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23 mai 2026

La race des hommes perdus

Antonin Artaud
éditions Payot-Rivages, 05-20256
(1ère publication en 2017, Folio Essais Gallimard)

Présentation de l'éditeur

À la fin de l’été 1936, Antonin Artaud rencontre au Mexique, dans les gorges escarpées de la sierra Madre occidentale, un peuple "étrange" et isolé de paysans philosophes, les Tarahumaras. Ils ne se déplacent qu’en courant pieds nus, infatigables, sur des sentiers vertigineux et vivent "comme les premiers hommes", en dehors de la civilisation, animés tous d’un "sentiment de solidarité spontanée". Ils l’initieront au rituel d’un cactus hallucinatoire, le peyotl. Sa vie et son œuvre en seront bouleversées.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

 

Informations
ISBN : 978-2-228-94184-6
Pages : 128
Prix : 7,90 €

1er chapitre (source : Payot - PNB)



 👉 Antonin Artaud et “la Race des hommes perdus”
Un article de Hocine Bouhadjera publié en janvier 2024 à lire dans ActuaLlité.
... " Dans La Race des hommes perdus, il raconte cette « race de purs indiens rouges » : « Quarante mille hommes vivent là, dans un état comme avant le déluge. Ils sont un défi à ce monde où l’on ne se parle tant de progrès que parce que sans doute on désespère de progresser. [...] Le communisme existe chez elle dans un sentiment de solidarité spontanée. » ... 

 👉  Recension sur Cairn en 2017.


20 septembre 2025

Mauvaise fortune

Fano Loco, dessin et scénario
récit complet
éditions Nada, 09 - 2025

 

Présentation de l'éditeur

États-Unis - Mexique, années 1910. Morning Bird, jeune autochtone rescapé du massacre de sa communauté, et Adelita, révolutionnaire insoumise, voient leur destin basculer. À l’origine de leur encontre improbable, Garrett, un escroc à la solde d’hommes d’affaires avides de pouvoir et d’argent dominant le monde du haut d’un building new-yorkais. Dans ce récit choral, ils vont croiser la route de travailleurs itinérants idéalistes, d’un général de l’armée mexicaine cynique, de pensionnaires d’une maison close en grève et d’une foule d’anonymes aveuglés par la soif de fortune.Toutes et tous en quête d'une vie meilleure, mais à quel prix ?
Western politique et fable sociale, Mauvaise fortune révèle un monde régi par le profit où tous les coups sont permis.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 979-10-92457-92-6
Pages : 176 
Prix : 25 €

👉 La chronique de A. Perraud sur BDGest (extraits)
... " Western crépusculaire et fable sociale à la fois, Mauvaise fortune est un récit cinglant qui ne fait pas de prisonnier, ni de détail. Fano Loco (Jazz) met en scène deux figures classiques – l’Amérindien spolié et dépouillé par les Blancs et une femme forte, à peine un être humain, selon les codes en vigueur – dans un cadre violent, dirigé en coulisse par un capitalisme de l’ombre aussi aveugle que destructeur. Ces bases posées, c’est parti pour cent soixante pages d’une lutte sanglante et sans pitié. Les deux protagonistes principaux vont se serrer les coudes et encaisser une liste infinie de brimades. De plus, faisant fi des injustices dont ils sont accablés, ils vont se prendre en main et commencer à rendre les coups. Ce qu’ils veulent ? Vivre en paix, du respect et de l'égalité. Malheureusement, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne à l’Ouest du Pecos (et au Sud Rio Grande). Alors, marche ou crève et profite de toutes les occasions pour avoir un peu de répit. En résumé : si ce n’est pas toi qui ramasse ce dollar qui traîne, ça sera le prochain, les traîne-misère, ce n’est pas ça qui manque. 
Comme tous les ouvrages teintés de militantisme, Mauvaise fortune manque parfois un peu de nuance. D’un autre côté, les différents sujets (racisme, exploitation, etc.) soulevés par l’histoire ne sauraient souffrir d’aucune excuse. Au final, l’énergie et la volonté inoxydable de ce duo de héros par défaut remportent les suffrages et rendent la lecture aussi haletante que touchante."...
Lire l'article complet sur BDGest


👉 Sur les Adelitas (ou soldaderas durant la révolution mexicaine) voir aussi 
Soldaderas y soldados en la revolucion mexicana.
Martha Eva Rocha Islas
Dirección de Estudios Históricos, INAH
(en espagnol) 


 

6 septembre 2025

La fille sauvage

NED 2025 (nouvelle édition)
Jim Fergus, traduit de l'anglais (Usa) par Jean-Luc Piningre
éditions Le Cherche Midi, 09-2025
(1ère édition française : 2011)

 

Présentation de l'éditeur

Tu sais ce qu'il y a de plus terrifiant pour moi ? C'est notre capacité à endurer n'importe quoi, juste pour rester vivants.

New York, 2002. Lors d'une exposition de photographies, un cliché fait sensation : il représente une jeune Indienne livrée en spectacle aux curieux dans une geôle sordide du Mexique. Le vieux photographe, Ned Giles, se souvient de l'histoire de cette " fille sauvage ".

Sierra Madre, 1932. Un chasseur de pumas capture une jeune femme qui appartient à l'une des dernières tribus vivant encore à l'état de nature. Au même moment, la Grande expédition apache s'organise. Cette troupe hétéroclite d'aventuriers et de " gentlemen " fortunés, désireux de massacrer de l'Indien, propose d'échanger la prisonnière contre un enfant kidnappé par les Apaches. Photographe de l'expédition, Ned Giles va braver tous les dangers pour essayer de protéger la jeune fille. 

Après Mille femmes blanches, Jim Fergus s'inspire à nouveau d'un fait réel de la conquête de l'Ouest pour nous offrir un portrait de femme inoubliable, doublé d'une bouleversante histoire d'amour. On retrouve dans ce magnifique hommage à la culture indienne toute la puissance romanesque et la force d'émotion de l'auteur.


La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 9782749183312
Pages : 448
Prix : 23,50 €

👉 Voir en complément sur ce blog, Les ombres de la Sierra Madre, bd de Daniel Brecht et Philippe Nihoul.

19 avril 2025

Naissance de l'indigénisme - Le Mexique au XXe siècle

Romain Robinet
éditions PUF, 04-2025


Résumé 

Qu’est-ce qu’être indigène en Amérique latine ? Est-ce le fruit d’une situation coloniale, héritée des lointaines conquêtes ibériques ? Ou s’agit-il d’une identification politique plongeant en réalité ses racines dans une histoire beaucoup plus récente ? À l’heure des multiples débats sur le legs des empires coloniaux, cette enquête interroge le caractère socialement construit de l’indianité dans les Amériques contemporaines : la catégorie « indigène » doit en effet être appréhendée comme une ressource multidimensionnelle, déployée aussi bien par des États dits indigénistes que par un continuum d’organisations s’identifiant comme autochtones. L’indigénisme – dynamique transnationale, entreprise scientifique, politique publique, mouvement social et élan religieux – a bel et bien inventé l’indigène.

Laboratoire de l’anthropologie appliquée, le Mexique révolutionnaire a été le fer de lance de l’indigénisme américain. Obsédées par l’idée d’une nation homogène, ses élites blanches et métisses ont continuellement cherché à « incorporer l’Indien à la civilisation », à grands renforts d’écoles, de coopératives, de routes et de dispensaires. Face à cette mission assimilatrice, les représentants autochtones se sont constamment mobilisés pour faire entendre les revendications politiques, sociales et culturelles de la « race indigène ». Enjeu de luttes permanentes, l’indigénisme est devenu ainsi le mode de décolonisation des Amériques au XXe siècle. 

 

Informations
EAN : 9782130874836
Pages : 464
Prix : 24,00 €

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur
 
Romain Robinet est maître de conférences (HDR) en histoire contemporaine à l’Université d’Angers et membre du laboratoire TEMOS (Temps, Mondes, Sociétés, UMR CNRS 9016). Ses travaux portent sur l’histoire politique et sociale du Mexique au XXe siècle. Il est également l’auteur de La Révolution mexicaine : une histoire étudiante (Presses universitaires de Rennes, 2017).

A propos de l'indigénisme, voir la page de l'Encyclopaedia Universalis
Voir aussi :
Gabriela Brindis Álvarez. Représentations et rôle de ”L’INDIEN” dans le Mexique contemporain. Lieux Communs - Les Cahiers du LAUA, 2009, L’altérité, entre condition urbaine et condition du monde, 12, pp.192-198. hal-03243715
Favre, H. (1998). El indigenismo. Fondo de Cultura Económica.
Suárez, R. M. (2004). El indigenismo político en América Latina. Revista de Estudios políticos, (123), 129-174.
Korsbaek, L., & Rentería, M. Á. S. (2007). El indigenismo en México: antecedentes y actualidad. Ra Ximhai: revista científica de sociedad, cultura y desarrollo sostenible, 3(1), 195-224.



29 mars 2025

Bonampak

Laetitia Bianchi
éditions Gallimard - Verticales, 03-2025

 Présentation de l'éditeur

« Un Lacandon aux longs cheveux noirs, debout sur sa pirogue, vêtu d'une tunique blanche, creusant la transparence émeraude de la rivière d’une pagaie en bois. MÉXICO AUTÉNTICO. BONAMPAK. CHIAPAS. C’est peut-être le jour où j’ai vu, à l’aéroport de Mexico, sur un écran géant, cette publicité pour une agence de voyages, ce fantasme pour touriste en quête de bons sauvages, que ce livre est né. Un Lacandon ! Bonampak ! Authentique ! Vrai de vrai, à portée de main ! À portée de notre monde, à portée de nos yeux, là, pour nous, pour vous ! Et à ces visiteurs d’un jour qui achèteraient un petit jaguar en bois, il n’était donné qu’une image. Il n’était donné que le mensonge. »


Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 978-2-07-308301-2
Nombre de pages : 210
Prix : 20 €

Extrait:

Les lendemains de ma première visite de Bonampak – ces lendemains furent des années –, j’ai fait l’idiote. À chacune de mes phrases, je mettais un point d’interrogation. J’eus longtemps l’âge du pourquoi. Pourquoi Bonampak ? Pourquoi m’étais-je retrouvée un matin à Bonampak, seule, éblouie, dans la lumière blanche de la forêt lacandone ? Parce que Bonampak était un site archéologique maya digne d’être vu. Pourquoi digne d’être vu ? Parce qu’on pouvait y voir des peintures extraordinaires. Pourquoi pouvait-on y voir ces peintures ? Parce qu’un certain Giles Greville Healey les avait découvertes. Pourquoi Healey les avait-il découvertes ? Parce qu’il se trouvait là en 1946. Pourquoi se trouvait-il là en 1946 ? Parce qu’il tournait un documentaire sur les Mayas. Pourquoi tournait-il un documentaire sur les Mayas ? Parce que la United Fruit Company le lui avait demandé. Pourquoi la United Fruit Company, entreprise bananière, la plus puissante multinationale des États-Unis, finançait-elle un documentaire sur les Mayas ? Je n’avais pas de réponse.
Le site maya de Bonampak, au Chiapas, est officiellement découvert en 1946 par Giles Healey, mais les versions divergent quant à la personne vraiment à l'origine de cette découverte archéologique majeure. L'autrice imagine l'histoire de cette découverte à partir de la consultation des carnets d'explorateurs des différents protagonistes de cette épopée.

Laetitia Bianchi
Née en 1976, Lætitia Bianchi est franco-mexicaine. Autrice d'un premier récit chez Verticales, Voyez-vous (2002), elle y a codirigé une collection de livres illustrés. Pendant ses années à Mexico, elle s’est consacrée à l'œuvre du graveur José Guadalupe Posada (Posada, génie de la gravure, L'Association, 2019). Après avoir cofondé la revue R de réel puis le magazine Le Tigre, elle a créé en 2021 les Éditions Mexico portant sur l'imagerie populaire au XIXe siècle. Elle a aussi traduit du grec ancien des comédies d'Aristophane, dont Lysistrata et Les Oiseaux (Arléa, 2006, 2024). Bonampak est son deuxième récit.



 

15 mars 2025

La Realidad

Neige Sinno
éditons P.O.L., 03-2025

Présentation de l'éditeur

« Il n’y a rien de tel que la réalité. » On pourrait dire que ce livre est un récit de voyages dans la réalité ou vers la réalité. Avec un premier voyage, il y a plus de vingt ans, où deux jeunes femmes en sac à dos, Netcha, la narratrice, et Maga, une amie espagnole, essaient de rejoindre un village du Chiapas, au Mexique, appelé précisément La Realidad. « Des sources fiables, dit cette amie, lui assuraient que le Sub, alias le souscommandant Marcos, était à La Realidad [...] Marcos est dans la réalité. » Quête autant politique (la rencontre avec les mouvements révolutionnaires zapatistes) qu’initiatique et intime. Si les deux amies renoncent en chemin, elles ne renoncent jamais vraiment. Elles insistent, et par d’autres voies, par d’autres routes, par toute sorte d’approches, on les voit avancer à tâtons vers ce qu’elles imaginent comme un monde inconnu, un monde nouveau, un monde autre. Pour Netcha, l’autre, ce sont avant tout les Indiens qu’elle aimerait rencontrer tout en ayant très peur de cette rencontre. Elle a peur de porter sur les épaules le poids de l’histoire, d’être une représentante du peuple de colonisateurs dont elle est issue, d’avoir lu trop de livres, de passer à côté de ce qui importe vraiment, c’est-à-dire l’altérité. Et c’est bien sûr quand elle décide d’arrêter de voyager, que le vrai voyage commence vraiment.

« Combien de fantômes murmurent encore dans ce livre ? » se demande, à la fin, la narratrice. Celui du mystérieux leader zapatiste, le sous-commandant Marcos, ceux des Indiens en lutte du Chiapas, celui d’Antonin Artaud qui en 1936 fit un voyage énigmatique au Mexique, mais aussi les fantômes d’une existence en quête d’un lieu autre, et le fantôme de la réalité, celui de nos blessures et de nos illusions. Ce nouveau livre de Neige Sinno, autobiographique lui aussi, confirme avec profondeur son immense talent d’écrivain, et offre un récit magique sur l’aspiration autant intime que collective d’un autre monde possible : « Il y a bien une question de stratégie, de choix, de recherche des armes qui nous permettraient de faire advenir un autre monde, mais les forces prennent des chemins qui ne sont pas ceux qu’on croit, plus longs, plus souterrains et moins clairs que ce que l’on souhaiterait. »

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 978-2-8180-6313-2
Nombre de pages : 272
Prix : 20€

Neige Sinno est née en 1977 dans les Hautes-Alpes et vit aujourd’hui au Mexique avec sa famille. Après une thèse en littérature américaine et des études poursuivies aux États-Unis et au Mexique, elle se consacre à l'écriture, exerçant comme traductrice et enseignante de littérature vacataire à l’université. Neige Sinno publie son premier ouvrage en 2003, un recueil de nouvelles, sous le titre "La vie des rats". Elle sort ensuite un essai sur les figures du lecteur, intitulé Lectores entre líneas : Roberto Bolaño, Ricardo Piglia y Sergio Pitol (2011), qui lui permet de remporter le prix Lya Kostakowsky.  Le 6 novembre 2023, Neige Sinno remporte le prix Femina 2023 pour son livre Triste tigre, publié aux éditions P.O.L. Neige Sinno est sélectionnée pour le prix Goncourt, le prix Médicis, le prix Décembre et remporte le prix littéraire du Monde, le prix Les Inrockuptibles, ainsi que le Prix Blù Jean-Marc Roberts.


A écouter, le Podcast sur France Inter du Masque et la plume sur le voyage littéraire de Neige Sinno au Mexique.
" Pour son nouveau roman, Neige Sinno propose un récit hybride dans lequel elle explore ses années mexicaines et ses expériences au Chiapas, où elle a vécu pendant 20 ans. Le livre commence au début des années 2000 avec un premier voyage de la narratrice, Netsha, et son amie espagnole Maga vers le village de La Realidad, dans l'espoir de rencontrer le sous-commandant Marcos, figure emblématique du mouvement zapatiste..."

 




11 mai 2024

Scalp

La funèbre chevauchée de John Glanton et ses compagnons de carnage
Hugues Micol, dessin et scénario
éditions Futuropolis, 01-2017

 

Présentation de l'éditeur

 

John Glanton (1819-1850) est un Texas Ranger pendant la guerre mexicaine déclenchée en 1845 par l'annexion du Texas par les États-Unis. Les États-Unis annexeront aussi les territoires mexicains de la Californie. Pour Ulysse Grant, qui participa à cette guerre, « La rébellion du Sud fut l'avatar de la guerre avec le Mexique. Nations et individus sont punis de leurs transgressions. Nous reçûmes notre châtiment sous la forme de la plus sanguinaire et coûteuse guerre des temps modernes. » Après la guerre, chassé de l'armée pour meurtre, Glanton devient soldat de fortune, un mercenaire à la tête d'un gang particulièrement violent. Il loue ses services à l'état de Chihuahua afin de chasser les Indiens Apaches qui opèrent à la frontière du Mexique mais massacre aussi des Indiens pacifiques pour se faire plus d'argent. Car Glanton est payé au scalp rapporté. Ses massacres bafouent les traités signés entre ces tribus et les États- Unis et oblige l'état de Chihuahua à les déclarer hors-la-loi. Ils partent vers la Californie où la ruée vers l'or vient de commencer et s'enfoncent de plus en plus dans la violence. Glanton - et sa bande - tombera en 1950 dans une embuscade de la tribu de Quechan qui voulait se venger de leurs exactions. En se basant sur la vie de John Glanton, Texas Ranger pendant la guerre civile mexicaine puis mercenaire à la tête d'une bande de tueurs d'Indiens payés au scalp, Hugues Micol livre un récit hallucinant de la guerre civile mexicaine du milieu de XIXe siècle. Son dessin, puissant, qui rappelle les gravures de Goya, dépeint l'implacable brutalité d'une époque, loin des clichés du Far west.

La fiche du livre sur le site BDfugue
Sur le site de l'éditeur

Informations :
ISBN : 9782754812078
Nombre de pages : 192
Prix : 28 €

18 novembre 2023

Le voyage mexicain - Jungle

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Bernard Plossu

éditions Contrejour, 05-2023
première édition en 1979

Présentation

Les deux ouvrages tirés à 1000 exemplaires vendus exclusivement ensemble sont présentés sous jaquette.

Le voyage mexicain, livre mythique de Bernard Plossu paru en 1979 est enfin réédité dans sa version originale accompagné de Jungle, un livre inédit de photographies couleurs qu’il réalisa à la même époque lors d’une expédition dans la jungle du Chiapas mexicaine. L’ensemble ainsi constitué révèle comment un jeune homme d’à peine vingt ans, amateur de cinéma d’auteur et de films grand public met spontanément en place dès ses débuts de photographe une esthétique personnelle sans rien connaitre des photographes importants de son époque. Et dans le même temps, que ce soit sur la route à travers l’approche poétique du Voyage mexicain ou narrative de Jungle, on sent que tout est déjà en place : la conscience de son devenir d’auteur et son  approche conceptuelle à travers les livres conçus comme des œuvres à part entière.

Le voyage mexicain, avant-propos de Denis Roche
C’est un témoignage optimiste de la beat génération, une rupture dans l’histoire de la photographie avec des cadrages à l’opposé de la tradition française, des images qui nous en disent autant sur le photographe que sur le pays traversé. La critique fut enthousiaste à la sortie de ce petit livre en 1979, et son auteur qualifié de « Robert Frank heureux ». Dans sa  mémorable préface Denis Roche explique ce qu’est la liberté de la photographie qui permet qu’un savoir et une esthétique soient mystérieusement spontanés comme chez Bernard Plossu.

Jungle, avant-propos de Claude Nori
Début 1966, Bernard Plossu qui n’a que vingt ans est engagé comme photographe dans une expédition anglaise à la recherche d’un temple maya. Ce sera pour lui une façon d’améliorer sa technique mais aussi l’art de la débrouille et de la survie au contact d’une nature souvent hostile avec les quatre autres jeunes membres de l’expédition. Il tiendra tout le long de cette expérience, un journal dont des extraits sont publiés dans l’ouvrage, donnant à cette approche de son périple mexicain une dimension aventurière.


Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN: 979-10-90294-56-1
Pages : 72 et 92
Prix : 32 euros 

31 octobre 2023

Golden West

Christian Rossi (scénario et dessin)
éditions Casterman, 10-2023

 

Présentation de l'éditeur

 

Le souffle épique du western revisité par un maître du dessin.
Banni de son peuple pour conjurer une malédiction, le novice apache Woan doit apprendre à survivre. Après avoir affronté, seul, à la frontière nord-ouest du Mexique, dans le désert de Sonora, les épreuves des éléments naturels et des passions humaines, le jeune homme croise la route d’un guerrier dont les faits d’armes et la spiritualité ont marqué l’Histoire des Etats-Unis et la légende dorée de l’Ouest : Geronimo !
En nous faisant revivre l’ultime élan de résistance d’une civilisation en péril, Christian Rossi donne à lire son œuvre la plus personnelle et la plus inspirée.


Informations
ISBN : 978220322669
Nombres de pages : 168
Prix : 34,90€

La chronique de Patrick Bouster sur Planète BD
Dans un territoire proche du Mexique, les Apaches sont pris en tenaille entre soldats américains et truands mexicains, un peuple avec lequel ils commercent. Woan, un garçon indien, se trouve banni par sa tribu pour sa maladresse qui a coûté la vie à un autre garçon, tué par un ours. Il va devoir tout apprendre seul. Son voyage solitaire l’oblige à apprivoiser peu à peu la nature. Lozen, une jeune fille indienne, fille du chef Vittorio, croise son chemin et lui apprend la ruse, à être plus autonome, et à tuer. Geronimo, chef Apache et aussi chaman, se présente à eux par surprise, et emmène Woan pour faire partie de ses soldats dans sa lutte contre l’oppresseur et continuer ainsi son éducation, son initiation. Accompagné de trois guerriers et Woan, Geronimo mène sa route rythmée par des batailles terribles. Mais la fin des Apaches approche…
Christian Rossi est très doué, ce que le monde de la BD sait depuis longtemps, son aisance est grande à, non pas mettre artificiellement en spectacle, mais donner à voir, parfois entrevoir, ressentir ce peuple indien, la déesse Nature et les ambiances guerrières ou sereines. Cette fois, il a choisi l’acrylique pour des rendus parfois poudreux, parfois mats, des images en couleurs directes pleines de lumières et d’ombres changeantes, de poussières, de végétaux et d’animaux, de matières de toutes sortes. Cette maîtrise de la technique n’est pas pour « faire joli » ou pour l’esbroufe, mais pour visualiser des impressions, des situations enchaînées entre elles, au service de l’histoire...
A lire sur Planète BD


La chronique de Frédéric Grivaux sur ZOO
Le premier contact avec l’album est d’abord graphique. On découvre des cases muettes, le paysage est aride, les teintes sont ocres, jaunes, lumineuses, on sent la chaleur du soleil. C’est le désert, des chevaux s’aventurent entre les rochers, les cavaliers scrutent le moindre des recoins, à l’ombre de leur sombrero…
On est assez vite interpelé par l’écriture extrêmement fine et profonde de Rossi, qui raconte par l’image, par les mots, par les silences et les non-dits ce parcours captivant, en marge des grandes sagas vengeresses, pleines de leçon d’Histoire. Il adopte le ton de la confidence, le jeune Woan nous murmure le récit, insiste sur certains moments clés, sur certaines étapes, sans pour autant tomber dans le plaidoyer amer et moralisateur. Rossi s’émancipe en finesse des codes narratifs conventionnels, ne tombe pas dans le piège des romances trop classiques, ne nous propose pas non plus de déroulé trop téléphoné. L’intrigue se déploie tranquillement, lui permettant de ciseler ses mises en scène, de travailler ses cadrages, sans charger de texte superflus, ni de sensationnalisme gratuit... 
A lire sur ZOO

© Christian Rossi - Casterman

L'entretien avec Christian Rossi sur BD Gest'
... " C. R. : Comme vous l’imaginez, j’ai toujours aimé la BD de genre et notamment le western car c’est un merveilleux terrain de jeu. On peut se mettre à la place des Indiens ou des Mexicains, de la cavalerie américaine, des pionniers, des cowboys, il y a tellement d'entrées possibles... Il y a eu une sorte de coup de vieux infligé à ce genre avec, en parallèle, le cinéma hollywoodien. Je ne trouve pas particulièrement d’explications à ce renouveau... Il y a peut-être l'envie aujourd'hui de se frotter, dans le cas de la BD, à d’illustres prédécesseurs. Il y a un peu de prétention à vouloir passer après des mecs comme Jijé, Giraud, Hermann... Evidemment, ça oblige un peu à se tenir droit, à avoir bossé quelques aspects du western, notamment des bonshommes sur des chevaux, pour amener quelque chose de nouveau et pas seulement rendre hommage "...
A lire sur BD Gest',
propos recueillis par L. Gianati

© Christian Rossi - Casterman

Pour en savoir un peu plus sur les guerres menées par le Mexique contre les Apache, on peut se reporter aux mémoires de Jason Betzinez (1860-1960), un des cousins de Geronimo (1829- 1909), traduits pour la première fois en français. Aux côtés de Geronimo, l’Indien le plus célèbre du XIXe siècle, il nous fait revivre les raids menés par ce chef mythique et sa tribu contre l’armée américaine et mexicaine, de 1858 à 1886. Lire sur Géo, "J'ai combattu avec Géronimo, la saga d'un Apache rebelle".

Geronimo, dont le nom apache est Go Khla Yeh (Celui qui baille), est l’un des protagonistes des guerres apaches, et le dernier à continuer à se battre contre le Mexique et les États-Unis, jusqu'à sa reddition en 1886. En 1858, sa mère, sa femme et trois de ses enfants sont assassinés par l’armée mexicaine près d’un village appelé Kas-ki-yeh. Il entame alors des raids de représailles en territoire mexicain. Il mène une bataille le , jour de la saint-Jérôme. Les Mexicains effrayés par la furie des Apaches invoquent saint Jérôme pour leur défense. Il prend alors ce nom de Géronimo. Les Mexicains tueront sa nouvelle épouse et son fils au cours d'une autre embuscade.

Les avis des lecteurs sur le site Polars Pourpres

 

16 juin 2023

Hacendado

L'honneur et le sang
Philippe Thirault (scénario), Gilles Mezzomo (dessin)
éditions Glénat, 06-2023

 

Présentation de l'éditeur

 

Une aventure impitoyable au cœur du désert mexicain.
Mexique, 1863. Sur ces terres arides où la violence et le crime sont le lot quotidien de la population de l’État de Sonora, le descendant d’une ancienne lignée de conquistadors tente de faire perdurer les notions de justice et d’honneur. C’est pour sauver l’honneur bafoué de son nom que Don Armando, riche Hacendado, décide de faire justice lui-même en condamnant son propre fils à une mort lente mais certaine… Plus tôt en ville, le jeune Don Diego aurait été aperçu couteau à la main, laissant la belle Doña Joselita au milieu d’une mare de sang. Convaincu de la culpabilité de ce fils retors au visage d’ange qui ne cesse de clamer son innocence, Don Armando l’emmène dans le sinistre désert de Sonora et l’y abandonne ! Or, dans ces sierras, il faut autant redouter la sauvagerie des bêtes que celle des hommes. Territoire de la bande d’Abraham Hinter, le plus cruel des chasseurs d’Apaches, le désert est un enfer peuplé de tueurs que le dernier sentiment humain a quitté depuis longtemps… Partie à la recherche de Diego, sa mère Doña Maria, qui refuse de croire à l’horreur, va tout faire pour retrouver ce fils, quitte à se perdre. Car hélas, le désert peut nous révéler parfois plus que ce que l’on aimerait savoir…
Ce western brutal et sauvage nous ouvre les portes d’un univers sans concession pour un one shot sombre et noir, qui nous tient en haleine jusqu’au bout grâce au scénario ciselé de Philippe Thirault et au dessin impeccable de Gilles Mezzomo. Un album saisissant.
La fiche du livre sur le site de l'éditeur
 
Informations
EAN : 9782344049716
Nombre de pages : 88
Prix : 18,50€
 
 
© éditions Glénat - Mezzomo / Thirault


Drame au Mexique, dans le désert de Sonora. Cet intéressant one-shot se distingue un peu des autres westerns. Situé intégralement au nord du Mexique, dans l'état de Sonora, frontalier avec les Etats-Unis, le scénario va au delà des classiques oppositions entre desperados, indiens, peones ou révolutionnaires ... Il met en scène un riche propriétaire terrien, Don Armando, l'hacendado, son fils, sa femme, son personnel et la haute-bourgeoisie locale civile et miliatire. Ça démarre sur les sombreros de roue et le titre prend tout son sens puisque l'histoire est basée sur l'honneur et l'image que s'en font les personnages, tous issus des conquistadores espagnols, à part les domestiques indiens évidemment. Pour laver cet honneur prétendument bafoué, plusieurs personnages vont devoir s'enfoncer dans le désert hostile. Cet élément de décor va révéler les caractères des femmes et des hommes, avant d'agir comme agent rédempteur. C'est violent, cruel, sans concession. En plus des histoires de familles et des relations entre notables, thème central, les auteurs abordent subtilement la politique d'extermination des Apaches mise en place par le Mexique. Le gouvernement mexicain payant en or chaque têtes ou scalps d'indiens, d'enfants et de femmes surtout. Le scénario ménage surprises et suspens et ne s'encombre pas de fioriture à l'eau de rose. Le dessin, dans la ligne des spécialistes du genre comme Giraud, Boucq, Rossi ou Lamy, sert aussi bien l'action que le cadre, l'utilisation et le choix des couleurs illustrent particulièrement bien le désert et les paysages. le dessinateur nous régale avec quelques scènes animalières particulièrement réussies. Seul petit bémol pour moi, l’utilisation parfois malhabile d'expressions espagnoles et de quelques traductions approximatives. La pagination sur 88 pages est appréciable.
PhH

Les avis des lecteurs sur le site Polars Pourpres

22 janvier 2022

Les dragons de la frontière

Tome 1, La piste de Santa Fe
Gregorio Muro Harriet (scénario), André Gil (dessins)
éditions Glénat, 02-2021

 

Présentation éditeur

 

Mai 1774. Miguel, jeune vétérinaire, est membre d’un convoi de bétail mené par une troupe de dragons de Cuera, ces fameux cavaliers lanciers espagnols chargés de garder la frontière nord-américaine de l’empire espagnol. Mais à l’issue d’une attaque de leur caravane par des Apaches, Miguel est capturé avec Madeleine, une religieuse. Adoptés par le chef de la tribu, les jeunes gens n’auront d’autre choix que de s’adapter à la rude vie de leur nouvelle « famille ». Malgré eux, ils seront pris au cœur d’une tourmente guerrière opposant Apaches, Comanches et dragons de Cuera...
Western espagnol plein de sang, de drames et d’héroïsme, Les Dragons de la frontière réussit le tour de force de respecter les codes du genre tout en y apportant un nouveau souffle, et nous replonge dans les décors mythiques de la légende de l’Ouest américain.

 

Le début de l'histoire
Une cohorte de colons espagnols remonte de Mexico vers San Juan Pueblo (au Nouveau Mexique). Ils sont escortés par des « dragons », c’est-à-dire un corps de cavaliers munis de lances et vêtus de cuir. Parmi eux, le cadet Miguel de Sasoeta s’est légèrement épris d’une nonne française de la Nouvelle Orléans. Mais malgré son haut lignage, son supérieur le sergent El Chato le rabroue sans cesse et l’oblige à rester dans le rang. Tandis qu’ils avancent péniblement sur la piste poussiéreuse, en se méfiant des crotales, ils s’aperçoivent qu’ils sont observés de loin par des guerriers apaches.

Un article de Benoit Cassel
En lisant le mot « Dragons » en titre, les lecteurs inattentifs se seront fourvoyé en déduisant qu’il s’agit d’une quête de fantasy et à ce qu’elle soit chapeautée par Jean-Luc Istin. Que nenni. Les dragons dont il est ici question appartiennent au corps de cavalerie espagnole qui était chargée de conquérir le Mexique, et dont les costumes étaient majoritairement en cuir. Nous sommes ici au moment des guerres d’indépendance américaine, en novembre 1778, mais l’action se situe en marge, plus au Sud, dans les régions encore sous occupation espagnole. Lire la suite sur Planète BD.

 La fiche du livre sur le site de l'éditeur.

Remarque : le Mexique dont il est question dans cette bd est celui d'avant 1848, avec un territoire formé par la superficie du Mexique actuel, auquel il faut rajouter l'Arizona, l'Utah, le Nouveau-Mexique, le Nevada, la Californie, et le Texas (séparé en 1836) qui rejoignent les Etats-Unis d'Amérique au terme de la guerre americano-mexicaine. Le Mexique a du céder plus de 40 % de son territoire, soit près de 2 000 000 km2. Le tome 2 Cuerno Verde, se déroule intégralement au nord du Rio Bravo au Nouveau-Mexique.

29 mai 2021

Le Christ des ténèbres

Rosario Castellanos
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Annette et Jean-Claude Andro
(première édition : 1970)
éditions Gallimard, 09-1994

 

Présentation de l'éditeur

Dans le Chiapas, au sud du Mexique, vivent, d'un côté, les Indiens tzotziles de San Juan Chamula , de l'autre les ladinos, Blancs de Ciudad Real, dont le riche propriétaire terrien Cifuentes, qui opprime les Indiens, usant même d'un «droit de viol» sur les jeunes Tzotziles. C'est dans ce contexte d'irréductible opposition entre les deux communautés qu'arrive un jour l'ingénieur Ulloa, animé d'idées progressistes, qui rêve de faire l'éducation politique des Indiens. Mais la «bonne nouvelle» de justice sociale qu'il apporte, dans son idéalisme ignorant de la singularité indienne, est immédiatement détournée par la communauté tzotzile, qui lui donne une ampleur mythique, en l'interprétant comme l'annonce du retour de ses propres dieux. Sous la conduite de Catalina, superbe figure d'ilol, de prophétesse inspirée, les Indiens mettent à mort le curé Manuel et crucifient un enfant indien qui sera, à l'égal du Christ pour les ladinos, leur Grand Sacrifié à eux. Puis, sous la conduite d'Ulloa, ils se soulèvent contre leurs oppresseurs.
Inspirée par les rapports entre les Blancs et les Indiens du Chiapas à l'époque de la réforme agraire de la fin des années cinquante, jamais cette double tragédie – religieuse et sociale –, qui est en même temps un grand roman, n'a semblé plus cruellement d'actualité qu'aujourd'hui.

L'auteur
Rosario Castellanos (1925 -1974) est une romancière, poétesse et essayiste mexicaine.Elle passa son enfance à Comitán, dans le Chiapas. Elle y fut directement témoin des conditions de vie et de travail des Indiens Mayas. Ses parents, des propriétaires terriens, durent s'installer à Mexico lors des réformes de Lázaro Cárdenas lorsque Rosario Castellanos avait seize ans. Après une maîtrise de philosophie à l'université nationale autonome du Mexique, elle partit étudier l'esthétique à l'université centrale de Madrid grâce à une bourse de l'Institut de culture hispanique. Elle soutient en 1950 une thèse sur la culture féminine. Elle bénéficia aussi d'un bourse Rockefeller au Centre mexicain des écrivains, de 1954 à 1955. Elle commença par travailler au poste d'animatrice culturelle à l'Institut des sciences et des arts de Tuxtla Gutiérrez, puis elle devint directrice du Théâtre Guignol au Centre coordinateur Tzeltal-Tzotzil, à l'Institut national indigéniste de San Cristóbal de las Casas. Elle travailla ensuite comme directrice générale d'Information et de Presse de l'université nationale autonome du Mexique (1960-1966). Elle reçut le Prix Chiapas en 1958 pour Balún Canán, roman autobiographique narrant l'enfance d'une petite fille. Le Prix Xavier Villaurrutia lui fut attribué pour Ciudad real en 1961. Elle enseigna de 1962 à 1971 à la Faculté de Philosophie et de Lettres de la même université. En 1962, son roman Oficio de tinieblas reçut le Prix Sor Juana Inés de la Cruz. En tant qu'intellectuelle, elle permit aux femmes de s'affirmer dans la société mexicaine. Ses derniers livres témoignent de son intérêt pour le féminisme. Son intérêt pour les indigènes et sa dénonciation de leur statut inégalitaire a pris une nouvelle résonance avec l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) en 1994.

 

 

Oficio de tinieblas
 

En 1867, en San Cristóbal de Las Casas, un grupo de indios chamulas se levantó en armas. Este hecho culminó con la crucifixión de uno de ellos, al que los amotinados proclamaron como el Cristo indígena. Rosario Castellanos penetra en esta novela las circunstancias y la psicología de los personajes que intervinieron en esos acontecimientos. Estas páginas atrapan el tiempo indígena en su naturaleza cíclica y ceremonial; pero más aún, se convierten en el reflejo universal de aquellos seres humanos determinados por una cultura milenaria cuyo choque con Occidente los ha herido y transformado. La joven que leía a Simone Weil en Chiapas comprendió, con ella, que el poder que une y destruye no es unívoco: proviene lo mismo del opresor que del oprimido.

(Letras Mexicanas - Fondo de Cultura Economico)


Oficio de tinieblas
L'Office des Ténèbres est le nom donné dans le rite romain, avant la réforme de Pie XII en 1955, aux matines et aux laudes des trois derniers jours de la Semaine sainte (jeudi, vendredi, samedi), qui selon la coutume de cette période, étaient anticipées le soir précédent. L'office devait « commencer de manière à finir après le coucher du soleil», d'où le nom de « Ténèbres ».


A propos de l’œuvre
Histoire, mythe et fiction dans Oficio de tinieblas de Rosario Castellanos
Un article de Virginie Ruiz
Résumé : Dans la dernière pièce de la « trilogie du Chiapas », Oficio de tinieblas (1962), Rosario Castellanos juxtapose trois époques : le soulèvement des Indiens chamulas au XIXe siècle, la Présidence de Lázaro Cárdenas, héritier de la Révolution mexicaine (1934-1940) et le présent de l’écriture. Par un travail de recréation de l’Histoire dans la fiction, l’auteure contrecarre le discours hégémonique et monologique des vainqueurs en nous plongeant dans la dimension magico-religieuse du mouvement messianique indien. Cependant, Rosario Castellanos véhicule l’idéologie de la politique indigéniste des années soixante selon laquelle les croyances mythiques sont un frein à la libération des Indiens, condamnés à rester en marge de l’Histoire. 

Virginie Ruiz, «Histoire, mythe et fiction dans Oficio de tinieblas de Rosario Castellanos», Babel, 19 | 2009, 121-144.
Virginie Ruiz, «Histoire, mythe et fiction dans Oficio de tinieblas de Rosario Castellanos», Babel [En línea], 19 | 2009, Puesto en línea el 18 julio 2013, consultado el 19 mayo 2021. URL: http://journals.openedition.org/babel/245




22 mai 2021

La fragile armada

La marche des zapatistes
ouvrage collectif
Marcos, Esther, David, Tacho, Fidelia, Zebedeo
Textes présentés par Jacques Blanc, Joani Hocquenghem, Yvon Le Bot et René Solis
Photos de Fred Jacquemot et Mat Jacob
éditions Métailié, 08-2001

Présentation de l'éditeur

La parole et le sens contre le pouvoir et le sang. Les zapatistes n'avaient jamais dit de manière aussi dense et aussi poétique que lors de la marche sur Mexico en février et mars 2001 ce qui fait l'esprit de leur mouvement et qui en explique le formidable écho. Cette fragilité qui en est la force. L'histoire de l'Amérique latine, celle du Mexique en particulier, s'est longtemps écrite sur le mode tragique. Les zapatistes tentent de s'arracher à cette fatalité de la violence. Curieux guérilleros qui n'ont combattu que douze jours, en janvier 1994, avant de se transformer en un mouvement armé non violent, et qui marchent sur Mexico les mains nues, mais avec leurs passe-montagnes. " Nous autres Indiens, nous étions invisibles, il a fallu que nous nous cachions le visage pour que l'on nous voie. " Leurs armes, ce sont les mots. Ceux de Marcos, le passeur, fenêtre entre le monde indien et l'univers des autres Mexicains, le nôtre aussi. Ceux de ses "sœurs et frères" indiens qu'il accompagne dans la fin du silence, la prise de parole. Un feu roulant de paroles nouvelles, qui, à travers communautés, villes et villages, gagnent le cœur du Mexique, se font entendre sur le Zocalo, la place centrale de "la plus grande ville du monde", à la tribune du Congrès et au-delà des frontières, jusqu'à nous. D'autres voix se mêlent dans ce livre à celles des zapatistes. J. Hocquenghem, écrivain (Le Stade aztèque, Payot, 1994), nous fait revivre les temps forts, les moments perdus, et les à-côtés de la caravane. J. Blanc, directeur de théâtre ("le Quartz" de Brest), Y. Le Bot, sociologue (Le Rêve zapatiste, Seuil, 1997) et R. Solis, journaliste à Libération, poursuivent avec les zapatistes, un dialogue noué avec le soulèvement de 1994.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

8 mai 2021

A l'ombre de Zapata

Vivre et mourir dans le Chiapas
Marie-José Nadal
éditions de La Pleine Lune, 1994

Présentation de l'éditeur

Le 1er janvier 1994, le Mexique chavire : l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) entre en scène. Qui sont ces guérilleros qui, après douze jours de combats seulement, décident de s'engager dans l'arène politique et de confier à la société civile la direction de la lutte pour la démocratie, la justice et la liberté ?
À partir des trente-quatre reven­di­ca­tions de l'EZLN, À l'ombre de Zapata analyse la situation socio-éco­no­mique, cultu­relle et poli­tique du Mexique, en parti­culier dans l'État du Chiapas, les trans­for­mations que la réforme cons­titu­tion­nelle a entraînées et leurs consé­quences chez les popu­la­tions autoch­tones.
Dans un souci de clarté et d'information - et afin d'appuyer ses obser­vations - Marie-José Nadal a sélec­tionné et traduit un choix de textes, de commu­niqués et de lettres de l'EZLN et des auto­rités mexi­caines : ils sont l'indis­pen­sable témoi­gnage écrit d'un conflit dou­lou­reux et meur­trier qui a éclaté en réponse à un néo­libé­ralisme qui n'a que faire des oubliés de la terre.

 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur


L'auteur

Marie-José Nadal est anthropologue. Spécialisée dans l'étude de l'histoire des Mayas, elle enseigne à l'Université du Québec à Montréal et à la Sorbonne.

1 mai 2021

L'Esprit rouge

Antonin Artaud, un voyage mexicain
Zéphyr (dessin) & Maximilien le Roy (scénario)
éditions Futuropolis, 03-2016
 

Présentation de l'éditeur

Antonin Artaud arrive à Veracruz au Mexique. Son but ? Partir à la recherche de la civilisation originelle mexicaine. Mais tout d'abord il s'agit de trouver de la drogue, qui lui manque cruellement. Se succèdent des crises d'angoisse, de manques et des phases d'apaisement.
Il donne quelques conférences et écrit. Il souhaite découvrir la culture indienne dont il déplore l'écrasement et dont il loue les immenses potentialités. Il appelle en vain la révolution mexicaine de se plonger dans les racines ancestrales du Mexique pour bâtir l'avenir du pays plutôt que de reprendre le socialisme scientifique européen.
En septembre 1936, il se rend à cheval, accompagné d'un indien métis, dans la sierra mexicaine pour rencontrer les indiens Tarahumaras. Un séjour qui va changer sa vie...

Maximilien Le Roy raconte cette quête intime, artistique et politique de l'écrivain. Zéphir restitue par la force de son dessin brut et presque âpre, l'expérience sensorielle que fut, pour Antonin Artaud ce départ vers des terres dont il attendait tant.
Écrivain, dessinateur et poète français, Antonin Artaud est né en 1896 à Marseille. Théoricien du théâtre il a également été comédien dans 25 films de fiction. Il est mort en 1948, interné à Ivry sur Seine après de nombreux séjours en psychiatrie depuis tout jeune homme. Il a notamment publié Van Gogh le suicidé de la société, et enregistré Pour en finir avec le jugement de Dieu.

L'article de David Taugis sur ActuaBD
Évitant la biographie linéaire, les auteurs évoquent des moments marquants de la vie de l'écrivain français, dont l'aura sulfureuse aura marqué la littérature et le théâtre. Son œuvre n’est pas si connue, mais son personnage un peu plus : Antonin Artaud, figure de la littérature française, a marqué le 20ème siècle. L’ambition de Maximilien Le Roy demeure assez modeste : illustrer quelques épisodes de sa vie en mettant en exergue quelques rencontres déterminantes (Diego Rivera au Mexique, notamment).
Lire la suite sur ActuaBD

6 février 2021

La perle

Jean-Luc Cornette, John Steinbeck (scénario)
Jean-Luc Cornette (dessin)
éditions Futuropolis, 01-2019


 

Kino, est un pêcheur de perle. Il vit avec sa femme Juana et leur bébé Coyotito, au bord de l’eau en Basse-Californie, à la pointe nord-est du Mexique. Leur vie est rythmée par les gestes simples de la vie, dans un ordre immuable des choses : dormir, manger, s’occuper de leur enfant, prendre la barque, pêcher des huitres, chercher des perles. Ils vivent très modestement, mais cela leur suffit apparemment pour être heureux. Or un jour, un scorpion grimpe au plafond de la hutte, descend depuis les cordes jusqu’au berceau de Coyoyito et plante son dard dans l’épaule du bébé. L’enfant réveille ses parents avec ses pleurs. Kino tue aussitôt ce maudit insecte et il emmène sa petite famille dès l’aube, afin de consulter un docteur. Le fils du médecin les accueille sur le perron de leur villa cossue. Il répond aux indiens que le médecin n’est pas là. Car il sait que les indiens n’auront pas un centime pour le payer. Et son père, occupé à petit-déjeuner goulument dans une pièce du fond est bien d’accord avec cette manière de voir les choses. Kino s’en retourne à sa hutte en ayant compris qu’il lui faut de l’argent pour soigner son fils. Il décide alors d’aller aussitôt pêcher des perles parmi les plus belles et de les vendre. Il sait où l’on trouve les plus belles, ces perles ont fait jadis la fortune du roi d’Espagne…Jusqu’au jour où Kino pêche une perle énorme « parfaite comme la lune ». Les forces du mal se déchaînent alors contre lui. La cupidité et l’envie l’obligent à se défendre et à tuer. La perle fabuleuse n’aura été pour eux qu’une brève rêverie et un atroce cauchemar. Car on ne dérange pas si facilement l’ordre des choses.

Adapté du roman de John Steinbeck (prix Nobel 1962) qui signe avec La Perle une fable sociale noire mais lucide sur les injustices les plus révoltantes de son époque. Jean-Luc Cornette s’empare de cette histoire universelle, dans une adaptation graphique captivante au pouvoir d’évocation d’une grande intensité. 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

15 mars 2020

El patio del Diablo

Les ombres de la Sierra Madre - Tome 2
Daniel Brecht (dessin) - Philippe Nihoul (scénario)
éditions BD Must, 12-2019

Présentation de l'éditeur


Mexique, années 1920, 40 ans après la reddition de Geronimo, alors qu’Hollywood tournait ses premiers films parlants, les Apaches poursuivaient une guerre perdue pour défendre un mode de vie condamné à disparaître…
Âpre, violente, désabusée et teintée d’humour noir, Les Ombres de la Sierra Madre renouvelle le genre. Western atypique, par son ton, son rythme et sa chronologie, c’est aussi une tragédie en 3 actes, inspirée d’évènements authentiques et méconnus.
Avec ses personnages attachants, son dessin au couteau et ses dialogues ciselés, le récit vous entraîne au cœur de la Sierra Madre, ultime refuge des derniers Apaches libres. Mormons, Indiens, Mexicains… personne ne sortira indemne de cette trilogie à la fois épique et terriblement humaine.

8 planches à découvrir sur le site de l'éditeur

La chronique du tome 1 à lire sur ce blog
 

El dedo de Dios
Les ombres de la Sierra Madre tome 3

Daniel Brecht (dessin) - Philippe Nihoul (scénario)
2021 - BdMust

Mexique, années 1920, 40 ans après la reddition de Geronimo, alors qu’Hollywood tournait ses premiers films parlants, les Apaches poursuivaient une guerre perdue pour défendre un mode de vie condamné à disparaître…  
Âpre, violente, désabusée et teintée d’humour noir, Les Ombres de la Sierra Madre renouvelle le genre. Western atypique, par son ton, son rythme et sa chronologie, c’est aussi une tragédie en 3 actes, inspirée d’évènements authentiques et méconnus. Avec ses personnages attachants, son dessin au couteau et ses dialogues ciselés, le récit vous entraîne au cœur de la Sierra Madre, ultime refuge des derniers Apaches libres. Mormons, Indiens, Mexicains… personne ne sortira indemne de cette trilogie à la fois épique et terriblement humaine.

20 février 2020

La Chienne de Naha

Caroline Lamarche
éditions Gallimard, 02-2012


Résumé éditeur

« Minuit sonne à l'église. Mes pensées se déposent en espagnol, comme si la langue de mon enfance m'avait recolonisée tout entière, une flaque d'or s'élargissant au fond de moi. Toute la colline fermente contre le ciel, autant d'arbres fraternels, soudés comme les vagues dans la mer, bercée par leur masse en mouvement. Les morts sont autant d'arbres, ils poussent parmi nous, mêlés à nous, être mort est une belle chose, simple et agréable. La nuit est douce, piquetée d'astres, j'imagine les chèvres dans les cimetières goûtant de leur langue rêche la bière répandue sur les tombes.
Une balle tirée d'un point obscur pourrait pénétrer par la fenêtre et m'atteindre à cet instant. C'est une conviction très forte, une évidence en cette nuit des morts : quelqu'un est là, qui me vise le cœur. »


La Chienne de Naha, de Caroline Lamarche : la part sauvage. Avec ce nouveau roman, l'écrivain belge confirme la puissance onirique de son écriture. Par Bertrand Leclair
 
Quittée sur une gifle "globale et tourbillonnante", la narratrice n'attend plus. Il lui faut se recoudre, se recoudre en livre, retrouver le fil, le sens d'être au monde ce qu'elle est, une femme en morceaux ignorant "l'antidote à (sa) passivité mélancolique". Elle ira le chercher jusqu'au Mexique, au pays des Indiens Triqui de Copala, au moment même où ces derniers, constitués en "Municipio Autónomo", se livrent à de meurtrières guerres de clans. Abritée des balles perdues au sein d'une communauté religieuse, elle enquête sur "la part sauvage et libre de la femme", cette moitié qui, selon une légende triqui de l'origine de l'humanité, s'est échappée vers la rivière lorsque le premier homme, après lui avoir dérobé sa peau de chienne pour la maintenir au foyer, en est venu, pris de colère, à couper la femme en deux, d'un coup de machette... Lire l'article sur Le Monde

 
L'avis d'Edmond Morrel sur Espace Livres
Avec « La chienne de Naha » Caroline Lamarche nous donne un roman essentiel, un de ces livres dont la lecture vous transforme, vous hypnotise, vous émeut, vous séduit et vous enchante tout à la fois. Une légende cosmogonique amerindienne ouvre le livre et lui donne son titre énigmatique. On y raconte comment la femme est venue sur terre pour aider l’homme. Le conte ouvre ainsi une première lecture de ce récit : la place de la femme dans la société et dans la famille... Lire la suite EspaceLivres

10 octobre 2018

Quelque chose du Mexique

Morgane Desbrosses
Illustrations de Lison Cuart
éditions Nanika - 09/2018

Résumé de l'éditeur :

Quelles sont les différences entre les Aztèques et les Toltèques ? Les Mexicaines portent-elles toujours des huilpils ? C’est vrai que ce sont les Mayas qui ont inventé le chocolat ? Comment manger des tacos comme un vrai Mexicain ? Qu’est-ce que la Catrina ?
Le Mexique mystifie autant qu’il attire. Pour passer au-delà des clichés, il faut prendre le temps de le connaître, de creuser un peu sous la surface, de chercher les racines profondes sur lesquelles il repose. Parce que oui, les plages mexicaines sont magnifiques, les soirées endiablées et les cartels très dangereux mais le Mexique c’est bien plus que cela. C’est une histoire millénaire, une cuisine reconnue à travers le monde, une diversité incroyable de la biosphère et surtout des traditions ancestrales qui donnent l’impression que derrière chaque geste, chaque mot, chaque chose se cache une signification nouvelle, un morceau de culture. Dès mes premiers jours au Mexique, j’ai été totalement séduite par la joie de vivre ambiante, les couleurs, la musique mais aussi par les petits moments du quotidien, toutes ces simples habitudes que les touristes considèrent comme anodines mais qui ont en fait une signification symbolique extrêmement profonde pour les Mexicains.

Sur l'auteur :

Son histoire d’amour avec le Mexique démarre en fait à La Havane, Cuba, à l’été 2015 où elle rencontre celui qui deviendra l’un de ses amis les plus chers, Miguel. Mexicain d’origine et grand féru d’histoire, celui-ci va lui transmettre sa passion pour la culture mexicaine. Bien décidée à découvrir par elle-même ce pays à la culture si riche et ancrée dans l’histoire, Morgane s’envole pour la première fois pour le Mexique, direction la petite île d’Holbox en mars 2016. Arrivée à Cancun de nuit et sous une pluie battante, elle va vite faire face à la différence de culture, de langage et de mode de vie, pour le meilleur et parfois pour le pire ! Il ne lui faudra que trois semaines pour tomber amoureuse du pays et décider d’en voir le plus possible.

Ces informations sont issues du site des éditions Nanika, sur lequel vous trouverez tous les détails, le sommaire et quelques illustrations.

27 septembre 2018

El Nakom - 2

Dessin : Jeronaton
Scénario : Jeronaton
Éditions du Long-Bec, 09/2018


Fiche de l'éditeur

Gonzalo Guerrero, naufragé castillan devenu chef de guerre maya, doit faire face aux dangers d'une invasion espagnole. Entre ceux qui sont devenus son peuple et ceux qui étaient les siens, il doit faire un choix. Un album en couleurs directes pour une réflexion sans concession sur le colonialisme et la cupidité humaine
L'arrivée de troupes espagnoles aux abords du village maya qui l'a recueilli met Gonzalo Guerrero face à un dilemme. Le naufragé castillan devenu chef de guerre doit choisir entre ses compatriotes espagnols et les autochtones auprès desquels il a refait sa vie. Gonzalo sait de quoi ses anciens concitoyens sont capables et décide de penser à l’avenir de sa famille maya. Il n’a donc d’autre choix que de devenir un renégat...

Source : éditions du Long Bec
L'article sur le tome 1
Le blog de Jeronaton