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6 septembre 2025

La fille sauvage

NED 2025 (nouvelle édition)
Jim Fergus, traduit de l'anglais (Usa) par Jean-Luc Piningre
éditions Le Cherche Midi, 09-2025
(1ère édition française : 2011)

 

Présentation de l'éditeur

Tu sais ce qu'il y a de plus terrifiant pour moi ? C'est notre capacité à endurer n'importe quoi, juste pour rester vivants.

New York, 2002. Lors d'une exposition de photographies, un cliché fait sensation : il représente une jeune Indienne livrée en spectacle aux curieux dans une geôle sordide du Mexique. Le vieux photographe, Ned Giles, se souvient de l'histoire de cette " fille sauvage ".

Sierra Madre, 1932. Un chasseur de pumas capture une jeune femme qui appartient à l'une des dernières tribus vivant encore à l'état de nature. Au même moment, la Grande expédition apache s'organise. Cette troupe hétéroclite d'aventuriers et de " gentlemen " fortunés, désireux de massacrer de l'Indien, propose d'échanger la prisonnière contre un enfant kidnappé par les Apaches. Photographe de l'expédition, Ned Giles va braver tous les dangers pour essayer de protéger la jeune fille. 

Après Mille femmes blanches, Jim Fergus s'inspire à nouveau d'un fait réel de la conquête de l'Ouest pour nous offrir un portrait de femme inoubliable, doublé d'une bouleversante histoire d'amour. On retrouve dans ce magnifique hommage à la culture indienne toute la puissance romanesque et la force d'émotion de l'auteur.


La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 9782749183312
Pages : 448
Prix : 23,50 €

👉 Voir en complément sur ce blog, Les ombres de la Sierra Madre, bd de Daniel Brecht et Philippe Nihoul.

11 mai 2024

Scalp

La funèbre chevauchée de John Glanton et ses compagnons de carnage
Hugues Micol, dessin et scénario
éditions Futuropolis, 01-2017

 

Présentation de l'éditeur

 

John Glanton (1819-1850) est un Texas Ranger pendant la guerre mexicaine déclenchée en 1845 par l'annexion du Texas par les États-Unis. Les États-Unis annexeront aussi les territoires mexicains de la Californie. Pour Ulysse Grant, qui participa à cette guerre, « La rébellion du Sud fut l'avatar de la guerre avec le Mexique. Nations et individus sont punis de leurs transgressions. Nous reçûmes notre châtiment sous la forme de la plus sanguinaire et coûteuse guerre des temps modernes. » Après la guerre, chassé de l'armée pour meurtre, Glanton devient soldat de fortune, un mercenaire à la tête d'un gang particulièrement violent. Il loue ses services à l'état de Chihuahua afin de chasser les Indiens Apaches qui opèrent à la frontière du Mexique mais massacre aussi des Indiens pacifiques pour se faire plus d'argent. Car Glanton est payé au scalp rapporté. Ses massacres bafouent les traités signés entre ces tribus et les États- Unis et oblige l'état de Chihuahua à les déclarer hors-la-loi. Ils partent vers la Californie où la ruée vers l'or vient de commencer et s'enfoncent de plus en plus dans la violence. Glanton - et sa bande - tombera en 1950 dans une embuscade de la tribu de Quechan qui voulait se venger de leurs exactions. En se basant sur la vie de John Glanton, Texas Ranger pendant la guerre civile mexicaine puis mercenaire à la tête d'une bande de tueurs d'Indiens payés au scalp, Hugues Micol livre un récit hallucinant de la guerre civile mexicaine du milieu de XIXe siècle. Son dessin, puissant, qui rappelle les gravures de Goya, dépeint l'implacable brutalité d'une époque, loin des clichés du Far west.

La fiche du livre sur le site BDfugue
Sur le site de l'éditeur

Informations :
ISBN : 9782754812078
Nombre de pages : 192
Prix : 28 €

31 octobre 2023

Golden West

Christian Rossi (scénario et dessin)
éditions Casterman, 10-2023

 

Présentation de l'éditeur

 

Le souffle épique du western revisité par un maître du dessin.
Banni de son peuple pour conjurer une malédiction, le novice apache Woan doit apprendre à survivre. Après avoir affronté, seul, à la frontière nord-ouest du Mexique, dans le désert de Sonora, les épreuves des éléments naturels et des passions humaines, le jeune homme croise la route d’un guerrier dont les faits d’armes et la spiritualité ont marqué l’Histoire des Etats-Unis et la légende dorée de l’Ouest : Geronimo !
En nous faisant revivre l’ultime élan de résistance d’une civilisation en péril, Christian Rossi donne à lire son œuvre la plus personnelle et la plus inspirée.


Informations
ISBN : 978220322669
Nombres de pages : 168
Prix : 34,90€

La chronique de Patrick Bouster sur Planète BD
Dans un territoire proche du Mexique, les Apaches sont pris en tenaille entre soldats américains et truands mexicains, un peuple avec lequel ils commercent. Woan, un garçon indien, se trouve banni par sa tribu pour sa maladresse qui a coûté la vie à un autre garçon, tué par un ours. Il va devoir tout apprendre seul. Son voyage solitaire l’oblige à apprivoiser peu à peu la nature. Lozen, une jeune fille indienne, fille du chef Vittorio, croise son chemin et lui apprend la ruse, à être plus autonome, et à tuer. Geronimo, chef Apache et aussi chaman, se présente à eux par surprise, et emmène Woan pour faire partie de ses soldats dans sa lutte contre l’oppresseur et continuer ainsi son éducation, son initiation. Accompagné de trois guerriers et Woan, Geronimo mène sa route rythmée par des batailles terribles. Mais la fin des Apaches approche…
Christian Rossi est très doué, ce que le monde de la BD sait depuis longtemps, son aisance est grande à, non pas mettre artificiellement en spectacle, mais donner à voir, parfois entrevoir, ressentir ce peuple indien, la déesse Nature et les ambiances guerrières ou sereines. Cette fois, il a choisi l’acrylique pour des rendus parfois poudreux, parfois mats, des images en couleurs directes pleines de lumières et d’ombres changeantes, de poussières, de végétaux et d’animaux, de matières de toutes sortes. Cette maîtrise de la technique n’est pas pour « faire joli » ou pour l’esbroufe, mais pour visualiser des impressions, des situations enchaînées entre elles, au service de l’histoire...
A lire sur Planète BD


La chronique de Frédéric Grivaux sur ZOO
Le premier contact avec l’album est d’abord graphique. On découvre des cases muettes, le paysage est aride, les teintes sont ocres, jaunes, lumineuses, on sent la chaleur du soleil. C’est le désert, des chevaux s’aventurent entre les rochers, les cavaliers scrutent le moindre des recoins, à l’ombre de leur sombrero…
On est assez vite interpelé par l’écriture extrêmement fine et profonde de Rossi, qui raconte par l’image, par les mots, par les silences et les non-dits ce parcours captivant, en marge des grandes sagas vengeresses, pleines de leçon d’Histoire. Il adopte le ton de la confidence, le jeune Woan nous murmure le récit, insiste sur certains moments clés, sur certaines étapes, sans pour autant tomber dans le plaidoyer amer et moralisateur. Rossi s’émancipe en finesse des codes narratifs conventionnels, ne tombe pas dans le piège des romances trop classiques, ne nous propose pas non plus de déroulé trop téléphoné. L’intrigue se déploie tranquillement, lui permettant de ciseler ses mises en scène, de travailler ses cadrages, sans charger de texte superflus, ni de sensationnalisme gratuit... 
A lire sur ZOO

© Christian Rossi - Casterman

L'entretien avec Christian Rossi sur BD Gest'
... " C. R. : Comme vous l’imaginez, j’ai toujours aimé la BD de genre et notamment le western car c’est un merveilleux terrain de jeu. On peut se mettre à la place des Indiens ou des Mexicains, de la cavalerie américaine, des pionniers, des cowboys, il y a tellement d'entrées possibles... Il y a eu une sorte de coup de vieux infligé à ce genre avec, en parallèle, le cinéma hollywoodien. Je ne trouve pas particulièrement d’explications à ce renouveau... Il y a peut-être l'envie aujourd'hui de se frotter, dans le cas de la BD, à d’illustres prédécesseurs. Il y a un peu de prétention à vouloir passer après des mecs comme Jijé, Giraud, Hermann... Evidemment, ça oblige un peu à se tenir droit, à avoir bossé quelques aspects du western, notamment des bonshommes sur des chevaux, pour amener quelque chose de nouveau et pas seulement rendre hommage "...
A lire sur BD Gest',
propos recueillis par L. Gianati

© Christian Rossi - Casterman

Pour en savoir un peu plus sur les guerres menées par le Mexique contre les Apache, on peut se reporter aux mémoires de Jason Betzinez (1860-1960), un des cousins de Geronimo (1829- 1909), traduits pour la première fois en français. Aux côtés de Geronimo, l’Indien le plus célèbre du XIXe siècle, il nous fait revivre les raids menés par ce chef mythique et sa tribu contre l’armée américaine et mexicaine, de 1858 à 1886. Lire sur Géo, "J'ai combattu avec Géronimo, la saga d'un Apache rebelle".

Geronimo, dont le nom apache est Go Khla Yeh (Celui qui baille), est l’un des protagonistes des guerres apaches, et le dernier à continuer à se battre contre le Mexique et les États-Unis, jusqu'à sa reddition en 1886. En 1858, sa mère, sa femme et trois de ses enfants sont assassinés par l’armée mexicaine près d’un village appelé Kas-ki-yeh. Il entame alors des raids de représailles en territoire mexicain. Il mène une bataille le , jour de la saint-Jérôme. Les Mexicains effrayés par la furie des Apaches invoquent saint Jérôme pour leur défense. Il prend alors ce nom de Géronimo. Les Mexicains tueront sa nouvelle épouse et son fils au cours d'une autre embuscade.

Les avis des lecteurs sur le site Polars Pourpres

 

16 juin 2023

Hacendado

L'honneur et le sang
Philippe Thirault (scénario), Gilles Mezzomo (dessin)
éditions Glénat, 06-2023

 

Présentation de l'éditeur

 

Une aventure impitoyable au cœur du désert mexicain.
Mexique, 1863. Sur ces terres arides où la violence et le crime sont le lot quotidien de la population de l’État de Sonora, le descendant d’une ancienne lignée de conquistadors tente de faire perdurer les notions de justice et d’honneur. C’est pour sauver l’honneur bafoué de son nom que Don Armando, riche Hacendado, décide de faire justice lui-même en condamnant son propre fils à une mort lente mais certaine… Plus tôt en ville, le jeune Don Diego aurait été aperçu couteau à la main, laissant la belle Doña Joselita au milieu d’une mare de sang. Convaincu de la culpabilité de ce fils retors au visage d’ange qui ne cesse de clamer son innocence, Don Armando l’emmène dans le sinistre désert de Sonora et l’y abandonne ! Or, dans ces sierras, il faut autant redouter la sauvagerie des bêtes que celle des hommes. Territoire de la bande d’Abraham Hinter, le plus cruel des chasseurs d’Apaches, le désert est un enfer peuplé de tueurs que le dernier sentiment humain a quitté depuis longtemps… Partie à la recherche de Diego, sa mère Doña Maria, qui refuse de croire à l’horreur, va tout faire pour retrouver ce fils, quitte à se perdre. Car hélas, le désert peut nous révéler parfois plus que ce que l’on aimerait savoir…
Ce western brutal et sauvage nous ouvre les portes d’un univers sans concession pour un one shot sombre et noir, qui nous tient en haleine jusqu’au bout grâce au scénario ciselé de Philippe Thirault et au dessin impeccable de Gilles Mezzomo. Un album saisissant.
La fiche du livre sur le site de l'éditeur
 
Informations
EAN : 9782344049716
Nombre de pages : 88
Prix : 18,50€
 
 
© éditions Glénat - Mezzomo / Thirault


Drame au Mexique, dans le désert de Sonora. Cet intéressant one-shot se distingue un peu des autres westerns. Situé intégralement au nord du Mexique, dans l'état de Sonora, frontalier avec les Etats-Unis, le scénario va au delà des classiques oppositions entre desperados, indiens, peones ou révolutionnaires ... Il met en scène un riche propriétaire terrien, Don Armando, l'hacendado, son fils, sa femme, son personnel et la haute-bourgeoisie locale civile et miliatire. Ça démarre sur les sombreros de roue et le titre prend tout son sens puisque l'histoire est basée sur l'honneur et l'image que s'en font les personnages, tous issus des conquistadores espagnols, à part les domestiques indiens évidemment. Pour laver cet honneur prétendument bafoué, plusieurs personnages vont devoir s'enfoncer dans le désert hostile. Cet élément de décor va révéler les caractères des femmes et des hommes, avant d'agir comme agent rédempteur. C'est violent, cruel, sans concession. En plus des histoires de familles et des relations entre notables, thème central, les auteurs abordent subtilement la politique d'extermination des Apaches mise en place par le Mexique. Le gouvernement mexicain payant en or chaque têtes ou scalps d'indiens, d'enfants et de femmes surtout. Le scénario ménage surprises et suspens et ne s'encombre pas de fioriture à l'eau de rose. Le dessin, dans la ligne des spécialistes du genre comme Giraud, Boucq, Rossi ou Lamy, sert aussi bien l'action que le cadre, l'utilisation et le choix des couleurs illustrent particulièrement bien le désert et les paysages. le dessinateur nous régale avec quelques scènes animalières particulièrement réussies. Seul petit bémol pour moi, l’utilisation parfois malhabile d'expressions espagnoles et de quelques traductions approximatives. La pagination sur 88 pages est appréciable.
PhH

Les avis des lecteurs sur le site Polars Pourpres

15 mars 2020

El patio del Diablo

Les ombres de la Sierra Madre - Tome 2
Daniel Brecht (dessin) - Philippe Nihoul (scénario)
éditions BD Must, 12-2019

Présentation de l'éditeur


Mexique, années 1920, 40 ans après la reddition de Geronimo, alors qu’Hollywood tournait ses premiers films parlants, les Apaches poursuivaient une guerre perdue pour défendre un mode de vie condamné à disparaître…
Âpre, violente, désabusée et teintée d’humour noir, Les Ombres de la Sierra Madre renouvelle le genre. Western atypique, par son ton, son rythme et sa chronologie, c’est aussi une tragédie en 3 actes, inspirée d’évènements authentiques et méconnus.
Avec ses personnages attachants, son dessin au couteau et ses dialogues ciselés, le récit vous entraîne au cœur de la Sierra Madre, ultime refuge des derniers Apaches libres. Mormons, Indiens, Mexicains… personne ne sortira indemne de cette trilogie à la fois épique et terriblement humaine.

8 planches à découvrir sur le site de l'éditeur

La chronique du tome 1 à lire sur ce blog
 

El dedo de Dios
Les ombres de la Sierra Madre tome 3

Daniel Brecht (dessin) - Philippe Nihoul (scénario)
2021 - BdMust

Mexique, années 1920, 40 ans après la reddition de Geronimo, alors qu’Hollywood tournait ses premiers films parlants, les Apaches poursuivaient une guerre perdue pour défendre un mode de vie condamné à disparaître…  
Âpre, violente, désabusée et teintée d’humour noir, Les Ombres de la Sierra Madre renouvelle le genre. Western atypique, par son ton, son rythme et sa chronologie, c’est aussi une tragédie en 3 actes, inspirée d’évènements authentiques et méconnus. Avec ses personnages attachants, son dessin au couteau et ses dialogues ciselés, le récit vous entraîne au cœur de la Sierra Madre, ultime refuge des derniers Apaches libres. Mormons, Indiens, Mexicains… personne ne sortira indemne de cette trilogie à la fois épique et terriblement humaine.

28 juin 2017

La niña bronca

Les ombres de la Sierra Madre - tome 1
Dessin : Daniel Brecht
Scénario : Philippe Nihoul
éditions Sandawe - 05/2017


1918. Moroni Fenn, jeune mormon au tempérament rebelle, supporte mal les prescrits de l’« église des saints des derniers jours ». Rêvant d’aventure, il s’engage comme volontaire et part combattre en France avec le Corps Expéditionnaires Américain, commandé par le général Pershing. La violence des combats de la Première Guerre mondiale le traumatise. Profondément marqué par les combats d’Argonne, il revient à Salt Lake City et s’enfonce dans la dépression. Son comportement bagarreur et son goût immodéré pour les excès scandalisent la bonne société mormone. À bout de patience, le grand conseil des sages lui suggère/ordonne de quitter les USA pour les colonies de la Sierra Madre mexicaine où son goût pour la violence et l’aventure se révéleront fort utiles pour redresser ces établissements que la situation politique dangereuse et incertaine du Mexique conduit les habitants à déserter massivement.

Ces colonies ont été créées dans les années 1890, par des mormons fuyant les USA pour ne pas se conformer à l’interdiction de la polygamie. Si l’église mormone a accepté de renoncer à ce précepte, les intégristes ont préféré s’exiler au Mexique pour pouvoir perpétuer cette coutume.Dès leur fondation, ces paisibles établissements ont sans cesse été en butte aux exactions des Apaches d’abord, des bandoleros mexicains et des troupes fédérales ensuite. Elles auraient bien besoin de quelqu’un comme Moroni pour veiller sur eux et faire respecter leur droit. Il est donc envoyé à Colonia Juárez, au nord du Mexique, dans la Sierra Madre.En route, Moroni rencontre un vieux Mexicain à moitié fou. Il a été captif des Apaches aux temps héroïques et vit dans la hantise de leur retour. D'ailleurs, il reste cloîtré chez lui, persuadé qu'il en reste quelque part dans les montagnes et qu’ils reviendront tôt ou tard.

Sous le conseil du Mexicain (Merejildo Grijalva), Moroni poursuit sa route jusqu’au village mexicain de Bavispe, où la nièce de Grijalva tient une auberge, où il pourra passer la nuit avant de se rendre à Colonia Juárez. Moroni y tombe sur ce qu'il prend pour un cirque ambulant. Bien vite, il se rend compte que la seule et unique attraction du spectacle est une petite fille d’une dizaine d’années qu'on exhibe comme une bête curieuse dans une cage. « La Nina bronca » (la fille sauvage). La petite ne parle pas (du moins, ni espagnol, ni anglais) et agresse tous ceux qui l'approchent.
Aidé par Lupe, la nièce de Grijalva, Moroni la « rachète » à son « propriétaire » et la ramène avec lui. Bien vite, le vieux Mexicain se rend compte que, loin de n'émettre que des sons inarticulés, la petite parle un Apache parfait. Et d'étranges événements commencent à se produire autour du ranch...

Présentation complète sur le site de l'éditeur



Si les westerns ont largement diffusé les guerres entre colons américains et les nations indiennes, on connait moins l’antagonisme entre le Mexique et les Indiens installés au nord avec qui il n’y eut jamais de paix. Dès l'arrivée des espagnols, les indiens Coahuiltecos, établis de part et d'autres du rio Bravo (rio Grande pour les étasuniens), doivent défendre leur territoire, au sud contre les conquistadors, puis au nord contre les texans.

Après l'indépendance obtenue 1821, le gouvernement de Mexico initia une politique d’extermination des Apaches en offrant une prime pour chaque indien tué, la preuve à fournir par le chasseur étant un scalp d’indien, qu’il soit jeune guerrier, femme, enfant ou vieillard. Cette mesure se révéla inefficace tant pour la petite économie que les villages mexicains pratiquaient avec les Apaches, et surtout, car les chasseurs tuaient bien plus que des Apaches, et souvent même des citoyens mexicains. Les représailles menées par les indiens étaient aussi redoutables. En 1856, l'état de Durango estimait que les raids Apaches avaient en 20 ans causés la mort d'environ 6 000 personnes, le rapt de 748 autres et l'abandon de nombreux villages, fermes et ranchs.

Les apaches Lipans se sont eux engagés dans la lutte contre les Mexicains et les Américains jusqu’en 1881. Environ 6000 en 1700, ils n’étaient plus que quelques centaines moins de 200 ans plus tard. De même, les Chiricahuas luttèrent jusqu'au bout pour maintenir leur indépendance contre les Mexicains et les Américains, menant une guerre totale en 1861, suite à une nouvelle traitrise des militaires américains qui tentèrent de capturer la délégation dont faisait partie Cochise. Il s’en suivit la guerre de « Mangas Coloradas » (1861-1863) avant que Cochise ne prenne la relève. En 1872, les Apaches Chiricahuas reçoivent une réserve sur leurs terres, sans l'obligation de cesser leurs raids contre le Mexique. A la mort de Cochise, en 1874, le gouvernement américain regroupa tous les Apaches à la réserve de San Carlos qui sera un véritable mouroir. Les Chiricahuas s'en échapperont fréquemment pour regagner leur vie libre. Cette période (1876-1883) est notamment marquée par les raids de Victorio et Nana de part et d’autres de la frontière entre États-Unis et Mexique. En 1886, ces derniers Apaches libres étaient dirigés par Geronimo. Après la reddition, les enfants furent internés à « l'école indienne » de Carlisle, où « on tuait l'indien pour sauver l'homme ».

Les clans Chiricahuas vivant plus au sud de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, derniers indiens dits « hostiles », les Nednis (ou Pinery Indians) ne se sentirent pas concernés par la reddition de Geronimo et continuèrent longtemps à mener le style de vie traditionnel aux Apaches. Jusqu'aux années 1930, il leur arrivait de faire des incursions aux États-Unis, principalement dans le sud de l'Arizona et leur dernière attaque fut recensée au Mexique en 1935. Après, on ne relève plus d'activité de ces Broncos Apaches au Mexique. L'ethnologue Grenville Goodwin, spécialiste de l'ethnographie des Apaches fit de patientes recherches, sans résultat véritable. Il est probable que les derniers individus se soient fondus dans d'autres nations amérindiennes du Mexique, comme les Tarahumaras avec qui ils partagent leurs lointaines origines.

Le thème de la niña bronca est superbement traité dans le livre de Jim Fergus, « la fille sauvage ». En 1932, au cœur des territoires vierges de la Sierra Madre, un chasseur de pumas fait une bien étrange capture : celle de la Niña Bronca, jeune femme appartenant à l'une des dernières tribus apaches vivant à l'état « sauvage » dans les montagnes. Exposée aux yeux de tous comme une bête de foire, ligotée à moitié nue sur le sol glacial d'une cellule, elle ne souhaite plus qu'une seule et unique chose: se laisser mourir. C'est compter sans l'aide miraculeuse de Ned Giles, apprenti photographe qui, accompagné d'une courageuse anthropologue, d'un étudiant dandy et de deux éclaireurs indiens, va braver la mort et les dangers afin de ramener l'envoûtante sauvageonne parmi les siens.

PhH