Affichage des articles dont le libellé est États-Unis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est États-Unis. Afficher tous les articles

26 mars 2023

De Veracruz à Pancho Villa

Les États-Unis au Mexique (1914 - 1917)
Michel Saez
Lemme éditions, 03-2023

 

Présentation de l'éditeur

En 1910 éclatait au Mexique la Grande Révolution qui mettait fin à plus de trente ans de dictature de Porfirio Díaz. Mais les troubles provoqués par la lutte de factions rivales et l’émergence de chefs de guerre comme Pancho Villa, contrarièrent les intérêts des États-Unis voisins. Un dangereux engrenage, nourri par d’anciennes rancœurs, entraîna l’intervention des forces armées américaines sur le sol mexicain. Sans déclaration de guerre, un assaut amphibie mené en 1914 permit la prise et l’occupation du port de Veracruz tandis qu’en 1916 le général Pershing lança ses cavaliers à la poursuite de Pancho Villa au cœur de la Sierra Madre. Ce fascicule relate la dégradation progressive des rapports entre les deux nations ainsi que le déroulement des opérations militaires américaines en plein chaos révolutionnaire.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 978-2-492818-17-2
Nombre de pages : 120 + 8

5 février 2022

Les lamentations du Coyote

Gabino Iglesias
traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Szczeciner
éditons 10/18, 04-2022

 

Résumé éditeur

 

Un conte horrifique parfaitement maîtrisé, un coup de pied indispensable à la société américaine, qui envoie tout valser. La Frontera, une zone de non-droit séparant le Mexique des États-Unis. C’est là que sévit le Coyote. Personne ne connaît son nom, mais à quoi bon ? Il est le Coyote, tout simplement. Celui dont la mission divine est de sauver des enfants mexicains en leur faisant passer clandestinement la frontière vers la terre promise. La Virgencita veille sur eux – et sur lui, son guerrier sacré, son exécuteur des basses œuvres. Autour de lui, d’autres habitants de la zone, confrontés eux aussi à la violence, au deuil, au désespoir. Tous résolus à se soulever contre un monde qui fait d’eux des indésirables. Cavales, fusillades, cartels, sacrifices sanglants, fantômes et divinités vengeresses… L’heure de la revanche latina a sonné.


Chansons de Coyote de Gabino Iglesias: un conte de Barrio Noir opportun et nécessaire

" Gabino veut nous montrer l'étendue du spectre des expériences Frontera, et il le fait en ayant plusieurs protagonistes, en consacrant chaque chapitre à une seule perspective. Il y a le Coyote, un homme sans nom qui aide à transporter les enfants d'un côté à l'autre de la frontière, le tout sur instruction de ce qu'il croit être une vocation supérieure.
Nous avons Jaime, récemment sorti de prison et détenant une peine de colère et Pedrito, un enfant avec une perte profonde qui le conduit sur un chemin sombre. Mais pour moi, les personnages les plus intéressants étaient les femmes de Coyote Songs. Il y en a trois: Alma, une artiste de la scène qui cherche à créer une expérience inoubliable, La Mère, une femme qui doit donner naissance à quelque chose de pas du tout humain, et La Bruja. "
Lire la suite de l'article d'Hector Acosta sur le site MysteryTribune.

20 mars 2021

Barrier

Brian K. Vaughan (scénario)
Marcos Martin (dessin)
éditions Urban Comics, 10-2019


Présentation éditeur

Liddy, propriétaire d'un ranch, vit à Pharr, ville du sud Texas. Elle est sur le point de faire une rencontre inattendue : celle d'Oscar, un Hondurien qui a réussi à franchir la frontière mexico-américaine. Sur les terres de Liddy, Oscar se retrouve braqué à bout portant par la Texane. Mais tout à coup, une troisième entité intervient et les kidnappe... Liddy et Oscar s'entraident bien malgré eux, obligés d'unir leurs forces pour tenter de s'enfuir. Ils réalisent peu à peu que ce qui les séparait n'est rien face à cette rencontre du troisième type !

BARRIER est une nouvelle réflexion éclairante des auteurs de PRIVATE EYE sur notre société, et une exploration de la nature humaine dont nous limitons le potentiel par méconnaissance de l'autre. Au-delà de ce qui pourrait n'être qu'une déclaration d'intention, BRIAN K. VAUGHAN et MARCOS MARTIN proposent une véritable expérience linguistique à leurs lecteurs. Conformément à leur projet, certains passages de cet album ont été conservés en espagnol. Aussi, il faudra au non-hispanophone s'investir dans une lecture active et aller au-devant d'une langue peut-être inconnue pour comprendre le parcours d'Oscar. Faire un pas vers l'autre et sa culture en quelque sorte...

 

Dans un bout de désert, au Texas. Un homme effectue une ronde avec son 4/4. Il passe un panneau sur lequel il est inscrit, en anglais et en espagnol, que les intrus seront abattus. Il roule depuis un moment, le soleil se couche. C'est alors que son regard est attiré par un objet qu'il aperçoit le long de la piste. Il descend du véhicule et laisse échapper un juron. Le voici désormais accroupi, en train de scruter ce qu'il reste de la tête d'un cheval. Le pauvre animal a été écorché et ses orbites sont vides. L'homme décroche son mobile et appelle son boss. Liddy est la propriétaire du ranch et de ses terres. C'est une veuve et elle comprend que cette tête de cheval, c'est le signal qu'un cartel lui adresse, pour lui faire comprendre que ses panneaux d'avertissement ne les impressionnent pas et qu'ils ont décidé, d'une façon ou d'une autre, de prendre un itinéraire qui passe par chez elle... De l'autre côté du continent, à San Pedro Sula, la seconde ville du Honduras, Oscar est un jeune homme qui va fuir le pays. Le meilleur avenir qu'il puisse se construire, c'est aux États-Unis qu’il le projette, alors il embarque dans un camion et commence un long périple qui va le conduire jusqu'à Liddy...

 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur
 

13 mars 2021

Les larmes du cochon truffe

Fernando A. Flores
éditions Gallimard, 09-2020

 

Présentation éditeur

 

Ce n’est pas un mur, mais deux qui séparent le Texas du Sud du Mexique sous le regard perçant des Protecteurs de la frontière.
Les cartels alternent exécutions sommaires, intimidations et représailles avec la même violence que les narcotrafiquants d’aujourd’hui. À cette différence près que leur fructueux trafic porte désormais sur les têtes réduites d’indigènes et les objets d’art amérindiens.
Dans ce monde de demain dominé par la corruption, la cupidité, le racisme et les inégalités, Bellacosa, veuf désabusé, recherche son frère, probablement victime d’un enlèvement. En compagnie du journaliste Paco Herbert, qui enquête sur un autre marché scandaleux, il assiste à un banquet clandestin et hors de prix où l’on sert des espèces animales disparues, reproduites selon un procédé appelé la Méthode. Ils y rencontrent le cochontruffe, inoubliable créature, mythique et hautement symbolique.
C’est ici que le réalisme magique rejoint le roman noir.

Source

 

24 mars 2019

La cicatrice

Andrea Ferraris (dessin) & Renato Chiocca (textes)
éditions Rackam, 06-2018

Le Mexique et les États-Unis partagent une frontière commune longue de 3200 kilomètres dont un tiers est marqué depuis vingt ans par un haut mur de métal rouillé. Censé empêcher aux migrants d’entrer clandestinement aux États-Unis, cette barrière – que le président Trump voudrait étendre à l’ensemble de la frontière – n’est qu’un rempart dérisoire qui oblige cependant les candidats à l’exil à emprunter les routes dangereuses du désert et des montagnes où beaucoup d’entre eux finissent pour y laisser la vie. Au printemps 2017, Renato Chiocca et Andrea Ferraris ont voyagé le long de ce monument à la haine et à l’ignorance, ont écouté les histoires de ceux qui vivent à l’ombre du mur et recueilli le témoignage de ceux qui portent de l’aide aux migrants, les sauvant parfois d’une mort certaine et leur assurant un accueil dans la dignité et le respect de leur droits. Dans La Cicatrice, Chiocca et Ferraris racontent leur périple le long de ce mur de la honte nous rapprochant de son effrayante réalité et nous poussant à réfléchir à d’autres manières, plus sensées et humaines, de résoudre cette urgence devenue désormais planétaire.

Source : éditions Rackam

17 mars 2017

N'envoyez pas de fleurs

Martín Solares
Titre original No manden flores
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Christilla Vasserot
éditions Christian Bourgeois, 02-2017

L’action se déroule dans le Golfe du Mexique, non loin de la frontière avec les États-Unis, à La Eternidad : une ville qui porte mal son nom car ses habitants ne semblent pas voués à y faire des vieux os.
Qui vient d'enlever la jeune Cristina, la jeune fille de 17 ans d'un riche couple ? Qui est son fiancé, qui l'accompagnait ? Un événement banal dans la région de La Eternidad, dans le golfe du Mexique. Carlos Treviño, un ancien policier, est chargé de l'enquête. Les parents de Cristina sont riches et puissants et, avec l’aide du consul américain Don Williams qui offre aussi ses services, ils ont décidé de retrouver leur fille coûte que coûte. Dès lors, l’enquête avance à grands pas, ce qui n’aurait pas été le cas avec la police locale. La police, justement, est dirigée par le commissaire Margarito González, que tout le monde craint et qui a quelques comptes à régler avec Treviño.
Récit impitoyable, désabusé, drôle, Martín Solares, dans la grande tradition du roman noir, convoque les témoins pour les faire parler et mentir.
Ce roman noir révèle les liens tortueux entre la mairie de la ville, les policiers, les syndicats, les gardes du corps, le crime organisé, le consul des États-Unis, et la collusion qui les rassemble tous.
Police corrompue, services secrets partisans, meurtres, enlèvements, bandes rivales sont une allégorie du Mexique contemporain.

L'auteur
 Martin Solares est né en 1970 à Tampico au Mexique. Parallèlement à son travail de recherche et d'écriture, il travaille depuis 1989 comme critique, professeur et éditeur de littérature. En 1992, il a reçu la mention honorifique du Prix national Periodismo Cultural Fernando Benítez. En 1998, il a obtenu le Prix national Efrain Huerta pour la fiction. De 2000 à 2007, il a vécu à Paris où il a effectué un doctorat en littérature à la Sorbonne.
Ses nouvelles et ses travaux critiques ont été publiés dans de nombreuses revues et anthologies au Mexique mais aussi en Angleterre, en France, aux États-Unis et en Espagne.
En 2006, un groupe d'écrivains, parmi lesquels Sergio Pitol, Juan Villoro et Mario González Suares, l'ont désigné comme l'un des jeunes auteurs les plus prometteurs des dix dernières années.
Source : éditions Christian Bourgeois

4 février 2017

Gabacho

Aura Xilonen
Titre original Campeón gabacho
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Julia Chardavoine
Collection Littérature étrangère
368 pages, 22 euros
Éditions Liana Levi, 19 janvier 2017

Liborio n’a rien à perdre et peur de rien. Enfant des rues, il a fui son Mexique natal et traversé la frontière au péril de sa vie à la poursuite du rêve américain. Narrateur de sa propre histoire, il raconte ses galères de jeune clandestin qui croise sur sa route des gens parfois bienveillants et d’autres qui veulent sa peau. Dans la ville du sud des États-Unis où il s’est réfugié, il trouve un petit boulot dans une librairie hispanique, lit tout ce qui lui tombe sous la main, fantasme, rencontre l’amour, et finit par devenir champion de boxe. Son récit, mené tambour battant, est tissé de souvenirs qui dessinent un parcours chaotique aussi douloureux qu’hilarant. Roman picaresque moderne, Gabacho raconte l’histoire d’un garçon à la recherche de son identité. D’un quasi illettré qui dévore le dictionnaire et des livres savants. D’un jeune Mexicain qui découvre un monde qui ne colle pas avec sa culture natale et qui tente de se l’approprier, à coups de poing et de mots. Mêlant images poétiques, argot ancien et actuel, ingleñol et néologismes, ce roman à l’écriture ébouriffante propose une expérimentation drôle et inventive du langage.

A l’heure ou on parle de plus en plus d’un mur entre les Usa et le Mexique, ce livre prend une dimension nouvelle.


Gabacho est un terme dérivé de l’occitan qui, à l’origine, désignait les Français pour les Espagnols. Mais au Mexique, il est très vite devenu synonyme de « gringo », c’est-à-dire toute personne américaine ou venue du Nord et parlant mal l’espagnol. Par extension, le « Gabacho » est aussi pour les Mexicains une façon de nommer le territoire américain. Liborio, le protagoniste du roman, tente de se convertir en gabacho en migrant de l’autre côté de la frontière.



La chronique de PhH
Liborio est un jeune indien mexicain qui est né et a grandi dans la douleur. Il n’a pas connu sa mère et est élevé à la dure pas une tante. Il choisi de quitter son pays pour aller de l’autre côté du Rio Bravo. Passage difficile ou il risque sa vie, avant d’être à la merci de la migra. Finalement, il arrive à décrocher un emploi dans une librairie dans une ville du sud des États-Unis. Son quotidien est fait de violences, physiques avec les racailles du quartier, verbales face à la rudesse de son employeur. Jusqu’au jour, ou en défendant une jolie fille de son quartier, il est repéré par plusieurs personnes, une journaliste, un entraineur de boxe, une âme charitable qui gère un foyer pour les jeunes en rupture et surtout par celle dont il est amoureux. C’est l’éclosion d’un papillon. Liborio découvre un autre monde dans lequel il ne subit plus mais ou il choisit. Il se met à dévorer des livres alors qu’il sait à peine lire, il devient le héros du foyer, de celle qu’il sauve des voyous, de la journaliste impressionnée par le nombre de vues qu’il suscite sur Youtube, il inspire le respect aux autres boxeurs par la phénoménale puissance de ses poings, et même son patron le regarde d’un autre œil.

Le style d’Aura Xilonen est d’une grande originalité, tout en coups secs, vifs et tranchants comme ceux que distribue Liborio. En même temps, il est empli d’une poésie brutale comme celle qu’à pu exprimer François Villon, poète fasciné par les bas-fonds. Les personnages sont truculents, tel ce libraire qui, derrière un langage de charretier semble cacher une certaine compassion pour le gamin qu’il emploie et exploite. On pense à une version terrestre, moderne et urbaine du Capitaine Haddock qui aurait mis à jour son chapelet de jurons chez les électeurs de Donald Trump. A chaque page, une métaphore lie l’environnement du quotidien à une image inattendue pour former un attelage réjouissant. Alors que le roman se passe chez les oubliés du rêve américain, émigrés latinos, petits-blancs déclassés, gosses des rues, exclus des prestations sociales, l’auteur réussi l’écriture d’un hymne à la vie, à l’espoir, à la solidarité, ce qui rend un futur meilleur envisageable. Les sentiments amoureux naissants que Liborio découvre et dont il goute les prémices arrondissent les angles aigus contre lesquels la vie le cogne, et les émotions qui le transpercent le maintiennent constamment en alerte. L’exploit d’Aura Xilonen est dans l'utilisation soutenue d’un langage argotique voire grossier, sans jamais tomber dans la lourdeur ou la vulgarité, ou les passages crus sont immédiatement adoucis par les constructions allégoriques savoureuses. La fréquence des figures de style, zeugmas, oxymores ou hyperboles, apporte une constante note d’humour alors que les situations vécues par Liborio sont la plupart du temps tragiques. La présence de termes issus de l’espagnol du Mexique et du nahuatl complète une écriture déjà riche. Il faut saluer le travail phénoménal de Julie Chardavoine qui a traduit le texte, restituant un écho aussi limpide que fidèle au talent de l’auteur.

Le lozérien que je suis a d’abord eu le regard attiré par le titre. Gabache est le terme vaguement péjoratif utilisé par les gens des plaines du sud de la France pour désigner les montagnards du Massif-Central. Certains relient aussi gabache à gabale, peuple celte de la province du Gévaudan, qui deviendra par la suite le département de la Lozère, où il resterait d’ailleurs quelques indiens, frères de race de Liborio.

Derrière ce titre se cache un ouvrage décoiffant, rafraichissant et qui pique les yeux, comme le premier vent du nord de l’automne quand il secoue les chênes de la Margeride.


L’auteur
Aura Xilonen est née au Mexique en 1995. Après une enfance marquée par la mort de son père et des mois d’exil forcé en Allemagne, elle passe beaucoup de temps chez ses grands-parents, s’imprégnant de leur langage imagé et de leurs expressions désuètes. Elle a seulement dix-neuf ans lorsqu’elle reçoit le prestigieux prix Mauricio Achar pour son premier roman, Gabacho. Aura Xilonen étudie actuellement le cinéma à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla.

Source : Editions Liana Levi
En savoir plus sur le livre et l’auteur.


Les chroniques se suivent et se ressemblent, étonnant !

Une plume pour les migrants dans La Croix (janvier 2017)
Une écriture brillante pour Le Figaro (janvier 201)
La revanche du  " wetback " sur Médiapart (janvier 2017)
Coup de cœur littéraire de la FNAC (janvier 2017)
Aura Xilonen, prodige mexicaine des lettres sur l'Express  (février 2017)
L'article enthousiaste de Daniel Jacob sur Bibliobs. (février 2017)
L'avis de Cannibales lecteurs (blog) (février 2017)
Toutes les langues du Mexique, dans l'Humanité (février 2017)
Un fabuleux (clan)destin dans Elle (février 2017)
Laissez-vous emportez par une tornade, dans Actu du noir (février 2017)
Une véritable révélation : le mur d'Aura Xilonen sur Nouveaux Espaces Latinos (mars 2017)
Une belle révélation des lettres mexicaines, Dealer de lignes (mars 2017)
Des murs pas encore construits que les mots ont déjà le pouvoir de fracasser, La Vie, (mars 2017)


Premio Mauricio Achar Literatura Random House 2015 Aura Xilonen, en un "ingleñol" que sorprende, narra los problemas sociales, el miedo, la soledad, pero también el amor al que los migrantes se enfrentan en un país del que siempre serán expulsados. Y entonces se me ocurre, mientras los camejanes persiguen a la chivata hermosa para bulearla y chiflarle cosas sucias, que yo puedo alcanzar otra vida al putearme a todos esos foquin meridianos. Al fin, nací muerto y no tengo ni pizca de miedo. Así habla Liborio. De esa forma piensa. Él debe dejar México, esa tierra que no le ha ofrecido nada más que golpes y el instinto de sobrevivencia, tras un asesinato imprudencial. Cruza, como tantos otros, el Río Bravo para llegar "a la tierra prometida". Y en un barrio indefinido de cualquier ciudad gringa, este mojado nos cuenta su historia. Gracias a los recuerdos y a la voz de Liborio descubrimos una infancia desnutrida, abandonada, y una juventud en la que ya no importa arriesgar todo. Él empieza trabajando en una librería donde descubre la inutilidad de las palabras; después conoce a la mujer con la que fantaseará hasta llegar a la obsesión; y finalmente encontrará un camino en el que, tal vez, consiga salvarse: será un boxeador. La vida de Liborio es deslumbrante por el lenguaje con el que está hilvanada y el cual demuestra, a su vez, resistencia y fascinación.


El articulo de Carlos Paul en  La Jornada en 2016.

13 novembre 2016

La file indienne

Antonio Ortuño
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Marta Martinez Valls
éditions Christian Bourgeois
11 - 2016

Irma, assistante sociale à la Commission nationale de migration (Mexique), doit annuler ses vacances à Disneyland avec sa fille pour aller s'occuper d'un groupe de migrants victimes d'une violente agression à Santa Rita. Que lui réserve ce voyage inattendu ? Pourra-t-elle venir en aide à Yein, une jeune Centraméricaine qu'elle prend sous son aile ? Quelles sont les réelles intentions de Vidal, son collègue ? Joël Luna, un journaliste ambitieux, est-il si honnête qu'il y paraît ? Et enfin, qu'en est-il de son ex-mari ? 

La File indienne est un polar dont l'intrigue évolue en enfermant l'héroïne dans un huis clos où les frontières entre le bien et le mal se délitent progressivement.


Un albergue, en el que permanecen algunos migrantes centroamericanos luego de huir de los abusos de sus transportadores, es víctima de un ataque sorpresa. Se cierran bien las puertas y se lanzan bombas hechas en casa para provocar un incendio que cobra muchas vidas. Es por este atentado que llega una funcionaria, Irma, a Santa Rita, el pueblo que será el escenario de la historia. Irma, la Negra, es una de esas mujeres sensibles y acomplejadas que consideran, como parte de su deber y sin importar las consecuencias, salvar a alguien en apuros. Es así como se relaciona con Yein, panameña víctima (en varias ocasiones) de violencias y atentados, personaje enigmático, sediento de venganza, que moverá los nudos de la historia. Leer la reseña de Alicia Escarcega Freixas.

L'auteur
Né près de Guadalajara (Mexique) en 1976, Antonio Ortuño est considéré comme l'un des écrivains mexicains les plus prometteurs. Auteur de plusieurs romans lui ayant valu différentes distinctions ainsi que de recueils de nouvelles, Ortuño s'intéresse surtout à l'actualité politique de son pays. L'ensemble de ses récits porte sur la corruption ou la tension qui règnent au Mexique.

Source éditions Christian Bourgeois

25 septembre 2016

La ville qui tue les femmes : enquête à Ciudad Juarez


Marc Fernandez, Jean-Christophe Rampal
Hachette Littératures, 2005

La ville de Ciudad Juarez, située dans l'État de Chihuahua au Mexique, à la frontière avec les États-Unis, est aujourd'hui tristement célèbre. C'est « la cité des mortes », la ville qui tue les femmes. Depuis 1993, près de 400 femmes y ont été assassinées, on y dénombre encore plus de 500 disparues, et les crimes continuent aujourd'hui à un rythme infernal de deux victimes par mois (*).
Or depuis le début de ces crimes, de nombreux suspects ont été arrêtés, voire même emprisonnés, mais les autorités n'ont toujours pas pu identifier les responsables de ces meurtres. Marc Fernandez et Jean-Christophe Rampal sont allés mener l'enquête. Ils en ont tiré un livre. Ils ont tenté d'explorer toutes les pistes du dossier, et elles sont nombreuses.

Car Ciudad Juarez est une ville frontalière. D'un côté, elle accueille donc les entreprises américaines et multinationales, qui installent leurs fameuses maquiladoras dans sa Zone Franche Industrielle. Ces usines attirent les populations pauvres de tout le pays à Ciudad Juarez, et embauchent principalement des femmes, ce qui crée une situation dans laquelle c'est la femme fait vivre le foyer, ce qui pourrait potentiellement expliquer une augmentation du taux de violence conjugale. Mais d'un autre côté, Ciudad Juarez est également un lieu de passage du Mexique vers les États-Unis. Elle attire donc les candidats à l'immigration clandestine, ainsi que leurs passeurs. Mais elle est également un lieu essentiel du trafic de drogue. Narcotrafiquants et cartels de la drogue y règnent en maîtres. Et là encore, les femmes sont les premières victimes collatérales de ce trafic, utilisées comme primes pour les passeurs ou les clients potentiels. Mais ce que pointe surtout ce documentaire, c'est le caractère insoluble de ces crimes : l'aveuglement des autorités, la corruption, le rôle plus que trouble de la police et de l'appareil judiciaire font que toute enquête semble par avance vouée à l'échec. Disparition de preuves, conclusions bâclées, aveux extorqués, les enquêtes piétinent et les disparitions continuent.

Le documentaire de Marc Fernandez et Jean-Christophe Rampal est donc un état des lieux, très pointu et très exigeant, qui ose poser les bonnes questions et pointe toutes les erreurs plus ou moins volontaires qui permettent depuis 1993 à Ciudad Juarez d'être la ville mondiale du féminicide. Les auteurs, sans tomber dans le pathos, prennent les faits au corps et mettent à plat les tenants et les aboutissants de l'ignominie sociale qui réduit les femmes à l'état de marchandise et rendent compte de la perversité de cette ville-frontière, royaume de la drogue et de la corruption, véritable laboratoire de la mondialisation sauvage.


* Les médias mexicains et internationaux s’étaient emparés du drame des «mortes de Juarez» à la fin des années 1990 et au début des années 2000, alors que des corps de jeunes filles mutilées, portant des traces de sévices sexuels étaient régulièrement retrouvés dans le désert qui cerne la ville. Puis, le drame des féminicides, comme on dénomme ces crimes sexistes, avait disparu des projecteurs au moment même où il s’aggravait. De 2008 à 2012, Ciudad Juarez était le théâtre d’affrontements sanglants entre cartels de narcotrafiquants, un conflit qui a laissé 11 000 morts, corps gisant sur le bitume ou pendus aux ponts. Ces années-là, la « ville la plus violente au monde », selon certains classements, n’avait que faire des femmes disparues et assassinées. De 1993 à 2013, 1441 meurtres de femmes ont été commis à Ciudad Juarez, selon le centre universitaire Colegio de la Frontera Norte, qui se base sur des statistiques officielles. Les deux tiers de ces féminicides ont été perpétrés après 2008. Une centaine de dossiers de disparitions de jeunes filles restent ouverts auprès du Parquet spécialisé dans les crimes contre les femmes. Et le phénomène s’aggrave de jour en jour : six adolescentes de 13 à 16 ans ont disparu durant les deux premiers mois de 2016. L’hypothèse de captures par les réseaux criminels, dont l’existence a été démontrée, qui exploitent sexuellement des jeunes filles avant de les liquider, est prise au sérieux.


Sur ce sujet, voir : Mexique : le drame sans fin des femmes disparues (TV5Monde 8 mars 2016)
http://information.tv5monde.com/info/mexique-le-drame-sans-fin-des-femmes-disparues-94031

14 février 2016

Churubusco


Andrea Ferraris
Editions Rackham, 02 - 2016
200 pages en noir et blanc et en couleur - 20,00 €

An 1847. Résolus à s’emparer de la Californie, les États-Unis déclarent la guerre au Mexique et en envahissent le territoire. Dans les rangs de l’armée occupante, un bataillon entier – le Saint-Patrick – prend la décision de déserter. Les hommes du Saint-Patrick – tous des immigrés irlandais, espagnols et polonais – ne supportent plus les discriminations, les violences et les exactions de leurs officiers yankees. Désormais, dans cette guerre meurtrière et injuste, ils vont se battre aux côtés des mexicains. Ils sont devenus les San Patricios.

Dans la colonne yankee qui sans relâche poursuit les déserteurs, chevauche Rizzo, un jeune sicilien. Arrivé au Nouveau Monde dans un bateau chargé d’hommes et de femmes fuyant la faim et la misère, Rizzo s’est enrôlé en échange d’une promesse d’obtenir la citoyenneté et un lopin de terre. Devant le village de Churubusco, dernier rempart des rebelles, lui aussi va devoir choisir de quel côté se ranger. Churubusco est un roman graphique surgit des plis – réels et imaginaires – de l’Histoire pour raconter la fin héroïque de l’impossible rêve de liberté des San Patricios. Le récit d’Andrea Ferraris – pétri de poussière et de sang – nous rappelle à chaque page que se dresser contre les abus et l’oppression est juste et nécessaire. Quel qu’en soit le prix à payer.

© Ferraris - éditions Rackam

Une exposition-vente des planches originales et des dessins préparatoires de Churubusco aura lieu dans le Marais, à la Librairie italienne Tour de Babel (10, rue du Roi de Sicile – Paris 4e – M° Saint-Paul) du 9 mars au 9 avril 2016. Vernissage de l’exposition et dédicace d’Andrea Ferraris le mardi 8 mars à partir de 19 heures. Nous vous conseillons d’y faire un tour, les pages originales de Ferraris sont vraiment impressionnante. (éditions Rackham)

PhH

26 mars 2015

Campo de guerra


Sergio González Rodríguez 
Premio Anagrama de ensayo
Editorial Anagrama, mayo de 2014

Resumen de la Editorial Anagrama 
Campo de guerra analiza la tendencia geopolítica encabezada por Estados Unidos de América, que, con el pretexto de combatir el terrorismo en el mundo, ha impuesto el control y la vigilancia a partir de plataformas militares, y ha impulsado el orden paulatino de grandes corporaciones mundiales, cuya sinergia en el espionaje absoluto se ha revelado en los últimos tiempos.
El modelo de control y vigilancia fue insertado en la comunidad internacional mediante la ideología ultraliberal, la apertura de los mercados, la economía globalizada y las sociedades de la información. De modo paralelo, la democracia formal hizo creer que, a través del pragmatismo por encima de las normas constitucionales de cada país, podría avanzarse para realizar un gobierno planetario bajo la bandera de « la libertad y la democracia ».
El autor 
Sergio González Rodríguez (n. Enero 26, 1950 ) es un periodista y escritor mexicano, mejor conocido por sus escritos sobre feminicidios en Ciudad Juárez de 1990 a 2000. La obra principal de este trabajo es Huesos en el desierto que fue publicado en 2002. González Rodríguez también ha escrito novelas, ensayos and guiones para documentales. Su trabajo ha sido reconocido con varios premios en México y España, como el premio Casa América Catalunya a la Libertad de Expresión en Iberoamérica, 2013.

Ensayos
· Los bajos fondos, el antro, la bohemia y el café (1988)
· El centauro en el paisaje (1992)
· De sangre y de sol (2006)
· Campo de guerra (2014)
Crónica
· Huesos en el desierto (2002)
· El hombre sin cabeza (2009)

Mi opinión
Ensayo muy bien documentado y muy completo con mapas, bosquejos, numerosas notas a pie de página y una bibliografía al final.

Retoma toda la actualidad desde el principio del gobierno de Calderón, ata cabos y nos hace una demostración magistral sobre los vínculos entre todos los organismos oficiales de México, gobierno incluído, y la DEA, la CIA estadounidense. Nos explica cómo Estados Unidos desestabiliza uno por uno los diferentes países latinoamericanos para poder implantar bases militares bajo la excusa de luchar contra el narcotráfico o el terrorismo y vender sus armas sofisticadas, cómo, con Felipe Calderón se firmó el Plan Mérida, cómo tuvo lugar la operación « Rápido y furioso » cuya consecuencia fue que un montón de armas entraron en México, cómo entrenó policías mexicanos de élite en Estados Unidos que luego se volvieron en gran parte narcotraficantes, cómo se desarrolló el paramilitarismo, etc.

También indaga cómo Estados Unidos quieren extender su poder no sólo en América Latina sino en otras partes del mundo. La técnica utilizada es muy similar, retroceso del Estado nación, desarrollo del narcotráfico, del paramilitarismo, desestabilización, envío de drones y todo esto bajo la bandera de la democracia. Es un ensayo realmente muy instructivo que deberíamos leer todos para entender mejor la geopolítica mundial.

MA.B.