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12 octobre 2024

Liquidambar

Carmen Villoro
Présentation et traduction de l'espagnol (Mexique) par Philippe Chéron
édition L'Harmattan, 09-2022

 

Présentation de l'éditeur

Liquidambar est un chant funèbre à la mémoire du père de l'auteure, le philosophe mexicain Luis Villoro, défenseur du zapatisme. Sont évoqués l'épuisement, la souffrance, la peur, la perte de l'être cher, mais aussi le passé qui revient avec ses bons souvenirs, puis la résignation et la réconciliation de la poète avec elle-même. Tout le texte est pris dans un vaste réseau d'analogies interconnectées entre l'humain et le végétal, la vie organique et celle du langage, entre le sang, les battements du coeur et la résine qui suinte sur l'écorce de l'Arbre d'ambre, entre la lutte sociale et la poésie, la disparition et le renouveau. Cette magnifique suite de poèmes de l'agonie, de la douleur et de la mort — bel hommage d'une fille à son père — est également, en dernière instance, un hymne à la solidarité, à la vie.

Livre bilingue français - espagnol.
La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 978-2-14-029601-7
Nombre de pages : 186
Prix : 18,50 €


24 février 2024

Terres rebelles

Le voyage zapatiste en Europe
Lisa Lugrin (dessin), Jérôme Baschet, Métie Navajo (scénario)
éditions Futuropolis, 01 - 2024

Présentation de l'éditeur

En octobre 2020, à la surprise générale, les zapatistes du Chiapas annoncent qu’ils iront à la rencontre des luttes populaires sur les cinq continents et qu’ils commenceront par l’Europe. Ainsi, le 2 mai 2021, quatre femmes, deux hommes et une personne transgenre, formant « l’Escadron 421 », ont embarqué à bord du bateau dénommé « La Montagne ». Ils ont participé à plusieurs événements en Europe, notamment des rencontres à la ZAD Notre dame des Landes, ou une manifestation à Madrid pour l’anniversaire de la conquête du Mexique par Hernan Cortés. Ils sont repartis en septembre, en laissant la place à une grande délégation de 170 zapatistes qui sillonneront l’Europe durant tout l’automne, pour participer aux rencontres et activités préparées depuis des mois par des centaines de collectifs et d’organisations, dans les nombreux pays et « géographies » où ils ont été invités : Allemagne, Autriche, Belgique, France, Grèce, Pays-Bas, Hongrie, Italie, Ukraine…
Si depuis le soulèvement du 1er janvier 1994, de nombreuses personnes se sont rendues au Chiapas pour participer aux initiatives zapatistes et en apprendre davantage sur cette singulière « utopie réelle », c’est la première fois que les zapatistes viennent à la rencontre des luttes et des expériences alternatives partout où elles se déroulent, en Europe et dans le monde.
En s’appuyant sur les textes zapatistes, Lisa Lugrin, Métie Navajo et l’historien Jérôme Baschet, spécialiste du mouvement, racontent ce voyage en Europe avec le concours de membres des collectifs qui les ont accueillis : Rocio Martinez, Julia Arnaud et Nicco Tiburcio.
À l’occasion des 30 ans du mouvement, ce récit revient aussi sur la lutte des zapatistes du Chiapas pour une autonomie et l’instauration d’un autre modèle d’organisation politique. 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations :
ISBN : 9782754836081
Nombre de pages : 208
Prix : 25€


10 septembre 2022

Rodez - Mexico

Julien Villa
éditions Rue de l'échiquier, 09-2022

 

Présentation de l'éditeur

 

Avec le sous-commandant Marcos insurgé de Rodez : la France périurbaine a trouvé son Don Quichotte !
À trente ans, Marco Jublovski vit avec sa mère dans un pavillon de la zone industrielle et commerciale du Grand Rodez, où il travaille comme agent communal à l'entretien des espaces verts. Son seul plaisir dans un quotidien où l'apathie rivalise avec l'ennui, c'est sa bande d'amis – les mêmes depuis l'enfance. Un matin, après une fête sur le Larzac, Marco découvre l'existence du sous-commandant Marcos et des néozapatistes. La sensation d'avoir rencontré son double le bouleverse. Du jour au lendemain, il se passionne pour la pensée révolutionnaire et le Mexique. Par une sorte d'étrange hasard, c'est le moment que choisissent les pouvoirs publics pour lancer une procédure d'expropriation au nom de l'essor du Grand Rodez. Inspiré par la lutte des paysans du Chiapas et les grands mythes mexicains tels qu'Emiliano Zapata et Pancho Villa, Marco est bien décidé à résister.

Julien Villa est comédien, metteur en scène et auteur.
Après le succès de sa première pièce, J'ai dans mon coeur un General Motors, il met en scène et écrit en 2019 son deuxième spectacle : Philip K. ou la fille aux cheveux noirs. Il initie avec cette création la trilogie des Don Quichotte – dont fait partie le projet Rodez-Mexico –, qui sont « des contes présentant des chevaliers du réel, des bouffons, arpentant chacun une époque, dans l'histoire de la société capitaliste.




22 mai 2021

Mexico bronco

Patrick Amand
éditions du Caïman, 05-2020


Présentation de l'éditeur

Qu’était-il venu faire dans cette galère ? En acceptant de partir à la recherche du fils d’un patron du CAC 40 évaporé dans la nature mexicaine, Eneko Aggiremutxeggi – avocat radié du barreau reconverti dans les enquête et filatures douteuses – ne s’attendait pas à un tel périple. En ce mois de février 2001, au beau milieu de la caravane de l’EZLN, l’Armée zapatistes de libération nationale et de son emblématique sous-commandant Marcos, en route pour Mexico, l’enquêteur basque aux méthodes peu orthodoxes, se retrouve mêlé à de rocambolesques événements. Épaulé par Paco, un gamin de 14 ans tout droit sorti d’un bidonville, c’est dans un road-movie zapatiste improbable qu’Agirretxumetegi, poursuivi par Alfredo un minable truand local, confronté aux Monos blancos la garde rapprochée italienne de Marcos, qu’il découvre un pays de folie. Le tout au rythme lancinant de la chanson d’Hubert-Félix Thiéfaine « Pulque, mezcal y tequila » et des discours des 23 commandant zapatistes. Et toujours avec l’ombre de l’auteur Malcolm Lowry* qui plane sur cette mirobolante expédition…

 

Fiche du livre sur le site de l'éditeur

 

La fragile armada

La marche des zapatistes
ouvrage collectif
Marcos, Esther, David, Tacho, Fidelia, Zebedeo
Textes présentés par Jacques Blanc, Joani Hocquenghem, Yvon Le Bot et René Solis
Photos de Fred Jacquemot et Mat Jacob
éditions Métailié, 08-2001

Présentation de l'éditeur

La parole et le sens contre le pouvoir et le sang. Les zapatistes n'avaient jamais dit de manière aussi dense et aussi poétique que lors de la marche sur Mexico en février et mars 2001 ce qui fait l'esprit de leur mouvement et qui en explique le formidable écho. Cette fragilité qui en est la force. L'histoire de l'Amérique latine, celle du Mexique en particulier, s'est longtemps écrite sur le mode tragique. Les zapatistes tentent de s'arracher à cette fatalité de la violence. Curieux guérilleros qui n'ont combattu que douze jours, en janvier 1994, avant de se transformer en un mouvement armé non violent, et qui marchent sur Mexico les mains nues, mais avec leurs passe-montagnes. " Nous autres Indiens, nous étions invisibles, il a fallu que nous nous cachions le visage pour que l'on nous voie. " Leurs armes, ce sont les mots. Ceux de Marcos, le passeur, fenêtre entre le monde indien et l'univers des autres Mexicains, le nôtre aussi. Ceux de ses "sœurs et frères" indiens qu'il accompagne dans la fin du silence, la prise de parole. Un feu roulant de paroles nouvelles, qui, à travers communautés, villes et villages, gagnent le cœur du Mexique, se font entendre sur le Zocalo, la place centrale de "la plus grande ville du monde", à la tribune du Congrès et au-delà des frontières, jusqu'à nous. D'autres voix se mêlent dans ce livre à celles des zapatistes. J. Hocquenghem, écrivain (Le Stade aztèque, Payot, 1994), nous fait revivre les temps forts, les moments perdus, et les à-côtés de la caravane. J. Blanc, directeur de théâtre ("le Quartz" de Brest), Y. Le Bot, sociologue (Le Rêve zapatiste, Seuil, 1997) et R. Solis, journaliste à Libération, poursuivent avec les zapatistes, un dialogue noué avec le soulèvement de 1994.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

8 mai 2021

A l'ombre de Zapata

Vivre et mourir dans le Chiapas
Marie-José Nadal
éditions de La Pleine Lune, 1994

Présentation de l'éditeur

Le 1er janvier 1994, le Mexique chavire : l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) entre en scène. Qui sont ces guérilleros qui, après douze jours de combats seulement, décident de s'engager dans l'arène politique et de confier à la société civile la direction de la lutte pour la démocratie, la justice et la liberté ?
À partir des trente-quatre reven­di­ca­tions de l'EZLN, À l'ombre de Zapata analyse la situation socio-éco­no­mique, cultu­relle et poli­tique du Mexique, en parti­culier dans l'État du Chiapas, les trans­for­mations que la réforme cons­titu­tion­nelle a entraînées et leurs consé­quences chez les popu­la­tions autoch­tones.
Dans un souci de clarté et d'information - et afin d'appuyer ses obser­vations - Marie-José Nadal a sélec­tionné et traduit un choix de textes, de commu­niqués et de lettres de l'EZLN et des auto­rités mexi­caines : ils sont l'indis­pen­sable témoi­gnage écrit d'un conflit dou­lou­reux et meur­trier qui a éclaté en réponse à un néo­libé­ralisme qui n'a que faire des oubliés de la terre.

 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur


L'auteur

Marie-José Nadal est anthropologue. Spécialisée dans l'étude de l'histoire des Mayas, elle enseigne à l'Université du Québec à Montréal et à la Sorbonne.

27 février 2021

Travis - 4e cycle, Les enfants de Marcos

Fred Duval (scénario)
Christophe Quet (dessin)
éditions Delcourt, 2016-2018

Dans un futur proche (2052), la société est dominée par des multinationales, dont l'influence a des répercussions allant jusqu'à la géopolitique mondiale. Steve Travis, pilote freelance qui pensait faire une simple livraison pour une station spatiale orbitale, va se retrouver pris au milieu d'un conflit d'intérêts entre deux firmes spécialisées en agronomie et biotechnologies (Baxter & Martin vs. Transgenic), toutes les deux cibles d'un groupe terroriste très puissant mené par Vlad Nyrki, lequel semble avoir des comptes à régler avec certains membres de la station. L'action des tomes 11 à 13 est située au Mexique, dans les forêts du Chiapas aux côtés des rebelles zapatistes.

4e cycle : Les Enfants de Marcos

Tome 11 : Les Enfants de Marcos (2016)

Travis est porté disparu. Sa navette a été retrouvée vide, arrimée à une station spatiale désaffectée en orbite basse. Sa mère implore Vlad Nyrki de le retrouver. L'enquête mène rapidement l'ex-mercenaire dans un enfer où les puissantes armées des narcotrafiquants sont sur le point de prendre le contrôle total du Mexique, précisément là où Travis livrait illégalement des médicaments à la résistance.


 

 

Tome 12 : Les Tueurs de fer (2017)

Alors que les puissantes armées des narcotrafiquants étaient sur le point de prendre le contrôle total du Mexique, Vlad Nyrki parvient à retrouver son plus vieil ami mystérieusement disparu dans cette zone de guerre civile. Il y découvre alors Travis, réfugié dans la jungle du Chiapas chez les enfants de Marcos et engagé aux côtés des rebelles zapatistes pour le partage des terres mexicaines...


 

 

Tome 13 : Le serpent à Plumes (2018)

Guidés par Pacman, bien à l'abri dans une pièce sécurisée, Travis, Vlad et Salina recherchent des traces d'une IA dans un bunker au milieu de la jungle. Cernés par une armée de cyborgs tueurs, ils sont tributaires des talents de hacker de leur acolyte pour sortir vivants de cet enfer de béton. C'est sans compter sur Tarentula qui ne compte pas les laisser s'échapper.

 

 

Voir la collection sur le site des éditions Delcourt

11 mars 2019

Zapata est vivant

Yann Fastier
éditions L'atelier du poisson soluble, 10-2018

Ils ont tué Zapata. Mais Zapata n’est pas mort. Zapata est vivant. A travers 16 planches, l'auteur illustre l'histoire du soulèvement zapatiste au Chiapas en 1994, après avoir dressé le portrait d'Emiliano Zapata et du zapatisme de 1919 dans le Morelos puis dans tout le pays, terminant avec l'EZLN du Subcomandate Marcos.

Poursuivant son projet de présenter aux jeunes lecteurs des personnages historiques intègres, Yann Fastier propose une évocation graphique et quasiment mythologique du révolutionnaire mexicain.

Un très bel album tout public qui constitue un dossier très court mais très complet à la fois, apportant des éléments de compréhension sur l’expérience zapatistes et leurs efforts pour vivre leur utopie depuis maintenant 25 ans.

Voir la fiche du livre et le feuilleter sur le site de l’éditeur.

" Ainsi, pour tous ceux qui sont encore persuadés qu'un autre monde est possible, l'expérience zapatiste reste-elle, envers et contre tout, l'une des plus belles raisons d'espérer ".

1 avril 2014

La pipe de Marcos

Javier de Isusi
Les voyages de Juan Sans Terre – tome 1
136 pages, 17€
Editions Rackman – 10 - 2005

La chronique de Ph. H

Vasco, marin sans bateau, parcourt le sud du Mexique à la recherche d'un ami qui y a mystérieusement disparu des années auparavant. En suivant ses traces, il arrive au cœur du Chiapas, tenu par l'armée zapatiste de libération nationale du sous-commandant Marcos. C'est là que les ennuis commencent. 

Entre fiction et témoignage, Javier de Isusi raconte la vie quotidienne dans cette région et la lutte quotidienne des populations indiennes pour défendre la liberté qu'ils ont conquise avec les armes. Javier de Isusi réussit à la perfection la synthèse entre une aventure à la Corto Maltèse et un travail d'enquête minutieusement documenté. Ce volume raconte le premier des quatre voyages de Juan Sans Terre qui le porteront vers d'autres situations conflictuelles latino-américaines (Colombie, Brésil).

Le dessin en noir et blanc peut paraître mal maitrisé par moment. Mais l’important est dans les dialogues, dans cette communication, dans ces sentiments qui passent entre les différents acteurs. L’auteur insiste sur le fait que l’EZLN n’est pas sortie du néant en 1994, ni d’une exportation des conflits guatémaltèques, d’Amérique centrale ou du guévarisme cubain. Elle est née il y a environ 500 ans, et s’est renforcée à chaque nouvelle spoliation des indiens. Celle née de l’exploitation de la forêt Lacandone s’est intensifiée dès le XVIIIe siècle et se poursuit de nos jours, sous des aspects très différents et parfois inattendus. L'humour reste très présent dans le récit, notamment pour illustrer la présence des observateurs étrangers dans les camps pour la paix, la cohabitation au sein des communautés entre priistes et zapatistes et my(s)thifier un peu plus la légende du passe-montagne. Les dernières scènes sont particulièrement savoureuses. 

L’ouvrage est riche de 136 pages, accompagnées d’une postface intitulée « le zapatisme ou le papillon qui provoque la tempête » dans laquelle Carmen Valle Simon brosse une rapide chronique des évènements et une description précise. Elle s’attache à montrer que l’EZLN n’est pas une armée conventionnelle, ce qui rendrait les choses si simples. Le séjour qu’a fait l’auteur au Chiapas, aidé par les Tojolabales, lui a permis de découvrir « la verdoyante terre chiapanèque, les forêts, les montagnes, les douches sous la pluie, le café, les guitares, les marimbas, les moustiques, les larves blanches, les coqs déboussolés, les chiens insomniaques et toutes ces chose qui rendent les nuits blanches fertiles ». L’album est dédié aux habitants de la Realidad et aux communautés indigènes du Chiapas.

Un peu d'histoire :

1994 - 2014, déjà 20 ans que la révolte zapatiste s'exprime dans le Chiapas. Après des premiers mois guerriers et meurtriers, prise d'Ocosingo, Comitan, San Cristobal de las Casas, Las Margaritas et Altamirano le 1er janvier 1994, l'EZLN s'est peu à peu installée dans le paysage politique et social du Chiapas. Le territoire administré par les zapatistes, les caracoles, est assez réduit et toujours étroitement surveillé par les soldats. Le défi permanent est de réussir la gestion quotidienne selon les principes fondateurs, qui se heurtent aux réalités du monde qui les entoure. Si toutes les tensions ne sont pas apaisées, du moins y a t-il eu une certaine normalisation. La couverture médiatique est désormais très faible et le visage emblématique du soulèvement, le sous-commandant Marcos, s'est fait très discret. Si les Zapatistes ont réussi à survivre, on peut aussi dire que les gouvernements mexicains, sans les éradiquer,  ont réussi à les "avaler". La phase militaire a été courte. En mobilisant 3000 soldats, des blindés, des avions et des hélicoptères, l'armée repoussa les combattants de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale dans les montagnes, où ils durent encore subir des bombardements aériens. le bilan des victimes peut être estimé à 400 tués.  Le 12 janvier 1994 le président Carlos Salinas de Gortari décrète un cessez-le-feu, plus sous la pression internationale qu'à cause du repli de l'EZLN. Un processus de dialogue s'entame dès février 1994, avec Manuel Camacho Solís. Commencent alors des années pendant lesquelles alternent l'ombre et la lumière. Les Zapatistes ne sont pas devenus des terroristes, et les milices anti-zapatistes ont été "contenues" après le massacre d'Acteal (22/12/1997) qui marque la fin de la "guerre de basse-intensité" et illustre tragiquement (45 morts)  l'échec de cette stratégie, indigne d'un état démocratique et d'un état de droit (l'armée régulière confiait ses missions de basses-œuvres aux milices paramilitaires qu'elle armait et formait). Dans les années 2000, quelques initiatives citoyennes sont lancées à travers le pays, comme la otra campaña en 2006, les rencontres du peuple zapatistes avec les peuples du monde (2007), et l'installation des communes en autogestion. En 2006, le 6 janvier, l'EZLN perd la commandante Ramona, indienne tzotzil, figure de la lutte des femmes indigènes.


Toujours en 2006, les 3 et 4 mai ont lieu les graves incidents de San Salvado Atenco (Etat de México) qui feront 2 morts parmi les membres de la otra campaña initié par l'EZLN, 207 arrestations et le viol de 26 femmes par des policiers. Ce cas est emblématique de la férocité de la répression au 3 niveaux de gouvernement, fédéral, estatal et municipal, et de l'impunité dont jouirons ensuite les forces de l'ordre au cours de procès inéquitables. Le gouverneur de l'Etat de México était à cette époque Enrique Peña Nieto, qui deviendra président du Mexique en juillet 2012.
Ensuite, les apparitions se font plus rares, peut être parce que le conflit est resté confiné à cette zone de Los Altos de Chiapas, et qu'à aucun moment il ne s'est étendu à d'autres états du Mexique. Des incidents, parfois graves, opposant les zapatistes à d'autres groupes du PRI, du PRD, voire à des membres organisations indigènes ou paysannes, surviennent de temps en temps.
Néanmoins, les zapatistes sont toujours la. Ils étaient 40 000, dans un silence impressionnant, sous les passe-montagnes et les paliacates, le 21 décembre 2012 à San Cristobal, preuve que leurs revendications de liberté, de dignité, de justice, d'autonomie ne sont pas satisfaites et que le "Ya basta !" est toujours d'actualité.
En décembre 2013, le sous-commandant Marcos reprend la plume pour dénoncer la campagne d'autopromotion "massive, couteuse, ridicule et illégale" menée par le gouverneur du Chiapas, Manuel Velasco Coello (campagne chiffrée par l'hebdomadaire Proceso à 130 millions de pesos, financée sur les deniers publics de l'état le plus pauvre du Mexique).
L'état-major de l'EZLN est aujourd'hui dirigé le sous-commandant Moïsés.

La une de l'hebdomadaire Proceso, le 23 décembre 2012

En complément :
Dossier sur les 20 ans du soulèvement zapatiste (en français)
EZLN 20 años de alzamiento en Chiapas (en espagnol)

Ph.H

9 janvier 2010

La maîtresse d'Ixtepec

Elena Garro
traduit de l'espagnol (Mexique) par Claude Fell
édition de L'Herne, 01-2009
également : La Fête à Ixtepec, Stock, 1966

Présentation de l'éditeur

L'histoire du village d'Ixtepec, durant un épisode de la guerre des Cristéros, envahi par les troupes zapatistes puis par celles du gouvernement, et celle de la belle Isabel Moncada, qui met en péril l'existence du village. A travers le récit d'une époque impitoyable, l'auteur réussit à rendre palpable les traditions, les mythes et la magie de ce village mexicain.

« Tout mythe, tout roman est à la fois mémoire de l’avenir et prédiction du passé. » Ainsi en est-il du premier roman d’Elena Garro publié au Mexique en 1963. Elle y inaugure un style : le réalisme magique. 
Ixtepec est située dans la terre chaude* au cœur du Mexique, dans un lieu qui est tout le monde et personne à la fois, puisque c’est la ville imaginaire dans laquelle Elena Garro situe les années post-révolutionnaires turbulentes d’un pays où l’injustice de la dépossession des terres, le racisme et la violence contre les femmes sont un problème quotidien. La Maîtresse d’Ixtepec est, selon Octavia Paz : « Une des œuvres les plus importantes de la littérature latino-américaine. »

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur.

Informations
ISBN : 9782851977052
Pages : 320
Prix :

* Terre chaude, tierra caliente, zone répartie sur 3 états, Estado de Mexico, Guererro et Michoacan. (note de PhH)

Elena Garro est née au Mexique, elle a vécu longtemps en Europe lorsque son mari l’écrivain et diplomate, Octavio Paz, y était en poste. Elle est l’auteur d’une quarantaine d’œuvre dont des pièces de théâtre à succès. Son premier roman, La Maîtresse d’Ixtepec, classique de la littérature latino-américaine et pionnier du réalisme magique, a été porté au cinéma. (source éditions L'Herne)

 

Los recuerdos del polvenir
editorial Alfaguara, primera edicion 1963


Ixtepec, un pueblo escondido en el territorio mexicano, es quien nos cuenta la amarga historia de los hermanos Moncada. Durante un sangriento episodio de la guerra “cristera” el siniestro general Francisco Rosas se enamora de una bella y misteriosa mujer llamada Julia. Su obsesión crece cuando esta le abandona. Entonces Isabel Moncada se entrega a él presa del miedo y la admiración sin intuir el drama. La búsqueda del amor imposible y las ansias de libertad propician la tragedia. Los recuerdos del porvenir no es sólo un relato histórico, sino una reflexión, más allá del tiempo, de la sumisión a la tiranía, la pasividad, la cobardía y el abandono.