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14 mars 2026

Ombre de l'ombre

Paco Ignacio Taibo II
traduit de l'espagnol (Mexique) par Mara Hernandez, René Solis
éditions Rivages/Noir, 03-2026
(première édition 1986)


Présentation de l'éditeur

Mexique 1922. Un journaliste spécialisé dans les affaires criminelles, un avocat dont les meilleures clientes sont des prostituées, un poète-virtuose dans l’art du slogan publicitaire et un Chinois anarchiste et syndicaliste se retrouvent le soir au bar de l’hôtel Majestic pour jouer aux dominos. L’assassinat d’un joueur de trombone, la défenestration d’un colonel de l’armée, des fusillades nocturnes, des chocolats empoisonnés et une belle et mystérieuse jeune femme vont entraîner les quatre amis loin de leurs chers dominos, au milieu d’un complot qui unit des colonels félons, des sénateurs américains et quelques compagnies pétrolières. Les conspirations sont une ombre – sans profil, sans objectifs clairs. Et nous, qui les poursuivons par à-coups, comme des enfants qui courent à l’aveugle.

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Informations
ISBN : 9782743670269
Pages : 416
Prix : 9,20 €


Sombra de la sombra
editorial Joaquim Mortiz


Esta original y desconcertante obra de Paco Ignacio Taibo ii mezcla con gran habilidad la novela de folletín con la novela policiaca y la de aventuras. Cuatro hombres, aficionados al dominó y parias de la fallida Revolución mexicana, se enfrentan a un sinfín de disparates para resolver esta enredada trama que convoca, desde pistoleros a sueldo, acaudaladas viudas y empresarios del petróleo, hasta poetas que no tienen qué comer y la peor clase de militares corruptos. Celebrada por medios como Le Monde y L'Unità, Sombra de la sombra absorberá a los lectores en una viaje desbocado que solo podrán abandonar al llegar a su insólita y última página. Destacada como uno de los libros del año por The New York Times, fue reciba por la crítica francesa como el brillante «reencuentro entre Dumas, García Márquez y Raymond Chandler».

5 avril 2025

Los albañiles

Qui a tué Don Jesús ?
Vicente Leñero
traduction de l’espagnol (Mexique) de Jacques Aubergy
éditions L'Atinoir, 11 - 2025

Présentation de l’éditeur

Don Jesús, gardien sur le chantier d’un immeuble en construction dans le centre de la capitale mexicaine au début des années soixante est assassiné. Ce personnage étrange et inquiétant, amoral et pervers, que tous ont de bonnes raisons de tuer, est le protagoniste de ce roman construit autour d’un crime mais affranchi des règles du genre policier.

Ecrit voici plus de quarante ans et inexplicablement inédit pour le lecteur français, Los Albañiles, fresque sociale et prouesse littéraire, nous entraîne dans un monde effrayant et attirant où la cruauté, l’injustice et la violence ne pourront vaincre l’espérance et la foi.

"...Los albañiles joue constamment de l’ambiguïté et de la suspension (comme en témoignent les tirets en diagonale qui émaillent parfois le récit et laissent ouverte la signification) : autant que le crime, le réel est inconnaissable, le message incertain, les arguments réversibles, illustrant le poids de la polysémie dans la littérature contemporaine.
En bref, on lit avec délectation un roman ironique et imaginatif, polyphonique et foisonnant, tel une peinture murale du Mexique contemporain, bien à l’image de l’écriture romanesque de la deuxième moitié du XXe siècle....

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Informations
ISBN : 2918112089
Pages : 300
Prix : 14,00 € 


Los albañiles
editorial Aguilar - 2007

ISBN: 9786071112217

El asesinato de don Jesús, vigilante de un edificio en construcción, y la consecuente investigación policiaca son el punto de partida para que Vicente Leñero explore las miserias de la naturaleza humana y del sistema corrupto que las propicia. La muerte, verdadera o imaginaria del velador viejo y enfermo provoca las confesiones de los obreros que trabajaban con él y la gente que lo rodeaba. Con una suma audaz de recursos, Leñero sabe convertir el género del thriller en una muy profunda, pero ágil y divertida reflexión y le plantea al lector una pregunta incesante: ¿quién es el culpable?, o mejor, ¿quién no lo es?

El asesinato de don Jesús, vigilante de un edificio en construcción, y la consecuente investigación policiaca son el punto de partida para que Vicente Leñero explore las miserias de la naturaleza humana y del sistema corrupto que las propicia. La muerte, verdadera o imaginaria del velador viejo y enfermo provoca las confesiones de los obreros que trabajaban con él y la gente que lo rodeaba. Con una suma audaz de recursos, Leñero sabe convertir el género del thiller en una muy profunda, pero ágil y divertida reflexión y le plantea al lector una pregunta incesante: ¿quién es el culpable?, o mejor, ¿quién no lo es?


13 janvier 2024

Effroyables remèdes

Les Mystères de sœur Juana 3
Oscar de Muriel
traduit de l'espagnol (Mexique) par Vanessa Canavesi
Les Presses de la Cité, 01-2024

Présentation éditeur

 

Don Antonio de Horcasitas, noble espagnol à la moralité douteuse, est retrouvé mort au palais. Empoisonné, à l’évi­dence. Tout porte à croire que la coupable est Alina, la jeune protégée de sœur Juana. Après tout, cette novice passionnée de botanique ne manipule-t-elle pas, telle une sorcière, mixtures et herbes anciennes dans le jardin du couvent ? Mais ce qui soigne est parfois ce qui tue, et à vouloir s’immiscer dans le secret divin, on court à sa perte.
Les religieuses de San Jerónimo se retrouvent une nouvelle fois dans la tourmente, prises dans un écheveau plus inextricable que jamais. Car, dans l’ombre, l’Inquisition veut la peau de sœur Juana. Que la poétesse vive cloîtrée ne suffit plus, il faut maintenant la museler… Et, avec elle, toutes les voix féminines de son temps. 


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Informations :
EAN : 9782258205895
Nombre de pages : 368
Prix : 16,90€

Oscar de Muriel est né à Mexico. Diplômé de chimie, violoniste, traducteur et écrivain, il vit aujourd’hui entre le Mexique et le nord de l’Angleterre.  Après Mort au couvent, Sang d'encre est le deuxième volume de sa série de polars historiques, exotiques et mystiques, « Les Mystères de sœur Juana ».

Voir le site de l'auteur (en espagnol)

Los antiguos venenos

Muerte en San Jerónimo - 3
editorial Montena

Hay tantísimas piezas, todas desencajadas más andan entre sombras, bien amortajadas, sus rastros perfumados, sus huellas pisoteadas, y voces que susurran verdades ultrajadas. Don Antonio de Horcasitas, noble español de moral dudosa, muere envenenado en el palacio de los virreyes, tras comprar medicinas preparadas en el convento de San Jerónimo. Alina, joven protegida de sor Juana Inés de la Cruz y ávida científica, fue quien destiló esos remedios, y de inmediato recaen sobre ella las sospechosas de asesinat y brujería. A.Su fiel doncella Matea, así como sor Juana y don Carlos Sigüenza y Góngora, deberán unir fuerzas para ayudarla a probar su inocencia, antes de que el caso llegue a oídos del tan temido arzobispo Aguiar.


3 juin 2023

Sang d'encre

Les Mystères de sœur Juana 2
Oscar de Muriel
traduit de l'espagnol (Mexique) par Vanessa Canavesi
Les Presses de la Cité, 06-2023

Présentation éditeur

Ma plume rouge est sang. Prends garde, impie...
Don Carlos Sigüenza y Góngora a disparu. Il ne reste de lui qu’un chapeau couvert de sang retrouvé dans la cour du palais royal. Aidée de la novice Alina et de Matea, sa fidèle servante, soeur Juana mène à nouveau l’enquête. Retrouver Góngora lui permettra peut-être d’expier d’anciens péchés…
Mais quelqu’un semble décidé à ne pas laisser le génial astronome reparaître. Est-ce à cause de cette comète maléfique surgie dans le ciel il y a peu, et qui a causé une terreur sans nom dans les Amériques ? Ou des manuscrits hérétiques controversés que l’érudit était enfin parvenu à faire publier ?
À trop vouloir se mêler d’affaires qui les dépassent, les religieuses de San Jerónimo risquent de s’attirer les foudres des puissants… Qui a dit que la vie cléricale manquait de piquant ?

 

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Informations
EAN : 9782258201521
Nombre de pages : 384
Prix : 16,90€

Oscar de Muriel est né à Mexico. Diplômé de chimie, violoniste, traducteur et écrivain, il vit aujourd’hui entre le Mexique et le nord de l’Angleterre.  Après Mort au couvent, Sang d'encre est le deuxième volume de sa série de polars historiques, exotiques et mystiques, « Les Mystères de sœur Juana ».

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Deuxième enquête de Sœur Juana, la novice Alina et la servante indienne Matea. Du cœur du couvent San Jeronimo à Mexico, ces trois femmes vont déjouer les plans obscurantistes visant à censurer une nouvelle publication d'un écrivain érudit. La Sainte inquisition est toujours la avec son fanatisme et les accusations d'hérétique promptement édictées. Ce volume fait la part belle aux codex mayas, aux religions précolombiennes et à ceux parmi les (rares) conquistadores éclairés qui souhaitent les connaitre et les comprendre plutôt que de les voir détruits à jamais. Complots de palais, luttes d'influence, espionnage de couloir rythment cette histoire avec le surgissement d'un brin de romantisme. Les descriptions de la société mexicaine, des espagnols à ce qui reste de la noblesse aztèque sont précises, tout comme les nombreuses préparations culinaires, notamment celles préparées au sein du couvent. Lecture divertissante,exotique et accrocheuse.
PhH 


La Sangre es Tinta

editorial Montea, 2019

Don Carlos Siguenza y Góngora ha desaparecido.
El único rastro del genial poeta y astrónomo es su sombrero ensangrentado, abandonado en los pasillos de Palacio durante el cumpleaños de la virreina. Todo esto ocurre bajo la luz de un cometa que ha causado pavor a lo largo y ancho de Nueva España.
Sor Juana Inés de la Cruz, íntima amiga de Don Carlos, decide investigar en cuanto recibe la noticia. Sólo encontrando a Góngora podrá al fin expiar las culpas secretas de su pasado. Ayudada por la joven novicia Alina (de cuyo hermano también se sospecha que ha desaparecido), y por Matea, su doncella indígena, las pesquisas pronto atraerán miradas muy peligrosas, amenazas escritas en sangre y enemigos muy poderosos. La vida en el convento de San Jerónimo nunca será igual.


1 mai 2023

Le Coeur de l'hiver

Craig Johnson
Traduit de l‘américain par Sophie Aslanides
éditions Gallmeister, 11-2022


Présentation de l'éditeur

Bienvenue dans le pire cauchemar de Walt Longmire. L’hiver approche, et pour le shérif, il s’annonce bien plus rude que d’habitude. Tomas Bidarte, le chef de l’un des plus redoutables cartels du Mexique, a kidnappé sa fille Cady. Parti à sa rescousse, Walt s’enfonce dans le désert mexicain, loin de tout, où personne ne parle sa langue ni n’est susceptible d’aider un étranger. Quant aux autorités américaines ou mexicaines, inutile d’y songer. C’est donc armé de son fidèle Colt .45, de sa rage et de son intuition que Walt s’en va affronter toute une organisation.

 

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Informations
ISBN : 978-2-35178-217-0
Nombre de pages : 380
prix : 24,40€

28 janvier 2023

Mort au couvent

les mystères de soeur Juana 1
Oscar de Muriel
traduit de l'espagnol (Mexique) par Vanessa Canavesi
Les Presse de la Cité, 02-2023

 

Notre Père qui êtes aux cieux, délivrez-nous du mal…

Mexico, Nouvelle-Espagne, XVIIe siècle. Quelqu’un – ou quelque chose – a pris possession du couvent de San Jerónimo. Religieuses et servantes sont retrouvées sacrifiées sur l’autel selon des rituels précolombiens sanguinaires, et la suspicion règne. Nulle n’y échappe. Car dans cette enceinte retirée du monde, entre fornication, autoflagellation et cauchemars blasphématoires, le péché est partout…
Alina, jeune novice insolente et rebelle, vient de prendre le voile. Au côté de Matea, sa fidèle domestique indigène, la voilà qui s’allie à sœur Juana, excentrique femme de lettres, pour trouver le coupable. Entre prières, lectures, leçons de cuisine et chocolats chauds, le trio mène l’enquête. Mais dehors, l’Inquisition est déjà en chemin et compte bien couper le mal à la racine…
Dans une atmosphère digne du Nom de la rose, le premier volume d’une nouvelle série de polars historiques, exotiques et mystiques

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Oscar de Muriel est né à Mexico. Diplômé de chimie, violoniste, traducteur et écrivain, il vit aujourd’hui entre le Mexique et le nord de l’Angleterre. Mort au couvent, le premier volume de la série "Les Mystères de sœur Juana", est son premier livre publié en France.

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Sœur Juana, l’héroïne d'Oscar de Muriel, pourrait être la fille de Guillaume de Baskerville (Umberto Eco, Le nom de la rose) et l'arrière-arrière-arrière-arrière grand-mère de Robert Langdon (Dan Brown Da Vinci code). Elle est le personnage principal de ce roman à énigme monastique qui se déroule au couvent San Jeronimo de Mexico au XVIIe siècle. Roman original pour son héroïne donc, le lieu - un couvent de femmes hiéronymites mexicain -, l'époque - le Mexique colonisé du XVIIe. L’écriture est très fluide et très agréable. L'auteur nous immerge dans ce nouveau monde hispanique aux codes stricts et au système de castes extrêmement marqué. On a les espagnols nés en Espagne, les criollos (espagnols nés au Mexique), les métis (nés d'espagnols et d'indiens), les mulâtres (nés de blancs et noirs), les indiens et en fin de classement les esclaves noirs. Quant à l'intrigue, c'est un style classique, avec une unité de lieu puisque les sorties du couvent sont rares (les nonnes n'ont pas le droit de quitter le couvent). L'ambiance est mystique mais aussi éclairée par un vent nouveau des nouveaux philosophes et savants, mais aussi par une inquisition fanatique et aveugle toujours présente. Le coté exotique est très présent, la nourriture mexicaine est mise en valeur, comme le rythme de vie des nonnes de cet ordre de San Jeronimo aux règles plus souples que d'autres. Il est aussi raconté les dernières manifestations de la culture aztèque ou maya alors que tout est fait pour éradiquer le monde indigène, sauf la culture culinaire. Un bouquin très intéressant qui est le premier d'une série de 3, pour le moment. Soeur Juana Inès de la Cruz est un personnage historique, et une des poétesses les plus représentatives de la langue espagnole. 

PhH


Muerte en San Jerónimo


Alguien (o algo) se ha infiltrado en el convento de San Jerónimo. Monjas y esclavas por igual aparecen sacrificadas en el altar, a la usanza de los sangrientos rituales precolombinos. Todas las hermanas se culpan entre sí. Todas tienen algo que ocultar. Muchas, incluso, le achacan las muertes a posesiones demoniacas. Éste es el panorama que se encuentra Alina, joven novicia, al tomar los hábitos. Junto con Matea, su fiel doncella indígena, se ve forzada a unir fuerzas con la excéntrica Juana Inés de la Cruz, y entre rezos, guisos, cantos y poesía inoportuna, tratarán de esclarecer la terrible verdad detrás los asesinatos. Lo que ellas ignoran es que las muertes ya han llegado a oídos del Santo Oficio, y los inquisidores ya planean visitar el convento para extirpar el mal de raíz.

30 octobre 2021

El Edén

Eduardo Antonio Parra
traduit de l'espagnol (Mexique) par François-Michel Durazzo
éditions Zulma, 05-2021

 

Présentation de l'éditeur

Au nord du Mexique, sur la frontière, la ville d’El Edén vit au rythme des guérillas entre narcotrafiquants. Racket, embuscades, exécutions et mises en scène macabres. Un soir, tout dégénère. Dans le dédale des rues incendiées et des barrages de pick-up, Darío se lance à la recherche de son petit frère de l’autre côté de la ville…
Huit ans plus tard, dans la pénombre d’un bar de Monterrey aux relents chargés d’alcool et de désirs perdus, Darío croise son ancien prof de lettres, exilé comme lui. D’une traite, ils se remémorent la nuit où tout a basculé – la violence aveugle, les rêves brisés, et surtout Norma, la fille dont Darío a toujours été fou amoureux.


A propos de El Edén, un article de Jhon Sebastian Ramos Hidalgo
Dans son dernier roman, Eduardo Antonio Parra nous plonge dans la violence à El Edén, une ville ravagée par le trafic de drogue, en adoptant le point de vue de deux témoins. Même si cet endroit de fiction est situé au nord du Mexique, il pourrait se trouver dans d’autres régions des pays latino-américains... Lire la suite sur le site Nouveaux espaces Latinos

 

Laberinto
editorial Random House Literatura, 03-2020


Con Laberinto, Eduardo Antonio Parra da voz a la desolación que el narcotráfico ha sembrado en el norte de Mexico. Dos náufragos, dos supervivientes con más ganas de ahogarse de verdad que de seguir respirando, se encuentran una noche en un bar. Se conocen de tiempo atrás, de cuando eran otros. Uno fue profesor de literatura y entrenador de futbol, el otro fue su alumno. Ahora, beben con la misma feroz disciplina, para apagar la memoria, pero esta se alimenta de un dolor demasiado vivo: de una noche, hace nueve años, en la que dos bandas rivales de narcotraficantes acabaron con su pueblo. Primero llegaron mensajes a los celulares. No era la primera vez: los narcos anunciaban el toque de queda e inmediatamente despues cortaban las comunicaciones. Darío alcanzó a llegar a salvo a casa de sus padres con Norma, su novia. Pero no estaba Santiago, su hermano menor. Desoyendo las súplicas de su familia, decidió salir con Norma a buscar a Santiago. Así empezó su oscura odisea, que no habría de terminar nunca, porque el viaje mismo sería la destrucción de la verde Ítaca.
Esta novela es un brillante artificio literario, un laberinto de ecos y, a la vez, el implacable testimonio de la desolación que la voracidad del narcotráfico


22 mai 2021

Mexico bronco

Patrick Amand
éditions du Caïman, 05-2020


Présentation de l'éditeur

Qu’était-il venu faire dans cette galère ? En acceptant de partir à la recherche du fils d’un patron du CAC 40 évaporé dans la nature mexicaine, Eneko Aggiremutxeggi – avocat radié du barreau reconverti dans les enquête et filatures douteuses – ne s’attendait pas à un tel périple. En ce mois de février 2001, au beau milieu de la caravane de l’EZLN, l’Armée zapatistes de libération nationale et de son emblématique sous-commandant Marcos, en route pour Mexico, l’enquêteur basque aux méthodes peu orthodoxes, se retrouve mêlé à de rocambolesques événements. Épaulé par Paco, un gamin de 14 ans tout droit sorti d’un bidonville, c’est dans un road-movie zapatiste improbable qu’Agirretxumetegi, poursuivi par Alfredo un minable truand local, confronté aux Monos blancos la garde rapprochée italienne de Marcos, qu’il découvre un pays de folie. Le tout au rythme lancinant de la chanson d’Hubert-Félix Thiéfaine « Pulque, mezcal y tequila » et des discours des 23 commandant zapatistes. Et toujours avec l’ombre de l’auteur Malcolm Lowry* qui plane sur cette mirobolante expédition…

 

Fiche du livre sur le site de l'éditeur

 

21 novembre 2020

L'amant de Janis Joplin

Elmer Mendoza
traduit de l'epagnol (Mexique) par François Gaudry
éditions Métailié, 10-2020


Présentation de l'éditeur


Dans le Triangle d’or de la marijuana, le Sinaloa, le jeune David, un peu attardé et naïf, est capable de tuer un lièvre d’un lancer de pierre. Ce qui en fait, malgré lui, un joueur de baseball convoité. À la fête du village, il danse avec une fille interdite, réservée au fils d’un trafiquant. Bagarre. David tue son agresseur. Son père passe un accord avec le trafiquant et l’éloigne. À Los Angeles, il est dragué par une fille qui l’emmène dans sa chambre, le déniaise puis le met à la porte en lui disant qu’elle s’appelle Janis Joplin. Il en tombe éperdument amoureux, se fait virer de son équipe de baseball pour alcoolisme et renvoyer au Mexique. David n’est pas armé pour faire face aux barons de la drogue du Sinaloa. Tout explose autour de lui, dealers, policiers corrompus, guérilleros au cœur pur, femmes fatales et même une voix intérieure. Sa vie devient une course d’obstacles, une fuite continuelle ponctuée de coups de chance. Il va de catastrophe en catastrophe, de situation dangereuse en menaces de mort. Mais il n’a qu’un seul objectif : retrouver son amour, Janis Joplin.

Un polar impeccable, tragicomique virtuose, sarcastique et tendre, avec en plus l’argot lyrique des narcos.

 

Informations
ISBN : 979-10-226-1068-1
Pages : 240
Prix : 19,80 €

La fiche du livre sur le site de l'éditeur
Grand Format

12 novembre 2020

Ils nourrissaient le soleil

Sylvia Schneider
éditions les Presses littéraires, 09-2020

 

Résumé de l'éditeur

André, journaliste franco-mexicain, quitte précipitamment Paris afin d’interviewer le sous-commandant Marcos, porte-parole des Indiens, au cœur de la forêt yucatèque. Ces révélations s’annoncent retentissantes. Pour André, c’est également un retour aux sources et l’occasion pour lui de retrouver le sens de la vie dans le pays où l’on fête les morts. Sur les pas de son enfance, il croise la route de l’assassin du métro dont les meurtres ritualisés ensanglantent les stations souterraines de Mexico. Cette quête d’identité est rythmée par les multiples meurtres commis selon les rituels des prêtres aztèques. Mais qui est donc le tueur en série qui se terre dans les profondeurs de Tenochtitlán ? Quel est ce fascinant criminel qui guette ses proies dans l’ombre ? Ils nourrissaient le soleil mêle l’univers fabuleux des mythes et légendes des anciens Mexicains à l’univers du polar. Un récit anthropologique au réalisme baroque mettant en scène le thème du sacrifice aztèque : des corps sans cœur, sans langue, des victimes exsangues. Un thriller haletant et dépaysant, terriblement efficace, dont le récit nous happe dès les premières pages...

 

L'auteur

Née en 1963, Sylvia Schneider a grandi entre le Mexique et la France. Arrière-petite-fille de l’écrivain mexicain Alfonso Reyes, son parcours universitaire était déjà placé sous le signe de la littérature. Après un doctorat de lettres sur la Symbolique de l’initiation, et plusieurs années en tant que chargée de communication à l’Alliance française, elle partage désormais son temps entre son métier de bibliothécaire et sa vocation d’écrivain. Lauréate du concours Jules Ferry pour La Ballade des aujourd’hui. Passionnée par la psychologie des tueurs en série, elle signe ici, aux Presses Littéraires, son premier roman policier.
 
Présentation sur le site des Presses littéraires
 
La couverture du livre bénéficie parfois d'un bandeau marketing.


Au sujet des disparitions dans le métro de Mexico :
- un article de janvier 2019 dans le journal espagnol El Païs
- un article de septembre 2019 dans le journal mexicain  El Heraldo de Mexico
 
 
Station General Anaya - metro linea 2 (linea azul)




 

 

Mapa de la red - Metro Mexico Ciudad

 

Il existe un musée du métro de Mexico :
Museo del Metro
Estación: Mixcoac Línea 12
Horario: De martes a domingo, de 10:00 a 20:00 horas.

24 octobre 2018

Les spectres de la terre brisée

S. Craig Zahler
Traduit de l'anglais (USA) par Janique Jouin-de Laurens
éditions Gallmeister - 08/2018



  • Résumé de l'éditeur
Mexique, été 1902. Deux sœurs kidnappées aux États-Unis sont contraintes à la prostitution dans un bordel caché dans un ancien temple aztèque au cœur des montagnes. Leur père, John Lawrence Plugford, ancien chef de gang, entame une expédition punitive pour tenter de les sauver, accompagné de ses deux fils et de trois anciens acolytes : un esclave affranchi, un Indien as du tir à l’arc, et le spectral Long Clay, incomparable pro de la gâchette. Le gang s’adjoint également les services d’un jeune dandy ambitieux et désargenté, attiré par la promesse d’une rétribution alléchante. Peu d’entre eux survivront à la sanglante confrontation dans les badlands de Catacumbas.
Un western impitoyable qui balaie tout sur son passage, comme un film de Tarantino au volume poussé à fond.

  • L'auteur
Né en Floride, S. Craig Zahler est désormais New-Yorkais et a travaillé de nombreuses années en tant que directeur de la photo et traiteur, tout en jouant dans un groupe de heavy métal et en créant des pièces de théâtre bizarres. Son premier roman, un western intitulé A Congregation of Jackals, a été nominé pour les prix Peacemaker et Spur

Tout savoir sur le livre, son auteur et lire un extrait sur le site des éditions Gallmeister.

  • La chronique de Franck Tilliez dans Le Monde
Catacumbas est tenu par un borgne capable de déguster des crevettes charnues tout en contraignant les traîtres à avaler des scorpions vivants. ­Forcément, ça pique, comme le casting goûteux des sept cavaliers – le père et ses deux fils à l’esprit vengeur, l’esclave noir affranchi, l’Indien à l’œil infaillible, le Gringo dandy ruiné et le flingueur psychopathe, celui dont même le Diable a peur, aux faux airs de Javier Bardem dans le film des frères Coen, No Country for Old Men (2007).
Cette chevauchée nous fraye un chemin à travers l’enfer. Son auteur, l’Américain S. Craig Zahler, également réalisateur de films, batteur et parolier dans un groupe de heavy metal, attaque Les Spectres de la terre brisée avec l’âpreté d’un riff sursaturé. A la beauté des paysages et des vives couleurs du ciel se heurte la froideur des ténèbres présentes en chacun de nous...
Lire la chronique sur le site du Monde

1 juin 2012

Tijuana Straits

Kem Nunn
éditions Sonatines, 2010

Avec Tijuana Straits, Ken Nunn a écrit un roman environnemental, social et engagé. L’histoire se passe entre Imperial Beach, une ville des Usa de la vallée de la Tijuana River, et de l’autre côté de la frontière, à Tijuana, plus grande ville l’état mexicain de Baja California. Sam Fahey est un ancien surfeur malmené par la vie. Il a de mauvaises relations avec son père, un petit truand qui ira jusqu’à assassiner des clandestins mexicains. Ce mauvais exemple, s’il ne l’empêche pas de réussir quelques sorties mémorables sur les houles prisées du pacifique, le fameux mystic peak entre les iles Coronados et l’embouchure de la Tijuana river, ne lui épargnera pas des dérapages autour de la drogue, consommation et trafic, qui le conduiront en prison pour plusieurs années. A sa sortie, il a un seul désir, se ranger dans une petite vie tranquille, sans horizon et sans exploit sportif mais sans aussi sans embêtement.

Magdalena, à Tijuana, voudrait que les choses changent pour les femmes mexicaines. Elle travaille à la Casa de las mujeres, où elle apporte une aide psychologique, matérielle et juridique aux nombreuses victimes d’un univers social et professionnel très particulier, dans lequel les conditions de travail sont basées sur le machisme, l’absence de législation, l’absence de protection, la violence et la corruption. Cette activité va valoir à Magdalena un attentat qu’elle attribue aux patrons des maquiladoras, ces petites usines qui fourmillent sur la frontière, dans lesquelles les femmes sont exploitées par des employeurs yanquis sans scrupules, avec l’accord des autorités mexicaines qui y voient un essor économique. Echappant à ses poursuivants, Magdalena va être recueillie par Sam Fahey, qui de partage entre son emploi pour la protection de des oiseaux et sa petite ferme dédiée à la vermiculture. L’engagement de Magdalena va lui redonner un peu de conscience, de solidarité, et peut être l’occasion de laver les taches laissées par son père auprès des immigrants mexicains qui croient trouver le paradis aux Usa.

Il va devoir pour cela protéger Magdalena de ces agresseurs qui ne se laissent pas décourager par la frontière, cette ligne qui a vu se développer de chaque côté des zones de non-droit très dangereuses, ou l’on croise des narcotraficantes, des clandestins, des milices, des junquies, et toute une humanité rejetée par l’ultralibéralisme, le tout dans un environnement toxique du aux rejets chimiques des usines, sous le regard complice des services environnementaux mexicains qui falsifient les résultats d’analyses, transformant en cloaque un espace autrefois peuplé de plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs. Le gouvernement gringo a même du déplacer une base des Navy Seals à cause du niveau de pollution.

La traque lancée contre Magdalena permet à Ken Nunn de dénoncer les exactions contre les hommes et contre la nature, de brosser un portrait des coupables et des victimes, et d’alerter ses lecteurs sur les conditions de vie liées à des accords économiques qui, finalement, renvoi les relations de travail et de vie à un niveau proche de celui du XIXème siècle.

Kem Nunn réussi ce portrait grâce à son style d’écriture particulièrement agréable qui le situe dans le haut du panier littéraire. Dans la lignée de La patrouille de l’aube (Don Winslow) ou La frontière (Patrick Bard), Tijuana Straits est un autre témoignage sur la frontière entre Mexique et Etats-Unis, ce territoire de violence extrême qui échappe à tout contrôle où les cadavres poussent plus vite que les cactus.

Ph.H.

21 mars 2012

La griffe du chien

Don Winslow
éditions Fayard, 2007
traduit de l'anglais par Freddy Michalski

Evacuons tout d'abord les points négatifs. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu entre les mains un livre avec autant de coquilles d'impression, de fautes typographique ou d'orthographe et tant de mauvaises traductions. Mais l'auteur n'y est pour rien. Une nouvelle édition et une nouvelle traduction seraient utiles. Dans sa version poche, La griffe du chien a 827 pages. Autant dire que c'est du lourd. Il en fallait ça pour écrire ce récapitulatif sur le trafic de drogue entre 1975 et 2004. Comme l'annonce la quatrième de couverture, le roman mêle fiction et faits réels. A la fin, on ne peut que constater que ces faits réels alimentent grassement l'actualité depuis bien longtemps, et que la part de fiction ne concerne, malheureusement, que les données accessoires du livre.

A travers une galerie de personnages, un flic étasunien de l'antidrogue, des barons du narcotrafic mexicains ou colombiens, la mafia de New-York, des call-girls aux clients issus de milieux antagonistes, des prêtres mexicains dont certains sont sensibles à la théologie de la libération alors que d'autres émargent à l'Opus Dei, des baroudeurs anciens du Viêt-Nam et soldats perdus de l'IRA, Don Winslow raconte comment les Etats-Unis d'Amérique et leurs multiplies officines publiques ou secrètes gèrent le commerce de la drogue. Car si le roman égraine les batailles les unes après les autres, l'image qui prévaut est celle d'une gestion plus que celle d'une guerre totale avec une vraie stratégie d'éradication. On en apprend donc de belles tout au long des nombreux chapitres, des différentes époques et des différents lieux, même si le nombril du livre - et du trafic - se situe au Mexique.

"Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des Etats-Unis" disait Porfirio Diaz. On découvre par exemple, comment le PRI (Partido Revolucionario Insttutional) a négocié en 1985, après le grave tremblement de terre, l'appui financier des cartels pour la reconstruction du pays, en échange de regards détournés. En même temps, les cartels participeront à la campagne électorale pour aider le PRI. Pour une somme estimée à 25 millions de dollars, les cartels ont oeuvré pour éviter l'élection en 1988 de Cuauthémoc Cardenas, candidat du PRD (Partido de la Revolucion Democratica) et de la gauche, après une rocambolesque panne d'électricité qui provoqua, chez les ordinateurs, un curieux comptage des voix. En alternance avec les nombreuses scènes de violence (non démenties par la réalité quotidienne des mexicains), on assiste parfois à de spectaculaires conversations. Ainsi celle d'un évêque proche de la population et des pauvres, face à un cardinal proche des pouvoirs, nationaux et du Vatican, au sujet du nombre de conversions au protestantisme au Chiapas : " ainsi c'est cela le vrai fond du problème, Coca se fait de la bile parce qu'il risque de perdre des parts de marché au profit de Pepsi !".

Parce que derrière les tenants et aboutissants du trafic de drogue se cachent des motifs bien peu avouables. De l'argent on ne peut plus sale transite par tout un tas d'organisations étatiques, parfois au grand jour, souvent dans l'ombre, et qui sert à financer der armes, des formations de militaires dans la sinistre Scholl of americas, à payer des escadrons de la mort et des mercenaires paramilitaires recrutés dans les milieux anti-communistes. Ce que le livre met en évidence, c'est que l'Oncle Sam a plus peur du communisme (et des formes diverses et variées qu'on lui colle) que de la drogue. Et au fil des années et des conflits dans les Amériques, il utilisera sans honte le pouvoir de l'une contre l'extension redoutée de l'autre. Au nom de cet anticommunisme, c'est toute la politique des Usa sur le continent américain, de la Bolivie au Guatemala qui est en cause, illustrée par exemple par le financement des Contras du Nicaragua pour faire face aux Sandinistes.

Une partie du livre est consacrée à la constitution des cartels tels que le Mexique les a connus jusqu'à l'arrivée de Calderon, le président du Mexique depuis 2006, qui a voulu afficher une guerre sans merci contre les barons. Jusqu'aux années 1980, quand le Mexique n'était qu'un point de passage entre la Colombie productrice et les Usa consommateurs, les adorateurs de San Jesus Malverde étaient organisés en pyramide. L'arrivée des frères Barrera va chambouler ces structures fragiles, et ils vont mettre en place une organisation horizontale, la federacion, bien plus efficace et bien plus solide. Celui que Don Winslow masque avec ses frères Barrera pourrait bien être le Chapo Guzman, les pérégrinations des frangins sont manifestement inspirées de la vie tumultueuse d'El Chapo. Les grands patrons du cartel seront de tous les coups fourrés. En 1994, année électorale qui doit donner un successeur à Carlos Salinas - dont le nom qui n'est pas écrit suinte pourtant à chaque page - le successeur désigné est le priiste Luis Donaldo Colosio, qui n'a pas bonne réputation. Il voudrait, à la veille de la signature de l'ALENA (Accord de Libre Echange Nord Americain ou TLC Tratado de Libre Comercio) un Mexique un peu plus moderne et plus propre. Ses projets contrariants les affaires des véritables maitres du pays, il sera assassiné le 23 mars 1994 à Tijuana. Après l'effondrement de l'économie mexicaine, l'auteur évoque le retour des seigneurs de la drogue au premier plan, par la relance de l'activité à grands coups de narcopesos, toujours avec la complicité du PRI, et toujours avec les mêmes contre-parties. En même temps, les recettes appliquées en Amérique centrale seront mises en oeuvre au Chiapas ou les Zapatistes se sont soulevés, chose intolérable pour les Usa comme pour le gouvernement du Mexique, mais le Mexique étant un état souverain et indépendant, pas question d'avoir recours à l'aide militaire des Usa. Par contre, une collaboration sous couvert d'une opération anti-drogue est plus discrète.

Dernière invitée à cette table ou se mélangent les intérêts les plus vils et les partenaires les plus cyniques, une grande compagnie de l'agro-alimentaire qui participe à la destruction des champs de pavots ou de marijuana. En Colombie ou au Sinaloa, les Usa ou leurs subordonnés, répandent à partir d'avions et d'hélicoptères des agents chimiques destinés à détruire les champs. L'utilisation du produit préconise une certaine dilution. Mais ces recommandations ne sont pas respectées. Le produit est utilisé dans des conditions bien plus puissantes, visant à détruire la drogue mais aussi toute activité agricole, histoires que les petits paysans cocaleros ne puissent planter quoi que ce soit et alimenter ainsi les FARC. Et si au passage le produit est toxique pour les humains, qu'importe, ce sont des graines de guerilleros. Cette stratégie permet à Monsanto d'écouler des tonnes et des tonnes de Round-up ultra.

A la fin de la lecture, on est sous le choc. La corruption mène ce monde, l'infiltration de toutes les institutions est de mise,  les relations sont faussées et la violence est l'unique mode de règlement. Comme cela est plusieurs fois répété, on n'a le choix qu'entre l'argent ou le plomb ! C'est le grand bal du cynisme et de la manipulation et les multiples collusions, de l'eglise catholique à la mafia, de la Cia à Los Pinos, dévoilent un bien sombre tableau. Il est beaucoup question de profit, d'influence, de pouvoir et de puissance. Mais la lutte contre le narcotrafic dans le but de préserver les population n'est manifestement pas une préoccupation première.

L'auteur qui a consacré 6 ans à l'écriture de ce roman a réussi son entreprise. On peut toutefois regretter la répétition des mêmes mécanismes qui engendrent les mêmes scènes à plusieurs reprises. Cela alourdit un peu la lecture sans rien apporter rien de nouveau ou fondamental. Cela mis à part, La griffe du chien s'impose comme un roman de référence sur le sujet.

On se demande alors ce qui va suivre la stratégie de guerre totale menée par le président Felipe Calderon après les élections de juillet 2012 au Mexique ? L'éclatement de la federacion mise en place par les frères Barrera (roman) a déclenché une bataille pour le contrôle du trafic entre les cartels et on s'achemine lentement vers les 40 000 morts depuis 2006. L'avenir est plus que jamais incertain.

PhH

27 janvier 2012

Le Poulpe et les Aztèques

Le Poulpe, surnom de Gabriel Lecouvreur, est un personnage de romans policiers, crée par Jean-Bernard Pouy, qui a écrit le premier chapitre de la collection. Débutée en 1995, le Poulpe ne va pas tarder à vivre sa 200e aventure, sous la plume d’auteurs divers. Personnage des années 90, Le Poulpe est avant tout un fouineur, attiré ou convoqué par les évènements politiques, sociaux ou criminels qui jalonnent le quotidien. Ni flic, ni privé, c’est un altruiste de l’enquête, un Zorro aux ambitions modestes, qui ne va pas sauver tous les pauvres et maltraités, mais au moins de donner un coup de pouce ou sortir de griffes agressives les cas dont il a décidé de s’occuper. Embrouilles politiques, corruption, conflits sociaux, banditisme, son catalogue d’intervention est large dés lors qu’un ami, une connaissance ou une simple victime d’injustice est en danger.

Charpenté par quelques codes d’écriture et par le caractère du personnage, libre et curieux, que chaque auteur doit respecter, notamment son penchant à forte déclivité qu’il a pour la bière, chaque titre de la série est prétexte à un jeu de mot.

Gabriel Lecouvreur a par deux fois rencontré le Mexique et ses ancêtres emblématiques que sont les Aztèques. En 1999, il s’est rendu à Guadalajara dans l’épisode intitulé L’Aztèque du charro laid. Jeu de mot multilingue puisque intégrant le charro, c'est-à-dire le prototype du mexicain cavalier. Le charro pratique la charreada ou charreria, exercices hippiques au cours duquel il démontre son habileté à monter à cheval, sa dextérité au lasso et à la capture de bovins. Très populaires au Mexique, les charreadas sont des fêtes hautes en couleurs, pour lesquelles les participants, femmes et hommes, revêtent les habits traditionnels qui symbolisent cette culture.


Dans cette histoire, Le Poulpe rencontre Rosana qui a bien des soucis. Dans une intrigue calquée sur les tragiques évènements de Ciudad Juarez, il doit affronter des sales types pour qui les filles, surtout jeunes sont des marchandises, indispensables pour le sexe et les vidéos qu’ils tournent et qui alimentent le sombre marché du snuffmovie. Comme le dit la 4e de couverture : « L'Aztèque est saignant, mais pas très tendre. La cantina du Charro Feo abrite de bien vilains cocos, locos de chair fraîche et de crimes vidéo. L'horreur est humaine dans ce Mexique décidément pas très catholique, et le diable rôde sous le bénitier ». L’Aztèque du charro laid a été écrit par Pierre Delepierre qui vit au Mexique, ce qui permet au héros de déguster, sous la plume d'un connaisseur, de la Corona, Dos XX, Tecate, Bohemia, Pacifico …

L’Aztèque du Charro laid
Pierre Delepierre
Editions Baleine – 1999
 
Dans Aztèques freaks, de Stéphane Pajot, le Mexique n’est qu’un élément d’arrière plan. Parmi la galerie de monstres de l’Olympic Circus, certains ont des accointances avec les civilisations précolombiennes. On est bien loin du continent américain puisque l’action se déroule à Nantes. Toutefois, l’image de couverture qui représente Wanda, une charmeuse de serpent, n’est pas sans rappeler une scène torride jouée par l’actrice mexicaine Salma Hayek dans le film de Roberto Rodriguez, Une nuit en enfer, scène au cours de laquelle la voluptueuse Salma se déhanche langoureusement enlacée avec un énorme python. L'auteur évoque aussi par l'intermédiaire de liliputiens aztèques (comprendre d'origine mexicaine), l'horrible famine des années Lapin (selon le calendrier des dits aztèques) autour de l'année 1454, contre laquelle Moctezuma 1er aurait fait sacrifié aux Dieux des nains, des géant, des albinos et autres individus au physique anormal, en les précipitant dans un puits près de la lagune de Chumaya*. Il y a aussi un petit passage sur El Xolo, El Xoloïtzcuintle, le chien envoyé du dieu Xolotl. Dans la mythologie, ce chien aidait les défunts à rejoindre l'au-dela. Cette légende a été mise en scène par la troupe de théatre de rue nantaise, Royal de Luxe, à son retour du Mexique en 2011. Les puristes mexicanophiles remarqueront au cours de cette agréable ballade dans la ville de Nantes (à Montaigu) quelques rares confusions entre les cultures mayas et aztèques.


Aztèques Freaks
Stéphane Pajot
Editions Baleine – 2012

S’il n’est allé, à ce jour, qu’une fois au Mexique, cet octopode défenseur de la veuve et de l’opprimé s’est rendu plusieurs fois en Amérique latine, notamment au Chili, ou sous la plume de Gérard Delteil, il a subi un douloureux Chili incarné, titre mirroir du chili con carne, qui n’est pas, comme chacun sait, le plat national mexicain !

Chili Incarne
Gérard Delteil
Editions Baleine – 1998


Les amateurs de calembours remarqueront qu’avec le mot aztèque, on fait rapidement le tour des jeux de mots possibles et qu'ils tournent toujours autour du filet de boeuf. Je vous en livre un dernier. A l’époque précolombienne, dans le Mexique dominé par les Aztèques, les transactions commerciales se faisaient au coucher du soleil. Cette habitude n’avait pas de rapport avec le culte solaire, mais était due à une astuce des commerçants. La plupart des marchandises vendues étaient emballées dans des fibres végétales telles que le maïs, le yucca ou le cizal, qui avaient la propriété d’absorber la moindre humidité. En pesant les marchandises et leurs contenants à la tombée du jour, l’air jusque là très sec se chargeait de l’humidité du soir, aussitôt absorbée par les fibres, augmentant ainsi la tare des produits pesés. C’est l’origine de l’expression « l’aztèque tare tard ».
PhH

* Pas de trace de cette lagune sur le net.

24 janvier 2012

Mexicali city blues

Gabriel Trujillo Muñoz
Folio policier - 2011
Traduction Gabriel Iaculli

Angel Morgado est contacté par Cecilia Montaño, son amour de jeunesse, dont le mari a disparu. Ce dernier, gringo et pilote d’hélicoptère, transportait des scientifiques qui recensaient certaines espèces de cactus très rares dans le désert de Baja California Norte. Parti de Mexicali, capitale de l’Etat, il n’est jamais rentré. Les restes de l’hélicoptère qu’on présente à Morgado ne lui paraissent pas très convaincants. De même, le Parti Naturaliste mexicain, organisation écologiste qui a engagé Jésus Bull Aguirre, mari de Cecilia, se révèle rapidement être une officine fantoche.

Comme à sa courte habitude, 90 pages, Gabriel Trujillo Muñoz nous entraine dans une enquête expéditive de son héros, l’avocat Morgado. Une fois encore il pourfend les manques de la police mexicaine, sa corruption et, quand elle n’est pas corrompue, sa bureaucratie pesante qui garanti une inefficacité rare. Il ajoute cette fois la dimension internationale, en citant expressément les Etats-Unis comme complices, passif ou actifs selon le cas, dans le trafic de drogue qui fait de la frontière mexicano-étasunienne un des hauts lieux planétaires des flux de stupéfiants. Il ne manque pas l’occasion, à travers son Parti Naturaliste Mexicain, de railler le Partido Verde Ecologista Mexicano, parti officiel des Verts au Mexique, qui n’a de vert que le nom et les quelques plumes du toucan qui lui sert de logo. C’est un parti aux idées réactionnaires, il a récemment mené une campagne pour le rétablissement de la peine de mort au Mexique, pour qui l’écologie n’est qu’un mot destiné à capter quelques voix, naïves, pour le compte des coalitions électorales auxquelles il participe. Coalitions aux géométries variables puisque le PEVM, selon le temps et le lieu, peut être allié à la droite (PAN), au centre droit (PRI), plus rarement à la gauche sociale démocrate (PRD) et quasiment jamais à la gauche de la gauche (PT). C’est une organisation familiale dans laquelle la charge de président se transmet de père en fils. Les organisations écologistes mondiales ne reconnaissent plus le PEVM comme membre de leur famille politique.

En si peu de page, Gabriel Trujillo Muñoz ne peut évoquer tous les tenants et les aboutissants de la situation mexicaine. Son roman est juste une photo instantanée sur laquelle on peut voir tous les acteurs et leurs territoires de prédilections, les complices - par actions ou ommissions -, les méthodes et toutes les combines utilisées par le crime organisé. Ce survol a le mérite de la clarté.
Ceci dit, ce nombre de pages réduit est idéal pour se distraire dans un voyage d’une heure et demie, un vol Mexico DF / Cozumel en avion, par exemple.

Ph. H.

1 juillet 2010

Tijuana City Blues

Gabriel Trujillo Muñoz
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Gabriel Iaculli
Folio Policier, Gallimard 2010
Voila un roman policier sur le trafic de drogue, thème récurrent dans la littérature du Nord, bien que nous ne soyons qu'en 1951. Trujillo Muñoz nous entraîne dans les profondeurs d’une des villes les plus mythiques du Mexique : Tijuana. Sous le prétexte d’une enquête du détective Miguel Angel Morgado, l’auteur nous plonge dans l'histoire de cette cité, dans son passé et son présent et nous laisse entrevoir son avenir ( ?).
Morgado décide de refaire son bureau. Parmi les charpentiers il y a l'ébéniste nommé Blondie qui lui demande d’enquêter sur la mystérieuse disparition de son père dans les années 50. Par curiosité et sympathie, Morgado accepte et au cours des ses investigations il va découvrir les ficelles du trafic d’héroïne qui venait de Panama vers les Etats-Unis, ainsi que l’intérêt du FBI dans ce trafic. Il rencontrera des journalistes, des professeurs, des musiciens et des voleurs qui aiment cette ville à leur manière, et qui, d’une façon ou d’une autre, vont l’aider à résoudre son enquête. A titre d’exemple, ce que pense un ancien leader du PRI sur Tijuana : « Reconnais-le. C’est la Las Vegas du tiers-monde. Un des fleurons du genre, avec Shanghai et Marseille. Ici, on ne s’ennuie jamais ». « Nous, le Nord (du Mexique), sommes bien loin d’être la culture du barbecue et de la tortilla de froment ! Nous avons aussi une sensibilité et une pensée. Nous sommes le Mexique nouveau, l’avenir de la nation, le miroir novateur de notre patrie. Tijuana est pour nous le symbole le plus illustre du siècle qui commence… » Le seul regret que nous aurons est que le récit est trop court. On aurai aimé en lire davantage. Néanmoins, il reste un roman très agréable, qui se lit d’un seul trait !

Tijuana City Blues
Belacqua de Ediciones y publicaciones. México, 2006.
Novela policiaca que trata acerca del tráfico de drogas, tema recurrente en la literatura del norte de México pero esta novela corta tiene como originalidad de situarnos en 1951. Trujillo Muñoz nos conduce a las entrañas de una de las ciudades más míticas de México: Tijuana. Bajo el pretexto de una investigación realizada por el detective Miguel Angel Morgado, el autor nos sumerge en la historia de Tijuana, su pasado, su presente y nos deja entrever ¿su futuro?
El detective Morgado decide redecorar su oficina, entre los carpinteros que trabajan en este proyecto, se encuentra un ebenista, El Güero, quien le pide que investigue acerca de la misteriosa desaparición de su padre ocurrida en los años 50’s. Por curiosidad o por simpatía, Morgado acepta y en su investigación va a descubrir los hilos conductores del tráfico de heroína que provenía de Panamá hacia los Estados Unidos así como el interés que tenía el FBI en este tráfico. Conocerá periodistas, profesores, músicos y ladrones quienes aman a esta ciudad a su manera, y que de una forma u otra van a ayudarle a resolver el enigma de la desaparición del Sr. Keller. Para ilustrar, el pensamiento de las personas que conoce, veamos lo que piensa de Tijuana un exlíder del PRI. “Reconócelo. Tijuana es Las Vegas del tercer mundo. Uno de los florones del género junto con Shanghái y Marsella.  Aquí, no se aburre uno nunca”. ”Nosotros, el Norte (de México), estamos lejos de ser el estereotipo de la cultura de la carne asada y de la tortilla de harina de trigo. También, tenemos una sensibilidad y un pensamiento. Somos el México nuevo, el porvenir de la nación, el espejo novador de nuestra patria. Tijuana es para nosotros el símbolo más ilustre del siglo que comienza….”  Lástima que la novela sea demasiada corta. Aparte de eso es una ¡novela muy agradable que se lee fácil y rápidamente!
ROB

13 septembre 2009

Tiempo de Alacranes

Bernardo Fernández, BEF.
Joaquín Mortíz, México o Booket, España

Bernardo Fernández es un autor joven, que ha comenzado a darse a conocer fuertemente en México, Tiempo de alacranes fue su primera novela publicada. Novela que refleja escrupulosamente una realidad para muchos mexicanos: la cultura del narcotráfico, del crimen organizado y de los criminales principiantes. Con una inspección del estilo lingüístico de esta cultura (
troca, narquillo, cheves, etc) al mismo tiempo que una explicación de su idiosincrasia. Humor negro, irónico, violento. La historia gira alrededor de Alberto Ramírez, sicario al servicio del narcotráfico. Alberto desea jubilarse pero antes debe realizar una última misión para “el Señor” (un capo en una prisión mexicana en espera de su proceso): deshacerse de un testigo protegido. Solamente, que Alberto se encuentra en un momento de su vida en que tiene dudas enormes y decide no matar a este testigo incómodo. A partir de ahí, todo va mal para él, se encuentra en un mal lugar en un mal momento, es hecho prisionero por una banda de asaltabancos. “El Señor” lo busca para darle una lección (mortal, por supuesto). Alrededor de los personajes (matones, hijos de narcotraficantes, compadres, amigos, etc) Bernardo Fernández nos obsequia con una novela corta llena de embrollos y mentiras, como si fuera una película de vaqueros a un ritmo constante, trepidante y en perpetuo crecimiento hasta el desenlace explosivo.
Esta novela recibió el Premio semana negra de Gijón en 2006 y el Premio “Una vuelta de tuerca” en 2005
.

Une Saison de scorpions.
Moisson Ruge,2009

Bernardo Fernandez est un auteur jeune qui commence à se faire connaître fortement au Mexique.
Une Saison de scorpions est son premier roman publié. C’est un roman qui reflette scrupuleusement une réalité pour beaucoup de mexicains : la culture du narcotrafic, du crime organisé et des criminels débutants. Il fait une inspection du style linguistique de cette culture (troca, barquillo, cheves, etc..) tout en expliquant leur manière de vivre et de penser. Humour noir, ironique, violent ; l’histoire parle d' Alberto Ramírez, tueur à gages au service du narcotrafic. Alberto souhaite prendre sa retraite mais avant il doit exécuter une dernière mission pour « Le Chef » (un narcotrafiquant emprisonné au Mexique dans l’attente de son procès) : se débarrasser d’un témoin à chargé protégé ; seulement, Alberto se trouve dans un moment de sa vie dans lequel il a des doutes énormes et il décide de n’est pas mener à bien sa mission. À partir de ce moment, rien ne va plus pour lui, il se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, il est pris comme un otage par une bande de voleurs. Le Chef le cherche pour lui faire la leçon (mortelle, bien sûr !). Autour de ses personnages (tueurs à gages, fils de narcotrafiquants, compères et amis) Bernardo Fernandez nous régale avec un roman court plein de quiproquos et des mensonges, tel un western, à un rythme constant et en perpétuelle croissance jusqu'à un final explosif.
Ce roman a reçu le Prix de la Semaine Noire à Gijon, Espagne en 2006 et le Prix “Una vuelta de tuerca” au Mexique en 2005.

ROB