11 mai 2015

Les amants de Coyoacan

Gérard de Cortanze
éditions Albin Michel, 03 - 2015

Présentation éditeur :
En janvier 1937, Frida Kahlo, mariée au peintre Diego Rivera, n’a pas encore trente ans. Le couple bat de l’aile. Aux infidélités de Diego répondent celles de Frida. La jeune femme n’est pas heureuse. Revenue d’une fugue à New York elle songe à se suicider. Un événement va bouleverser sa vie : l’arrivée de Trotski dans un Mexique postrévolutionnaire en pleine ébullition.

Entre le rescapé de la Guépéou et l’artiste flamboyante, naît une passion dévorante. Affolant ses gardes du corps, mettant en déroute les tueurs lancés à ses trousses, Trotski lui donne des rendez-vous secrets, s’enfuit avec elle dans une hacienda, glisse des billets enfiévrés dans les livres qu’il lui offre. Frida sera son dernier grand amour. Des années plus tard, l’artiste confiera que cette rencontre fut l’une des meilleures choses qui lui soit arrivée et cette période l’une des plus fécondes de sa vie de peintre.

Fabuleuse évocation d’un Mexique à la vitalité inouïe, ce roman trépidant, à l’image de son héroïne, nous plonge dans l’effervescence intellectuelle et politique de la fin des années 30 à travers le parcours rayonnant d’une femme animée par un insatiable désir de vivre et d’aimer. Gérard de Cortanze en restitue brillamment la fantastique ampleur.


L'avis de Jean-François Cadet de RFI :
Par sa mère, il descend de Fra Diavolo, le bandit napolitain qui lutta contre Bonaparte et finit pendu en 1806. Quant à la famille de son père, elle a combattu aux côtés de Garibaldi, l’artisan de l’unité italienne. Gérard de Cortanze était donc prédestiné pour naviguer dans les méandres de l’Histoire. Son imagination débordante est nourrie par la littérature, par ses ancêtres et par le souffle romanesque de sa plume, il nous a fait traverser les siècles à travers des personnages issus de l’Immigration italienne ou de l’errance du peuple juif. Mais, ce Piémontais d’origine est aussi un passionné de littérature hispanique, dont il a traduit et édité les plus grands auteurs. Il nous emmène dans le Mexique de la fin des années 30. Gérard de Cortanze nous transporte à nouveau dans l’univers de couleurs et de souffrance physique et amoureuse de Frida Kahlo.
Quelques mots sur Coyoacan :

Coyoacán est une delegación (arrondissement) de Mexico, située au sud de la ville. C'est un ancien village préhispanique qui a été petit à petit avalé par la ville. Son centre est devenu un quartier touristique, épargné par l'hyperactivité et la densité urbaine, et qui a gardé son charme grâce notamment à ses ruelles et ses habitations anciennes dont la maison de Frida est un exemple.

Le quartier garde encore aujourd'hui un air bohème et provincial qui exerce un attrait sur tous et pas seulement sur les touristes. Même avant le développement du tourisme national et international, Coyoacán s’enorgueillissait déjà de la préférence que lui accordaient les autochtones comme les visiteurs. Il n'est donc pas surprenant que les autorités de Mexico l'ait nommé Barrio Mágico. Coyoacán conserve son charme provincial et beaucoup de promeneurs viennent au Jardín Centenario, autour de la fuente de los coyotes, en fin de semaine pour profiter des animations (comme la feria del libro alternativa en décembre) et de ses marchés.

Dans les années 1930, Coyoacán était un petit village, "loin" du centre de Mexico. La rivière Churubusco coulait librement et la maison de la peintre Frida Kahlo, au 247 rue de Londres, était le siège de réunions où des peintres, des hommes un peu bohèmes et des hommes politiques, dont Léon Trotsky, discutaient autour de la tequila et des plats typiques que leur hôtesse leur offrait. Aujourd'hui transformée en musée, la décoration y respecte l'esprit que Frida avait donné à sa célèbre Casa azul, où elle naquit, vécut et mourut.

Le mercado de Coyoacan (calle Ignacio Allende 59 y Malintzin) se situe à quelques rues de sa maison. On y trouve tous les fruits frais du Mexique, des accessoires artisanaux et de la nourriture typique telles que les sauterelles grillées (chapulines), amuse-gueule préhispanique, ainsi que de nombreux puestos de quesadillas, les fameux tacos d'El güero de Coyoacan et les tostadas de Tostadas Coyoacan. A l'extérieur, on mange de délicieux produits de la mer à la marisqueria El jardin del pulpo.

En redescendant vers le kiosque, on passe devant le café El Jarocho, une étape obligatoire ou on peut déguster une très grande variété de cafés, moka, chocolats ... qui n'ont rien à voir avec Starbuck. A proximité, on trouve la Casa de Cortès, aujourd'hui siège de la mairie, l'église de la Conchita, le musée des arts et cultures populaires, des restaurants, cervecerias, le mercado artesanal de Coyoacan, l'église San Juan Bautista, la place Santa Caterina, la maison de l'acteur El Indio Fernandez, ainsi que les libraires El Sotano et Ghandi.

L'avenida Francisco Sosa, bordée de maisons typiques de l'époque coloniale nous ramène jusqu'à la célèbre place de la fontaine des coyotes, très prisée des mexicains le week-end. Face à la fontaine, on peut prendre une table au 1er étage du Sanborn's et profiter de la vie douce et agréable de ce beau quartier.

PhH

25 avril 2015

Zapatistas

Les aventures sentimentales de Carmen et Jorge
Textes et dessins : Pierre Place
éditions Aarg, 04-2015

Présentation de l'éditeur :
Une série de récits et de portraits comiques d'acteurs et d'actrices de la révolution mexicaine qui est une fresque du quotidien, peuplée d'êtres humains, avec leurs rêves, travers, désirs et défauts.


Dans le numéro 8 de la revue Aaarg, l'auteur expose ses influences, notamment celles des calaveras désignées comme  des "gravures sur bois satiriques mexicaines de la fin du XIXe siècle". En fait, calavera  peut désigner toutes les représentation artistique de crânes et squelettes. Les lithographies de José Guadalupe Posada comptent parmi les plus belles et les plus célèbres. Pierre Place revendique aussi la "plus grande collection de santiags du nord-est-parisien".

On peut décrire sommairement l'album avec le slogan  : sexe, violence et révolution (celle de 1910) ! Le titre - zapatistas - a du être choisi car Zapata est aujourd'hui plus connu que Francisco Villa et a donc un peu plus d'accroche. L'appellation a été réintroduite dans l'actualité depuis la nouvelle révolution zapatiste (de 1994) menée par l'EZLN. Découpées en plusieurs chapitres, alternant les dessins en noir et blanc, tricolores ou en couleurs, les aventures de Carmen et Jorge sont sexuellement explicites, les balles crépitent à chaque case et les morts ne se comptent plus. Les personnages décris  sont des mexicain(e)s ordinaires pris dans la tourmente révolutionnaire, moment historique vu sous l'angle de leur quotidien, de leurs caractères, défauts, désirs et vices compris.

L'atmosphère générale du livre nous plonge dans une ambiance finalement beacoup plus villiste que zapatiste. Si Emiliano Zapata, el caudillo del sur, était un révolutionnaire aux idées politiques riches de lectures, de réflexions et de débats, Doroteo Arango, dit Pancho Villa, el centauro del norte, était un soudard sans foi ni loi, rallié à Francisco I. Madero par opportunisme. Le détachement avec lequel nos deux héros commettent leurs actes meurtriers en fait des clones de Rodolfo Fierro, fidèle lieutenant de Francisco Villa, très justement surnommé El canicero (le boucher) pour avoir massacré à tours de bras. La distance mise entre la gravité des actes et le ton décalé de l'histoire sont illustrés dès la couverture sur laquelle Jorge tripote négligemment la poitrine d'une Carmen représentée comme une Mona Lisa impassible, tenant un revolver comme si c'était le premier objet venu. Carmen est une tueuse qui s'enivre du sang qu'elle verse à seaux, ce qui pose un sérieux problème à Jorge, hématophobe hypersensible qui est pris de nausées et de vomissements à la vue de la plus petite goutte de sang. Leurs émois, dans ces conditions, ne sont pas vraiment teintés de romantisme.

Rodolfo Fierro et Francisco Villa


L'omni présence banale de la mort, l'humour noir et le style de dessin concoctent une illustration parfaite du dicton mexicain la vida no vale nada.

PhH

La chronique de Frédéric Bounous sur Planète BD
Jean-Pierre Mocky dans la guérilla Zapatiste. Les histoires sont absurdes, elles sont méchantes, piquantes. On se prend à penser quelquefois à Alphonse Allais, mais souvent les blagues mordent profondément. Cette série d’historiettes de Pierre Placé est souvent jouissive, et pas seulement parce que le fil rouge du livre est tissé par les amours iconoclastes de Jorge et Carmen. Les situations sont cocasses, les renversements sont violents et inattendus... 

L'hématophobie, un handicap enfin pris au sérieux pat la littérature contemporaine
Psychologie Mexicaine Magazine
Le feu de la passion dans le brasier de la révolution
El Machete
Sexe, violence y corrido !
El Grafico


13 avril 2015

Conquistador tome 4

Tome IV
Scénario : Jean Dufaux, dessin : Philippe Xavier
éditions Glénat, 03-2015

Présentation de l'éditeur
Ils cherchaient le trésor des Aztèques. Ils vont affronter l’Histoire… Hernando Del Royo est à présent le chef de la tribu des Hiburas. Tous le reconnaissent sous le nom de « l'Oqtal » : le dieu des racines. Fort de sa nouvelle position, il mène une armée rassemblant les autres tribus hostiles à Moctezuma... De son côté, l'empereur aztèque espère restaurer son autorité auprès des grands prêtres. Il doit pour ce faire à tout prix mettre la main sur la croix de Txlaka, ce dont il charge la belle Catalina Guerero. Mais il ignore que celle-ci est toujours fidèle à Cortès qui, aux portes de Tenochtitlan, espère entrer dans la majestueuse cité aztèque avec toute son armée...
Le second diptyque de la captivante série Conquistador, toujours mené de main de maître par le tandem Dufaux et Xavier, se conclut en apothéose ! Mêlant toujours aussi savamment aventure et mythologie méso-américaine, il est cette fois plus ancré dans la réalité historique, mettant en scène les circonstances qui ont mené au massacre de la célèbre « Noche Triste » de 1520...

26 mars 2015

Campo de guerra


Sergio González Rodríguez 
Premio Anagrama de ensayo
Editorial Anagrama, mayo de 2014

Resumen de la Editorial Anagrama 
Campo de guerra analiza la tendencia geopolítica encabezada por Estados Unidos de América, que, con el pretexto de combatir el terrorismo en el mundo, ha impuesto el control y la vigilancia a partir de plataformas militares, y ha impulsado el orden paulatino de grandes corporaciones mundiales, cuya sinergia en el espionaje absoluto se ha revelado en los últimos tiempos.
El modelo de control y vigilancia fue insertado en la comunidad internacional mediante la ideología ultraliberal, la apertura de los mercados, la economía globalizada y las sociedades de la información. De modo paralelo, la democracia formal hizo creer que, a través del pragmatismo por encima de las normas constitucionales de cada país, podría avanzarse para realizar un gobierno planetario bajo la bandera de « la libertad y la democracia ».
El autor 
Sergio González Rodríguez (n. Enero 26, 1950 ) es un periodista y escritor mexicano, mejor conocido por sus escritos sobre feminicidios en Ciudad Juárez de 1990 a 2000. La obra principal de este trabajo es Huesos en el desierto que fue publicado en 2002. González Rodríguez también ha escrito novelas, ensayos and guiones para documentales. Su trabajo ha sido reconocido con varios premios en México y España, como el premio Casa América Catalunya a la Libertad de Expresión en Iberoamérica, 2013.

Ensayos
· Los bajos fondos, el antro, la bohemia y el café (1988)
· El centauro en el paisaje (1992)
· De sangre y de sol (2006)
· Campo de guerra (2014)
Crónica
· Huesos en el desierto (2002)
· El hombre sin cabeza (2009)

Mi opinión
Ensayo muy bien documentado y muy completo con mapas, bosquejos, numerosas notas a pie de página y una bibliografía al final.

Retoma toda la actualidad desde el principio del gobierno de Calderón, ata cabos y nos hace una demostración magistral sobre los vínculos entre todos los organismos oficiales de México, gobierno incluído, y la DEA, la CIA estadounidense. Nos explica cómo Estados Unidos desestabiliza uno por uno los diferentes países latinoamericanos para poder implantar bases militares bajo la excusa de luchar contra el narcotráfico o el terrorismo y vender sus armas sofisticadas, cómo, con Felipe Calderón se firmó el Plan Mérida, cómo tuvo lugar la operación « Rápido y furioso » cuya consecuencia fue que un montón de armas entraron en México, cómo entrenó policías mexicanos de élite en Estados Unidos que luego se volvieron en gran parte narcotraficantes, cómo se desarrolló el paramilitarismo, etc.

También indaga cómo Estados Unidos quieren extender su poder no sólo en América Latina sino en otras partes del mundo. La técnica utilizada es muy similar, retroceso del Estado nación, desarrollo del narcotráfico, del paramilitarismo, desestabilización, envío de drones y todo esto bajo la bandera de la democracia. Es un ensayo realmente muy instructivo que deberíamos leer todos para entender mejor la geopolítica mundial.

MA.B.

19 mars 2015

Las rebeldes

Mónica Lavín
publié en 2011, Grijalbo ediciones
réédité en 2013 en édition de poche, De Bolsillo premium, 368 pages
Avec Las rebeldes, Monica Lavín poursuit dans la veine historique en se basant sur les mémoires de Leonor Villegas de Magnón, originaire de Nuevo Laredo (1876-1955) et dont le surnom, donné par son père, était “la rebelle”. C'était un femme activiste, originaire d’une famille aisée mais qui s’opposa à la dictature de Porfirio Díaz dans sa jeunesse, ainsi qu’au rôle que l’on attribuait à la femme à son époque.
Leonor fut la fondatrice de la Croix Blanche Constitutionaliste neutre (1913), qui, à l’inverse de la Croix Rouge Mexicaine, à la solde de Porfirio Díaz, soigna les blessés révolutionnaires. Elle transforma sa maison de Laredo en hôpital. Elle était accompagnée d’une journaliste, Jovita Idar, de Lily Long secrétaire étasunienne, d’un photographe et de beaucoup d’autres volontaires.

Le roman de Mónica Lavín mêle les faits historiques aux histoires d’amour de ses héroïnes. Jenny Page est un personnage fictif par exemple qui représente les femmes entre deux cultures, mexicaine et étasunienne, ayant existé ou non, qui prirent part à l’action. On assiste à tous les jeux de pouvoir de l’époque en particulier entre Pancho Villa et Carranza.

L'auteur
Mónica Lavín est une écrivaine et journaliste mexicaine, née en 1955 à Mexico. Elle a écrit des romans, salués par plusieurs prix comme le prix Elena Poniatovska pour son roman Yo la peor (2009) sur Sor Juana Inés de la Cruz ainsi que de nombreux recueils de nouvelles., dont plusieurs ont été traduites dans différentes langues (exemple :* Brèves n°71 « Mexique – Enrique Serna et dix écrivains mexicains de nouvelles ». [Villelongue d’Aude], Éditions L'Atelier du Gué, 2004, 128 pages).

MA.B.


19 février 2015

Rencontre d'auteurs - Jorge Volpi

La Maison de l’Amérique latine
Et l’Instituto Cultural de México
Vous invitent à rencontrer
Jorge Volpi
à l’occasion de la parution de son livre
Les bandits
traduit par Gabriel Iaculli (Seuil)

Mercredi 4 mars 2015 à 19h00
En compagnie de Gabriel Iaculli
Modérateur : Olivier Guez

Le 17 septembre 2008, JorgeVolpi, fondateur et directeur de la compagnie financière J.V Management et grand mécène du Metropolitan Opera, est accusé d'avoir détourné quinze milliards de dollars et prend la fuite. Quelque temps plus tard, depuis un lieu tenu secret, il envoie à un agent littéraire un manuscrit autobiographique relatant avec cynisme comment les maîtres de Wall Street se sont enrichis sans limites pendant la bulle immobilière et comment des experts financiers de tout poil ont orchestré une des plus grandes catastrophes économiques mondiales.

Mais à la différence d'autres confessions, celle de J. Volpi est aussi une passionnante histoire de famille et une pathétique quête du père par un fils dévoyé. Noah Volpi, mort défenestré peu avant la naissance de son fils, employé au Département du Trésor pendant la Seconde Guerre mondiale comme assistant du fondateur du FMI, Harry Dexter White, aurait été un espion à la solde de Moscou. Afin de connaître la vérité, J. Volpi charge alors une jeune historienne de mener une enquête.

De mensonges en escroqueries, mêlant avec brio personnages de fiction et personnages historiques, le lecteur plonge dans les méandres du cœur humain, les coulisses de Wall Street et les passages secrets de la guerre froide.

L'auteur
Né à Mexico en 1968, Jorge Volpi a d’abord étudié la littérature et le droit avant de devenir avocat. Il est l’auteur de romans et d'un essai sur l'histoire intellectuelle de 1968. Son roman, À la recherche de Klingsor, publié en 19 langues, a reçu le prestigieux prix Biblioteca Breve en 1999, attribué avant lui à Mario Vargas Llosa et Carlos Fuentes. Il est considéré aujourd'hui comme l'un des écrivains les plus importants d'Amérique latine.

En collaboration avec les éditions Seuil et la librairie Gallimard
Maison de l’Amérique latine, 17 bld. Saint-Germain 75007 Paris
www.MAL217.org

Source : Maison de l'Amérique latine

14 février 2015

Los rojos de ultramar


Jordi Soler
Alfaguara, Madrid, 2004

Esta es una historia hispana-veracruzana que empieza con la guerra del personaje principal Arcadi: la guerra civil española, Arcadi es uno de los republicanos españoles que tienen que huir a la llegada de Franco al poder, en 1939. Al principio Arcadi se refugia en el sur Francia, en el campo de Argèles- sur- Mer vigilado por los soldados franco-senegaleses (hubo más de 440 000 exiliados españoles en Francia después de La Retirada). Poco a poco vamos conociendo el destino y la peripecia de estos exiliados españoles, que se vuelven incómodos para el régimen francés de Vichy. México es uno de los países que a través su presidente de entonces, el Gral. Lázaro Cárdenas, va a ser todo lo posible para rescatar a estos exiliados y llevarlos a México. Arcadi logra llegar a Veracruz y desde ahí va a instalarse en una plantación de café y va a participar en un complot internacional para asesinar a Franco. Novela interesante realizada como un deber de memoria, biográfica pues Arcadi es el abuelo del autor, bien documentado.

¿Sabían ustedes que el último presidente de la República española Manuel Azaña murió bajo la protección de gobierno mexicano en el territorio de la delegación diplomática mexicana en Francia? Y que fue enterrado en Montauban, Francia con la bandera mexicana puesto que no pudo ser con la bandera republicana que el Prefecto francés no aprobó?


Les exilés de la mémoire
traduit de l’espagnol par Jean-Marie SAINT-LU
10/18 BELFOND, 2008

C'est est une histoire de l’Espagne et de Veracruz qui commence sur fond de guerre civile espagnole, vécue par le personnage principal, Arcadi. Il fait partie des républicains obligés de s’enfuir après l’arrivée du Général Franco au pouvoir, en 1939. Arcadi se retrouve d'abord réfugié au sud de la France, à Argelès-sur-Mer, dans un camp de concentration surveillé par des tirailleurs sénégalais (il y a eu plus de 440 000 exilés espagnols en France après La Retirada). Peu à peu nous découvrons les périples et le destin de ces exilés qui deviennent embarrassants pour le gouvernement français de Vichy. Le Mexique est un des pays qui, à grâce au Président de l’époque, le Général Lazaro Cardenas, va faire tout son possible pour les secourir et leur permettre de venir au Mexique. Arcadi est de ceux la. Il débarque sur la terre mexicaine à Veracruz, où il va s’installer dans une plantation de café. Mais il va aussi poursuivre sa propre guerre en participant à un complot international pour assassiner le Général Franco.

C’est un roman intéressant et bien documenté, rédigé comme un exercice de mémoire historique, avec une forte dimension autobiographique puisqu'Arcadi est le grand-père de l’auteur. Saviez-vous que le dernier Président de la République espagnole, Manuel Azaña, est mort sous la protection du gouvernement mexicain, sur le territoire de la délégation diplomatique mexicaine en France ? Il a été enterré en France à Montauban, sous le drapeau mexicain car le Préfet français de l’époque avait interdit l’enterrement sous le drapeau républicain.

ROB

8 février 2015

Crépuscule sanglant

James Carlos Blake
Rivages / Thriller 2002

Présentation de l'éditeur
Ce livre raconte l'odyssée de deux frères, Edward et John Little, dans l'Ouest sauvage de 1840. Les premiers souvenirs d'Edward remontent au jour où le père, Daddyjack, les a contraints, avec leur mère et leur sœur, à quitter la Géorgie : il avait poignardé un homme dans un bal car il le trouvait trop entreprenant avec son épouse. C'est le début d'un long périple sanglant qui voit les deux frères tuer leur père à l'instigation de leur mère, puis se lancer sur la piste de leur sœur, qu'ils retrouvent dans un bordel de La Nouvelle Orléans… Ils rencontrent des profanateurs de tombes, assistent à des scènes de lynchage, sont enrôlés de force dans l'armée, connaissent le bagne… Ils sont condamnés à suivre et à accomplir le destin de leur famille dont le sang est "mauvais" depuis l'origine.

Publié en 1997 sous le titre original de In the rogue blood, c'est le troisième roman de James Carlos Blake. Il y raconte l'histoire tragique de ces deux frères, qui après avoir été solidaires pendant leur difficile jeunesse, se retrouvent plus tard ennemis en pleine guerre entre les Usa et le Mexique. L'auteur met en lumière guerre méconnue en Europe, et notamment l'aventure épique de cette première légion étrangère mexicaine : le bataillon San Patricio, un bataillon de soldats déserteurs catholiques, irlandais pour la plupart, fondé par John Riley. Ces soldats, rejetés par une Amérique majoritairement protestante vont faire le choix de passer du côté mexicain et par la même, catholique. Un des deux frères Little accompagnera le bataillon San Patricio jusqu'à l'assaut final.


Plaque commémorative apposée sur la place San Jacinto, à San Angel, Mexico DF


L'auteur
James Carlos Blake est né en 1947 à Tampico au Mexique. Il est né dans une famille mexicaine ayant, trois générations auparavant, des descendants américains, anglais et irlandais, y compris un pirate britannique exécuté à Veracruz. Passionné par l'histoire entre le Mexique et les Etats-Unis, l'ouest sauvage du XIXe siècle, ses livres s'inspirent souvent des hommes et des évènements qui ont marqué cette période.



" Erin go bragh - L'Irlande à jamais "
Fanion du batallón San Patricio
A lire sur ce blog sur le même sujet, Les oies sauvages meurent à Mexico

29 janvier 2015

Las 24 horas del cómic en Mexico DF

Las 24 horas del cómic es un evento ineludible por todos los aficionados de cómic. Tras ocho años colmados de éxitos, el principio de creación ideado por el americano Scott McCloud (crear una historieta de 24 páginas, portada incluida, en un plazo récord de 24 horas), llega por primera vez a México. El evento publico se llevo del martes 27 de enero al miércoles 28 de enero en la Casa de Francia (Havre 15).
 
Concepto del evento
Crear una historieta de 24 páginas, portada incluida, en un plazo récord de 24 horas bajo, con el tema anunciado el mismo día del evento.

Requisitos
Evento abierto a todos los apasionados de novela gráfica, aficionados, estudiantes y profesionales (de acuerdo a la categoría seleccionada en su registro).

Tema
Realice un cómic de 22 páginas, una portada y una contraportada a partir de un suceso leído en la prensa
Porque no fue autorizada a tomar el avión con su cachorro,
ahogó al animal en un baño del aeropuerto.

El cómic alternara una viñeta sin texto y una viñeta con texto.
C'est parti pour les 24 heures de la BD ou Las 24 horas del cómic à la Casa de Francia. Défi des dessinateurs : réaliser une bande dessinée de 24 pages en 24 heures en partenariat avec le festival d'Angoulême qui accueille pour la première fois un stand de dessinateurs mexicains.

Les 24 heures de la BD (Las 24 horas del cómic) se déroulent en ce moment jusqu'à demain mercredi 8h. La Casa de Francia reçoit environ vingt dessinateurs qui ont accepté le défi lancé par le festival de la BD d'Angoulême pour créer une bande dessinée de 24 pages dans un délai record de 24 heures !

Cet évènement arrive pour la première fois au Mexique et marque le commencement du festival d'Angoulême reconnu internationalement. De l'autre côté de l'Atlantique, Apolo Cacho et Salvador Jacobo, deux artistes mexicains dans une résidence à Angoulême travaillent sur le même défi et sont en communication permanente avec les dessinateurs présents à Mexico.

La BD mexicaine ou "roman graphique" (novela gráfica) possède même pour la première fois un stand à l'édition 2015 du festival grâce à la présence des dessinateurs Jis et Trino.
Ces deux dessinateur donneront une conférence  (Conservatoire - Salle Brassens ) le samedi 31 janvier.
 
Source : Le petit journal Festival d'Angoulême


Jis es un caricaturista mexicano nacido en Guadalajara en 1963, con el nombre de José Ignacio Solórzano.
José Trinidad Camacho Orozco (Guadalajara, 1961) es un caricaturista e historietista mexicano, más conocido por su nombre artístico Trino. Dueño de un humor ácido y directo, sus caricaturas abarcan muy distintas temáticas, desde el chiste infantil hasta la crítica política más cruda.


Jis & Trino en Mexicali, 2014

20 janvier 2015

La route de Santa Anna

Serge Brussolo
éditions Le Masque, 10/2014

Présentation de l'éditeur
Markh est un cascadeur hors-pair, un fou du volant. Il est recruté par un trafiquant de drogue qui a une idée tellement délirante qu’elle devient plausible. Au Texas, à la frontière mexicaine, se dresse de part et d’autre du Rio Grande un monument dédié à l’amitié entre les deux pays : il s’agit d’une rampe de lancement en béton, comme un pont auquel il manquerait la partie centrale. Markh, au volant d’une voiture au moteur gonflé à l’oxyde nitrique, doit s’élancer côté américain, récupérer des millions de dollars et faire le trajet inverse. L’opération se prépare minutieusement et promet d’être un succès. C’est sans compter la présence d’une famille de losers qui vivent non loin de là dans un mobil-home : Grand’Pa Julius, un ancien para tyrannique, Wichita, sa belle-fille, qui rêve de refaire sa vie à Hollywood, sa fille Sue, qui travaille comme gardienne du monument, et Timmy, le petit frère un peu débile. Alors qu’ils ont décidé de braquer la voiture avec le magot, tout tourne au vinaigre et le cartel mexicain va se mettre à régler des comptes… 


L'auteur
Conteur doué d'une imagination surprenante et d'un époustouflant sens de l'intrigue, il s'épanouit dans la littérature criminelle et trouve son inspiration dans les "aberrations sociologiques" de nos sociétés. Il a reçu le Prix du Roman d'Aventures en 1994 pour "Le Chien de minuit" paru au Masque et son roman "Conan Lord, carnets secrets d'un cambrioleur" a été élu Masque de l'année 1995. Ses thrillers explorent le suspense sous toutes ses formes, conciliant roman noir et énigme classique, thriller international et machinations savantes.
Source


C’est un thriller déjanté (d’autant que c’est une voiture qui guide un peu la trame), qui se passe sur la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, au Texas. Sous le prétexte de construire un monument commémorant Alamo et l’amitié entre les deux pays, on va ériger une construction à cheval sur les deux côtés de la frontière. Le concept de l’amitié, entre mexicains et gringos, réunis autour du souvenir d’Alamo est déjà un premier trait d’humour, peut être involontaire de la part de l’auteur d’ailleurs. On comprend mieux, quelques chapitres plus loin, quand on apprend les conditions de financement et de réalisation du monument.

L’humour noir, volontaire, est posé avec les protagonistes. D’une part, une famille à la dérive composée d’un ancien des services secrets, de sa belle fille au sang indien et de ses enfants, deux adolescents qui se débrouillent comme ils peuvent, Timmy, le plus jeune, étant légèrement attardé suite à une chute en skate-board. C’est cette bande de pieds-nickelés, domiciliée dans un campement de mobil-homes, qui va défier un cartel mexicain, organisation maffieuse dont la réputation sordide est amplement méritée, maniant la violence aveugle, et disposant d’une fortune considérable, ce qui lui permet de pousser la corruption jusqu’à des niveaux extrêmement élevés. Au milieux de cette confrontation, un pilote de rallyes madmaxiens, aux commandes d’un véhicule batmanien, va risquer sa peau pour des livraisons transfrontalières. Quelques personnages hauts en couleurs gravitent autour de ce noyau et donnent sa structure étoffée à l’intrigue.

Le bouquin est indéniablement prenant, la psychologie des personnages est affutée et éclairée sous plusieurs angles, au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire, ce qui réserve quelques grosses surprises. Fidèle à son habitude, Brussolo ménage suspens et rebondissements jusqu’à la dernière ligne. Ou pourra néanmoins reprocher au livre quelques extravagances difficiles à croire et qui nuisent un peu à la crédibilité de l’ensemble. Et puis surtout, on reste sur sa faim à cause d’une fin un peu expédiée, laissant une impression d’inachevé, à moins que l’auteur n’est déjà prévu d’autres aventures pour ses protagonistes ?

PhH