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18 octobre 2025

Frida Kahlo

Un tramway nommé Diego
Dominique Osuch (textes et dessins)
éditions Futuropolis, 10-2025

Présentation de l'éditeur


« Dans ma vie, j’ai été victime de deux graves accidents. Le premier, c’est quand un tramway m’a percutée. L’autre, c’est Diego ». Frida Kahlo

On ne présente plus Frida Kahlo. Son œuvre introvertie si particulière, ses souffrances physiques et son histoire dans la grande Histoire, l’ont hissée au cours de sa vie sur le devant de la scène. Ses convictions féministes, ses amours bisexuelles affichées, en font aujourd’hui une égérie encore plus actuelle. À l’opposé de son idéal communiste, son image a été surexploitée à des fins commerciales, jusqu’à la poupée Barbie…
Son œuvre est en permanence exposée dans le monde entier. En 2023, l’exposition « Frida Kahlo, Au-delà des apparences » au musée de la Mode à Paris a affiché complet pendant près de six mois.
Dominique Osuch explore la vie de l’artiste à travers sa relation passionnée avec Diego Rivera dans un récit tendre, poétique et sans complaisance, nourri de techniques mixtes — dessin, photo, collage, sculpture — pour une narration sensorielle en hommage à l’univers visuel du couple Kahlo/Rivera.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur, et les 20 premières pages.


 👉 Lire la chronique de Jean-Laurent Truc sur le blog Ligne Claire
... C’est un voyage à ses côtés que propose l’autrice. Avec une belle simplicité qui rend à Frida Khalo son aura. Dominique Osuch est parti au Mexique sur ses traces et en a ramené un album superbe, émouvant, fort et terrible à la fois. Les pages sont dfes hommages, des témoignages 65 ans après la mort de Frida. On plonge littéralement dans son univers, on comprend combien Kahlo a pu être envoûtante, une séductrice immédiate, brillante...

11 octobre 2025

Rien n'est noir

(D'après le roman de Claire Berest)
Paulina Spucches (dessins), Claire Berest (textes)
éditions Stock Graphique, 10-2025

Présentation de l'éditeur

Frida Kahlo parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans ses cheveux et les fêtes à réveiller les squelettes.
Surtout, elle peint.
Et par dessus tout, Frida aime Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.
Animé par les couleurs brûlantes de Paulina Spucches, Rien n’est noir nous transporte dans ce tourbillon amoureux et nous fait vivre l’existence passionnée d’une des plus grandes figures de l’art moderne, Frida Kahlo, la magicienne affranchie. 

Voir la fiche du livre sur le site de l’éditeur 

Informations
ISBN : 9782234097773
Pages : 208
Prix : 24,90 €

👉 Feuilleter les premières pages 

Paulina Spucches est dessinatrice et scénariste. Son premier roman graphique Vivian Maier - À la surface d'un miroir a paru chez Steinkis en 2021, suivi par Brontëana en 2023 qui retrace la vie d'Anne Brontë. Rien n'est noir est sa première adaptation graphique.

Claire Berest est notamment l'autrice de Gabriële (co-écrit avec sa soeur Anne Berest, Grand Prix de l'héroïne Madame Figaro 2017), Rien n'est noir (Grand Prix des lectrices de Elle 2020), tous deux parus chez Stock, et de L'Epaisseur d'un cheveu (Albin Michel, 2023). Elle a suivi le procès Mazan pour Paris Match et en a tiré le récit littéraire La Chair des autres (Albin Michel, 2025).
 
👉 Lire l'article sur le roman de Claire Berest sur ce blog. 
 
👉 Elvire Emptaz - Claire Berest. L’histoire d’amour puissante et passionnelle des artistes mexicains Frida Kahlo et Diego Rivera agite plus que jamais la sphère culturelle. Nous en avons discuté avec l’autrice Claire Berest, dont le roman Rien n’est noir, portant sur le couple légendaire, est adapté en série par Netflix. Article à lire sur Le Figaro, 27 mai 2025

4 janvier 2025

La casa azul

Frida Kahlo & Chavela Vargas
Tyto Alba - dessin et scénario
éditions Vertige Graphic, 06 - 2018

 

Présentation de l'éditeur

 

« Aujourd'hui, j'ai rencontré Chavela Vargas. Extraordinaire, lesbienne, elle est telle que je la désire…» écrit Frida Kahlo à son ami Carlos Pellicer. Ce livre retrace le récit pudique de leur relation, conté par Chavela, trente cinq ans après la mort de Frida, à un jeune touriste rencontré dans une cantina de Coyoacán, le quartier des artistes de Mexico, par une pluvieuse après-midi. Récit de leur vie à trois, dans la merveilleuse « casa azul » ou elle est arrivée un soir de fête, pour n'en repartir que deux ans plus tard. Frida a dix ans de plus qu'elle et Diego bien plus encore, et c'est avec un regard émerveillé et naïf de gamine, qu'elle les observe et boit leurs paroles, leurs gestes, leurs drames et leur passion. Cependant c'est vers Frida que va son profond attachement, Frida l'artiste, Frida la femme : « Bien que je l'admirais, mon amour pour elle était bien plus grand que mon admiration pour son art…». Elles ont en commun d'être rebelles, insoumises aux dogmes sociaux, exploratrices de tous les possibles, dans l'art, en amour, dans leur sexualité, leur vie…

Informations :
ISBN : 9782849991268
Nombre de pages : 64
Prix : 15 €

Après s’être cogné le nez sur les portes closes du musée Frida Kahlo à Mexico, un jeune admirateur se rend dans un café. Il y croise une vieille dame qui lui raconte comment, pendant quelques années, elle a cohabité avec la peintre et son mari, Diego Rivera. La chronologie de son récit se révèle par moments fantaisiste et les contradictions nombreuses, mais l’ensemble semble assez près de la réalité...
Lire la chronique de J. Milette sur BDGest

 

22 octobre 2022

Une passion mélancolique selon Frida Kahlo

Christine Frérot
Éditeur : Ateliers Henry Dougier, 09-2022

 

 

Présentation de l'éditeur

On a beaucoup écrit sur Frida Kahlo (1907-1954). Si celle que l’on qualifie aujourd’hui de « féministe » est avant tout une femme libre, elle ne peut cependant être séparée de son mari, le grand peintre mexicain Diego Rivera (1886-1957), avec lequel elle a vécu vingt-cinq ans et partagé une vie tumultueuse, jalonnée de séparations, de trahisons, de liaisons et de jalousies, mais aussi d’amour, d’amitié et de complicité.
Comme historienne de l‘art spécialiste du Mexique moderne et contemporain, me mettre à la place de Diego pour accompagner la gestation de cette peinture et à travers elle, me remémorer les moments les plus marquants de leur vie commune, était un défi risqué, mais, intellectuellement et émotionnellement pour moi, un jeu excitant. J’ai dû prendre une distance raisonnable des faits et je suis entrée avec une liberté toute relative dans « l’intime » afin de comprendre la force et la pérennité de leurs liens non seulement amoureux, culturels et intellectuels mais aussi politiques. J’ai épluché les écrits du couple, leurs biographies et les textes critiques, j’ai croisé volontairement leurs regards et mesuré leurs sentiments, et à partir de ces matériaux historiques, j’ai bâti leur histoire, où l’affect et la peinture sont indissociables, en mettant en exergue ce qui m’a paru le plus pertinent pour comprendre comment cette oeuvre avait pris corps, aux côtés de la forte personnalité de Diego, dans la chair et l’esprit de Frida.
L’étreinte d’amour de l’univers, de la terre (Mexique), moi, Diego et Monsieur Xólotl (1949), est la dernière peinture importante de Frida Kahlo. Dans ce tableau, moins connu que ses autoportraits flamboyants, Diego repose dans ses bras, à la fois enfant et adulte, abandonné, bienheureux et apaisé. Mais l’univers de Frida n’est pas limité à sa personne, il n’est pas seulement son mari, son amant, son ami, son enfant ; elle est profondément attachée au Mexique, sa terre nourricière adorée, comme à l’art précolombien et aux chiens sacrés qu’elle vénère. L’étreinte d’amour est un autoportrait qui me semble être la quintessence de tout ce qui accroche Frida à la vie, mais aussi la confession mélancolique de ses certitudes. Il est aussi, en partie, l’histoire de Diego Rivera.
Illustration de la couverture : L’étreinte d’amour de l’univers, de la terre (Mexique), moi, Diego et Monsieur Xólotl par Frida Kahlo.
 

Christine Frérot, docteur en histoire de l’art, est spécialiste du Mexique. Elle a été responsable culturelle à l’Institut français de Mexico et chercheur à l’École des Hautes études en sciences sociales. Elle est critique d’art, membre de l’Aica et commissaire d'expositions.



19 juin 2021

Tina Modotti - Les années mexicaines

Les années mexicaines 1923-1930
Textes de Marie-Claude Chauveau, dessins de Marie Ciosi
éditions Contrejour, 05-2021

Présentation

Le premier roman graphique sur Tina Modotti, la grande photographe du siècle dernier, artiste, révolutionnaire, figure emblématique de la femme libre, amante et modèle du photographe américain Edward Weston.
Ce bel ouvrage est une nouvelle proposition artistique concentrée sur « Les années mexicaines » : le récit des circonstances et événements de cette période (1923-1930) où se sont forgés les axes forts de sa vie. 

Elle a 27 ans lorsqu’elle arrive au Mexique accompagnée d’Edward Weston, photographe déjà célèbre, qui lui enseigne son art car elle veut devenir photographe. Mexico, en pleine période post-révolutionnaire, connaît alors un formidable bouillonnement culturel célébrant la culture populaire portée par les peintres muralistes comme Diego Rivera. Artistes et intellectuels venus du monde entier se retrouvent au cœur de ce mouvement marqué aussi par une aspiration à la liberté des mœurs. Côté professionnel, Tina acquiert très vite une renommée, participe à des expositions, ses photographies sont publiées dans les magazines. Elle approfondit son approche réaliste avec sa touche personnelle plus humaniste et symbolique avec un parti pris militant et en s’éloignant du formalisme pur cher à Weston. Leurs idées divergent et il rentre aux états-Unis. Mais en quoi ce livre se différencie-t-il des autres biographies ?

C’est d’abord un récit à deux voix, où deux femmes inspirées par la vie de Tina Modotti racontent cette période emblématique. Marie-Claude Chauveau avec un texte incluant le récit des événements mais surtout des carnets intimes et de nombreux dialogues imaginés, des citations de lettres réelles ou d’articles de journaux évoquent le foisonnement culturel de l’époque concernée. Marie Ciosi ne se contente pas d’illustrer les scènes du récit. Ses illustrations approfondissent et nous en disent plus sur l’ambiance survoltée de cette histoire et de la culture indienne. En noir et blanc ou en couleur. Crayons, peinture, encres, tout concourt à rendre la richesse des images, qu’il s’agisse de dessiner des photographies signées Tina Modotti ou Edward Weston, les fresques des muralistes ou des scènes inspirées de la vie mexicaine.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 979-10-90294-43-1
Pages : 128
Prix : 28 euros

11 septembre 2019

Rien n'est noir

Claire Berest
éditions Stock, 21-08-2019

Résumé éditeur :

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien.
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.
Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.»


Fiche éditeur 

Claire Berest vous présente son dernier roman "Rien n'est noir" aux éditions Stock, aux côtés de Gaëlle Maindron, libraire du réseau PAGE à la librairie Livres in Room à Saint-Pol-de-Léon.

👉 Le roman a obtenu le Grand Prix des lectrices de Elle 2020 

👉 Rien n’est noir, roman primé de Claire Berest : podcats, vidéos, avis et critiques sur le site Bibliosurf

 

 

11 mai 2015

Les amants de Coyoacan

Gérard de Cortanze
éditions Albin Michel, 03 - 2015

Présentation éditeur :
En janvier 1937, Frida Kahlo, mariée au peintre Diego Rivera, n’a pas encore trente ans. Le couple bat de l’aile. Aux infidélités de Diego répondent celles de Frida. La jeune femme n’est pas heureuse. Revenue d’une fugue à New York elle songe à se suicider. Un événement va bouleverser sa vie : l’arrivée de Trotski dans un Mexique postrévolutionnaire en pleine ébullition.

Entre le rescapé de la Guépéou et l’artiste flamboyante, naît une passion dévorante. Affolant ses gardes du corps, mettant en déroute les tueurs lancés à ses trousses, Trotski lui donne des rendez-vous secrets, s’enfuit avec elle dans une hacienda, glisse des billets enfiévrés dans les livres qu’il lui offre. Frida sera son dernier grand amour. Des années plus tard, l’artiste confiera que cette rencontre fut l’une des meilleures choses qui lui soit arrivée et cette période l’une des plus fécondes de sa vie de peintre.

Fabuleuse évocation d’un Mexique à la vitalité inouïe, ce roman trépidant, à l’image de son héroïne, nous plonge dans l’effervescence intellectuelle et politique de la fin des années 30 à travers le parcours rayonnant d’une femme animée par un insatiable désir de vivre et d’aimer. Gérard de Cortanze en restitue brillamment la fantastique ampleur.


L'avis de Jean-François Cadet de RFI :
Par sa mère, il descend de Fra Diavolo, le bandit napolitain qui lutta contre Bonaparte et finit pendu en 1806. Quant à la famille de son père, elle a combattu aux côtés de Garibaldi, l’artisan de l’unité italienne. Gérard de Cortanze était donc prédestiné pour naviguer dans les méandres de l’Histoire. Son imagination débordante est nourrie par la littérature, par ses ancêtres et par le souffle romanesque de sa plume, il nous a fait traverser les siècles à travers des personnages issus de l’Immigration italienne ou de l’errance du peuple juif. Mais, ce Piémontais d’origine est aussi un passionné de littérature hispanique, dont il a traduit et édité les plus grands auteurs. Il nous emmène dans le Mexique de la fin des années 30. Gérard de Cortanze nous transporte à nouveau dans l’univers de couleurs et de souffrance physique et amoureuse de Frida Kahlo.
Quelques mots sur Coyoacan :

Coyoacán est une delegación (arrondissement) de Mexico, située au sud de la ville. C'est un ancien village préhispanique qui a été petit à petit avalé par la ville. Son centre est devenu un quartier touristique, épargné par l'hyperactivité et la densité urbaine, et qui a gardé son charme grâce notamment à ses ruelles et ses habitations anciennes dont la maison de Frida est un exemple.

Le quartier garde encore aujourd'hui un air bohème et provincial qui exerce un attrait sur tous et pas seulement sur les touristes. Même avant le développement du tourisme national et international, Coyoacán s’enorgueillissait déjà de la préférence que lui accordaient les autochtones comme les visiteurs. Il n'est donc pas surprenant que les autorités de Mexico l'ait nommé Barrio Mágico. Coyoacán conserve son charme provincial et beaucoup de promeneurs viennent au Jardín Centenario, autour de la fuente de los coyotes, en fin de semaine pour profiter des animations (comme la feria del libro alternativa en décembre) et de ses marchés.

Dans les années 1930, Coyoacán était un petit village, "loin" du centre de Mexico. La rivière Churubusco coulait librement et la maison de la peintre Frida Kahlo, au 247 rue de Londres, était le siège de réunions où des peintres, des hommes un peu bohèmes et des hommes politiques, dont Léon Trotsky, discutaient autour de la tequila et des plats typiques que leur hôtesse leur offrait. Aujourd'hui transformée en musée, la décoration y respecte l'esprit que Frida avait donné à sa célèbre Casa azul, où elle naquit, vécut et mourut.

Le mercado de Coyoacan (calle Ignacio Allende 59 y Malintzin) se situe à quelques rues de sa maison. On y trouve tous les fruits frais du Mexique, des accessoires artisanaux et de la nourriture typique telles que les sauterelles grillées (chapulines), amuse-gueule préhispanique, ainsi que de nombreux puestos de quesadillas, les fameux tacos d'El güero de Coyoacan et les tostadas de Tostadas Coyoacan. A l'extérieur, on mange de délicieux produits de la mer à la marisqueria El jardin del pulpo.

En redescendant vers le kiosque, on passe devant le café El Jarocho, une étape obligatoire ou on peut déguster une très grande variété de cafés, moka, chocolats ... qui n'ont rien à voir avec Starbuck. A proximité, on trouve la Casa de Cortès, aujourd'hui siège de la mairie, l'église de la Conchita, le musée des arts et cultures populaires, des restaurants, cervecerias, le mercado artesanal de Coyoacan, l'église San Juan Bautista, la place Santa Caterina, la maison de l'acteur El Indio Fernandez, ainsi que les libraires El Sotano et Ghandi.

L'avenida Francisco Sosa, bordée de maisons typiques de l'époque coloniale nous ramène jusqu'à la célèbre place de la fontaine des coyotes, très prisée des mexicains le week-end. Face à la fontaine, on peut prendre une table au 1er étage du Sanborn's et profiter de la vie douce et agréable de ce beau quartier.

PhH

5 novembre 2012

Quiela

Pièce de théâtre
de Guillermo León Tequio Mexico, teatro de la Capilla, théâtre de l'Elysée (Lyon)
à partir de "Cher Diego, Quiela t'embrasse" d'Elena Poniatowska


Diego Rivera, le célèbre muraliste mexicain, s’est marié trois fois. Si on connait particulièrement bien sa dernière femme, la peintre Frida Khalo, on entend déjà moins parler de sa seconde épouse Guadalupe Marin. Quant à la première, Angelica Beloff, elle est quasiment inconnue. A partir des lettres d’Angelina à Diego, alors qu’elle est à Paris et lui au Mexique, l’écrivain Elena Poniatowska va écrire « Cher Diego, Quiela t’embrasse », Querido Diego, te abraza Quiela. Ces lettres écrites dans les années 1920 relatent la vie d’Angelina à Paris, saisie par le « froid qui vient d’Alsace et de Verdun », la pneumonie de son fils puis la mort de celui-ci, et enfin sa solitude.
Le texte d’Elena Poniatowska a été adapté pour le théâtre à travers la pièce « Quiela », monologue joué en France par Odille Lauría. L’œuvre est très prenante, reflet tragique de la triste vie d’Angelina lors de son séjour parisien. Alors qu’elle est russe, elle trouve le froid de Paris plus terrible que celui de Saint Petersbourg, sa ville natale. Un froid qui lui enlève son fils sans que Diego ne s’en soucie. Lui est tout à sa peinture, à la recherche de la lumière des impressionnistes, à d’autres conquêtes féminines aussi. Indulgente devant le génie du maître, Angelina, elle même peintre sous le nom de Quiela, devient féroce et haineuse lorsque le peintre, cet hijo de puta, ne manifeste aucune émotion à la mort de son propre fils. Au contraire, il semble même soulagé d’un poids. Être seule en scène avec un texte de plus d'un heure est déjà une performance. Jouer avec passion toute une gamme de sentiments, joie, colère, espoir, déprime, en est une autre. Avec un décor et une mise en scène minimalistes et ce jeu très juste d’Odille Lauría, on ressent tout ce qu’Angelina a pu supporter à Paris, mais aussi 10 ans plus tard. En effet, grâce aux méandres du destin et à de généreux amis, Angelina pourra se rendra à Mexico. Invitée à une cérémonie ou sont présents de nombreux artistes, elle y retrouve Diego Rivera. Leurs regards se croisent. Il ne lui adressera pas la parole. L’a-t-il même reconnue ?*. Entre ses aventures extraconjugales du temps de Guadalupe puis de Frida, et sa conduite terriblement méprisante avec Angelina, l’image de Diego Rivera est un peu plus écornée. Un peintre brillant, certes, mais aussi un sacré sale type.
Ph.H.

* : Marié à ce moment à Guadalupe Marin, dont la jalousie (ô combien justifiée) était légendaire, on peut, à la décharge de Rivera, envisager qu’il ait choisi d’ignorer Angelina pour éviter une scène. Ça reste une pure hypothèse.




Quiela
Autor : Guillermo León, a partir de la novela "Querido Diego, Te Abraza Quiela"
de Elena Poniatowska.
Dirección escénica: Guillermo León
Elenco: Odille Lauría
« Quiela » es un monólogo que tiene como protagonista a Angelina Beloff, la primera esposa del célebre pintor mexicano Diego Rivera, con quien se encuentra en el París de principios del siglo XX. Es el París de Picasso, Gris, Modigliani; ambos están allí buscando encontrar SU pintura y compartiendo el hambre, la miseria, la enfermedad, el frío, la guerra… y las múltiples andanzas de Diego. Al morir el único hijo de la pareja, Diego no lo soporta y regresa a su tierra. Angelina, Quiela, se queda en París, esperando a que su marido le envíe el dinero necesario para que ella pueda alcanzarlo en México. Pero Diego no lo hará. Diego no volverá nunca.
(Teatro de la Capilla, Coyoacan, Mexico DF)


 

Résumé Actes Sud :
En soixante pages d’une pudeur et d’une discrétion exemplaires, Elena Poniatowska évoque ici la dévastation provoquée dans la vie d’Angelina Beloff par le départ de son amant, le peintre mexicain Diego Rivera. Dans ce récit épistolaire à une voix, c’est l’autre voix, celle de l’absent, qui par son silence donne à la solitude d’Angelina les dimensions du tragique. Le roman d’Elena Poniatowska est, depuis sa publication en 1978, l’un des livres les plus lus au Mexique. A découvrir comme il fut écrit : passionnément !

9 juillet 2010

L'impertinence d'un été

Bande dessinée en deux tomes, par Lapière (scénario) et Ruben Pellejero
Editions Dupuis, collection Aire Libre

résumé de l'éditeur :

Tome 1 : Mexico, août 1923. Le photographe américain Edward Weston vient d'abandonner femme et enfants pour rejoindre sa maîtresse Tina Modotti. Fille d'émigrés italiens, Tina a démarré une carrière d'actrice à Hollywood avant de se révéler photographe, dans le sillage d'Edward.
Au Mexique, les deux amants découvrent que révolution rime avec expression. Sur les murs des bâtiments publics explosent les peintures de Diego Rivera, de Xavier Guerrero et de tous ceux qui resteront dans l'histoire de l'art sous le nom de "muralistes".
En ces années 1920, charnières entre l'ancien monde, balayé par la première guerre mondiale, et le nouveau monde qu'il reste à construire, Tina et Edward s'engagent aux côtés des guérilleros de l'art. Dès lors, pour Tina, le sexe, la liberté, l'art et la politique s'avèrent indissociables de son mode de vie ; une quadrature du cercle difficile à résoudre pour Edward. Mais si la passion brûle les sens, la souffrance attise les feux de la création...
 
Tome 2 : À l'effervescence politique, artistique et amoureuse du Mexico du début des années 1920 succèdent le tumulte et le doute, tandis que pointe, déjà, le désenchantement auquel Tina, pas plus que ses amis, n'échappera.
Edward reparti aux Etats-Unis, Tina se retrouve seule à un moment charnière de sa vie. Passionnée, brillante et libre, elle oscille à la recherche d'elle-même, entre engagement pour le Parti, recherche artistique personnelle et parcours amoureux qui s'entrecroisent. Incapable de se résoudre à choisir une voie qui lui en ferme d'autres, elle ne retrouve Edward que pour mieux le quitter. La situation politique mexicaine se tend, les avis et les destins divergent au sein du groupe d'artistes auquel appartiennent Edward et Tina... L'été s'achève en effet, et commence déjà à se muer en un long hiver.