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10 février 2024

L'homme du Mexique

Sergio Toppi
Première édition chez Dargaud en 1979
éditions Mosquito, 01-2024

Présentation

En 1910, le Mexique est une immense poudrière : les causes de l'explosion révolutionnaire se sont accumulées au cours des quarante ans de dictature de Porfirio Diaz. Un jeune cinéaste américain a décidé de rencontrer et filmer le rebelle Pancho Villa et ne trouve pas mieux pour commencer qu’une attaque violente de train de la gente militaire. Pas très à l’aise aux côté du tordu Pancho Villa, il fait la connaissance de son rival : le charismatique leader Emiliano Zapata. Entre ces trois-là, se trouve un autre américain, venu pour vendre des armes, mais dont le silence cache une autre réalité...

 

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Informations
ISBN : 9782493343338
Nombre de pages : 58
Prix : 16.00 €

 

Du même auteur

Chapungo
2024 - éditions Mosquito
réédition

Avec l'arrivée des conquistadors, les anciens dieux meurent dans le sang...
Mais avec Toppi le récit plonge inévitablement, irrémédiablement dans le fantastique et même morts, les dieux aztèques sont toujours présents.
Tzoacotlan 1521
Les conquistadors approchent. Quematzin fait appel aux dieux pour ce qu'il sait être son dernier combat. Ils vont lui donner la puissance, amis sera-t-elle suffisante ?
San Isidro Maxtlacingo 1850
Dans un Mexique déjà christianisé, les anciens dieux se cachent parfois derrière la soutane du prêtre. Le village abandonné de San Isidro cache plus d'un mystère.
Chapungo
Le jeune Chapungo est obsédé par ce que lui contait son père : un avion s'est écrasé dans la montagne. Certains disent qu'il transportait beaucoup d'or. Mais ce n'est pas la soif de l'or qui a fait tourner la tête de Chapungo...
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Le trésor de Cibola
2004 - éditions Mosquito

En 1541, en "Nouvelle Espagne", un vieux conquistador ressasse son amertume d’avoir été de tous les combats sans jamais avoir fait fortune. Un jour, deux hommes se présentent à sa cabane de misère et lui font miroiter le plus fabuleux trésor, celui de Cibola, nom de Sept cités mythique où l’on "se sert de l’or pour paver les rues". Cuchillo se laisse tenter. Les voici donc tous trois partis vers le Nord du Mexique, affronter le soleil, la soif, le désert et les indiens pour assouvir leur fièvre d'or. Cibola, la mythique cité de l'or existe-t-elle ?

Nul géographe ne peut la situer, aucun conquistador n'en est revenu, pas même le légendaire Cuchillo, compagnon de Cortès. Mais toi, lecteur, grâce au concours de Toppi tu as cette chance inouïe, tu parviendras à Cibola !

 Il te faudra bien sûr en payer le prix et boire à la plante qui fait perdre la mémoire, le suc rouge du nopatli qui colore de sang l'encrier du magicien Toppi.
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L'auteur
Né en 1932, Sergio Toppi a fait ses débuts dans l'animation puis il a travaillé régulièrement dans la presse enfantine italienne. Dans les années 70, il sera partie prenante de l'évolution de la bande dessinée transalpine. Il se fera particulièrement remarquer chez nous par sa participation à l'Histoire de France en BD, puis à la série Un Homme une Aventure. Les éditions Mosquito proposent en 1997, avec le Dossier Kokombo puis avec Ile Pacifique, de découvrir cette remarquable production. Entre 1998 et 2000 est paru le cycle des quatre albums du Collectionneur.
En 2006, Le collectionneur reçoit le soleil d'or de la meilleure série au festival de Soliès-Ville.
En mai 2012, Sergio Toppi est primé au festival de Hangzhou. Il reçoit le Golden Monkey King Award et son œuvre sera publiée en Chine à partir de 2013.
Le 21 août 2012, Toppi décède à Milan des suites d'un cancer.

10 septembre 2022

Rodez - Mexico

Julien Villa
éditions Rue de l'échiquier, 09-2022

 

Présentation de l'éditeur

 

Avec le sous-commandant Marcos insurgé de Rodez : la France périurbaine a trouvé son Don Quichotte !
À trente ans, Marco Jublovski vit avec sa mère dans un pavillon de la zone industrielle et commerciale du Grand Rodez, où il travaille comme agent communal à l'entretien des espaces verts. Son seul plaisir dans un quotidien où l'apathie rivalise avec l'ennui, c'est sa bande d'amis – les mêmes depuis l'enfance. Un matin, après une fête sur le Larzac, Marco découvre l'existence du sous-commandant Marcos et des néozapatistes. La sensation d'avoir rencontré son double le bouleverse. Du jour au lendemain, il se passionne pour la pensée révolutionnaire et le Mexique. Par une sorte d'étrange hasard, c'est le moment que choisissent les pouvoirs publics pour lancer une procédure d'expropriation au nom de l'essor du Grand Rodez. Inspiré par la lutte des paysans du Chiapas et les grands mythes mexicains tels qu'Emiliano Zapata et Pancho Villa, Marco est bien décidé à résister.

Julien Villa est comédien, metteur en scène et auteur.
Après le succès de sa première pièce, J'ai dans mon coeur un General Motors, il met en scène et écrit en 2019 son deuxième spectacle : Philip K. ou la fille aux cheveux noirs. Il initie avec cette création la trilogie des Don Quichotte – dont fait partie le projet Rodez-Mexico –, qui sont « des contes présentant des chevaliers du réel, des bouffons, arpentant chacun une époque, dans l'histoire de la société capitaliste.




7 mai 2022

Le Mexicain

Jack London
éditions Libertaria, 04-2017

Présentation de l'éditeur


Nouvelle édition 2017. Nouvelle traduction.

Il y a dix ans, avec Le Mexicain, Libertalia publiait son premier ouvrage. Il s’agissait alors d’une traduction de Louis Postif, initialement publiée en 1937, et quelque peu révisée. Parce que ce texte fait sens, nous avons demandé à Philippe Mortimer, traducteur de Construire un feu, Coup pour coup, Le Talon de fer, de le reprendre intégralement. Le résultat est éloquent.
« Puis, il vit la révolution dans toute sa gloire – rouge et resplendissante –, la révolution qui allait se propager dans son pays martyr et briser le joug du tyran. Les fusils étaient là, à portée de main. Chacun de ces visages honnis était un fusil. C’était pour ces fusils qu’il combattait. Il était ces fusils. Il était la révolution. Il boxait pour le Mexique tout entier. »
1910, les paysans crèvent de faim, le Mexique est en ébullition. La dictature de Porfirio Díaz, s’appuyant sur les grands propriétaires et les militaires, étouffe toute contestation par le fer et par le feu. Mais le règne de plus de trente ans touche à sa fin. Depuis la Californie, les révolutionnaires en exil préparent la conquête du pouvoir. Un matin, Felipe Rivera, jeune Mexicain chétif, surgit dans les locaux de l’organisation. Nul ne sait d’où il vient. On ne lui connaît aucune activité, pourtant il remplit les caisses. Il fascine, il fait peur. Cet être est un mystère…


Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Un article sur l'escapade mexicaine de Jack London de Bernard Fauconnier, « Escapade mexicaine », Jack London. sous la direction de B. Fauconnier. Paris, Gallimard, « Folio Biographies », 2014, p. 246-254. URL : https://www.cairn.info/--9782070448180-page-246.htm
Un article sur Jack London à lire sur National Géographic
Un article sur le livre à lire sur le blog Des étagères et des livres

12 juin 2021

Mercenaires, anarchistes et bandits en Révolution

Des étrangers sur la terre du Mexique (1910-1917)
Éric Taladoire
CNRS éditions, 01-2021



Résumé de l'éditeur

L’histoire de la Révolution mexicaine se résume pour beaucoup à ses emblèmes, Pancho Villa et Emiliano Zapata, figures mythiques, mélanges de folklore et d’aventure. Pourtant, le conflit qui a secoué le pays entre 1910 et 1917 fera un million de morts, et préfigure par certains aspects la Première Guerre mondiale tant par les techniques employées que par le jeu des grandes puissances. Une révolution populaire qui se déroule aux portes des États-Unis, un voisin agressif, qui n’hésitera pas à intervenir : Pershing, Eisenhower ou MacArthur y feront leurs premières armes.
Phénomène national, alimenté par les profondes divisions sociales et les antagonismes régionaux, la Révolution mexicaine n’ignore pas l’étranger : dans ce pays divers, vivent des dizaines de milliers d’immigrés de toutes origines (Américains, Chinois, Japonais, Français). Beaucoup sont liés à l’Europe, et notamment à la France. Mercenaires, diplomates, hommes d’affaires ou employés, mais aussi militants, anarchistes et bandits y jouent un rôle important, souvent méconnu. Situer ces étrangers dans le conflit, c’est revoir la Révolution mexicaine sous un nouvel angle, résolument mondial.


La fiche du livre sur le site de l'éditeur


L'auteur
Normalien en 1967, Éric Taladoire est agrégé d’histoire (1972) et docteur d’État. Professeur émérite d'archéologie précolombienne à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste des terrains de jeu de balle en Mésoamérique et de l’histoire de la recherche archéologique2. Il a participé aux fouilles des sites mayas de Toniná, Xculoc, Xcalumkin, Balamku et Rio Bec.
Il a été membre du comité de rédaction du Journal de la Société des américanistes. Il est directeur de collection des British Archaeological Reports et fait actuellement partie du comité de rédaction des Anales de Antropología de l’Université nationale autonome du Mexique.
(source : wikipedia)

 


 

8 mai 2021

A l'ombre de Zapata

Vivre et mourir dans le Chiapas
Marie-José Nadal
éditions de La Pleine Lune, 1994

Présentation de l'éditeur

Le 1er janvier 1994, le Mexique chavire : l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) entre en scène. Qui sont ces guérilleros qui, après douze jours de combats seulement, décident de s'engager dans l'arène politique et de confier à la société civile la direction de la lutte pour la démocratie, la justice et la liberté ?
À partir des trente-quatre reven­di­ca­tions de l'EZLN, À l'ombre de Zapata analyse la situation socio-éco­no­mique, cultu­relle et poli­tique du Mexique, en parti­culier dans l'État du Chiapas, les trans­for­mations que la réforme cons­titu­tion­nelle a entraînées et leurs consé­quences chez les popu­la­tions autoch­tones.
Dans un souci de clarté et d'information - et afin d'appuyer ses obser­vations - Marie-José Nadal a sélec­tionné et traduit un choix de textes, de commu­niqués et de lettres de l'EZLN et des auto­rités mexi­caines : ils sont l'indis­pen­sable témoi­gnage écrit d'un conflit dou­lou­reux et meur­trier qui a éclaté en réponse à un néo­libé­ralisme qui n'a que faire des oubliés de la terre.

 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur


L'auteur

Marie-José Nadal est anthropologue. Spécialisée dans l'étude de l'histoire des Mayas, elle enseigne à l'Université du Québec à Montréal et à la Sorbonne.

11 mars 2019

Zapata est vivant

Yann Fastier
éditions L'atelier du poisson soluble, 10-2018

Ils ont tué Zapata. Mais Zapata n’est pas mort. Zapata est vivant. A travers 16 planches, l'auteur illustre l'histoire du soulèvement zapatiste au Chiapas en 1994, après avoir dressé le portrait d'Emiliano Zapata et du zapatisme de 1919 dans le Morelos puis dans tout le pays, terminant avec l'EZLN du Subcomandate Marcos.

Poursuivant son projet de présenter aux jeunes lecteurs des personnages historiques intègres, Yann Fastier propose une évocation graphique et quasiment mythologique du révolutionnaire mexicain.

Un très bel album tout public qui constitue un dossier très court mais très complet à la fois, apportant des éléments de compréhension sur l’expérience zapatistes et leurs efforts pour vivre leur utopie depuis maintenant 25 ans.

Voir la fiche du livre et le feuilleter sur le site de l’éditeur.

" Ainsi, pour tous ceux qui sont encore persuadés qu'un autre monde est possible, l'expérience zapatiste reste-elle, envers et contre tout, l'une des plus belles raisons d'espérer ".

5 octobre 2016

Le jaguar sur les toits

François Arango
éditions Métailié, 2011

Le cœur de l’homme d’affaires enlevé a été restitué à sa famille. Il a été arraché de sa poitrine selon la tradition des sacrifices aztèques, il est posé sur un socle portant le dessin d’une feuille mystérieuse. Des messages arrivent qui utilisent le calendrier aztèque et les vers d’un roi-poète pour annoncer les meurtres à venir. Des hommes politiques sont enlevés et sacrifiés. Le suspect boiteux porte le nom d’un botaniste mort depuis des siècles, les autorités du pays font preuve d’une mauvaise volonté manifeste.

La police ne mettant pas toute l’énergie nécessaire à la résolution de ces énigmes, les recherches sont menées par un trio d’enquêteurs. Dans un gigantesque jeu de piste à travers la ville de Mexico et ses sites archéologiques, ils vont croiser un hippie spécialiste des plantes médicinales de la forêt lacandone, un vieil Américain qui dit avoir connu Zapata, et des Indiens qui ne vieillissent pas.
Ce magnifique thriller qui plonge dans les racines de la culture mexicaine nous révèle les secrets de la mort programmée des cellules, parle de la nécessité de protéger les savoirs et les patrimoines botaniques indiens et nous fait vivre des aventures ébouriffantes sous la conduite d’un nouvel auteur, au style solide et brillant, fin connaisseur et amoureux du Mexique.


L'auteur
François Arango est né en 1964. Il a fait des études au Mexique, auteur de livres et d’articles scientifiques. Le jaguar sur les toits est son premier roman pour lequel il a obtenu le Prix Goéland masqué 2012.

Source : éditions Métailié

24 octobre 2015

Le Mexique des insoumis

La grande révolution de 1910
Alexandre Fernandez
éditions Vendémaire, 10-2015

Présentation de l'éditeur

Des cavaliers, des sombreros, des cartouchières, la mort partout - celle que l'on donne et celle que l'on reçoit... Toute une imagerie forgée par le cinéma et les arts populaires. Pittoresque et romantique, la Révolution mexicaine reste cependant largement méconnue : on en ignore généralement les causes, le déroulement et les implications sociales. Or cette séquence qui dura plus de dix ans, de 1910 à 1920, compte parmi les plus importantes de l'histoire contemporaine de l'Amérique latine ; ses répercussions se font encore sentir dans la tragédie que connaît actuellement le pays, où règne un chaos politique sans précédent. Un récit à la fois alerte et minutieux, où l'on retrouvera aussi bien Zapata et Pancho Villa que les milliers d'insurgés anonymes qui ont été les forces vives de ce grand mouvement populaire.

Voir la fiche du livre sur le site Sens Critique

Informations
ISBN : 978-2363580610
Pages : 256
Prix : 20 €


25 avril 2015

Zapatistas

Les aventures sentimentales de Carmen et Jorge
Textes et dessins : Pierre Place
éditions Aarg, 04-2015

Présentation de l'éditeur :
Une série de récits et de portraits comiques d'acteurs et d'actrices de la révolution mexicaine qui est une fresque du quotidien, peuplée d'êtres humains, avec leurs rêves, travers, désirs et défauts.


Dans le numéro 8 de la revue Aaarg, l'auteur expose ses influences, notamment celles des calaveras désignées comme  des "gravures sur bois satiriques mexicaines de la fin du XIXe siècle". En fait, calavera  peut désigner toutes les représentation artistique de crânes et squelettes. Les lithographies de José Guadalupe Posada comptent parmi les plus belles et les plus célèbres. Pierre Place revendique aussi la "plus grande collection de santiags du nord-est-parisien".

On peut décrire sommairement l'album avec le slogan  : sexe, violence et révolution (celle de 1910) ! Le titre - zapatistas - a du être choisi car Zapata est aujourd'hui plus connu que Francisco Villa et a donc un peu plus d'accroche. L'appellation a été réintroduite dans l'actualité depuis la nouvelle révolution zapatiste (de 1994) menée par l'EZLN. Découpées en plusieurs chapitres, alternant les dessins en noir et blanc, tricolores ou en couleurs, les aventures de Carmen et Jorge sont sexuellement explicites, les balles crépitent à chaque case et les morts ne se comptent plus. Les personnages décris  sont des mexicain(e)s ordinaires pris dans la tourmente révolutionnaire, moment historique vu sous l'angle de leur quotidien, de leurs caractères, défauts, désirs et vices compris.

L'atmosphère générale du livre nous plonge dans une ambiance finalement beacoup plus villiste que zapatiste. Si Emiliano Zapata, el caudillo del sur, était un révolutionnaire aux idées politiques riches de lectures, de réflexions et de débats, Doroteo Arango, dit Pancho Villa, el centauro del norte, était un soudard sans foi ni loi, rallié à Francisco I. Madero par opportunisme. Le détachement avec lequel nos deux héros commettent leurs actes meurtriers en fait des clones de Rodolfo Fierro, fidèle lieutenant de Francisco Villa, très justement surnommé El canicero (le boucher) pour avoir massacré à tours de bras. La distance mise entre la gravité des actes et le ton décalé de l'histoire sont illustrés dès la couverture sur laquelle Jorge tripote négligemment la poitrine d'une Carmen représentée comme une Mona Lisa impassible, tenant un revolver comme si c'était le premier objet venu. Carmen est une tueuse qui s'enivre du sang qu'elle verse à seaux, ce qui pose un sérieux problème à Jorge, hématophobe hypersensible qui est pris de nausées et de vomissements à la vue de la plus petite goutte de sang. Leurs émois, dans ces conditions, ne sont pas vraiment teintés de romantisme.

Rodolfo Fierro et Francisco Villa


L'omni présence banale de la mort, l'humour noir et le style de dessin concoctent une illustration parfaite du dicton mexicain la vida no vale nada.

PhH

La chronique de Frédéric Bounous sur Planète BD
Jean-Pierre Mocky dans la guérilla Zapatiste. Les histoires sont absurdes, elles sont méchantes, piquantes. On se prend à penser quelquefois à Alphonse Allais, mais souvent les blagues mordent profondément. Cette série d’historiettes de Pierre Placé est souvent jouissive, et pas seulement parce que le fil rouge du livre est tissé par les amours iconoclastes de Jorge et Carmen. Les situations sont cocasses, les renversements sont violents et inattendus... 

L'hématophobie, un handicap enfin pris au sérieux pat la littérature contemporaine
Psychologie Mexicaine Magazine
Le feu de la passion dans le brasier de la révolution
El Machete
Sexe, violence y corrido !
El Grafico


12 avril 2013

9e art, Mexique et vieux phylactères

Le Mexique est un pays qui suscite la curiosité, l’intérêt voire la fascination. Dès lors, il ne pouvait manquer d’inspirer les dessinateurs de bandes dessinées français puis de l’école franco-belge. Dès les premières créations dans les années 1920, on voit paraître des aventures mexicaines de héros de papier, précurseurs de Tintin, Spirou, Mike Blueberry, Lucky Luke, Achille Talon et bien d’autres, qui au cours de leurs existences vont faire un séjour ou un passage dans ce fabuleux pays. Le Mexique est une source d’inspiration de part son histoire riche d’époques variées, à commencer par celle qui a vu l’épanouissement des grandes civilisations précolombiennes Olmèques, Aztèques, Mayas, Toltèques ou Zapotèques, etc. Suit l’épisode moins connu mais qui a – d’une certaine façon rapproché la France et le Mexique – de l’intervention française (1861 – 1867) à l’instigation de Napoléon III. Cette intervention laissera au Mexique entre autres, le code civil français, l’héroïque bataille de Camerone (qui est presque mythe fondateur de la légion étrangère), et le cinco de mayo, jour anniversaire de la bataille de Puebla (5 mai 1862) qui reste une date importante dans le calendrier mexicain. S’ajoute la période révolutionnaire (1910 – 1920) qui va populariser à travers le monde des personnages hauts en couleurs comme Doroteo Arrango plus connu comme Pancho Villa, Emiliano Zapata, et les soldaderas aussi dénommées adelitas. Si l’on ajoute l’éloignement, un climat à la réputation chaude (même si dans les états du nord, les hivers sont parfois très froids), une végétation luxuriante (la jungle du Chiapas par exemple) ou des paysages désertiques où seuls poussent les cactus, cela contribue à faire du Mexique, vu d’Europe, un pays exotique. Cette histoire bouillonnante va être à l’origine d’une imagerie qui de temps en temps confinera au cliché. On verra souvent le Mexique représenté par les pyramides de Teotihuacán ou de Chichen-Itza, des cactus, des sombreros, des mariachis, des prêtres sacrificateurs, des révolutionnaires moustachus, des sarapes …
  
Entre 1921 et 1924, Louis Forton, créateur des Pieds-nickelés, les fait évoluer dans une jungle épaisse, coiffés de sombreros.
© Henri Veyrier

 
Dans Bibi Fricotin chez les Aztèques (dessin Pierre Lacroix, scénario Raymond Maric) en 1962, on aperçoit le sommet d’une pyramide.
© Société Parisienne d'Édition 1962 Lacroix/Maric
 


 

De décembre 1948 à juillet 1949, Joseph Gilain dit Jijé loue une maison à Cuernavaca, dans l’état de Morelos, à 70km de Mexico. Ces quelques mois auront beaucoup d’influence sur l’œuvre de Jijé. Il est à l’origine de Blondin et Cirage, Jean Valhardi, Jerry Spring et tous ces personnages vivront une aventure au Mexique. Jijé consacre un album de Blondin & Cirage à ce pays (Blondin & Cirage au Mexique). En 1952, les deux amis finissent leur histoire mexicaine au son d'un orchestre de mariachis, dansant le jarabe tapatio au milieu d'une foule dense et dans une ambiance survoltée.
© Dupuis 1952 Jijé

En 1959, dans l’album « L’affaire Barnes », Jean Valhardy va passer quelques jours à Cuernavaca.

© Dupuis 1960 Jijé

En 1964, avec Jerry Spring dans « El Zopilote », Jijé décrit le Mexique des westerns, des desperados, des peones, des cucurucucus paloma le soir autour du feu au son des guitares, avec son compagnon Pancho qui a un net penchant pour la sieste et le tequila (cliché !). Du nahuatl tzopilotl, un zopilote est un vautour noir (oragyps atratus). Dans l'album de jerry Spring, c'est le nom d'un chef de bande.
©Dupuis 1964 Jijé/Philip

 
Sylvain et Sylvette en route pour le Mexique (de Jean-Louis Pesch, album n°56) en 1962, survolent en dirigeable un paysage de cactus, montagnes avec dans le fond une pyramide rappelant celle de Palenque. Cet album sera suivi du n°57 (Caramba ! Un puma) dans lequel les jeunes enfants sont tous deux coiffés de sombreros.
©Fleurus 1962 Pesch, Jean-Louis 



En 1969, Hermann (dessin) et Greg (Scenario) publient Tonnerre sur Coronado (éditions du Lombard). Dans cette histoire de Bernard prince, la révolution mexicaine est sous-jacente, elle inspire les auteurs pour donner une ambiance de violence et d’instabilité, le tout teinté d’humour, comme Hergé l’avait fait avec Tintin dans « L’oreille cassée ». On remarque aussi dans cet album que le Mexique n’est pas expressément cité, l’action, fictive, se situe dans un pays imaginaire dont on sait juste qu’il est situé en Amérique Latine. C’est le cas de plusieurs publications : Tintin, Achille Talon avec Viva Papa, la Palombie où vit le Marsupilami de Franquin etc. Ces pays sont parfois situés par les auteurs en Amérique du sud, mais les décors utilisés, les éléments vestimentaires ou culturels sont des références directes au Mexique. 
©Le Lombard 1998 Hermann/Greg
 

En 1971, qui ne saute pas n’est pas mexicain. L’hebdomadaire Pif-Gadget, publication des éditions Vaillant, sort chaque semaine un numéro composé de quelques récits complets, d’histoires courtes, de jeux et de ce qui fait son originalité, un gadget. Le numéro 137 (4 octobre 1971), est accompagné de pifitos. Il s’agit en fait de pois sauteurs du Mexique. Ce sont des graines de sebastiana pavonia ou sebastiana palmeri, dans lesquelles le papillon cydia deshaisiana (carpocapse des euphorbiacées) a pondu. Le développement de la larve selon les conditions de chaleur et d’humidité va provoquer des mouvements de la graine, d’où le nom de pois sauteur. Les arbustes produisant ces graines se rencontrent dans les états mexicains de Sonora, Sinaloa, Chihuahua, Michoacan et Veracruz. C’est d'ailleurs à Veracruz que le record de saut aurait été observé : 5,4 cm selon la revue. Le pois sauteur est popularisé à grand renfort de sombreros, cactus, désert et chaleur. Ce numéro de Pif-Gadget sera commercialisé à plus d’un million d’exemplaires, un record. Le journal publiera ensuite plusieurs fois des numéros accompagnés de pifitos.

© editions Vaillant 1971 Arnal


Les guerriers aztèques sont plutôt réussis sur la couverture du Journal de Tintin n°1179 paru en 1971 dans un numéro consacré aux conquérants de l’Amérique dans un dossier de J. Torton et Lamylie.
©Le Lombard 1971 Torton


L’Homme du Mexique, de Sergio Toppi (dessin) et Decio Canzio (scénario), publié aux éditions Dargaud en 1979, est une vision historique de la révolution mexicaine. Pas de héros construit de toutes pièces, pas d’évènements ajoutés ou de digressions scénaristiques, les personnages de Toppi sont les personnages de la révolution. Il en donne une vision réaliste, populaire, indigène en insistant sur Emiliano Zapata, ses désirs de justice et de réforme agraire. Les dessins sont un hommage à tous ces petits propriétaires métis ou indiens qui apportent à la révolution un volet véritablement politique. Sur ce point, Toppi présente Pancho Villa comme un personnage plus brutal, dénué d’idéal, un soudard profitant des troubles pour se faire un nom et une fortune. Villa est d’ailleurs souvent présenté comme le côté obscur de la révolution mexicaine. Il faudra attendre 2012 et l’album de Leonard Chemineau (Casterman), « Les amis de Pancho Villa », adaption du roman de Carlos Blake, pour avoir un album qui lui soit dédié et donnant un portrait plus sympathique du centaure du nord. Le mauvais rôle est transféré sur les épaules de Rodolfo Fierro, général de la Division del Norte et surnommé el carnicero (le boucher).
 
©Dargaud 1979 Toppi/Canzio
 
 
Enfin, Dans les aventures de Martin Mystère, des italiens Alfredo Castelli et Giancarlo Alessandrini (Ombrax n°221, éditions Bonelli, diffusion Lug, 1984) ce dernier est au prise avec une prêtresse maya avec une pyramide en fond d’image. On remarquera l’erreur commise par les auteurs qui dotent la prêtresse d’une lame en acier alors que ces cérémonies sacrificielles se faisaient avec un couteau d’obsidienne. Cet album est suivi de « A l’ombre de Teotihuacan » dans un joyeux mélange des cultures précolombiennes.
©LUG 1984 Casertano, G/Castelli
   
Pour en savoir plus :

Amérique latine et bande dessinée :
Le site de Miguel Rojas

Sur Joseph Gillain dit Jijé :
Le site sur l'auteur

Sur les pois sauteurs du Mexique
Le blog pois sauteurs.com

Sur Sergio Toppi :
Le site des éditions Mosquito

Sur Rodolfo Fierro :
Le journal de Coahuila

Pour trouver ou retrouver des albums :
Le site de Bd Gest

Le Mexique dans la bande dessinée européenne :
La page de Casa Dely

PhH

9 mars 2011

Historias desconocidas de la independencia y la revolución

Trino
Tusquets editores
(Mexico)

Au Mexique, Trino est connu par ses publications dans la presse sous forme de tiras en 5 ou 6 images. Ses personnages emblématiques sont Don Taquero, El Santos, La Tetona Mendoza ou El Rey Chiquito. Avec Historias desconocidas de la independencia y la revolución, Trino nous fait partager à travers un album complet, sa visite du bicentenaire de l’indépendance et le centenaire de la révolution. Dans le style d’un dessinateur de presse, avec des croquis très épurés à la Reiser, nous voila aux cotés du padre Hidalgo, de Jose Maria Morelos y Pavon et son paliacate rouge fiché en tête, de Vicente Guerrero, héros de l’indépendance. En deuxième partie, Adelita, los federales, Ayala (et son plan), Porfirio Diaz, Pancho Villa, et Emiliano Zapata illustrent les batailles menées par les révolutionnaires.

Dans une joyeuse ambiance totalement débridée, Trino nous raconte ces morceaux d’histoire mexicaine sur un ton iconoclaste et gentiment irrespectueux. Le trait est vif et précis, ce qui donne beaucoup de dynamise aux situations, toutes déclinées en quelques vignettes sur une ligne. Les dialogues sont savoureux, décalés et porteur d’une autodérision jubilatoire. Largement emprunté au langage populaire du XXIe siècle, on croise beaucoup de gueys, de no manches et autres chingadera ou chingoneria dans les réparties des protagonistes. Moyen aussi pour l’auteur de se moquer des nacos et fresas (populos et bobos) qui rient les uns des autres dans la société d’aujourd’hui.

Jouant sur les clichés de la société mexicaine, Trino va d’abord exalter un nationalisme forcené, avant de rétablir immédiatement l’équilibre en pointant le malinchisme incontournable de ses compatriotes.


L’effet comique est très souvent accentué par l’utilisation d’anachronismes technologiques à la mode aujourd’hui. Ainsi, les héros ou leurs faire-valoir, vérifient ou diffusent l'information sur leur blackberry, le lap-top ou sur facebook. On (ré)apprend d'ailleurs à cette occasion que pour l'état civil mexicain, Pancho Villa s'appelle Doroteo Arango.


Avec une troisième édition en octobre 2010, ces Historias desconocidas de la independencia y la revolución sont un succès de librairie au Mexique. Véritable petit manuel comparable à ce que serait « l'indépendance et la révolution pour les nuls », Trino, en plus de nous distraire très efficacement, fait œuvre d’instruction publique en permettant à son lectorat de se remémorer quelques pages illustres de son histoire. Enfin, son œil critique et sa vision ironique voire caustique lui permet, à travers ses textes et dessins sur le passé, de dresser un portrait sans concession du Mexique moderne, de ses paradoxes, de ses défauts et de ses qualités.

Ph.H.