au début du XVIe siècle, les dettes accumulées par la couronne espagnole poussent Charles Quint à lancer de nouvelles expéditions au cœur du Nouveau Monde. Pour cette mission, c’est le plus fou, le plus audacieux et le plus ambitieux des hidalgos de La Havane qui est désigné : Hernàn Cortès. À quelques centaines de kilomètres, dans la capitale de Tenochtitlan, l’empereur Moctezuma II apprend sans surprise l’arrivée de ces troupes étrangères venues par vaisseaux. Il sait que la rencontre est inévitable, mais certains éléments lui échappent. Ces étranges aventuriers ne sont pas suffisamment nombreux pour constituer une menace, alors que veulent-ils ? Comment-devra-t-il les traiter lorsqu’il finira par les rencontrer ? 

Diptyque plein d’aventures, de romances, de trahisons et de grand spectacle, Cortès conte dans son premier tome la conquête de l’Empire aztèque par les conquistadors de Cortès. Dans leur récit, Cédric Fernandez et Christian Chavassieux équilibrent les points de vue et exposent autant les déboires de Cortès que les difficultés de l’empereur aztèque à maintenir l'ordre et la sérénité sur son territoire.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur, avec un extrait à découvrir

copyright éditions Glénat


Informations :
EAN : 9782344044131
Nombre de pages : 64
Prix : 15,50 €


Au cœur du monde unique
Cortés - tome 2/2

Christian Chavassieux (scénario), Cédric Fernandez (dessin)
éditions Glénat, 02-2024

Le maintien de la domination espagnole sur l'empire aztèque est récente et fragile. Dans la capitale, les Espagnols et les Aztèques se côtoient, dans une défiance mutuelle. C'est le charisme des deux figures d'autorité : Moctezuma et Cortés, qui assurent la paix. Grâce à La Malinche, Cortés se familiarise progressivement avec les rites et les croyances des peuples alliés ou ennemis, et apprend le nahuatl. Il doit à tout prix conserver son autorité menacée, y compris parmi ses hommes où il y a quelques agents du gouverneur Velasquez. Ce dernier, toujours en embuscade, joue sa propre partition et envoie ses troupes pour raisonner Cortés. Mais Cortès a aussi fort à faire avec la contestation autochtone. Des aztèques ont massacré ses hommes dans sa garnison de Veracruz. En réaction, il fait prisonnier Moctezuma. Bientôt, il va devoir laisser Mexico pour contrer l’expédition punitive montée par Velasquez. Il confie la cité à Pedro de Alvarado. Hélas, Pedro va provoquer un véritable massacre parmi la jeune noblesse aztèque, plongeant la capitale dans le chaos… La grande bataille entre Cortés et ses alliés, si peu nombreux, et l'immense armée de Cuitlahuac, le frère de Moctezuma approche.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur, avec un extrait à découvrir

Informations :
EAN : 9782344055977
Nombre de pages : 56
prix : 14,95 €


19 mars 2022

Celle qui parle

Alicia Jaraba Abellan (scénario et dessin)
éditions Grand Angle, 03-2022

Présentation éditeur

Fille d’un chef déchu, offerte comme esclave, elle est devenue l’une des plus grandes figures féminines de l’Histoire. XVIe siècle. Malinalli est la fille d’un chef d’un clan d’Amérique centrale. Peu de temps après la mort de son père, elle est vendue à un autre clan pour travailler aux champs et satisfaire la libido de son nouveau maître. Un jour, d’immenses navires apparaissent à l’horizon, commandés par Hernan Cortez, obsédé par la recherche d’or. Le conquistador repère Malinalli et son don pour les langues. Elle sera son interprète et un des éléments clés dans ses espoirs de conquête. Elle sera également celle qui aura le courage de dire un mot interdit aux femmes de son époque : non !

Au-delà de la légende, voici l’histoire de la Malinche, vivante, jeune, inexpérimentée, souvent dépassée par les événements, mais avant tout, humaine. Piégée entre l'épée et la flèche. Méprisée par les Espagnols. Détestée par les Mexicains. La Malinche est certainement l’un des personnages les plus controversés de l’histoire du Mexique. Née au sein d’une famille noble, elle est offerte, en 1519, aux Espagnols. Sa connaissance des langues náhuatl et maya chontal la destine à devenir un élément clé dans les espoirs de conquête des Conquistadors d’Hernan Cortes. Mais qui était-elle en réalité et pourquoi a-t-elle exercé ce rôle d’interprète, de guide et d’informatrice ? Était-elle vraiment « du côté » des Espagnols, étrangère entourée d'étrangers, intermédiaire entre deux cultures probablement irréconciliables ?

La Malinche (Marina) traduit à Cortès
ce que lui dit l’émissaire de Moctezuma
Codex Duràn, 1581, gravure, 55,9 x 31,5
Biblioteca National, Madrid.

 


« Je ne voulais pas faire une princesse de Disney »
Entretien avec Alicia Jaraba à lire sur BDGest
... " Je suis allée au Mexique le mois dernier et c’est vrai que ça reste, encore aujourd’hui, un personnage très controversé, très polémique. Je n’ai osé raconter que j’avais fait une BD sur elle qu’à très peu de personnes lorsque j'étais là-bas. C’est vrai que c’est très compliqué, j’avais peur, mais raconter sa vie était pour moi plus important que de parler de la conquête du Mexique. Pourquoi elle, à partir de cette circonstance personnelle, en est-elle arrivée à devenir La Malinche qu’on connaît maintenant ? C'était important pour moi de ne pas dire : voici les méchants, voici les gentils, mais d'adopter un ton un peu neutre et parler d’elle, essentiellement " ...

 

Sur Malinalli, Malintzin, la Malinche
Un article de Caroline Mangrel, éditions Passage(s)

Le personnage de la Malinche est une figure à la fois historique et mythique. La Malinche est la jeune femme indigène qui agit comme interprète de Cortés lors de la conquête du Mexique. L’origine même du nom Malinche reste inconnue et pourrait venir du côté espagnol (déformation de Marina, son nom de baptême) comme du côté nahuatl (déformation de Malintzin).

Née autour de 1500, Doña Marina est elle-même originaire de la région de Veracruz, une province de l’empire aztèque, et a donc le nahuatl comme langue maternelle. Vendue par son peuple à un seigneur des nations mayas du Yucatán, dont elle apprend la langue, elle est ensuite offerte à Cortés en 1519 (Arjona, 2002, 9-10). Après l’inévitable baptême au cours duquel la jeune femme reçoit le nom chrétien de Marina, Cortés l’emmène dans son périple et c’est lors des contacts ultérieurs avec les Aztèques que débute la carrière d’interprète de la Malinche. Elle devient la lengua, langue, des Espagnols, terme utilisé par les contemporains de Bernal Díaz del Castillo et qui indique bien la dimension que prend pour les découvreurs le rôle d’interprète : à la fois organe et système, il concentre en sa personne la communication même. 
Lire la suite sur le site des éditions Passage(s)


Revalorando a la Malinche
Una reflexión sobre la figura de la Malinche, una mujer a la que se ha juzgado sin repara en su biografía. Un article à lire (en espagnol) sur le site Mexico Desconocido

 

La Malinche vue par le peintre Diego Rivera

Une édition augmentée de 224 pages est parue en septembre 2024, même éditeur.

ISBN : 9791041108121
Pages : 224
Prix : 24,90€




11 décembre 2021

Le rêve de Malinche

Pablo Aubadell (dessins) Gonzalo Suàrez (scénario)
Éditions de La Cerise, 09-2021

 

Présentation de l'éditeur

 

Fable tragique sur la chute de l’empire aztèque, ce récit à plusieurs voix se concentre sur la figure mystérieuse de la Malinche, esclave offerte par les mayas au conquistador espagnol Cortès, qui devint rapidement sa femme, son interprète et sa conseillère diplomatique. Son rôle historique, aussi crucial qu’ambigu, procède de l’étrange situation de sa parole, intermédiaire entre deux mondes qui ne peuvent - ou ne veulent - pas se comprendre. Pablo Auladell magnifie par son trait charbonneux et envoûtant ce texte du cinéaste et écrivain Gonzalo Suárez.

 

Roman graphique

La fiche du livre sur le site de l'éditeur
Une preview sur le site BDgest

Vue de Tenochtitlan - Extrait du site de l'éditeur

A propos de La Malinche
Les historiens s'accordent à dire que la Malinche (Malinalli de son nom nahuatl) naquit au début du XVI siècle dans une famille noble aztèque. Son père meurt lors de son enfance. Sa mère se remarie alors et donne naissance à un garçon. Afin que ce dernier soit l'unique héritier, la petite fille est vendue à des commerçants de passage. Elle quitte sa région natale qu'est Veracruz et devient alors l'esclave d'un chef militaire de la région de Tabasco où elle apprend les dialectes mayas.
Suite à une bataille perdue, elle est offerte à Cortés comme butin avec métaux précieux et esclaves. Découvrant ses talents linguistiques, la Malinche, baptisée Doña Marina, devient interprète puis amante de Cortés. Elle joue un rôle stratégique lors de la conquête en tant qu'interprète, mais aussi en tant que conseillère de Cortés qui écrira "Après Dieu, nous devons la conquête de la Nouvelle Espagne à Doña Marina". Certains historiens n'estiment pas son rôle déterminant lors de la conquête espagnole, attribuant un rôle bien plus important à la supériorité militaire des Espagnols et à la variole.
Bien qu'elle soit détestée par de nombreux Mexicains, elle reste la mère du premier d'entre eux, reconnu comme tel. Elle donna à Cortés un fils baptisé Don Martin Cortés Tenepal qui devint le premier de la lignée métisse, mélange de sang espagnol et indien. La Malinche demeure un nom associé à la trahison. De là est d'ailleurs né le terme malinchismo qui signifie préférer l'étranger au national.
Lire l'article dans son intégralité
(source : Charlotte Morvan, lepetitjournal.com/mexico, 2013)

9 octobre 2021

Quetzalcoatl - Bande déssinée en 7 tomes de Mitton

Avec Quetzalcoatl, qui signifie "Le Serpent à plumes", Jean-Yves Mitton nous raconte avec passion les derniers jours de l'empire aztèque, dont la cruauté trouvera son pendant dans la violence aveugle des conquistadors espagnols. Le destin tragique de Maïana, "Deux fleurs de maïs", est le thème de cette série au titre évocateur.On y croise l'empereur Moctezuma, le conquistador Hernan Cortés, les villes de Tenochtitlan, Veracruz, les mythologies des peuples du Mexique et l'inquisition. Les 7 tomes ont été publiés entre 1997 et 2008.

Toutes les couvertures et résumés © Glénat sont issus du site de l'éditeur.
Les 4 premiers tomes ont fait l'objet d'une ou plusieurs rééditions. A voir sur le site Bd-Gest.


Deux fleurs de maïs - Tome 1
Jean-Yves Mitton
(dessins et scénario)
éditions Glénat - 04/1997 (pour la 1ère édition)
Pourquoi le Padre Enrico Segura, mandaté à Vera Cruz pour le procès d'une jeune sorcière hérétique, Maïana, a-t-il finalement choisi de la défendre ? Est-ce à cause de sa force de caractère ? De son charme ensorcelant ? Des nombreuses souffrances qu'elle dut endurer entre 1519, qui marque le début de son calvaire en plein empire aztèque, et 1525, moment où elle doit être jugée ? Toujours est-il que son destin exceptionnel, à mi-chemin entre celui d'une sainte et celui d'une putain, témoigne d'une vie hors du commun.

 

La montagne de sang - Tome 2
Jean-Yves Mitton (dessins et scénario)
éditions Glénat - 10/1997 (pour la 1ère édition)

Alors que la révolte gronde à Vera Cruz, le Padre Enrico Segura continue d'écouter la confession de la belle Maïana, enfermée dans une prison espagnole. La jeune Indienne revit avec effroi l'incroyable holocauste auquel elle a assisté : les prêtres aztèques ont sacrifié tous les siens sur l'autel de leurs dieux sanguinaires... Désormais un seul but compte pour elle : se venger de ce crime abominable en assassinant Moctezuma, l'empereur aztèque !


 

 

Les cauchemars de Moctezuma - Tome 3
Jean-Yves Mitton (dessins et scénario)
éditions Glénat - 11/1998 (pour la 1ère édition)

La belle Maïana est enfermée dans une prison espagnole. Elle a échappé par miracle au sacrifice de milliers d'esclaves, immolés sur l'autel du dieu Quetzalcoatl, et décide de se venger en assassinant son incarnation terrestre : l'empereur Moctezuma. A le côtoyer, elle découvre un homme débonnaire, dominé par les prêtres et les superstitions. Mais l'arrivée d'une comète et un tremblement de terre ravivent les peurs de cet homme faible et le transforment en tyran prêt, une nouvelle fois, à commander le plus terrible des sacrifices ...


 

 

Le Dieu des Caraïbes - Tome 4
Jean-Yves Mitton (dessins et scénario)
éditions Glénat - 05/2000 (pour la 1ere édition)

1519. La peur du retour de Quetzalcóatl hante la capitale de Moctezuma. Les signes maléfiques se multiplient et les anciennes prophéties se réalisent, jusqu'à cette nuit de panique ou la comète Xocomexochitla, ultime présage du dieu Serpent-à-plumes déchire le ciel et les cœurs aztèque plus cruellement qu'une lame d'obsidienne. Terrorisé, l'empereur s’enferme dans ses cauchemars et demande toujours plus de sacrifices en entrainant sa première favorite Maïana dans sa déchéance. Mais la jeune Mixtèque, rebelle et obstinée s'enfuit alors vers les sierras de l'est à la rencontre de Quetzalcóatl, ce dieu vengeur venu des caraïbes.

 

 

La putain et le conquistador - Tome 5
Jean-Yves Mitton (dessins et scénario)
éditions Glénat - 04/2003

1519. Pour ce venger de l’empereur Moctezuma qui a fait massacre topus les siens sur la grande pyramide de Tenochtitlan, Maïana Xochitla s'enfuit de la capitale aztèque afin de réaliser la prophétie apocalyptique qui hante tous les peuples mexicains : retrouver et ramener le dieu Quetzalcóatl sur le trône impérial d’où il fut chassé jadis. ainsi la vengeance du Serpent à plumes sera t-elle confondue avec celle de la jeune mixtèque désormais surnommée la Malinche. Le Padre Enrico Segura qui s'occupe de Maïana et qui écoute sa longue confession est toujours à son chevet. Il est persuadé que si la jeune femme dévoilait l'emplacement caché du trésor de Moctezuma, la Sainte Inquisition la laisserait en paix et elle pourrait échapper aux flammes du bûcher. Au lieu de cela, et risquant ainsi la mort, Maïana poursuit le récit de ses incroyables aventures, de son destin si particulier, à mi-chemin entre celui d'une sainte et celui d'une putain.

 

La noche triste - Tome 6
Jean-Yves Mitton (dessins et scénario)
éditions Glénat - 08/2005

Cette nuit du 25 janvier 1525 recouvre les rues nouvellement sorties de terre de Vera Cruz. Cependant, elle ne parvient pas étouffer les cris de Maïana suppliciée. La Sainte Inquisition veut lui extorquer des aveux, la condamner pour hérésie et sorcellerie. Mais dans les faits, les inquisiteurs avides cherchent seulement à connaître l'emplacement du trésor caché de Moctezuma Torturée, brisée, la jeune Indienne garde pourtant le silence. Le Père Enrico Segura, le frère Tancrède, même l'évêque, émus de son calvaire, tentent d'en apaiser les souffrances. Et c'est à eux qu'elle confesse une vie de tragédie et de rédemption, à mi-chemin entre la sainteté et la damnation. Elle leur raconte alors sa rencontre avec le commandant Cortez six ans auparavant. Elle l'a attiré dans ses filets en lui faisant miroiter puissance et richesse, l'or de Moctezuma ! Il l'a sortie des geôles et a fait d'elle une dignitaire de son peuple. Maïana se souvient aussi comment il a maté les prémices d'une rébellion en sabordant les bateaux qui auraient pu les ramener sur le Vieux Continent. La Malinche se souvient de cette vie, pas si lointaine, mais qui déjà n'est plus. Jean-Yves Mitton nous distille bribe par bribe l'histoire de la Conquête d'un monde fondé sur la trahison, le mensonge et les croyances manipulées des peuples indiens.

 

Le secret de la Malinche - Tome 7
Jean-Yves Mitton (dessins et scénario)
éditions Glénat - 02/2008

Le dénouement très attendu de la grande saga aztèque de Jean-Yves Mitton. 1525. Villa rica de la vera cruz. La révolte couve, et les prisonniers torturés par les Espagnols souffrent. Une jeune femme plus particulièrement : Maïana Xochitla, accusée d'hérésie, et dont l'Inquisition espère qu'elle lui révélera l'emplacement du formidable trésor de l'empereur aztèque Moctezuma, dont elle fut la maîtresse. Le courage chevillé à l'âme, Maïana résiste toujours, malgré les sévices. Et continue à raconter à son confesseur, l'Inquisiteur humaniste Segura, sa terrible histoire, rouge comme la guerre et le sang des hommes. Des hommes qu'elle séduisit pour survivre, et qui de Moctezuma au conquistador Cortes, firent d'elle une légende, à la fois sainte et putain, témoin privilégié et horrifié de la grande barbarie des années de “conquista”.

17 avril 2021

La troisième balle

Leo Perutz
traduit de l'allemand par Jean-Claude Capèle
éditions Fayard, 11-1987

Présentation de l'éditeur
En 1519, Fernand Cortez marche sur Tenochtitlán, l'actuelle Mexico, et obtient la soumission de l'empereur Montezuma. Si le conquistador parvient à s'emparer du trésor des Aztèques, non seulement tout le Nouveau Monde mais une grande partie de l'Europe vont tomber sous la coupe de Charles Quint, c'est-à-dire de l'Espagne et de l’Église catholique. Un seul homme peut encore renverser le cours des événements: le rhingrave Grumbach, Allemand luthérien prêt à s'allier au Diable pour combattre l'Inquisition abhorrée. Or Grumbach ne dispose que d'une arquebuse et de trois balles: il destine l'une à Cortez, l'autre au duc de Mendoza, qui a enlevé sa bien-aimée, la jeune Indienne Dalila; quant à la troisième...
En relatant l'épopée de Cortez, Leo Perutz, dans ce roman baroque écrit en 1915, alors qu'il se remet d'une grave blessure reçue au front, inflige à l'Histoire la première de ces égratignures ou " alternatives ", reflets d'un scepticisme historique profond, qui, jointes à une véritable science de la composition et à une certaine jubilation de l'écriture, signeront toutes ses œuvres à venir.

27 septembre 2018

El Nakom - 2

Dessin : Jeronaton
Scénario : Jeronaton
Éditions du Long-Bec, 09/2018


Fiche de l'éditeur

Gonzalo Guerrero, naufragé castillan devenu chef de guerre maya, doit faire face aux dangers d'une invasion espagnole. Entre ceux qui sont devenus son peuple et ceux qui étaient les siens, il doit faire un choix. Un album en couleurs directes pour une réflexion sans concession sur le colonialisme et la cupidité humaine
L'arrivée de troupes espagnoles aux abords du village maya qui l'a recueilli met Gonzalo Guerrero face à un dilemme. Le naufragé castillan devenu chef de guerre doit choisir entre ses compatriotes espagnols et les autochtones auprès desquels il a refait sa vie. Gonzalo sait de quoi ses anciens concitoyens sont capables et décide de penser à l’avenir de sa famille maya. Il n’a donc d’autre choix que de devenir un renégat...

Source : éditions du Long Bec
L'article sur le tome 1
Le blog de Jeronaton

24 mars 2018

La conquête des iles de la Terre Ferme

Alexis Jenni
éditions Gallimard, 10-2017


Présentation de l'éditeur

« J’ai vu tout ça. Nous l’avons fait, et on l’oubliera si je ne le raconte pas, personne ne le croira quand il le lira, mais nous l’avons fait. Traverser la mer inconnue, vaincre des armées, détruire nos navires, entrer dans cette ville, nous emparer du grand Montezuma, faire périr ses capitaines pendant qu’il est aux fers, et survivre. Ces grands faits incroyables, nous en sommes les acteurs, mais Dieu seul les préparait sur notre route. Car quels hommes oseraient imaginer tout ça? Et quels hommes oseraient l’accomplir ? "Nous, Innocent, nous. Dieu si tu veux, mais Il ne m’a rien dit, j’ai tout osé seul, et nous tous l’avons fait" ».

Avec cinq cents types de hasard rassemblés à Cuba, Hernán Cortés découvre et conquiert le grand empire des Mexicas, dans une suite de prouesses que l’on croirait tirées d’un roman de chevalerie qui tourne mal. Jamais il n’y eut plus grande aventure que celle-ci, et jamais il n’y en aura d’autre, car désormais le monde est clos, connu, fini : il n’y aura plus jamais de Nouveau Monde. Pour qu’on garde cette aventure en mémoire, j’en ai fait le récit.

Le narrateur, Juan de Luna, est un jeune noble espagnol. Il raconte comment, avec cinq cents hommes de hasard, son patron Hernán Cortés a découvert et conquis le grand empire des Mexicas, dans une suite de prouesses que l'on croirait tirées d'un roman de chevalerie qui tourne mal. Cuba, début du XVI e siècle. Cortés est à l'affut d'informations concernant « l'île de Yucatan », dont on ignore s'il s'agit d'une grande île ou d'un continent. Il cherche au Nord l'équivalent du détroit que Magellan a trouvé au Sud, afin d'accéder aux fameuses Indes.  En débarquant au Yucatan, il fonde la ville de Veracruz puis s'appuie sur les guerres entre les peuples indigènes pour détrôner l'empereur Moctezuma. La conquête espagnole est un génocide, le Mexique entier tombe dans la bourse de Charles Quint. Mais le roi se montrera ingrat et le retour de Cortés en Espagne sera douloureux. Alors que Pizarro triomphe en s'emparant du trésor des Incas, Cortés connaîtra une fin sans gloire, victime de la dysenterie dans une bourgade andalouse. Jamais il n'y eut plus grande aventure que celle-ci, et jamais il n'y en aura d'autre, car désormais le monde est clos, connu, fini. Servi par un style très enlevé, ce roman splendide et sanglant est aussi terrible que passionnant.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

On en parle sur
Culture Tops
La revue Études
Étonnants Voyageurs




 

6 novembre 2017

El Nakom - 1


Dessin : Jeronaton
Scénario : Jeronaton
Éditions du Long-Bec, 08/2017



En 1511, le castillan Gonzalo Guerrero fait partie d’un groupe rescapé d’un naufrage en mer des Caraïbes. Entassés sur une barque sur une mer d’huile, ils désespèrent lorsque soudain l’un d’eux aperçoit une côte. Sauvés, ils étanchent leur soif avant d’enterrer leurs morts. Derrière les palmiers, Guerrero aperçoit le haut d’un bâtiment en pierres. Il part seul en reconnaissance et découvre la ruine d’une ancienne gigantesque cité ornée de magnifiques sculptures, mais désormais recouverte de jungle. Dans les parages il y a un groupe de jeunes femmes indigènes prenant un bain dans la rivière. Quand elles aperçoivent l’espagnol, elles s’enfuient. Au même moment, les hommes se présentent sur la plage et voient les naufragés. Ils portent leurs armes, exhibent des tatouages impressionnants et des tenues exubérantes. Comme celui qui semble être le chef a les dents limées, les espagnols les croient anthropophages. L’un d’entre eux tire son épée pour se défendre mais est aussitôt tué d’une volée de flèches. Ils sont emprisonnés et conduit au temple. Guerrero n’échappe pas à ce sort. Quatre d’entre eux sont rapidement sacrifiés pour les dieux, leurs corps ensanglantés roulant au pied des raides escaliers du temple. Épargné, Guerrero ne compte pas faire partie des prochains sacrifiés et se rebelle avant de parvenir à s’enfuir. Alors que tous ses compagnons seront massacrés par les Mayas, lui est adopté par une tribu. Il apprend la langue, se rend indispensable et se voit confier des responsabilités. Grâce à son ingéniosité et à sa connaissance des armes européennes, il remporte une importante bataille contre des guerriers Itzá. Après cela, le seigneur de Chectemal lui accorde le statut de « nakom », chef de guerre. Totalement intégré, il va épouse une Maya et fonder une famille. Il va surtout mettre son nouveau peuple en garde contre l’arrivée prochaine des castillans, les troupes espagnoles.

Images : © DU LONG BEC / Jeronaton
Basé sur des faits historiques, El Nakom raconte l’histoire de Gonzalo Guerrero, marin espagnol qui, après un naufrage entre Panama et Saint-Domingue, échoue sur les côtes du Yucatán en 1511, 8 ans avant l'arrivée de Cortez au Mexique. Guerrero se fond entièrement le mode de vie des Mayas. Lorsque les Conquistadores finissent par envahir le territoire maya (aujourd'hui le Yucatán, le Chiapas, le Guatemala, Belize et une partie du Honduras), il refuse de les rejoindre. Il meurt les armes à la main, en 1536, au Honduras. Fresque d'un réalisme saisissant, El Nakom est une formidable aventure dans des décors somptueusement et scrupuleusement reconstitués. Très inspiré par les aventures de Tintin puisque élève d'Hergé, Jéronaton propose avec cette série un hymne poignant au courage individuel, à la liberté et à la tolérance. El Nakom est aussi une plongée au cœur des derniers moments d'une civilisation aussi brillante que mystérieuse. Manifestement, l’auteur s’inspire aussi du film Apocalypto, de Mel Gibson, et de la catastrophe humaine qui débute pour les peuples du continent avec l’arrivée des Blancs. On reconnait d’ailleurs les traits de quelques acteurs sous le pinceau de Jeronaton, ainsi que quelques scènes et décors.
L'ouvrage contient un cahier sur la civilisation maya.

Sources : 
- La fiche de l'ouvrage par l'éditeur

Images : © DU LONG BEC / Jeronaton

18 décembre 2015

Des vêtements et des hommes

Une perspective historique du vêtement indigène au Mexique
Claude Stresser-Péan
Riveneuve éditions, 2011

Expliquer le présent par le passé, tout en décrivant l’histoire d’une société austère imprégnée de religion : tel est le but de cet ouvrage, brillante et érudite démonstration de l’analyse du vêtement comme miroir de la société. Car chez les peuples précortésiens, le rang social allait de pair avec la richesse du costume, chacun des vêtements portés par un haut personnage servant à définir son autorité – le jeune« prince » poète Nezahualpilli en est l’exemple le plus éclatant. Et nombre d’atours étaient chargés de symbolique : ainsi la tunique ouverte xicolli, exclusivement portée par les prêtres aztèques durant les sacrifices humains aux dieux ; ou encore la parure de guerre tlahuiztli, un vêtement recouvrant l’intégralité du corps et incarnant un animal féroce ou un monstre terrifiant, transformant assurément celui qui le portait en cet animal ou ce monstre même, et le protégeant ainsi dans le combat jusqu’à lui assurer la victoire. Conçu par les anciens comme une arme véritable, le tlahuiztli peut s’enorgueillir d’avoir effrayé bien des soldats espagnols ; lesquels, il est vrai, n’étaient pas insensibles aux croyances surnaturelles…

Nous verrons de plus que certains de ces vêtements se retrouvent aujourd’hui, conservant ainsi leur usage quotidien. Le cache-sexe ne disparaît pas entièrement, ses extrémités ornées qui persistent de nos jours en sont un héritage direct. Ou la longue tunique appelée huipil, très décorée, qui est également un héritage du passé, de la même famille que la tunique des indigènes d’Amérique du Sud et, plus près de nous, des Lacandons – ce qui donne à penser qu’elle trouve son origine au sud de la Mésoamérique ; tandis que le quechquémitl, manière de petite cape, est originaire du Nord et s’est peu à peu répandu jusque sur le haut plateau mexicain.

L’auteur
Venue diriger une Alliance française au Mexique en 1958, Claude Stresser-Péan épouse en 1964 l’illustre anthropologue Guy Stresser-Péan, professeur à l’EPHE de Paris et fondateur de la Mission Archéologique et Ethnologique Française au Mexique. Trente ans durant, elle va accompagner son mari sur le terrain, se spécialisant dans l’étude du vêtement indigène. En association avec lui, elle réalise six films ethnologiques et publie Tamtok, site archéologique huastèque (CEMCA, Fomento Cultural Banamex, Mexique, t. 1, 2001, t. 2, 2005).Cet ouvrage sur le vêtement précortésien représente son premier livre en solitaire, fruit de ses longues années d’étude et d’expérience de terrain.

Source : Riveneuve éditions

13 avril 2015

Conquistador tome 4

Tome IV
Scénario : Jean Dufaux, dessin : Philippe Xavier
éditions Glénat, 03-2015

Présentation de l'éditeur
Ils cherchaient le trésor des Aztèques. Ils vont affronter l’Histoire… Hernando Del Royo est à présent le chef de la tribu des Hiburas. Tous le reconnaissent sous le nom de « l'Oqtal » : le dieu des racines. Fort de sa nouvelle position, il mène une armée rassemblant les autres tribus hostiles à Moctezuma... De son côté, l'empereur aztèque espère restaurer son autorité auprès des grands prêtres. Il doit pour ce faire à tout prix mettre la main sur la croix de Txlaka, ce dont il charge la belle Catalina Guerero. Mais il ignore que celle-ci est toujours fidèle à Cortès qui, aux portes de Tenochtitlan, espère entrer dans la majestueuse cité aztèque avec toute son armée...
Le second diptyque de la captivante série Conquistador, toujours mené de main de maître par le tandem Dufaux et Xavier, se conclut en apothéose ! Mêlant toujours aussi savamment aventure et mythologie méso-américaine, il est cette fois plus ancré dans la réalité historique, mettant en scène les circonstances qui ont mené au massacre de la célèbre « Noche Triste » de 1520...