Affichage des articles dont le libellé est EZLN. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est EZLN. Afficher tous les articles

15 mars 2025

La Realidad

Neige Sinno
éditons P.O.L., 03-2025

Présentation de l'éditeur

« Il n’y a rien de tel que la réalité. » On pourrait dire que ce livre est un récit de voyages dans la réalité ou vers la réalité. Avec un premier voyage, il y a plus de vingt ans, où deux jeunes femmes en sac à dos, Netcha, la narratrice, et Maga, une amie espagnole, essaient de rejoindre un village du Chiapas, au Mexique, appelé précisément La Realidad. « Des sources fiables, dit cette amie, lui assuraient que le Sub, alias le souscommandant Marcos, était à La Realidad [...] Marcos est dans la réalité. » Quête autant politique (la rencontre avec les mouvements révolutionnaires zapatistes) qu’initiatique et intime. Si les deux amies renoncent en chemin, elles ne renoncent jamais vraiment. Elles insistent, et par d’autres voies, par d’autres routes, par toute sorte d’approches, on les voit avancer à tâtons vers ce qu’elles imaginent comme un monde inconnu, un monde nouveau, un monde autre. Pour Netcha, l’autre, ce sont avant tout les Indiens qu’elle aimerait rencontrer tout en ayant très peur de cette rencontre. Elle a peur de porter sur les épaules le poids de l’histoire, d’être une représentante du peuple de colonisateurs dont elle est issue, d’avoir lu trop de livres, de passer à côté de ce qui importe vraiment, c’est-à-dire l’altérité. Et c’est bien sûr quand elle décide d’arrêter de voyager, que le vrai voyage commence vraiment.

« Combien de fantômes murmurent encore dans ce livre ? » se demande, à la fin, la narratrice. Celui du mystérieux leader zapatiste, le sous-commandant Marcos, ceux des Indiens en lutte du Chiapas, celui d’Antonin Artaud qui en 1936 fit un voyage énigmatique au Mexique, mais aussi les fantômes d’une existence en quête d’un lieu autre, et le fantôme de la réalité, celui de nos blessures et de nos illusions. Ce nouveau livre de Neige Sinno, autobiographique lui aussi, confirme avec profondeur son immense talent d’écrivain, et offre un récit magique sur l’aspiration autant intime que collective d’un autre monde possible : « Il y a bien une question de stratégie, de choix, de recherche des armes qui nous permettraient de faire advenir un autre monde, mais les forces prennent des chemins qui ne sont pas ceux qu’on croit, plus longs, plus souterrains et moins clairs que ce que l’on souhaiterait. »

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 978-2-8180-6313-2
Nombre de pages : 272
Prix : 20€

Neige Sinno est née en 1977 dans les Hautes-Alpes et vit aujourd’hui au Mexique avec sa famille. Après une thèse en littérature américaine et des études poursuivies aux États-Unis et au Mexique, elle se consacre à l'écriture, exerçant comme traductrice et enseignante de littérature vacataire à l’université. Neige Sinno publie son premier ouvrage en 2003, un recueil de nouvelles, sous le titre "La vie des rats". Elle sort ensuite un essai sur les figures du lecteur, intitulé Lectores entre líneas : Roberto Bolaño, Ricardo Piglia y Sergio Pitol (2011), qui lui permet de remporter le prix Lya Kostakowsky.  Le 6 novembre 2023, Neige Sinno remporte le prix Femina 2023 pour son livre Triste tigre, publié aux éditions P.O.L. Neige Sinno est sélectionnée pour le prix Goncourt, le prix Médicis, le prix Décembre et remporte le prix littéraire du Monde, le prix Les Inrockuptibles, ainsi que le Prix Blù Jean-Marc Roberts.


A écouter, le Podcast sur France Inter du Masque et la plume sur le voyage littéraire de Neige Sinno au Mexique.
" Pour son nouveau roman, Neige Sinno propose un récit hybride dans lequel elle explore ses années mexicaines et ses expériences au Chiapas, où elle a vécu pendant 20 ans. Le livre commence au début des années 2000 avec un premier voyage de la narratrice, Netsha, et son amie espagnole Maga vers le village de La Realidad, dans l'espoir de rencontrer le sous-commandant Marcos, figure emblématique du mouvement zapatiste..."

 




24 février 2024

Terres rebelles

Le voyage zapatiste en Europe
Lisa Lugrin (dessin), Jérôme Baschet, Métie Navajo (scénario)
éditions Futuropolis, 01 - 2024

Présentation de l'éditeur

En octobre 2020, à la surprise générale, les zapatistes du Chiapas annoncent qu’ils iront à la rencontre des luttes populaires sur les cinq continents et qu’ils commenceront par l’Europe. Ainsi, le 2 mai 2021, quatre femmes, deux hommes et une personne transgenre, formant « l’Escadron 421 », ont embarqué à bord du bateau dénommé « La Montagne ». Ils ont participé à plusieurs événements en Europe, notamment des rencontres à la ZAD Notre dame des Landes, ou une manifestation à Madrid pour l’anniversaire de la conquête du Mexique par Hernan Cortés. Ils sont repartis en septembre, en laissant la place à une grande délégation de 170 zapatistes qui sillonneront l’Europe durant tout l’automne, pour participer aux rencontres et activités préparées depuis des mois par des centaines de collectifs et d’organisations, dans les nombreux pays et « géographies » où ils ont été invités : Allemagne, Autriche, Belgique, France, Grèce, Pays-Bas, Hongrie, Italie, Ukraine…
Si depuis le soulèvement du 1er janvier 1994, de nombreuses personnes se sont rendues au Chiapas pour participer aux initiatives zapatistes et en apprendre davantage sur cette singulière « utopie réelle », c’est la première fois que les zapatistes viennent à la rencontre des luttes et des expériences alternatives partout où elles se déroulent, en Europe et dans le monde.
En s’appuyant sur les textes zapatistes, Lisa Lugrin, Métie Navajo et l’historien Jérôme Baschet, spécialiste du mouvement, racontent ce voyage en Europe avec le concours de membres des collectifs qui les ont accueillis : Rocio Martinez, Julia Arnaud et Nicco Tiburcio.
À l’occasion des 30 ans du mouvement, ce récit revient aussi sur la lutte des zapatistes du Chiapas pour une autonomie et l’instauration d’un autre modèle d’organisation politique. 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations :
ISBN : 9782754836081
Nombre de pages : 208
Prix : 25€


16 octobre 2021

La nymphe et le sous-commandant

Jaime Avilés
Traduit de l'espagnol (Mexique) par René Solis
éditions Métailié, 09-2006

 

Présentation éditeur

Serapio Bedoya a 40 ans et l’impression d’être "une cartouche brûlée", il a abandonné trop de femmes, manque trop souvent d’argent, n’est pas satisfait de son travail de journaliste et ses aspirations à l’écriture théâtrale aboutissent au café-théâtre et se révèlent lamentables. Un matin sur une plage du Yucatan, après un rêve et une attaque de parasites, une manchette de journal le réveille brutalement de ses rêves d’amour impossible avec la très jeune Nausicaa, "la plus belle que jamais contemplèrent les yeux mortels" : les zapatistes déclarent la guerre au gouvernement et à l'armée. Ces événements sans lien entre eux changent la vie du journaliste. Amoureux maladroit à la poursuite de Nausicaa, il se retrouve au cœur du Chiapas avec les hommes du sous-commandant Marcos, fasciné par la lutte de cette étrange armée d’Indiens descendant des Mayas qui se rebellent contre 500 ans d’exploitation et d’injustice, étonné aussi par les comportements des intellectuels internationaux qui prétendent les aider.Ironique, amer et tendre, Jaime Avilés nous raconte l’histoire d’un homme à la poursuite des deux aspirations fondamentales de sa vie : l’amour et la liberté.

Source éditions Métailié

Journaliste de La Jornada, quotidien de Mexico, Jaime Avilés est une des signatures les plus connues du pays. Depuis ces vingt dernières années, il se consacre à des enquêtes sur les questions brûlantes qui lui valent l’inconditionnelle admiration de millions de lecteurs et la dangereuse rancune d’hommes de pouvoir. Il a suivi assidûment les luttes du mouvement zapatiste, restant longtemps en contact avec Marcos et ses hommes.

22 mai 2021

Mexico bronco

Patrick Amand
éditions du Caïman, 05-2020


Présentation de l'éditeur

Qu’était-il venu faire dans cette galère ? En acceptant de partir à la recherche du fils d’un patron du CAC 40 évaporé dans la nature mexicaine, Eneko Aggiremutxeggi – avocat radié du barreau reconverti dans les enquête et filatures douteuses – ne s’attendait pas à un tel périple. En ce mois de février 2001, au beau milieu de la caravane de l’EZLN, l’Armée zapatistes de libération nationale et de son emblématique sous-commandant Marcos, en route pour Mexico, l’enquêteur basque aux méthodes peu orthodoxes, se retrouve mêlé à de rocambolesques événements. Épaulé par Paco, un gamin de 14 ans tout droit sorti d’un bidonville, c’est dans un road-movie zapatiste improbable qu’Agirretxumetegi, poursuivi par Alfredo un minable truand local, confronté aux Monos blancos la garde rapprochée italienne de Marcos, qu’il découvre un pays de folie. Le tout au rythme lancinant de la chanson d’Hubert-Félix Thiéfaine « Pulque, mezcal y tequila » et des discours des 23 commandant zapatistes. Et toujours avec l’ombre de l’auteur Malcolm Lowry* qui plane sur cette mirobolante expédition…

 

Fiche du livre sur le site de l'éditeur

 

La fragile armada

La marche des zapatistes
ouvrage collectif
Marcos, Esther, David, Tacho, Fidelia, Zebedeo
Textes présentés par Jacques Blanc, Joani Hocquenghem, Yvon Le Bot et René Solis
Photos de Fred Jacquemot et Mat Jacob
éditions Métailié, 08-2001

Présentation de l'éditeur

La parole et le sens contre le pouvoir et le sang. Les zapatistes n'avaient jamais dit de manière aussi dense et aussi poétique que lors de la marche sur Mexico en février et mars 2001 ce qui fait l'esprit de leur mouvement et qui en explique le formidable écho. Cette fragilité qui en est la force. L'histoire de l'Amérique latine, celle du Mexique en particulier, s'est longtemps écrite sur le mode tragique. Les zapatistes tentent de s'arracher à cette fatalité de la violence. Curieux guérilleros qui n'ont combattu que douze jours, en janvier 1994, avant de se transformer en un mouvement armé non violent, et qui marchent sur Mexico les mains nues, mais avec leurs passe-montagnes. " Nous autres Indiens, nous étions invisibles, il a fallu que nous nous cachions le visage pour que l'on nous voie. " Leurs armes, ce sont les mots. Ceux de Marcos, le passeur, fenêtre entre le monde indien et l'univers des autres Mexicains, le nôtre aussi. Ceux de ses "sœurs et frères" indiens qu'il accompagne dans la fin du silence, la prise de parole. Un feu roulant de paroles nouvelles, qui, à travers communautés, villes et villages, gagnent le cœur du Mexique, se font entendre sur le Zocalo, la place centrale de "la plus grande ville du monde", à la tribune du Congrès et au-delà des frontières, jusqu'à nous. D'autres voix se mêlent dans ce livre à celles des zapatistes. J. Hocquenghem, écrivain (Le Stade aztèque, Payot, 1994), nous fait revivre les temps forts, les moments perdus, et les à-côtés de la caravane. J. Blanc, directeur de théâtre ("le Quartz" de Brest), Y. Le Bot, sociologue (Le Rêve zapatiste, Seuil, 1997) et R. Solis, journaliste à Libération, poursuivent avec les zapatistes, un dialogue noué avec le soulèvement de 1994.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

8 mai 2021

A l'ombre de Zapata

Vivre et mourir dans le Chiapas
Marie-José Nadal
éditions de La Pleine Lune, 1994

Présentation de l'éditeur

Le 1er janvier 1994, le Mexique chavire : l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) entre en scène. Qui sont ces guérilleros qui, après douze jours de combats seulement, décident de s'engager dans l'arène politique et de confier à la société civile la direction de la lutte pour la démocratie, la justice et la liberté ?
À partir des trente-quatre reven­di­ca­tions de l'EZLN, À l'ombre de Zapata analyse la situation socio-éco­no­mique, cultu­relle et poli­tique du Mexique, en parti­culier dans l'État du Chiapas, les trans­for­mations que la réforme cons­titu­tion­nelle a entraînées et leurs consé­quences chez les popu­la­tions autoch­tones.
Dans un souci de clarté et d'information - et afin d'appuyer ses obser­vations - Marie-José Nadal a sélec­tionné et traduit un choix de textes, de commu­niqués et de lettres de l'EZLN et des auto­rités mexi­caines : ils sont l'indis­pen­sable témoi­gnage écrit d'un conflit dou­lou­reux et meur­trier qui a éclaté en réponse à un néo­libé­ralisme qui n'a que faire des oubliés de la terre.

 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur


L'auteur

Marie-José Nadal est anthropologue. Spécialisée dans l'étude de l'histoire des Mayas, elle enseigne à l'Université du Québec à Montréal et à la Sorbonne.

12 novembre 2020

Ils nourrissaient le soleil

Sylvia Schneider
éditions les Presses littéraires, 09-2020

 

Résumé de l'éditeur

André, journaliste franco-mexicain, quitte précipitamment Paris afin d’interviewer le sous-commandant Marcos, porte-parole des Indiens, au cœur de la forêt yucatèque. Ces révélations s’annoncent retentissantes. Pour André, c’est également un retour aux sources et l’occasion pour lui de retrouver le sens de la vie dans le pays où l’on fête les morts. Sur les pas de son enfance, il croise la route de l’assassin du métro dont les meurtres ritualisés ensanglantent les stations souterraines de Mexico. Cette quête d’identité est rythmée par les multiples meurtres commis selon les rituels des prêtres aztèques. Mais qui est donc le tueur en série qui se terre dans les profondeurs de Tenochtitlán ? Quel est ce fascinant criminel qui guette ses proies dans l’ombre ? Ils nourrissaient le soleil mêle l’univers fabuleux des mythes et légendes des anciens Mexicains à l’univers du polar. Un récit anthropologique au réalisme baroque mettant en scène le thème du sacrifice aztèque : des corps sans cœur, sans langue, des victimes exsangues. Un thriller haletant et dépaysant, terriblement efficace, dont le récit nous happe dès les premières pages...

 

L'auteur

Née en 1963, Sylvia Schneider a grandi entre le Mexique et la France. Arrière-petite-fille de l’écrivain mexicain Alfonso Reyes, son parcours universitaire était déjà placé sous le signe de la littérature. Après un doctorat de lettres sur la Symbolique de l’initiation, et plusieurs années en tant que chargée de communication à l’Alliance française, elle partage désormais son temps entre son métier de bibliothécaire et sa vocation d’écrivain. Lauréate du concours Jules Ferry pour La Ballade des aujourd’hui. Passionnée par la psychologie des tueurs en série, elle signe ici, aux Presses Littéraires, son premier roman policier.
 
Présentation sur le site des Presses littéraires
 
La couverture du livre bénéficie parfois d'un bandeau marketing.


Au sujet des disparitions dans le métro de Mexico :
- un article de janvier 2019 dans le journal espagnol El Païs
- un article de septembre 2019 dans le journal mexicain  El Heraldo de Mexico
 
 
Station General Anaya - metro linea 2 (linea azul)




 

 

Mapa de la red - Metro Mexico Ciudad

 

Il existe un musée du métro de Mexico :
Museo del Metro
Estación: Mixcoac Línea 12
Horario: De martes a domingo, de 10:00 a 20:00 horas.

11 mars 2019

Zapata est vivant

Yann Fastier
éditions L'atelier du poisson soluble, 10-2018

Ils ont tué Zapata. Mais Zapata n’est pas mort. Zapata est vivant. A travers 16 planches, l'auteur illustre l'histoire du soulèvement zapatiste au Chiapas en 1994, après avoir dressé le portrait d'Emiliano Zapata et du zapatisme de 1919 dans le Morelos puis dans tout le pays, terminant avec l'EZLN du Subcomandate Marcos.

Poursuivant son projet de présenter aux jeunes lecteurs des personnages historiques intègres, Yann Fastier propose une évocation graphique et quasiment mythologique du révolutionnaire mexicain.

Un très bel album tout public qui constitue un dossier très court mais très complet à la fois, apportant des éléments de compréhension sur l’expérience zapatistes et leurs efforts pour vivre leur utopie depuis maintenant 25 ans.

Voir la fiche du livre et le feuilleter sur le site de l’éditeur.

" Ainsi, pour tous ceux qui sont encore persuadés qu'un autre monde est possible, l'expérience zapatiste reste-elle, envers et contre tout, l'une des plus belles raisons d'espérer ".

16 janvier 2016

Le réveil de Kukulkan

Bob Morane
Henri Vernes
éditions Ananké, 11-2012

 

Kukulkan, le dieu des Anciens Mayas, est-il revenu hanter les jungles du Chiapas ? Pour retrouver une jeune biologiste, Bob Morane et ses amis s'enfonceront dans la forêt vierge, domaine des Zapatistes et du Mystérieux Serpent à Plumes.

1 avril 2014

La pipe de Marcos

Javier de Isusi
Les voyages de Juan Sans Terre – tome 1
136 pages, 17€
Editions Rackman – 10 - 2005

La chronique de Ph. H

Vasco, marin sans bateau, parcourt le sud du Mexique à la recherche d'un ami qui y a mystérieusement disparu des années auparavant. En suivant ses traces, il arrive au cœur du Chiapas, tenu par l'armée zapatiste de libération nationale du sous-commandant Marcos. C'est là que les ennuis commencent. 

Entre fiction et témoignage, Javier de Isusi raconte la vie quotidienne dans cette région et la lutte quotidienne des populations indiennes pour défendre la liberté qu'ils ont conquise avec les armes. Javier de Isusi réussit à la perfection la synthèse entre une aventure à la Corto Maltèse et un travail d'enquête minutieusement documenté. Ce volume raconte le premier des quatre voyages de Juan Sans Terre qui le porteront vers d'autres situations conflictuelles latino-américaines (Colombie, Brésil).

Le dessin en noir et blanc peut paraître mal maitrisé par moment. Mais l’important est dans les dialogues, dans cette communication, dans ces sentiments qui passent entre les différents acteurs. L’auteur insiste sur le fait que l’EZLN n’est pas sortie du néant en 1994, ni d’une exportation des conflits guatémaltèques, d’Amérique centrale ou du guévarisme cubain. Elle est née il y a environ 500 ans, et s’est renforcée à chaque nouvelle spoliation des indiens. Celle née de l’exploitation de la forêt Lacandone s’est intensifiée dès le XVIIIe siècle et se poursuit de nos jours, sous des aspects très différents et parfois inattendus. L'humour reste très présent dans le récit, notamment pour illustrer la présence des observateurs étrangers dans les camps pour la paix, la cohabitation au sein des communautés entre priistes et zapatistes et my(s)thifier un peu plus la légende du passe-montagne. Les dernières scènes sont particulièrement savoureuses. 

L’ouvrage est riche de 136 pages, accompagnées d’une postface intitulée « le zapatisme ou le papillon qui provoque la tempête » dans laquelle Carmen Valle Simon brosse une rapide chronique des évènements et une description précise. Elle s’attache à montrer que l’EZLN n’est pas une armée conventionnelle, ce qui rendrait les choses si simples. Le séjour qu’a fait l’auteur au Chiapas, aidé par les Tojolabales, lui a permis de découvrir « la verdoyante terre chiapanèque, les forêts, les montagnes, les douches sous la pluie, le café, les guitares, les marimbas, les moustiques, les larves blanches, les coqs déboussolés, les chiens insomniaques et toutes ces chose qui rendent les nuits blanches fertiles ». L’album est dédié aux habitants de la Realidad et aux communautés indigènes du Chiapas.

Un peu d'histoire :

1994 - 2014, déjà 20 ans que la révolte zapatiste s'exprime dans le Chiapas. Après des premiers mois guerriers et meurtriers, prise d'Ocosingo, Comitan, San Cristobal de las Casas, Las Margaritas et Altamirano le 1er janvier 1994, l'EZLN s'est peu à peu installée dans le paysage politique et social du Chiapas. Le territoire administré par les zapatistes, les caracoles, est assez réduit et toujours étroitement surveillé par les soldats. Le défi permanent est de réussir la gestion quotidienne selon les principes fondateurs, qui se heurtent aux réalités du monde qui les entoure. Si toutes les tensions ne sont pas apaisées, du moins y a t-il eu une certaine normalisation. La couverture médiatique est désormais très faible et le visage emblématique du soulèvement, le sous-commandant Marcos, s'est fait très discret. Si les Zapatistes ont réussi à survivre, on peut aussi dire que les gouvernements mexicains, sans les éradiquer,  ont réussi à les "avaler". La phase militaire a été courte. En mobilisant 3000 soldats, des blindés, des avions et des hélicoptères, l'armée repoussa les combattants de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale dans les montagnes, où ils durent encore subir des bombardements aériens. le bilan des victimes peut être estimé à 400 tués.  Le 12 janvier 1994 le président Carlos Salinas de Gortari décrète un cessez-le-feu, plus sous la pression internationale qu'à cause du repli de l'EZLN. Un processus de dialogue s'entame dès février 1994, avec Manuel Camacho Solís. Commencent alors des années pendant lesquelles alternent l'ombre et la lumière. Les Zapatistes ne sont pas devenus des terroristes, et les milices anti-zapatistes ont été "contenues" après le massacre d'Acteal (22/12/1997) qui marque la fin de la "guerre de basse-intensité" et illustre tragiquement (45 morts)  l'échec de cette stratégie, indigne d'un état démocratique et d'un état de droit (l'armée régulière confiait ses missions de basses-œuvres aux milices paramilitaires qu'elle armait et formait). Dans les années 2000, quelques initiatives citoyennes sont lancées à travers le pays, comme la otra campaña en 2006, les rencontres du peuple zapatistes avec les peuples du monde (2007), et l'installation des communes en autogestion. En 2006, le 6 janvier, l'EZLN perd la commandante Ramona, indienne tzotzil, figure de la lutte des femmes indigènes.


Toujours en 2006, les 3 et 4 mai ont lieu les graves incidents de San Salvado Atenco (Etat de México) qui feront 2 morts parmi les membres de la otra campaña initié par l'EZLN, 207 arrestations et le viol de 26 femmes par des policiers. Ce cas est emblématique de la férocité de la répression au 3 niveaux de gouvernement, fédéral, estatal et municipal, et de l'impunité dont jouirons ensuite les forces de l'ordre au cours de procès inéquitables. Le gouverneur de l'Etat de México était à cette époque Enrique Peña Nieto, qui deviendra président du Mexique en juillet 2012.
Ensuite, les apparitions se font plus rares, peut être parce que le conflit est resté confiné à cette zone de Los Altos de Chiapas, et qu'à aucun moment il ne s'est étendu à d'autres états du Mexique. Des incidents, parfois graves, opposant les zapatistes à d'autres groupes du PRI, du PRD, voire à des membres organisations indigènes ou paysannes, surviennent de temps en temps.
Néanmoins, les zapatistes sont toujours la. Ils étaient 40 000, dans un silence impressionnant, sous les passe-montagnes et les paliacates, le 21 décembre 2012 à San Cristobal, preuve que leurs revendications de liberté, de dignité, de justice, d'autonomie ne sont pas satisfaites et que le "Ya basta !" est toujours d'actualité.
En décembre 2013, le sous-commandant Marcos reprend la plume pour dénoncer la campagne d'autopromotion "massive, couteuse, ridicule et illégale" menée par le gouverneur du Chiapas, Manuel Velasco Coello (campagne chiffrée par l'hebdomadaire Proceso à 130 millions de pesos, financée sur les deniers publics de l'état le plus pauvre du Mexique).
L'état-major de l'EZLN est aujourd'hui dirigé le sous-commandant Moïsés.

La une de l'hebdomadaire Proceso, le 23 décembre 2012

En complément :
Dossier sur les 20 ans du soulèvement zapatiste (en français)
EZLN 20 años de alzamiento en Chiapas (en espagnol)

Ph.H