À la fin de l’été 1936, Antonin Artaud rencontre au Mexique, dans les
gorges escarpées de la sierra Madre occidentale, un peuple "étrange" et
isolé de paysans philosophes, les Tarahumaras. Ils ne se déplacent qu’en
courant pieds nus, infatigables, sur des sentiers vertigineux et vivent
"comme les premiers hommes", en dehors de la civilisation, animés tous
d’un "sentiment de solidarité spontanée". Ils l’initieront au rituel
d’un cactus hallucinatoire, le peyotl. Sa vie et son œuvre en seront
bouleversées.
👉 Antonin Artaud et “la Race des hommes perdus” Un article de Hocine Bouhadjera publié en janvier 2024 à lire dans ActuaLlité. ... " Dans La Race des hommes perdus, il raconte cette « race de purs indiens rouges » : « Quarante
mille hommes vivent là, dans un état comme avant le déluge. Ils sont un
défi à ce monde où l’on ne se parle tant de progrès que parce que sans
doute on désespère de progresser. [...] Le communisme existe chez elle dansun sentiment de solidarité spontanée. » ...
Fano Loco, dessin et scénario récit complet éditions Nada, 09 - 2025
Présentation de l'éditeur
États-Unis - Mexique, années 1910. Morning Bird, jeune autochtone rescapé du massacre de sa communauté, et Adelita, révolutionnaire insoumise, voient leur destin basculer. À l’origine de leur encontre improbable, Garrett, un escroc à la solde d’hommes d’affaires avides de pouvoir et d’argent dominant le monde du haut d’un building new-yorkais. Dans ce récit choral, ils vont croiser la route de travailleurs itinérants idéalistes, d’un général de l’armée mexicaine cynique, de pensionnaires d’une maison close en grève et d’une foule d’anonymes aveuglés par la soif de fortune.Toutes et tous en quête d'une vie meilleure, mais à quel prix ? Western politique et fable sociale, Mauvaise fortune révèle un monde régi par le profit où tous les coups sont permis.
Informations ISBN : 979-10-92457-92-6 Pages : 176 Prix : 25 €
👉 La chronique de A. Perraud sur BDGest (extraits) ... " Western crépusculaire et fable sociale à la fois, Mauvaise fortune est un récit cinglant qui ne fait pas de prisonnier, ni de détail. Fano Loco (Jazz)
met en scène deux figures classiques – l’Amérindien spolié et dépouillé
par les Blancs et une femme forte, à peine un être humain, selon les
codes en vigueur – dans un cadre violent, dirigé en coulisse par un
capitalisme de l’ombre aussi aveugle que destructeur. Ces bases posées,
c’est parti pour cent soixante pages d’une lutte sanglante et sans
pitié. Les deux protagonistes principaux vont se serrer les coudes et
encaisser une liste infinie de brimades. De plus, faisant fi des
injustices dont ils sont accablés, ils vont se prendre en main et
commencer à rendre les coups. Ce qu’ils veulent ? Vivre en paix, du
respect et de l'égalité. Malheureusement, ce n’est pas comme ça que ça
fonctionne à l’Ouest du Pecos (et au Sud Rio Grande). Alors, marche ou
crève et profite de toutes les occasions pour avoir un peu de répit. En
résumé : si ce n’est pas toi qui ramasse ce dollar qui traîne, ça sera
le prochain, les traîne-misère, ce n’est pas ça qui manque. Comme tous les ouvrages teintés de militantisme, Mauvaise fortune
manque parfois un peu de nuance. D’un autre côté, les différents sujets
(racisme, exploitation, etc.) soulevés par l’histoire ne sauraient
souffrir d’aucune excuse. Au final, l’énergie et la volonté inoxydable
de ce duo de héros par défaut remportent les suffrages et rendent la
lecture aussi haletante que touchante."... Lire l'article complet sur BDGest
👉 Sur les Adelitas (ou soldaderas durant la révolution mexicaine) voir aussi Soldaderas y soldados en la revolucion mexicana. Martha Eva Rocha Islas Dirección de Estudios Históricos, INAH. (en espagnol)
NED 2025 (nouvelle édition) Jim Fergus, traduit de l'anglais (Usa) par Jean-Luc Piningre éditions Le Cherche Midi, 09-2025 (1ère édition française : 2011)
Présentation de l'éditeur
Tu sais ce qu'il y a de plus terrifiant pour moi ?
C'est notre capacité à endurer n'importe quoi, juste pour rester
vivants.
New York, 2002. Lors d'une exposition de
photographies, un cliché fait sensation : il représente une jeune
Indienne livrée en spectacle aux curieux dans une geôle sordide du
Mexique. Le vieux photographe, Ned Giles, se souvient de l'histoire de
cette " fille sauvage ".
Sierra Madre, 1932. Un chasseur de pumas capture une jeune femme qui
appartient à l'une des dernières tribus vivant encore à l'état de
nature. Au même moment, la Grande expédition apache s'organise. Cette
troupe hétéroclite d'aventuriers et de " gentlemen " fortunés, désireux
de massacrer de l'Indien, propose d'échanger la prisonnière contre un
enfant kidnappé par les Apaches. Photographe de l'expédition, Ned Giles
va braver tous les dangers pour essayer de protéger la jeune fille.
Après
Mille femmes blanches, Jim Fergus s'inspire à nouveau d'un fait réel de
la conquête de l'Ouest pour nous offrir un portrait de femme
inoubliable, doublé d'une bouleversante histoire d'amour. On retrouve
dans ce magnifique hommage à la culture indienne toute la puissance
romanesque et la force d'émotion de l'auteur.
Qu’est-ce qu’être indigène en Amérique latine ? Est-ce le fruit d’une situation coloniale, héritée des lointaines conquêtes ibériques ? Ou s’agit-il d’une identification politique plongeant en réalité ses racines dans une histoire beaucoup plus récente ? À l’heure des multiples débats sur le legs des empires coloniaux, cette enquête interroge le caractère socialement construit de l’indianité dans les Amériques contemporaines : la catégorie « indigène » doit en effet être appréhendée comme une ressource multidimensionnelle, déployée aussi bien par des États dits indigénistes que par un continuum d’organisations s’identifiant comme autochtones. L’indigénisme – dynamique transnationale, entreprise scientifique, politique publique, mouvement social et élan religieux – a bel et bien inventé l’indigène.
Laboratoire de l’anthropologie appliquée, le Mexique révolutionnaire a été le fer de lance de l’indigénisme américain. Obsédées par l’idée d’une nation homogène, ses élites blanches et métisses ont continuellement cherché à « incorporer l’Indien à la civilisation », à grands renforts d’écoles, de coopératives, de routes et de dispensaires. Face à cette mission assimilatrice, les représentants autochtones se sont constamment mobilisés pour faire entendre les revendications politiques, sociales et culturelles de la « race indigène ». Enjeu de luttes permanentes, l’indigénisme est devenu ainsi le mode de décolonisation des Amériques au XXe siècle.
Romain Robinet est maître de conférences (HDR) en histoire contemporaine à l’Université d’Angers et membre du laboratoire TEMOS (Temps, Mondes, Sociétés, UMR CNRS 9016). Ses travaux portent sur l’histoire politique et sociale du Mexique au XXe siècle. Il est également l’auteur de La Révolution mexicaine : une histoire étudiante (Presses universitaires de Rennes, 2017).
A propos de l'indigénisme, voir la page de l'Encyclopaedia Universalis Voir aussi : Gabriela Brindis Álvarez. Représentations et rôle de ”L’INDIEN” dans le Mexique contemporain. Lieux Communs - Les Cahiers du LAUA, 2009, L’altérité, entre condition urbaine et condition du monde, 12, pp.192-198. hal-03243715
Favre, H. (1998). El indigenismo. Fondo de Cultura Económica. Suárez, R. M. (2004). El indigenismo político en América Latina. Revista de Estudios políticos, (123), 129-174. Korsbaek, L., & Rentería, M. Á. S. (2007). El indigenismo en México: antecedentes y actualidad. Ra Ximhai: revista científica de sociedad, cultura y desarrollo sostenible, 3(1), 195-224.
« Un Lacandon aux longs cheveux noirs, debout sur sa pirogue, vêtu d'une
tunique blanche, creusant la transparence émeraude de la rivière d’une
pagaie en bois. MÉXICO AUTÉNTICO. BONAMPAK. CHIAPAS. C’est peut-être le
jour où j’ai vu, à l’aéroport de Mexico, sur un écran géant, cette
publicité pour une agence de voyages, ce fantasme pour touriste en quête
de bons sauvages, que ce livre est né. Un Lacandon ! Bonampak !
Authentique ! Vrai de vrai, à portée de main ! À portée de notre monde, à
portée de nos yeux, là, pour nous, pour vous ! Et à ces visiteurs d’un
jour qui achèteraient un petit jaguar en bois, il n’était donné qu’une
image. Il n’était donné que le mensonge. »
Informations ISBN : 978-2-07-308301-2 Nombre de pages : 210 Prix : 20 €
Extrait:
Les lendemains de ma première visite de Bonampak – ces lendemains furent
des années –, j’ai fait l’idiote. À chacune de mes phrases, je mettais
un point d’interrogation. J’eus longtemps l’âge du pourquoi. Pourquoi
Bonampak ? Pourquoi m’étais-je retrouvée un matin à Bonampak, seule,
éblouie, dans la lumière blanche de la forêt lacandone ? Parce que
Bonampak était un site archéologique maya digne d’être vu. Pourquoi
digne d’être vu ? Parce qu’on pouvait y voir des peintures
extraordinaires. Pourquoi pouvait-on y voir ces peintures ? Parce qu’un
certain Giles Greville Healey les avait découvertes. Pourquoi Healey les
avait-il découvertes ? Parce qu’il se trouvait là en 1946. Pourquoi se
trouvait-il là en 1946 ? Parce qu’il tournait un documentaire sur les
Mayas. Pourquoi tournait-il un documentaire sur les Mayas ? Parce que la
United Fruit Company le lui avait demandé. Pourquoi la United Fruit
Company, entreprise bananière, la plus puissante multinationale des
États-Unis, finançait-elle un documentaire sur les Mayas ? Je n’avais
pas de réponse.
Le site maya de Bonampak, au Chiapas, est officiellement découvert en
1946 par Giles Healey, mais les versions divergent quant à la personne
vraiment à l'origine de cette découverte archéologique majeure.
L'autrice imagine l'histoire de cette découverte à partir de la
consultation des carnets d'explorateurs des différents protagonistes de
cette épopée.
Laetitia Bianchi Née en 1976, Lætitia Bianchi est franco-mexicaine. Autrice d'un premier récit chez Verticales, Voyez-vous (2002), elle y a codirigé une collection de livres illustrés. Pendant ses années à Mexico, elle s’est consacrée à l'œuvre du graveur José Guadalupe Posada (Posada, génie de la gravure, L'Association, 2019). Après avoir cofondé la revue R de réel puis le magazine Le Tigre, elle a créé en 2021 les Éditions Mexico portant sur l'imagerie populaire au XIXe siècle. Elle a aussi traduit du grec ancien des comédies d'Aristophane, dont Lysistrata et Les Oiseaux (Arléa, 2006, 2024). Bonampak est son deuxième récit.
« Il n’y a rien de tel que la réalité. » On pourrait dire que ce
livre est un récit de voyages dans la réalité ou vers la réalité. Avec
un premier voyage, il y a plus de vingt ans, où deux jeunes femmes en
sac à dos, Netcha, la narratrice, et Maga, une amie espagnole, essaient
de rejoindre un village du Chiapas, au Mexique, appelé précisément La Realidad. « Des sources fiables, dit cette amie, lui assuraient que le Sub, alias le souscommandant Marcos, était à La Realidad
[...] Marcos est dans la réalité. » Quête autant politique (la
rencontre avec les mouvements révolutionnaires zapatistes)
qu’initiatique et intime. Si les deux amies renoncent en chemin, elles
ne renoncent jamais vraiment. Elles insistent, et par d’autres voies,
par d’autres routes, par toute sorte d’approches, on les voit avancer à
tâtons vers ce qu’elles imaginent comme un monde inconnu, un monde
nouveau, un monde autre. Pour Netcha, l’autre, ce sont avant tout les
Indiens qu’elle aimerait rencontrer tout en ayant très peur de cette
rencontre. Elle a peur de porter sur les épaules le poids de l’histoire,
d’être une représentante du peuple de colonisateurs dont elle est
issue, d’avoir lu trop de livres, de passer à côté de ce qui importe
vraiment, c’est-à-dire l’altérité. Et c’est bien sûr quand elle décide
d’arrêter de voyager, que le vrai voyage commence vraiment.
« Combien
de fantômes murmurent encore dans ce livre ? » se demande, à la fin, la
narratrice. Celui du mystérieux leader zapatiste, le sous-commandant
Marcos, ceux des Indiens en lutte du Chiapas, celui d’Antonin Artaud qui
en 1936 fit un voyage énigmatique au Mexique, mais aussi les fantômes
d’une existence en quête d’un lieu autre, et le fantôme de la réalité,
celui de nos blessures et de nos illusions. Ce nouveau livre de Neige
Sinno, autobiographique lui aussi, confirme avec profondeur son immense
talent d’écrivain, et offre un récit magique sur l’aspiration autant
intime que collective d’un autre monde possible : « Il y a bien une
question de stratégie, de choix, de recherche des armes qui nous
permettraient de faire advenir un autre monde, mais les forces prennent
des chemins qui ne sont pas ceux qu’on croit, plus longs, plus
souterrains et moins clairs que ce que l’on souhaiterait. »
Informations ISBN : 978-2-8180-6313-2 Nombre de pages : 272 Prix : 20€
Neige Sinno est née en 1977 dans les Hautes-Alpes et vit aujourd’hui au Mexique avec sa famille. Après une thèse en littérature américaine et des études poursuivies aux
États-Unis et au Mexique, elle se consacre à l'écriture, exerçant comme
traductrice et enseignante de littérature vacataire à l’université. Neige Sinno publie son premier ouvrage en 2003, un recueil de
nouvelles, sous le titre "La vie des rats". Elle sort ensuite un essai
sur les figures du lecteur, intitulé Lectores entre líneas : Roberto
Bolaño, Ricardo Piglia y Sergio Pitol (2011), qui lui permet de
remporter le prix Lya Kostakowsky. Le 6 novembre 2023, Neige Sinno remporte le prix Femina 2023 pour son
livre Triste tigre, publié aux éditions P.O.L. Neige Sinno est sélectionnée pour le prix Goncourt, le prix Médicis, le
prix Décembre et remporte le prix littéraire du Monde, le prix Les
Inrockuptibles, ainsi que le Prix Blù Jean-Marc Roberts.
A écouter, le Podcast sur France Inter du Masque et la plume sur le voyage littéraire de Neige Sinno au Mexique.
" Pour son nouveau roman, Neige Sinno propose un récit hybride dans lequel
elle explore ses années mexicaines et ses expériences au Chiapas, où
elle a vécu pendant 20 ans. Le livre commence au début des années 2000
avec un premier voyage de la narratrice, Netsha, et son amie espagnole
Maga vers le village de La Realidad, dans l'espoir de rencontrer le
sous-commandant Marcos, figure emblématique du mouvement zapatiste..."
La funèbre chevauchée de John Glanton et ses compagnons de carnage Hugues Micol, dessin et scénario éditions Futuropolis, 01-2017
Présentation de l'éditeur
John Glanton (1819-1850) est un Texas Ranger pendant la guerre mexicaine
déclenchée en 1845 par l'annexion du Texas par les États-Unis. Les
États-Unis annexeront aussi les territoires mexicains de la Californie.
Pour Ulysse Grant, qui participa à cette guerre, « La rébellion du Sud
fut l'avatar de la guerre avec le Mexique. Nations et individus sont
punis de leurs transgressions. Nous reçûmes notre châtiment sous la
forme de la plus sanguinaire et coûteuse guerre des temps modernes. »
Après la guerre, chassé de l'armée pour meurtre, Glanton devient soldat
de fortune, un mercenaire à la tête d'un gang particulièrement violent.
Il loue ses services à l'état de Chihuahua afin de chasser les Indiens
Apaches qui opèrent à la frontière du Mexique mais massacre aussi des
Indiens pacifiques pour se faire plus d'argent. Car Glanton est payé au
scalp rapporté. Ses massacres bafouent les traités signés entre ces
tribus et les États- Unis et oblige l'état de Chihuahua à les déclarer
hors-la-loi.
Ils partent vers la Californie où la ruée vers l'or vient de commencer
et s'enfoncent de plus en plus dans la violence. Glanton - et sa bande -
tombera en 1950 dans une embuscade de la tribu de Quechan qui voulait
se venger de leurs exactions.
En se basant sur la vie de John Glanton, Texas Ranger pendant la guerre
civile mexicaine puis mercenaire à la tête d'une bande de tueurs
d'Indiens payés au scalp, Hugues Micol livre un récit hallucinant de la
guerre civile mexicaine du milieu de XIXe siècle. Son dessin, puissant,
qui rappelle les gravures de Goya, dépeint l'implacable brutalité d'une
époque, loin des clichés du Far west.
Bernard Plossu éditions Contrejour, 05-2023 première édition en 1979
Présentation
Les deux ouvrages tirés à 1000 exemplaires vendus exclusivement ensemble sont présentés sous jaquette.
Le voyage mexicain, livre mythique de Bernard Plossu paru en 1979 est enfin réédité dans sa version originale accompagné de Jungle,
un livre inédit de photographies couleurs qu’il réalisa à la même
époque lors d’une expédition dans la jungle du Chiapas mexicaine.L’ensemble
ainsi constitué révèle comment un jeune homme d’à peine vingt ans,
amateur de cinéma d’auteur et de films grand public met spontanément en
place dès ses débuts de photographe une esthétique personnelle sans rien
connaitre des photographes importants de son époque. Et dans le même
temps, que ce soit sur la route à travers l’approche poétique du Voyage mexicain ou narrative de Jungle, on sent que tout est déjà en place : la conscience de son devenir d’auteur et sonapproche conceptuelle à travers les livres conçus comme des œuvres à part entière.
Le voyage mexicain, avant-propos de Denis Roche C’est un témoignage optimiste de la beat génération, une rupture dans
l’histoire de la photographie avec des cadrages à l’opposé de la
tradition française, des images qui nous en disent autant sur le
photographe que sur le pays traversé. La critique fut enthousiaste à la
sortie de ce petit livre en 1979, et son auteur qualifié de « Robert
Frank heureux ». Dans samémorable
préface Denis Roche explique ce qu’est la liberté de la photographie
qui permet qu’un savoir et une esthétique soient mystérieusement
spontanés comme chez Bernard Plossu.
Jungle, avant-propos de Claude Nori Début 1966, Bernard Plossu qui n’a que vingt ans est engagé comme
photographe dans une expédition anglaise à la recherche d’un temple
maya. Ce sera pour lui une façon d’améliorer sa technique mais aussi
l’art de la débrouille et de la survie au contact d’une nature souvent
hostile avec les quatre autres jeunes membres de l’expédition. Il
tiendra tout le long de cette expérience, un journal dont des extraits
sont publiés dans l’ouvrage, donnant à cette approche de son périple
mexicain une dimension aventurière.
Christian Rossi (scénario et dessin) éditions Casterman, 10-2023
Présentation de l'éditeur
Le souffle épique du western revisité par un maître du dessin. Banni de son peuple pour conjurer une malédiction, le novice apache Woan doit apprendre à survivre. Après avoir affronté, seul, à la frontière nord-ouest du Mexique, dans le désert de Sonora, les épreuves des éléments naturels et des passions humaines, le jeune homme croise la route d’un guerrier dont les faits d’armes et la spiritualité ont marqué l’Histoire des Etats-Unis et la légende dorée de l’Ouest : Geronimo ! En nous faisant revivre l’ultime élan de résistance d’une civilisation en péril, Christian Rossi donne à lire son œuvre la plus personnelle et la plus inspirée.
Informations ISBN :
978220322669 Nombres de pages : 168 Prix : 34,90€
La chronique de Patrick Bouster sur Planète BD Dans un territoire proche du Mexique, les Apaches sont pris en tenaille
entre soldats américains et truands mexicains, un peuple avec lequel ils
commercent. Woan, un garçon indien, se trouve banni par sa tribu pour
sa maladresse qui a coûté la vie à un autre garçon, tué par un ours. Il
va devoir tout apprendre seul. Son voyage solitaire l’oblige à
apprivoiser peu à peu la nature. Lozen, une jeune fille indienne, fille
du chef Vittorio, croise son chemin et lui apprend la ruse, à être plus
autonome, et à tuer. Geronimo, chef Apache et aussi chaman, se présente à
eux par surprise, et emmène Woan pour faire partie de ses soldats dans
sa lutte contre l’oppresseur et continuer ainsi son éducation, son
initiation. Accompagné de trois guerriers et Woan, Geronimo mène sa
route rythmée par des batailles terribles. Mais la fin des Apaches approche… Christian Rossi est très doué, ce que le monde de la BD sait depuis longtemps,
son aisance est grande à, non pas mettre artificiellement en spectacle,
mais donner à voir, parfois entrevoir, ressentir ce peuple indien, la
déesse Nature et les ambiances guerrières ou sereines. Cette fois, il a
choisi l’acrylique pour des rendus parfois poudreux, parfois mats, des
images en couleurs directes pleines de lumières et d’ombres changeantes,
de poussières, de végétaux et d’animaux, de matières de toutes sortes.
Cette maîtrise de la technique n’est pas pour « faire joli » ou pour
l’esbroufe, mais pour visualiser des impressions, des situations
enchaînées entre elles, au service de l’histoire... A lire sur Planète BD
La chronique de Frédéric Grivaux sur ZOO Le premier contact avec l’album est d’abord graphique. On découvre des
cases muettes, le paysage est aride, les teintes sont ocres, jaunes,
lumineuses, on sent la chaleur du soleil. C’est le désert, des chevaux
s’aventurent entre les rochers, les cavaliers scrutent le moindre des
recoins, à l’ombre de leur sombrero… On est assez vite interpelé par l’écriture extrêmement fine et profonde de Rossi,
qui raconte par l’image, par les mots, par les silences et les non-dits
ce parcours captivant, en marge des grandes sagas vengeresses, pleines
de leçon d’Histoire. Il adopte le ton de la confidence, le jeune Woan
nous murmure le récit, insiste sur certains moments clés, sur certaines
étapes, sans pour autant tomber dans le plaidoyer amer et moralisateur.
Rossi s’émancipe en finesse des codes narratifs conventionnels, ne tombe
pas dans le piège des romances trop classiques, ne nous propose pas non
plus de déroulé trop téléphoné. L’intrigue se déploie tranquillement,
lui permettant de ciseler ses mises en scène, de travailler ses
cadrages, sans charger de texte superflus, ni de sensationnalisme
gratuit... A lire sur ZOO
L'entretien avec Christian Rossi sur BD Gest' ... " C. R. : Comme vous l’imaginez,
j’ai toujours aimé la BD de genre et notamment le western car c’est un
merveilleux terrain de jeu. On peut se mettre à la place des Indiens ou
des Mexicains, de la cavalerie américaine, des pionniers, des cowboys,
il y a tellement d'entrées possibles... Il y a eu une sorte de coup de
vieux infligé à ce genre avec, en parallèle, le cinéma hollywoodien. Je
ne trouve pas particulièrement d’explications à ce renouveau... Il y a
peut-être l'envie aujourd'hui de se frotter, dans le cas de la BD, à
d’illustres prédécesseurs. Il y a un peu de prétention à vouloir passer
après des mecs comme Jijé, Giraud, Hermann... Evidemment, ça oblige un
peu à se tenir droit, à avoir bossé quelques aspects du western,
notamment des bonshommes sur des chevaux, pour amener quelque chose de
nouveau et pas seulement rendre hommage "... A lire sur BD Gest', propos recueillis par L. Gianati
Pour en savoir un peu plus sur les guerres menées par le Mexique contre les Apache, on peut se reporter aux mémoires de Jason Betzinez (1860-1960), un des cousins de Geronimo (1829- 1909), traduits pour la première fois en français. Aux côtés de Geronimo, l’Indien le plus célèbre du XIXe siècle, il nous fait
revivre les raids menés par ce chef mythique et sa tribu contre l’armée
américaine et mexicaine, de 1858 à 1886. Lire sur Géo, "J'ai combattu avec Géronimo, la saga d'un Apache rebelle".
Geronimo, dont le nom apache est Go Khla Yeh (Celui qui baille), est l’un des protagonistes des guerres apaches, et le dernier à continuer à se battre contre le Mexique et les États-Unis, jusqu'à sa reddition en 1886.
En 1858, sa mère, sa femme et trois
de ses enfants sont assassinés par l’armée mexicaine près d’un village appelé Kas-ki-yeh. Il entame alors des raids de représailles en territoire
mexicain. Il mène une bataille le , jour de la saint-Jérôme. Les Mexicains effrayés par la furie des Apaches invoquent saint Jérôme
pour leur défense. Il prend
alors ce nom de Géronimo. Les
Mexicains tueront sa nouvelle épouse et son fils au cours d'une autre embuscade.
L'honneur et le sang Philippe Thirault (scénario), Gilles Mezzomo (dessin) éditions Glénat, 06-2023
Présentation de l'éditeur
Une aventure impitoyable au cœur du désert mexicain. Mexique, 1863. Sur ces terres arides où la violence et le crime sont le lot quotidien de la population de l’État de Sonora, le descendant d’une ancienne lignée de conquistadors tente de faire perdurer les notions de justice et d’honneur. C’est pour sauver l’honneur bafoué de son nom que Don Armando, riche Hacendado, décide de faire justice lui-même en condamnant son propre fils à une mort lente mais certaine… Plus tôt en ville, le jeune Don Diego aurait été aperçu couteau à la main, laissant la belle Doña Joselita au milieu d’une mare de sang. Convaincu de la culpabilité de ce fils retors au visage d’ange qui ne cesse de clamer son innocence, Don Armando l’emmène dans le sinistre désert de Sonora et l’y abandonne ! Or, dans ces sierras, il faut autant redouter la sauvagerie des bêtes que celle des hommes. Territoire de la bande d’Abraham Hinter, le plus cruel des chasseurs d’Apaches, le désert est un enfer peuplé de tueurs que le dernier sentiment humain a quitté depuis longtemps… Partie à la recherche de Diego, sa mère Doña Maria, qui refuse de croire à l’horreur, va tout faire pour retrouver ce fils, quitte à se perdre. Car hélas, le désert peut nous révéler parfois plus que ce que l’on aimerait savoir…
Ce western brutal et sauvage nous ouvre les portes d’un univers sans concession pour un one shot sombre et noir, qui nous tient en haleine jusqu’au bout grâce au scénario ciselé de Philippe Thirault et au dessin impeccable de Gilles Mezzomo. Un album saisissant.
Drame au Mexique, dans le désert de Sonora. Cet intéressant one-shot se distingue un peu des autres westerns. Situé intégralement au nord du Mexique, dans l'état de Sonora, frontalier avec les Etats-Unis, le scénario va au delà des classiques oppositions entre desperados, indiens, peones ou révolutionnaires ... Il met en scène un riche propriétaire terrien, Don Armando, l'hacendado, son fils, sa femme, son personnel et la haute-bourgeoisie locale civile et miliatire. Ça démarre sur les sombreros de roue et le titre prend tout son sens puisque l'histoire est basée sur l'honneur et l'image que s'en font les personnages, tous issus des conquistadores espagnols, à part les domestiques indiens évidemment. Pour laver cet honneur prétendument bafoué, plusieurs personnages vont devoir s'enfoncer dans le désert hostile. Cet élément de décor va révéler les caractères des femmes et des hommes, avant d'agir comme agent rédempteur. C'est violent, cruel, sans concession. En plus des histoires de familles et des relations entre notables, thème central, les auteurs abordent subtilement la politique d'extermination des Apaches mise en place par le Mexique. Le gouvernement mexicain payant en or chaque têtes ou scalps d'indiens, d'enfants et de femmes surtout. Le scénario ménage surprises et suspens et ne s'encombre pas de fioriture à l'eau de rose. Le dessin, dans la ligne des spécialistes du genre comme Giraud, Boucq, Rossi ou Lamy, sert aussi bien l'action que le cadre, l'utilisation et le choix des couleurs illustrent particulièrement bien le désert et les paysages. le dessinateur nous régale avec quelques scènes animalières particulièrement réussies. Seul petit bémol pour moi, l’utilisation parfois malhabile d'expressions espagnoles et de quelques traductions approximatives. La pagination sur 88 pages est appréciable. PhH
Tome 1, La piste de Santa Fe Gregorio Muro Harriet (scénario), André Gil (dessins) éditions Glénat, 02-2021
Présentation éditeur
Mai 1774. Miguel, jeune vétérinaire, est membre d’un convoi de bétail mené par une troupe de dragons de Cuera, ces fameux cavaliers lanciers espagnols chargés de garder la frontière nord-américaine de l’empire espagnol. Mais à l’issue d’une attaque de leur caravane par des Apaches, Miguel est capturé avec Madeleine, une religieuse. Adoptés par le chef de la tribu, les jeunes gens n’auront d’autre choix que de s’adapter à la rude vie de leur nouvelle « famille ». Malgré eux, ils seront pris au cœur d’une tourmente guerrière opposant Apaches, Comanches et dragons de Cuera... Western espagnol plein de sang, de drames et d’héroïsme, Les Dragons de la frontière réussit le tour de force de respecter les codes du genre tout en y apportant un nouveau souffle, et nous replonge dans les décors mythiques de la légende de l’Ouest américain.
Le début de l'histoire Une cohorte de colons espagnols
remonte de Mexico vers San Juan Pueblo (au Nouveau Mexique). Ils sont
escortés par des « dragons », c’est-à-dire un corps de cavaliers munis
de lances et vêtus de cuir. Parmi eux, le cadet Miguel de Sasoeta s’est
légèrement épris d’une nonne française de la Nouvelle Orléans. Mais
malgré son haut lignage, son supérieur le sergent El Chato le rabroue
sans cesse et l’oblige à rester dans le rang. Tandis qu’ils avancent
péniblement sur la piste poussiéreuse, en se méfiant des crotales, ils
s’aperçoivent qu’ils sont observés de loin par des guerriers apaches.
Un article de Benoit Cassel En lisant le mot « Dragons » en titre, les lecteurs inattentifs se
seront fourvoyé en déduisant qu’il s’agit d’une quête de fantasy et à ce
qu’elle soit chapeautée par Jean-Luc Istin. Que nenni. Les dragons dont
il est ici question appartiennent au corps de cavalerie espagnole qui
était chargée de conquérir le Mexique, et dont les costumes étaient
majoritairement en cuir. Nous sommes ici au moment des guerres
d’indépendance américaine, en novembre 1778, mais l’action se situe en
marge, plus au Sud, dans les régions encore sous occupation espagnole. Lire la suite sur Planète BD.
Remarque : le Mexique dont il est question dans cette bd est celui d'avant 1848, avec un territoire formé par la superficie du Mexique actuel, auquel il faut rajouter l'Arizona, l'Utah, le Nouveau-Mexique, le Nevada, la Californie, et le Texas (séparé en 1836) qui rejoignent les Etats-Unis d'Amérique au terme de la guerre americano-mexicaine. Le Mexique a du céder plus de 40 % de son territoire, soit près de 2 000 000 km2. Le tome 2 Cuerno Verde, se déroule intégralement au nord du Rio Bravo au Nouveau-Mexique.
Rosario Castellanos Traduit de l'espagnol (Mexique) par Annette et Jean-Claude Andro (première édition : 1970) éditions Gallimard, 09-1994
Présentation de l'éditeur
Dans le Chiapas, au sud du Mexique, vivent, d'un côté, les Indiens
tzotziles de San Juan Chamula , de l'autre les ladinos, Blancs de Ciudad
Real, dont le riche propriétaire terrien Cifuentes, qui opprime les
Indiens, usant même d'un «droit de viol» sur les jeunes Tzotziles. C'est
dans ce contexte d'irréductible opposition entre les deux communautés
qu'arrive un jour l'ingénieur Ulloa, animé d'idées progressistes, qui
rêve de faire l'éducation politique des Indiens. Mais la «bonne
nouvelle» de justice sociale qu'il apporte, dans son idéalisme ignorant
de la singularité indienne, est immédiatement détournée par la
communauté tzotzile, qui lui donne une ampleur mythique, en
l'interprétant comme l'annonce du retour de ses propres dieux. Sous la
conduite de Catalina, superbe figure d'ilol, de prophétesse
inspirée, les Indiens mettent à mort le curé Manuel et crucifient un
enfant indien qui sera, à l'égal du Christ pour les ladinos, leur Grand
Sacrifié à eux. Puis, sous la conduite d'Ulloa, ils se soulèvent contre
leurs oppresseurs. Inspirée par les rapports entre les Blancs et les
Indiens du Chiapas à l'époque de la réforme agraire de la fin des
années cinquante, jamais cette double tragédie – religieuse et sociale
–, qui est en même temps un grand roman, n'a semblé plus cruellement
d'actualité qu'aujourd'hui.
L'auteur Rosario Castellanos (1925 -1974) est une romancière, poétesse et essayiste mexicaine.Elle passa son enfance à Comitán, dans le Chiapas. Elle y fut directement témoin des conditions de vie et de travail des Indiens Mayas. Ses parents, des propriétaires terriens, durent s'installer à Mexico lors des réformes de Lázaro Cárdenas lorsque Rosario Castellanos avait seize ans. Après une maîtrise de philosophie à l'université nationale autonome du Mexique, elle partit étudier l'esthétique à l'université centrale de Madrid
grâce à une bourse de l'Institut de culture hispanique. Elle soutient
en 1950 une thèse sur la culture féminine. Elle bénéficia aussi d'un bourse Rockefeller au Centre mexicain des écrivains, de 1954 à 1955. Elle commença par travailler au poste d'animatrice culturelle à l'Institut des sciences et des arts de Tuxtla Gutiérrez, puis elle devint directrice du Théâtre Guignol au Centre coordinateur Tzeltal-Tzotzil, à l'Institut national indigéniste de San Cristóbal de las Casas. Elle
travailla ensuite comme directrice générale d'Information et de Presse
de l'université nationale autonome du Mexique (1960-1966). Elle reçut le Prix Chiapas en 1958 pour Balún Canán, roman
autobiographique narrant l'enfance d'une petite fille. Le Prix Xavier
Villaurrutia lui fut attribué pour Ciudad real en 1961.
Elle enseigna de 1962 à 1971 à la Faculté de Philosophie et de Lettres
de la même université. En 1962, son roman Oficio de tinieblas reçut le
Prix Sor Juana Inés de la Cruz. En tant qu'intellectuelle, elle permit aux femmes de s'affirmer dans la
société mexicaine. Ses derniers livres témoignent de son intérêt pour le
féminisme. Son intérêt pour les indigènes et sa dénonciation de leur
statut inégalitaire a pris une nouvelle résonance avec l'Armée zapatiste
de libération nationale (EZLN) en 1994.
Oficio de tinieblas
En 1867, en San Cristóbal de Las Casas, un grupo de indios chamulas se
levantó en armas. Este hecho culminó con la crucifixión de uno de ellos,
al que los amotinados proclamaron como el Cristo indígena. Rosario
Castellanos penetra en esta novela las circunstancias y la psicología de
los personajes que intervinieron en esos acontecimientos. Estas páginas
atrapan el tiempo indígena en su naturaleza cíclica y ceremonial; pero
más aún, se convierten en el reflejo universal de aquellos seres humanos
determinados por una cultura milenaria cuyo choque con Occidente los ha
herido y transformado. La joven que leía a Simone Weil en Chiapas
comprendió, con ella, que el poder que une y destruye no es unívoco:
proviene lo mismo del opresor que del oprimido.
Oficio de tinieblas L'Office des Ténèbres est le nom donné dans le rite romain, avant la réforme de Pie XII en 1955, aux matines et aux laudes des trois derniers jours de la Semaine sainte (jeudi, vendredi, samedi), qui selon la coutume de cette période, étaient anticipées le soir précédent. L'office devait « commencer de manière à finir après le coucher du soleil», d'où le nom de « Ténèbres ».
A propos de l’œuvre Histoire, mythe et fiction dans Oficio de tinieblas de Rosario Castellanos Un article de Virginie Ruiz Résumé : Dans la dernière pièce de la « trilogie du Chiapas », Oficio de tinieblas (1962), Rosario Castellanos juxtapose trois époques : le soulèvement des Indiens chamulas au XIXe siècle, la Présidence de Lázaro Cárdenas, héritier de la Révolution mexicaine (1934-1940) et le présent de l’écriture. Par un travail de recréation de l’Histoire dans la fiction, l’auteure contrecarre le discours hégémonique et monologique des vainqueurs en nous plongeant dans la dimension magico-religieuse du mouvement messianique indien. Cependant, Rosario Castellanos véhicule l’idéologie de la politique indigéniste des années soixante selon laquelle les croyances mythiques sont un frein à la libération des Indiens, condamnés à rester en marge de l’Histoire.
Virginie Ruiz, «Histoire, mythe et fiction dans Oficio de tinieblas de Rosario Castellanos», Babel, 19 | 2009, 121-144. Virginie Ruiz, «Histoire, mythe et fiction dans Oficio de tinieblas de Rosario Castellanos», Babel [En línea], 19 | 2009, Puesto en línea el 18 julio 2013, consultado el 19 mayo 2021. URL: http://journals.openedition.org/babel/245
La marche des zapatistes ouvrage collectif Marcos, Esther, David, Tacho, Fidelia, Zebedeo… Textes présentés par Jacques Blanc, Joani Hocquenghem, Yvon Le Bot et René Solis Photos de Fred Jacquemot et Mat Jacob éditions Métailié, 08-2001
Présentation de l'éditeur
La parole et le sens contre le pouvoir et le sang. Les zapatistes n'avaient jamais dit de manière aussi dense et aussi poétique que lors de la marche sur Mexico en février et mars 2001 ce qui fait l'esprit de leur mouvement et qui en explique le formidable écho. Cette fragilité qui en est la force. L'histoire de l'Amérique latine, celle du Mexique en particulier, s'est longtemps écrite sur le mode tragique. Les zapatistes tentent de s'arracher à cette fatalité de la violence. Curieux guérilleros qui n'ont combattu que douze jours, en janvier 1994, avant de se transformer en un mouvement armé non violent, et qui marchent sur Mexico les mains nues, mais avec leurs passe-montagnes. " Nous autres Indiens, nous étions invisibles, il a fallu que nous nous cachions le visage pour que l'on nous voie. " Leurs armes, ce sont les mots. Ceux de Marcos, le passeur, fenêtre entre le monde indien et l'univers des autres Mexicains, le nôtre aussi. Ceux de ses "sœurs et frères" indiens qu'il accompagne dans la fin du silence, la prise de parole. Un feu roulant de paroles nouvelles, qui, à travers communautés, villes et villages, gagnent le cœur du Mexique, se font entendre sur le Zocalo, la place centrale de "la plus grande ville du monde", à la tribune du Congrès et au-delà des frontières, jusqu'à nous. D'autres voix se mêlent dans ce livre à celles des zapatistes. J. Hocquenghem, écrivain (Le Stade aztèque, Payot, 1994), nous fait revivre les temps forts, les moments perdus, et les à-côtés de la caravane. J. Blanc, directeur de théâtre ("le Quartz" de Brest), Y. Le Bot, sociologue (Le Rêve zapatiste, Seuil, 1997) et R. Solis, journaliste à Libération, poursuivent avec les zapatistes, un dialogue noué avec le soulèvement de 1994.
Vivre et mourir dans le Chiapas Marie-José Nadal éditions de La Pleine Lune, 1994
Présentation de l'éditeur
Le 1er janvier 1994, le Mexique chavire : l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) entre en scène. Qui sont ces guérilleros qui, après douze jours de combats seulement, décident de s'engager dans l'arène politique et de confier à la société civile la direction de la lutte pour la démocratie, la justice et la liberté ? À partir des trente-quatre revendications de l'EZLN, À l'ombre de Zapata analyse la situation socio-économique, culturelle et politique du Mexique, en particulier dans l'État du Chiapas, les transformations que la réforme constitutionnelle a entraînées et leurs conséquences chez les populations autochtones. Dans un souci de clarté et d'information - et afin d'appuyer ses observations - Marie-José Nadal a sélectionné et traduit un choix de textes, de communiqués et de lettres de l'EZLN et des autorités mexicaines : ils sont l'indispensable témoignage écrit d'un conflit douloureux et meurtrier qui a éclaté en réponse à un néolibéralisme qui n'a que faire des oubliés de la terre.
Marie-José Nadal est anthropologue. Spécialisée dans l'étude de l'histoire des Mayas, elle enseigne à l'Université du Québec à Montréal et à la Sorbonne.
Antonin Artaud, un voyage mexicain Zéphyr (dessin) & Maximilien le Roy (scénario) éditions Futuropolis, 03-2016
Présentation de l'éditeur
Antonin Artaud arrive à Veracruz au Mexique. Son but ? Partir à la recherche de la civilisation originelle mexicaine. Mais tout d'abord il s'agit de trouver de la drogue, qui lui manque cruellement. Se succèdent des crises d'angoisse, de manques et des phases d'apaisement. Il donne quelques conférences et écrit. Il souhaite découvrir la culture indienne dont il déplore l'écrasement et dont il loue les immenses potentialités. Il appelle en vain la révolution mexicaine de se plonger dans les racines ancestrales du Mexique pour bâtir l'avenir du pays plutôt que de reprendre le socialisme scientifique européen. En septembre 1936, il se rend à cheval, accompagné d'un indien métis, dans la sierra mexicaine pour rencontrer les indiens Tarahumaras. Un séjour qui va changer sa vie...
Maximilien Le Roy raconte cette quête intime, artistique et politique de l'écrivain. Zéphir restitue par la force de son dessin brut et presque âpre, l'expérience sensorielle que fut, pour Antonin Artaud ce départ vers des terres dont il attendait tant. Écrivain, dessinateur et poète français, Antonin Artaud est né en 1896 à Marseille. Théoricien du théâtre il a également été comédien dans 25 films de fiction. Il est mort en 1948, interné à Ivry sur Seine après de nombreux séjours en psychiatrie depuis tout jeune homme. Il a notamment publié Van Gogh le suicidé de la société, et enregistré Pour en finir avec le jugement de Dieu.
L'article de David Taugis sur ActuaBD Évitant la biographie linéaire, les auteurs évoquent des moments marquants de la vie de l'écrivain français, dont l'aura sulfureuse aura marqué la littérature et le théâtre. Son œuvre n’est pas si connue, mais son personnage un peu plus : Antonin Artaud, figure de la littérature française, a marqué le 20ème siècle. L’ambition de Maximilien Le Roy demeure assez modeste : illustrer quelques épisodes de sa vie en mettant en exergue quelques rencontres déterminantes (Diego Rivera au Mexique, notamment). Lire la suite sur ActuaBD
Kino, est un pêcheur de perle. Il vit avec sa femme Juana et leur bébé Coyotito, au bord de l’eau en Basse-Californie, à la pointe nord-est du Mexique. Leur vie est rythmée par les gestes simples de la vie, dans un ordre immuable des choses : dormir, manger, s’occuper de leur enfant, prendre la barque, pêcher des huitres, chercher des perles. Ils vivent très
modestement, mais cela leur suffit apparemment pour être heureux. Or un
jour, un scorpion grimpe au plafond de la hutte, descend depuis les
cordes jusqu’au berceau de Coyoyito et plante son dard dans l’épaule du
bébé. L’enfant réveille ses parents avec ses pleurs. Kino tue aussitôt
ce maudit insecte et il emmène sa petite famille dès l’aube, afin de
consulter un docteur. Le fils du médecin les accueille sur le perron de
leur villa cossue. Il répond aux indiens que le médecin n’est pas là.
Car il sait que les indiens n’auront pas un centime pour le payer. Et
son père, occupé à petit-déjeuner goulument dans une pièce du fond est
bien d’accord avec cette manière de voir les choses. Kino s’en retourne à
sa hutte en ayant compris qu’il lui faut de l’argent pour soigner son
fils. Il décide alors d’aller aussitôt pêcher des perles parmi les plus
belles et de les vendre. Il sait où l’on trouve les plus belles, ces
perles ont fait jadis la fortune du roi d’Espagne…Jusqu’au jour où Kino pêche une perle énorme « parfaite comme la lune ». Les forces du mal se déchaînent alors contre lui. La cupidité et l’envie l’obligent à se défendre et à tuer. La perle fabuleuse n’aura été pour eux qu’une brève rêverie et un atroce cauchemar. Car on ne dérange pas si facilement l’ordre des choses.
Adapté du roman de John Steinbeck (prix Nobel 1962) qui signe avec La Perle une fable sociale
noire mais lucide sur les injustices les plus révoltantes de son
époque. Jean-Luc Cornette s’empare de cette histoire universelle, dans
une adaptation graphique captivante au pouvoir d’évocation d’une grande
intensité.
Les ombres de la Sierra Madre - Tome 2 Daniel Brecht (dessin) - Philippe Nihoul (scénario)
éditions BD Must, 12-2019
Présentation de l'éditeur
Mexique, années 1920, 40 ans après la reddition de Geronimo, alors qu’Hollywood tournait ses premiers films parlants, les Apaches poursuivaient une guerre perdue pour défendre un mode de vie condamné à disparaître…
Âpre, violente, désabusée et teintée d’humour noir, Les Ombres de la Sierra Madre renouvelle le genre. Western atypique, par son ton, son rythme et sa chronologie, c’est aussi une tragédie en 3 actes, inspirée d’évènements authentiques et méconnus.
Avec ses personnages attachants, son dessin au couteau et ses dialogues ciselés, le récit vous entraîne au cœur de la Sierra Madre, ultime refuge des derniers Apaches libres. Mormons, Indiens, Mexicains… personne ne sortira indemne de cette trilogie à la fois épique et terriblement humaine.
El dedo de Dios Les ombres de la Sierra Madre tome 3 Daniel Brecht (dessin) - Philippe Nihoul (scénario)
2021 - BdMust
Mexique, années 1920, 40 ans après la reddition de Geronimo, alors qu’Hollywood tournait ses premiers films parlants, les Apaches poursuivaient une guerre perdue pour défendre un mode de vie condamné à disparaître… Âpre, violente, désabusée et teintée d’humour noir, Les Ombres de la Sierra Madre renouvelle le genre. Western atypique, par son ton, son rythme et sa chronologie, c’est aussi une tragédie en 3 actes, inspirée d’évènements authentiques et méconnus. Avec ses personnages attachants, son dessin au couteau et ses dialogues ciselés, le récit vous entraîne au cœur de la Sierra Madre, ultime refuge des derniers Apaches libres. Mormons, Indiens, Mexicains… personne ne sortira indemne de cette trilogie à la fois épique et terriblement humaine.
« Minuit sonne à l'église. Mes pensées se déposent en espagnol, comme si
la langue de mon enfance m'avait recolonisée tout entière, une flaque
d'or s'élargissant au fond de moi. Toute la colline fermente contre le
ciel, autant d'arbres fraternels, soudés comme les vagues dans la mer,
bercée par leur masse en mouvement. Les morts sont autant d'arbres, ils
poussent parmi nous, mêlés à nous, être mort est une belle chose, simple
et agréable. La nuit est douce, piquetée d'astres, j'imagine les
chèvres dans les cimetières goûtant de leur langue rêche la bière
répandue sur les tombes.
Une balle tirée d'un point obscur pourrait pénétrer par la fenêtre et
m'atteindre à cet instant. C'est une conviction très forte, une évidence
en cette nuit des morts : quelqu'un est là, qui me vise le cœur. »
La Chienne de Naha, de Caroline Lamarche : la part sauvage. Avec ce nouveau roman, l'écrivain belge confirme la puissance onirique de son écriture. Par Bertrand Leclair
Quittée sur une gifle "globale et tourbillonnante", la narratrice n'attend plus. Il lui faut se recoudre, se recoudre en livre, retrouver le fil, le sens d'être au monde ce qu'elle est, une femme en morceaux ignorant "l'antidote à (sa) passivité mélancolique". Elle ira le chercher jusqu'au Mexique, au pays des Indiens Triqui de Copala, au moment même où ces derniers, constitués en "Municipio Autónomo", se livrent à de meurtrières guerres de clans. Abritée des balles perdues au sein d'une communauté religieuse, elle enquête sur "la part sauvage et libre de la femme", cette moitié qui, selon une légende triqui de l'origine de l'humanité, s'est échappée vers la rivière lorsque le premier homme, après lui avoir dérobé sa peau de chienne pour la maintenir au foyer, en est venu, pris de colère, à couper la femme en deux, d'un coup de machette... Lire l'article sur Le Monde
L'avis d'Edmond Morrel sur Espace Livres
Avec « La chienne de Naha » Caroline Lamarche nous donne un roman
essentiel, un de ces livres dont la lecture vous transforme, vous
hypnotise, vous émeut, vous séduit et vous enchante tout à la fois. Une légende cosmogonique amerindienne ouvre le livre et lui donne son
titre énigmatique. On y raconte comment la femme est venue sur terre
pour aider l’homme. Le conte ouvre ainsi une première lecture de ce
récit : la place de la femme dans la société et dans la famille... Lire la suite EspaceLivres
Morgane Desbrosses
Illustrations de Lison Cuart
éditions Nanika - 09/2018
Résumé de l'éditeur :
Quelles sont les différences entre les Aztèques et les Toltèques ? Les Mexicaines portent-elles toujours des huilpils
? C’est vrai que ce sont les Mayas qui ont inventé le chocolat ?
Comment manger des tacos comme un vrai Mexicain ? Qu’est-ce que la Catrina ?
Le Mexique mystifie autant qu’il attire. Pour passer au-delà des
clichés, il faut prendre le temps de le connaître, de creuser un peu
sous la surface, de chercher les racines profondes sur lesquelles il
repose. Parce que oui, les plages mexicaines sont magnifiques, les
soirées endiablées et les cartels très dangereux mais le Mexique c’est
bien plus que cela. C’est une histoire millénaire, une cuisine reconnue à
travers le monde, une diversité incroyable de la biosphère et surtout
des traditions ancestrales qui donnent l’impression que derrière chaque
geste, chaque mot, chaque chose se cache une signification nouvelle, un
morceau de culture. Dès mes premiers jours au Mexique, j’ai été
totalement séduite par la joie de vivre ambiante, les couleurs, la
musique mais aussi par les petits moments du quotidien, toutes ces
simples habitudes que les touristes considèrent comme anodines mais qui
ont en fait une signification symbolique extrêmement profonde pour les
Mexicains.
Sur l'auteur :
Son histoire d’amour avec le Mexique démarre en fait à La Havane, Cuba, à
l’été 2015 où elle rencontre celui qui deviendra l’un de ses amis les
plus chers, Miguel. Mexicain d’origine et grand féru d’histoire,
celui-ci va lui transmettre sa passion pour la culture mexicaine. Bien
décidée à découvrir par elle-même ce pays à la culture si riche et
ancrée dans l’histoire, Morgane s’envole pour la première fois pour le
Mexique, direction la petite île d’Holbox en mars 2016. Arrivée à Cancun
de nuit et sous une pluie battante, elle va vite faire face à la
différence de culture, de langage et de mode de vie, pour le meilleur et
parfois pour le pire ! Il ne lui faudra que trois semaines pour tomber
amoureuse du pays et décider d’en voir le plus possible.
Ces informations sont issues du site des éditions Nanika, sur lequel vous trouverez tous les détails, le sommaire et quelques illustrations.
Dessin : Jeronaton
Scénario : Jeronaton
Éditions du Long-Bec, 09/2018
Fiche de l'éditeur
Gonzalo Guerrero, naufragé castillan devenu chef de guerre maya, doit
faire face aux dangers d'une invasion espagnole. Entre ceux qui sont
devenus son peuple et ceux qui étaient les siens, il doit faire un
choix. Un album en couleurs directes pour une réflexion sans concession
sur le colonialisme et la cupidité humaine
L'arrivée de troupes espagnoles aux
abords du village maya qui l'a recueilli met Gonzalo Guerrero face à un
dilemme. Le naufragé castillan devenu chef de guerre doit choisir entre
ses compatriotes espagnols et les autochtones auprès desquels il a
refait sa vie. Gonzalo sait de quoi ses anciens concitoyens sont
capables et décide de penser à l’avenir de sa famille maya. Il n’a donc
d’autre choix que de devenir un renégat...
Adapté du roman de John Steinbeck (prix Nobel 1962) qui signe avec La Perle une fable sociale noire mais lucide sur les injustices les plus révoltantes de son époque. Jean-Luc Cornette s’empare de cette histoire universelle, dans une adaptation graphique captivante au pouvoir d’évocation d’une grande intensité.
La fiche du livre sur le site de l'éditeur