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7 février 2020

Black Calavera

Sauvage, tome 5
Dessin : Félix Meynet, scénario : Yann
éditions Casterman, 02-2020


Présentation de l'éditeur

Depuis la fin de la guerre civile, les troupes françaises au Mexique s’interrogent sur les intentions de leurs voisins américains. Afin d’éviter tout incident diplomatique et d’obtenir des renseignements de première main, Félix Sauvage et son camarade Hugon sont envoyés comme espions à Brownsville.
Après une bagarre qui tourne mal, ce dernier est capturé par les troupes américaines et condamné à mort. Alors qu’il tente de le sauver, Félix croise la route d’Esmeralda, qui a rejoint une troupe de saltimbanques et effectue des danses sensuelles laissant entrevoir un étrange tatouage sur son épaule : une calavera noire. Les routes de Félix et Esmeralda vont-elles se rejoindre ou se séparer pour de bon ? Quel avenir est encore possible pour Félix Sauvage dans un contexte militaire où il se sent trahi ?
La fiche de l'album chez Casterman


Origen de las Calaveras Mexicanas

La aparición de la calavera mexicana tal como la conocemos hoy en día comenzó en 1949, cuando el periódico “El Socialista” comenzó a ofrecer epitafios alegóricos (llamados calaveras literarias) en honor de un personaje, real o ficticio, que se comportaba de manera hipócrita. Casi siempre estaba relacionado con la pretensión de riqueza o la importancia otorgada a los bienes materiales. Estas calaveras literarias se acompañaban de ilustraciones que representaban esqueletos elegantemente vestidos e inusitadamente alegres.

Aunque de reciente creación y de anecdótico surgimiento, el culto a las calaveras en México parece hoy en día responder a un sentimiento religioso que ya existía con anterioridad, siendo notable la controversia al respecto. La calavera se populariza en México durante el gobierno de Benito Juárez, época de aperturismo y de consolidación de la república donde las clases altas intentaban asemejarse a las élites europeas en su modo de vestir y comportarse.

Esto fue duramente criticado en los periódicos llamados “de combate” (de corte izquierdista), donde aparecían a menudo damas representadas del modo previamente mencionado. Sería José Guadalupe Posada quien acuñara definitivamente la llamada “calavera garbancera”, asentando la imagen de una calavera vestida a la manera francesa, acudiendo a eventos de la alta sociedad...
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16 février 2019

Sauvage

Yann (scénario) Félix Meynet (dessin, couleurs)
édition Casterman, 2013-2018
série en cours

 Présentation de l'éditeur

Juillet 1864, dans l’immensité aride et caniculaire du désert mexicain, des troupes françaises progressent péniblement. Elles font partie du corps expéditionnaire envoyé par les puissances européennes – dont la France de Napoléon III – pour se tailler un empire en Amérique, en profitant de la faiblesse de l’État mexicain. Parmi les soldats, souvent des hommes de sac et de corde et de peu d’éducation entrés dans l’armée impériale pour la solde qu’elle procure, un jeune lieutenant, Félix Sauvage, tranche par sa prestance et son air farouche. Lui n’est pas devenu militaire au Mexique pour l’argent, mais pour venger une tragédie familiale. Et l’homme dont il cherche à retrouver la trace se trouve quelque part, comme lui, au sein de cette armée. Sur la piste, les Français sont témoins de l’attaque de la malle poste de Chihuahua par des soudards mexicains et interviennent juste à temps pour sauver du massacre un journaliste américain en reportage et une séduisante jeune femme blonde, si intrépide qu’elle se lance seule à la poursuite de ses assaillants en fuite…

En juillet 1863, Félix et Clémentine Sauvage se trouvent dans leur appartement parisien lorsqu’ils apprennent par missive la mort de leur frère Honoré. Celui-ci s’était engagé dans l’armée impériale envoyée au Mexique en soutien de l’empereur Maximilien. Mais cet engagement n’était pas mû par patriotisme ou conviction : il souhaitait avant tout venger l’assassinat de leurs parents par le marquis de Trazegnies, lui-même commandant de cavalerie au sein de l’armée impériale du Mexique. Femme d’honneur et de caractère, Clémentine décide de s’engager sur le champ en tant que cantinière au Mexique. Il lui revient à elle, avant Felix, de venger leurs parents. Hélas, un an plus tard, c’est bien Félix qui se retrouve dans l’armée française du Mexique, tenant sa sœur pour morte et se faisant un devoir d’honorer la vengeance. Il y découvre les méthodes atroces du colonel Dupin qui fait exécuter ses prisonniers en faisant galoper des chevaux sur leurs têtes dépassant de terre. Il reçoit comme une échappatoire à cette barbarie la mission d’aller porter son bâton de maréchal au commandant Bazaine. Lorsque son cheval blessé chute, Félix se rend alors compte qu’il était poursuivi par Agnès de Salm-Salm, qui nourrit de son côté de tout autres desseins…

Le dénommé Bazaine, bâton de maréchal à la main, peut célébrer ses noces dans la cathédrale de Mexico, auxquelles l'empereur Maximilien assiste sans grand enthousiasme. Félix Sauvage a réussi à se faire embaucher dans la troupe de Trazegnies, se rapprochant de la vengeance familiale que sa sœur et lui ont promis d'accomplir. En effet, quelques années plus tôt, au cours d'un duel inégal et malhonnête, le militaire avait tué le père des Sauvage, nom de plume sous lequel l'écrivain journaliste avait osé le critiquer, et qui cache le patronyme de Castelbajac. Mais de toute évidence, Félix n'est pas le seul à en vouloir au marquis de Trazegnies. La très belle madame Salm Salm tient à retrouver son mari Hubert retenu prisonnier par les troupes mexicaines, pour une mystérieuse histoire de bague qu'elle devrait lui remettre. Tandis qu'une envoyée de Paris semble vouloir jouer un rôle clé que le militaire ne comprend pas vraiment. Dans le faste de la cérémonie, une jeune femme mexicaine se jette sur l'empereur pour le tuer d'un coup de couteau. La vigilance de la jeune Esmeralda, qui a compris des mots échangés en espagnol dans la foule, permet d'éviter le pire. Et de découvrir que l'assaillante n'est autre que la sœur de Juarez. Une prisonnière de choix qui va permettre d'envisager un échange de prisonniers. L'espoir pour Félix de retrouver Clémentine...

Après avoir réglé ses comptes avec le marquis de Trazegnies et vengé la mort de ses parents, Félix Sauvage vient d’accepter une mission des plus périlleuses : à la tête du 3e escadron de chasseurs d’Afrique, il doit gagner le Sinaloa pour en chasser le général juariste Corona. Mais il lui faudra pour cela franchir « L’Échine du diable », une crête montagneuse de la Cordillère occidentale.
De son côté, Esmeralda, orpheline et sans attaches, est confiée aux bons soins d’austères carmélites qui éduquent les jeunes filles à coups de martinet. Son seul espoir : que Félix l’épouse ! Elle n’a pas oublié le geste de Félix qui, en refusant une friandise qu’elle lui offrait, s’est engagé selon une antique coutume aztèque. Elle considère désormais, que le cœur de Félix lui appartient !

Le site de la série aux éditions Casterman

19 février 2017

Dans les griffes de Salm-Salm


Sauvage tome 2
Scénario : Yann - Dessin : Félix Meynet
Éditions Casterman, 01/2017


En 1864, le Mexique est en partie occupé par un corps expéditionnaire français. Engagé au sein de l’armée impériale du Mexique, le sous-lieutenant Félix Sauvage poursuit sa quête de vengeance contre le marquis de Trazegnies, lui-même commandant de cavalerie au sein de l’armée impériale du Mexique et responsable du sort de ses parents. Mais sur sa route se dressent d’autres intrigues qui le dépassent et auxquelles il se trouve mêlé. Après la mort de leur frère Honoré engagé dans le corps expéditionnaire, sa sœur Clémentine Sauvage, femme d’honneur et de caractère, décide de s’engager sur le champ comme cantinière au Mexique. Il lui revient à elle, avant Félix, de venger leurs parents. Mais un an plus tard, c’est Félix qui se retrouve dans l’armée française au Mexique, tenant sa sœur pour morte, avec le devoir d’honorer la vengeance. Il y découvre les méthodes atroces du colonel Dupin, chef du l’escadron de contre-guérilla, qui fait exécuter ses prisonniers en faisant galoper des chevaux sur leurs têtes dépassant de terre. Il reçoit comme une échappatoire à cette barbarie la mission d’aller porter son bâton de maréchal au commandant Bazaine. Au cours de cette mission, Félix se rend compte qu’il était poursuivi par Agnès de Salm-Salm, qui nourrit de son côté un tout autre dessein, l’évasion de son mari, prisonnier des mexicains.
Le premier titre retenu pour ce tome 2 était « Le spectre de Chapultepec ». Voir la fiche du tome 1.

© Casterman - Dupin, en uniforme mexicano-hongrois et ses méthodes expéditives

Sauf sur le plan militaire et la célèbre bataille de Camerone, l’intervention française au Mexique (1861-1867), se solda par un fiasco que les livres d’histoire évoquent peu. Le scénario de Yann, sur trame de fond de vengeance familiale, mêle avec succès aventure, exotisme, western et romance. Avec Félix Meynet au dessin, la griffe artistique est maîtrisée et aboutie, avec une très haute exigence concernant les uniformes, vêtements et les décors. L’ambiance graphique qui en résulte est une indéniable réussite.
© Casterman - Les uniformes très fidèlement dessinés par Meynet
L’album évoque aussi le Colonel Charles Dupin, personnage historique pittoresque qui, à la tête de sa troupe de contre-guérilla, laissa un mauvais souvenir au Mexique. Après la prise d’Oaxaca, les militaires furent envoyés combattre au nord du Mexique, là où la guérilla était la plus virulente. Le corps expéditionnaire n’était pas habitué à lutter de cette manière : lorsque les rebelles étaient en position de force, ils attaquaient, dans le cas contraire, ils fuyaient. En outre, ils avaient des chevaux, ce qui n’était pas le cas des Français. Afin de lutter contre cette stratégie, se mit en place la contre-guérilla du colonel Dupin : une troupe d’hommes du pays, connaissant le terrain sur lequel ils s’aventuraient, équipés de chevaux, agissaient en marge de l’armée française. Les exactions de Dupin sont restées dans la mémoire collective mexicaine dans les régions où il a sévi (états de Veracruz, Puebla, Oaxaca). Il arrive encore aujourd’hui que les enfants turbulents soient menacés de la venue d’el Dupin (prononcer doupine), comme on le ferait en France avec le croquemitaine.

Le colonel Dupin au Mexique

Son portrait est dressé dans plusieurs ouvrages (extraits) :

- Charles est un officier français, baroudeur-buveur-joueur-pilleur-violeur, qui participe aux expéditions impérialistes. Depuis peu, Dupin commande une unité de contre-guérilla chargée de tenir à distance les Mexicains libéraux et les bandes de brigands qui sévissent dans les basses terres. Disposant d’une troupe bigarrée d’environ 150 cavaliers, parmi lesquels des Indiens prêts à se livrer à des exactions moins pour combattre les libéraux du président Benito Juárez que pour terroriser les populations et faire le vide autour de lui, l’intellectuel baroudeur Dupin – surnommé la « hyène de Tamaulipas » par les Mexicains – pense parvenir à rétablir la sécurité en recourant à une technique d’engagement inédite qui fait une large place aux méthodes expéditives de l’adversaire, parmi lesquels brigandage et cruauté le plus souvent gratuite figurent en bonne place. De plus, les légionnaires ont subi des conditions de détention sévères : les exactions du colonel Dupin ne pouvaient qu’exaspérer la population civile et les soldats réguliers et irréguliers de l’Etat de Veracruz qui ainsi vengeaient leurs morts.
(Camerone - 30 avril 1863, André-Paul Comor, Tallendier, 2012)


- Le Mexique ne pouvait que tenter un pareil caractère, et il s’engagea d’abord dans les troupes mexicaines. Mais Forey, puis Bazaine, séduits par sa personnalité et son efficacité, lui confièrent l’organisation de la contre-guérilla dans les Terres chaudes où sa science du terrain, sa technique de l’engagement et son peu de respect pour les règles classiques de la guerre firent merveille. Au grand dam des généraux, il ne dépendait que du commandant en chef qui lui avait donné carte blanche. Sa bande de soldats-brigands qui lui étaient tout dévoués et lui-même avec sa grande barbe, son uniforme mexicano-hongrois éclatant et bizarre et son pistolet dans la ceinture, furent bientôt connus de toute l’armée, et ses colonnes infernales, redoutées des libéraux. Sur les territoires qu’il contrôlait, il signait les décrets « gouverneur Charles Du Pin ». Ses méthodes étaient expéditives. Il multipliait les coups de main, exécutait les prisonniers, brûlait les villages soupçonnés de connivence avec les juaristes, éliminait les civils suspects. Il ne faisait pas de quartier et les actes de cruauté ne le rebutaient pas. Sa tête fut mise à prix pour 100 000 francs, en vain. Dans le même temps – car l’homme était complexe – il écrivait de tendres lettres à sa nièce qui aurait voulu l’épouser si seulement ses parents y avaient consenti, et il dira lui-même : « J’ai fait une guerre atroce ». Remis en activité hors cadre, il avait été fait commandant de la Légion d’honneur et cité à l’ordre du corps expéditionnaire. Mis en cause par l’empereur Maximilien, et par ses pairs à la fois jaloux de ses résultats et réprobateurs des moyens employés, le « monstre » des Terres chaudes, le « diable rouge » fut renvoyé en France en avril 1865 et remplacé par le capitaine Ney d’Elchingen. Une enquête sur ses agissements aboutit à le laver d’accusations de détournements de fonds et il revint au Mexique en janvier 1866. Cette fois, Bazaine refusa d’obéir à Maximilien furieux de son retour et déclara à l’intéressé : « Je serais trop heureux d’avoir beaucoup d’officiers de votre trempe. » Mais l’affaire Du Pin, qui fit grand bruit, illustra pour tous des deux côtés de l’Atlantique, les conditions pénibles et les moyens discutables de l’intervention, et Du Pin finit par être remplacé.

(Dictionnaire du Second Empire, Dupin Charles-Louis, Fayard, 1995)


Pour en savoir plus :
L'expédition du Mexique sur Histoire du monde
Dupin le chacal sur le blog de Claire Grube
Médaille de la campagne du Mexique
PhH