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26 avril 2025

Soixante ans de solitude

Charlotte impératrice tome 4
Fabien Nury (Scénario), Matthieu Bonhomme (Dessin)
éditions Dargaud, 04-2025

Présentation de l'éditeur

Alors qu'elle a traversé l'Atlantique pour plaider la cause de son époux, l'impératrice Charlotte du Mexique découvre en Europe que ses alliés se font rares... Abandonnée de tous, la jeune souveraine bascule dans un égarement – parfois violent – dont profite ses ennemis pour l'enfermer... pendant soixante ans !

L'épilogue magistral de la quadrilogie de Bonhomme et Nury, sur la vie tragique de Charlotte de Belgique, souveraine et pourtant femme à laquelle aucune souffrance n'aura été épargnée.

 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 9782205211757
Pages : 88
Prix : 20,50 €

Maximilien de Habsbourg a été manipulé par son cousin Napoléon III, désireux d'avoir une colonie en Amérique latine et contrer l'influence grandissante des Etats-Unis. Il lancera sous de fallacieux prétextes l'intervention française au Mexique, aventure tragique qui s'étale de 1862 à 1867. Il installe Maximilien (Maximiliano pour les Mexicains) sur le trône du Mexique avant de l'abandonner lorsque le Mexique et Bénito Juarez entameront la guerre pour retrouver leur indépendance. Charlotte, sa femme, nourrissait  grandes ambitions. Ils avaient probablement quelques bonnes intentions et une forme d'amour pour le pays, mais l'époque n'était plus à la domination européenne, ni à celle d'une noblesse sur le reste de la population. Ils se rendent très vite compte que seuls les milieux ultra-conservateurs soutiennent leur règne. Le Mexique avait chassé les espagnols en 1821, il n'entendait pas passer sous domination française. 

Charlotte va tenter de sauver son mari en se rendant en Europe pour demander son aide à l'Napoléon III et au Pape Pie IX. Elle va aller d'échec en échec. Tout cela s'ajoute à une situation personnelle, sentimentale et psychologique compliquée, ce qui va altérer son discernement.

Pendant son voyage en Europe, la situation de Maximilien au Mexique s'aggrave rapidement, pour finalement être fusillé le 19 juin 1867 au Cerro de las Campanas, à Santiago de Queretaro. Il meurt sans savoir exactement ce qu'il advient de Charlotte, qu'on lui a dit souffrir d'une méningite alors qu'elle est déjà internée. Ce sont les seules pages dédiées au Mexique dans ce 4e et dernier album de cette saga.


 


 

Les autres tomes de la série :
La princesse et l'archiduc - tome 1
éditions Dargaud, 09/2018
L'Empire - tome 2
éditions Dargaud, 06/2020
Adios Carlota - Tome 3
éditions Dargaud, 05-2023 


👉 Charlotte impératrice T4, descente aux enfers
L'article de Jean-Laurent Truc à lire sur le site Ligne Claire du 16 avril 2025
Dans ce dernier tome de Charlotte impératrice, soixante ans de solitude, c’est la fin dans tous les sens du terme. Son cher époux l’empereur Maximilien s’est fait virer de son trône mexicain malgré l’aide de la France qui y laissera des plumes. Charlotte impératrice, fidèle à son destin, commence une lente descente aux enfers, devient complètement folle dans ce tome qui clôture la très forte et poignante série de Fabien Nury et Mathieu Bonhomme...

👉 Les avis des lecteurs de la série sur le site BD Gest' 

👉 Charlotte de Belgique, impératrice tragique magnifiée par le 9e art
Article d'Olivier Delcroix, à lire sur Le Figaro, du 01 juin 2025
LA CASE BD - Le dessinateur Matthieu Bonhomme et le scénariste Fabien Nury achèvent de façon magistrale la fresque historique consacrée à la vie de cette bouleversante héroïne ayant réellement existé. L’auteur de L’Homme qui tua Lucky Luke décrypte pour Le Figaro une planche cruciale de cet ultime album. Dessin ligne claire splendide, humour, cynisme, et précision historique sont au programme de cette saga où le romanesque le dispute allègrement aux calculs politiques et géostratégiques de l’époque. Commencée en 2017, cette tétralogie basée sur des faits réels vient de se clore, contant le destin contrarié, éminemment moderne et romanesque de Charlotte de Belgique (1840-1927). Après deux années passées au Mexique, Charlotte prend un navire pour Saint-Nazaire avec la ferme intention de convaincre Napoléon III de ne pas retirer ses troupes...
  

Il a été imprimé une édition originale, en noir & blanc pour Canal BD, collection les tirages canal bd au prix de 25€ - EAN978-2-2052-1308-9, tirage limité à 1250 exemplaires, couverture alternative inédite, 96 pages dont 8 pages de cahier graphique supplémentaires.




 
Série terminée

1 février 2025

L'Expédition

Quand la France envahissait le Mexique
1861 - 1867

Rosario Acosta Nieva & Éric Taladoire
éditions du Cerf, 01 - 2025

Présentation de l'éditeur

D’un côté, l’archiduc Maximilien d’Autriche, frère cadet de l’empereur François-Joseph – le mari de Sissi –, navigateur hors pair, idéaliste qui ne rêve que de voyages exotiques. De l’autre, Benito Juárez, un orphelin parti de rien, Indien du Mexique, qui conquiert la plus haute magistrature d’une ancienne colonie espagnole plombée par le racisme. Des destins qui vont se percuter : l’empereur Napoléon III décide une expédition au Mexique et veut installer Maximilien à la tête du futur empire.
Menée par ces deux personnages que tout oppose, la « guerre d’intervention » ou « campagne française » qui s’ensuit contribue à la chute de Napoléon III et plonge le Mexique dans un conflit sanglant, dont les emblèmes sont les batailles de Puebla, fête nationale mexicaine, et de Camerone, cette dernière encore commémorée par la Légion étrangère. Par-delà les ambitions personnelles, s’affrontent ici deux visions du monde : les jeunes démocraties du Nouveau Monde et les vieilles royautés européennes conservatrices, à peine teintées de libéralisme. Une relecture décisive d’un événement historique, crucial.
Informations
ISBN : 9782204153607
Nombre de pages : 252
Prix : 24 €
Voir sur le site de l'éditeur

Les auteurs
Archéologue franco-mexicaine, docteure en anthropologie, Rosario Acosta Nieva a publié, avec Éric Taladoire, Pepita, la femme du traître, biographie de l’épouse du maréchal Bazaine, et Adelitas : les combattantes dans la Révolution mexicaine aux Éditions du Cerf.

Historien et archéologue mexicaniste, professeur émérite à Paris 1, Éric Taladoire a publié D’Amérique en Europe. Quand les Indiens découvraient l’Ancien Monde (1493-1892) et Mercenaires, anarchistes et bandits en révolution. Des étrangers sur la terre du Mexique (1910-1917).

José Cusachs, Batalla del 5 de mayo de 1862

L'illustration de couverture est un tableau de José Cusachs, Batalla del 5 de mayo de 1862, Museo Nacional de HistoriaColección Pintura, escultura, dibujo, grabado y estampa, siglo XX, 403 cm alto x 544 cm ancho

En complément

Silence historiographique des défaites : le cas du Mexique
un article d'Olivier Jacquot, publié 22/06/2020, mis à jour 08/07/2022 sur Amoxcalli, un carnet de veille portant sur les codex américains (Amérique du Nord et Méso-Amérique).

La campagne du Mexique (1861-1867)
La suspension par le Mexique du remboursement de sa dette aux puissances européennes, souleva la consternation. En réponse, la France, la Grande-Bretagne et l’Espagne signèrent, le 31 octobre 1861, un traité pour une intervention commune sur le sol mexicain. Dossier thématique sur le site de la Fondation Napoléon, articles d'Alain Gouttman, tirés de Napoléon III, le magazine du Second Empire, n°9

16 janvier 2024

L'Effroyable Secret D'Abraham Lincoln

Gérard Dôle
éditions Terre de Brume, 06-2017

 

Présentation de l'éditeur

Le livre que vous tenez en main revisite un genre oublié : le roman populaire qui fit flores au XIXe siècle avec Eugène Sue ou Fenimore Cooper. Il est parsemé, comme il se doit, de grands moments d’aventure dans des terres lointaines, de fantastique, voire d’horreur, pour nous conter les tribulations au Mexique du soldat confédéré Charles Hopkins, à l’issue de la guerre de Sécession, en avril 1865.
Charles est né au Texas, le 22 avril 1837, un an jour pour jour après la victoire de San Jacinto où Sam Houston défit les troupes du général Santa Anna, le boucher de Fort Alamo. Il nous raconte sa participation à l’expédition française au Mexique dans le cadre de la contre-guérilla du colonel Dupin. Puis il poursuit son récit en ne nous cachant rien de ses aventures hoffmannesques — car comment se fait-il que Davy Crockett et Jim Bowie soient encore de ce monde ?… Que verte soit la couleur du sang qui coule dans les veine de l’armée de Juarez assiégeant Camerone ?…Que l’assassin (présumé ?) d’Abraham Lincoln ait escamoté le cadavre du grand homme et l’ait enseveli les profondeurs d’une pyramide aztèque ?
Charles, enfin, nous révèle en quelles circonstances il a mis la main (ce n’est pas peu dire) sur le trésor de Maximilien de Habsbourg que Napoléon III avait hissé sur le trône avant de l’abandonner à son destin tragique.
Mais place aux aventures de notre héros dans ce beau pays malheureusement meurtri par des luttes incessantes et des exactions sans nombre.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations :
ISBN : 9782843626364
Nombre de pages : 224 pages
Prix éditeur : 18,50



13 mai 2023

Adios Carlotta

Charlotte impératrice - Tome 3
Fabien Nury (scénario), Matthieu Bonhomme (dessin)
éditions Dargaud, 05-2023

 

Présentation de l'éditeur

 

Profitant de l'absence de son mari et épaulée par le colonel Alfred van der Smissen, dont le charme ne la laisse pas insensible, Charlotte de Belgique a pris les rênes de l'empire mexicain. Malheureusement pour elle, au retour de Maximilien, les choses se gâtent. Les révoltes prennent de l'ampleur et pire encore, l'armée française se prépare à quitter le Mexique. Par ailleurs, Maximilien cherche par tous les moyens à concevoir un héritier à la couronne. Refusant de partager sa couche avec lui, le sachant atteint de syphilis, Charlotte doit se résoudre à avoir recours à l'adoption. À moins qu'elle ne finisse par succomber à l'appel de la chair avec le ténébreux van der Smissen...

La fiche du livre sur le site des éditions Dargaud

Informations :
EAN : 9782205203295
Nombre de pages : 80
Prix TTC : 17,00 €

© éditions Dargaud - Nury / Bonhomme

La bd s'ouvre sur le poème du général Vicente Riva Palacios, Adíos Mamá Carlota (1866)
(On remarquera qu'au Mexique Carlota est ortographié avec un seul "t")

I
Alegre el marinero
Con voz pausada canta,
Y el ancla ya levanta
Con extraño rumor.
La nave va en los mares
Botando cual pelota.
Adiós, mamá Carlota;
Adiós, mi tierno amor.

II
De la remota playa
Te mira con tristeza
La estúpida nobleza
Del mocho y del traidor.
En lo hondo de su pecho
Ya sienten su derrota.
Adiós, mamá Carlota;
Adiós, mi tierno amor.

III
Acábanse en Palacio
Tertulias, juegos, bailes,
Agítanse los frailes
En fuerza de dolor.
La chusma de las cruces
Gritando se alborota.
Adiós, mamá Carlota;
Adiós, mi tierno amor.

IV
Murmuran sordamente
Los tristes chambelanes,
Lloran los capellanes
Y las damas de honor.
El triste Chuchu Hermosa
Canta con lira rota:
Adiós, mamá Carlota;
Adiós, mi tierno amor.

V
Y en tanto los chinacos*
Que ya cantan victoria,
Guardando tu memoria
Sin miedo ni rencor,
Dicen mientras el viento
Tu embarcación azota;
Adiós, mamá Carlota;
Adiós, mi tierno amor.

En realidad, Riva Palacio no partía de cero: la Mamá Carlota es una canción que satiriza el viaje de la emperatriz, pero también es una parodia de un poema patriótico conocido en la época, “Adiós, oh, patria mía”, de Ignacio Rodríguez Galván. Desde luego, los versos de Riva Palacio, cargados de convicción republicana, son más simpáticos y ligeros que los ideados por Rodríguez Galván, que se refieren al dolor del exiliado. En savoir plus, article de Cronica Mexico (en espagnol).

La chanson:


Voir sur ce blog Charlotte impératrice tomes 1 & 2

Traduction française

I
Les marins acclament
d'une voix lente, ils chantent
et l'ancre se lève déjà
avec une étrange rumeur.
Le navire s’éloigne en mer
balloté par les vagues.
Adieu maman Carlota,
Adieu, mon tendre amour.

II
De la plage éloignée,
vous regarde tristement
cette noblesse stupide.
Des ignobles et des traitres,
au fond de leurs poitrines
ils sentent déjà leur défaite.
Adieu, maman Carlota
Adieu, mon tendre amour.

III
Au palais se terminent
Les réunions, jeux, danses,

les moines tremblent
leur douleur insupportable.
La foule des bigots
s’excite en criant
Adieu maman Carlota,
Adieu, mon tendre amour.

IV
Ils se retrouvent dans leurs palais,
leurs tristes chambellans murmurent,
les chapelains psalmodient
et les demoiselles d’honneur sanglotent.
Rassemblés sous la triste croix
leur foule hurle d’une seule voix.
Adieu maman Carlota,
Adieu, mon tendre amour.

V
Et déjà les Chinacos*
célèbrent leur victoire
gardant votre mémoire
Sans peur ni rancune.
Dans le vent qui vous emporte
tous les hommes libres chantent
Adieu maman Carlota,
Adieu, mon tendre amour. 


* 
Chinaco était le surnom donné aux partisans et guérilleros libéraux du Mexique lors de la guerre de la Réforme et de l'Intervention française au Mexique. Les conservateurs et les partisans du Parti conservateur et de l'Empire étaient surnommés Mochos. Les libéraux ont également été surnommés Hacheros, Tagarnos, Rojos et Colorados (Rouges) car sur le champ de bataille ils portaient un vêtement rouge, couleur du Parti libéral mexicain.

 


12 mars 2022

Maximiliano y Carlota

El sueño de un imperio imposible
Marco Antonio Mendoza Bustamante
Editorial Panorama, 2021


Presentación

El imperio de Maximiliano y Carlota en México es controvertido: unos creen que fueron unos advenedizos que llegaron al país para ocupar un trono que no les correspondía; otros sostienen que fueron benévolos, e incluso más liberales que el propio Benito Juárez. La discusión –una de las más acaloradas entre los apasionados de la historia– sigue y seguirá, porque estos dos personajes son fascinantes; fueron unos príncipes que abandonaron su espléndido castillo en las costas del mar Adriático, para venir a México, una tierra donde él perdería la vida y ella dejaría la razón.

Prólogo de Don Carlos Felipe de Habsburgo-Lorena


FIL Guadalajara 2021 - Marco Antonio Mendoza presenta Maximiliano y Carlota.
A través del libro, el lector estará inmerso en la vida que tenían estos personajes de la realeza y se hará una visión propia sobre ellos. Leer el articulo.

24 avril 2021

L'épopée mexicaine de Romulus Bonnaventure

Raphaël Confiant
éditions Mercure de France, 04-2018

Présentation éditeur

 

Depuis sa plus tendre enfance, Roro travaille sur l'habitation La Fleury, à la Martinique. Contrairement à ses compagnons d'infortune, il a appris à lire. Au moment de l'abolition de l'esclavage, en mai 1848, dans la pagaille générale, c'est donc un gros dictionnaire qu'il emporte sous le bras. Avec sa liberté, c'est son trésor le plus cher ! Libre, Roro deviendra Romulus Bonnaventure. Un temps en ménage avec la bellissime Péloponnèse Beauséjour, une Chabine plantureuse aux mœurs libres et au fort caractère, il suscite de nombreuses jalousies.

Lorsque les soldats de Napoléon Ill, emmenés par Maximilien Ier arrivent à la Martinique, tête de pont de l'expédition du Mexique, la vie de nos deux héros bascule. De 1861 à 1867, des dizaines de navires de guerre, transportant quelque trente mille soldats de toutes nationalités, feront escale à Fort-de-France.

Pour Romulus, comme pour de nombreux insulaires, l'occasion est trop belle : il s'engage dans l'armée et part à la conquête de la Sierra Madre et du Popocatepetl. De son côté, Péloponnèse Beauséjour devient chambrière de l'impératrice Marie Charlotte Amélie.
Pour tous, l'aventure mexicaine ne fait que commencer.

Raphaël Confiant nous entraîne dans le bruit et la fureur d'une guerre féroce, sur un territoire grandiose. À travers ses personnages attachants que guette un destin tragique, il brosse tout un pan oublié de l'histoire de France et de la Martinique, qui tient autant de l'épopée que du récit initiatique.

Lire sur le site de l'éditeur

26 janvier 2019

Pepita, la femme du traître

Rosario Acosta-Nieva, Eric Taladoire
éditions Gingko, collection mémoire d'homme, 02-2019


Présentation de l'éditeur

Dans cette nuit houleuse du 9 août 1874, on distingue à peine la petite barque ballottée par les vagues soulevées par le violent mistral. Debout à l'avant, une silhouette féminine s'évertue à préserver la faible flamme vacillante des allumettes qu'elle gratte à la chaîne, tandis que, face à elle, un jeune homme rame avec plus d'acharnement que d'adresse. La petite équipée semble incongrue au milieu de la bourrasque, mais toute considération logique s'efface devant le clapotement de l'eau, annonçant l'approche d'une masse qui s'accroche à l'embarcation et manque la faire chavirer. Le couple se précipite pour lui porter secours et, au prix de gros efforts, arrive, non sans mal, à la hisser et la faire échouer à l'intérieur. C'est un vieillard épuisé que l'on récupère, corpulent certes, et dont la jeunesse semble lointaine. Les ongles déchaussés, le corps couvert de plaies que l'eau de mer rend encore plus douloureuses, il trouve, au bout d'un moment, la force de se relever pour prendre dans ses bras le corps menu de la jeune femme. L'homme repêché des flots n'est autre qu'Achille Bazaine, Maréchal de France, 63 ans, emprisonné pour trahison depuis 8 mois à Sainte Marguerite, une forteresse dans les îles de Lérins au large de Cannes. La jeune femme - sa femme - est mexicaine et a pour nom María Josefa de la Penã, dite Pepita. Jeune fille de la bonne société de Mexico, Pepita se marie en 1865 (elle à alors 17 ans) au Maréchal Bazaine, commandant en chef des forces françaises au Mexique, occupant alors le pays durant la guerre dite d'Intervention (1862-1867), destinée à instaurer au Mexique un empire catholique et latin face au puissant voisin du nord, anglo-saxon et protestant. Pepita se retrouve du jour au lendemain propulsée au rang de deuxième dame du pays, fréquentant leurs souverains Maximilien d'Autriche et Charlotte, ainsi que tout l'Etat-Major français. Accompagnant son mari en France, elle est témoin des dernières années du règne de Napoléon III, de la guerre de 1870, de la chute de l'Empire et du procès pour trahison de son époux, le Maréchal Bazaine, accusé d'avoir livré Metz aux Prussiens. Profondément outragée par la condamnation de son époux, elle organise son évasion et parvient à ses fins dans des conditions rocambolesques, menant d'une main de maître un groupe hétéroclite de comploteurs et de complices. Le succès de l'entreprise lui vaut une renommée mondiale d'héroïne et, malgré la rancœur de l'opinion française, l'admiration quasi-universelle (à commencer par celle d'auteurs comme Maupassant). C'est en Espagne, protégé par la cour pour laquelle Bazaine avait jadis combattu, que le couple trouvera refuge. C'est à Madrid, en 1888, que Bazaine décède, probablement des suites d'une tentative d'assassinat perpétrée l'année précédente par un nationaliste français le rendant responsable de la défaite de 1871. Alors au Mexique pour recouvrer ses biens, Pepita ne reviendra jamais en Europe. Elle meurt à Mexico en 1900, oubliée de tous comme son mari. Bien qu'elle fut célébrissime en son temps, estimée jusque chez ses ennemis, Pepita n'a fait l'objet que de fort peu d'études ou d'ouvrages fouillés. Elle constitue pourtant - et encore de nos jours - un exemple exceptionnel de ce qu'on peut appeler les femmes de tête : Personnalité hors du commun, étrangère dans son pays d'adoption, mère et épouse exemplaire et surtout maîtresse d’œuvre d'un acte qui reste, encore de nos jours, sujet d'étonnement.
Les auteurs

Rosario Acosta-Nieva
Née à Córdoba, dans l'Etat de Veracruz, au Mexique, Rosario Acosta Nieva est archéologue. Elle a participé à de nombreux projets dans diverses régions du Mexique, ce qui lui a permis d'acquérir une solide connaissance de son pays. Elle a obtenu son doctorat à la Sorbonne et sa thèse a fait l'objet d'une publication (British Archaeological Reports). Elle a publié de nombreux articles dans des revues françaises autant scientifiques que de divulgation telles qu'Ulysse, L'archéologue, Archeologia, Télérama, ainsi que dans des ouvrages collectifs : La Science au présent et Universalia de l'Encyclopaedia Universalis, le Larousse des civilisations antiques, Une Histoire mondiale du parfum ou, plus récemment le Dictionnaire des Amériques (Collection Bouquins, nov. 2016). Elle a collaboré régulièrement avec le Bulletin Critique du Livre en Français. Rosario Acosta Nieva a obtenu le premier prix dans plusieurs concours littéraires : Filando Cuentos de Mujer 2005 (Langreo, Asturias) avec « Chepina », Contam Dona 2008 (Catarroja, Valencia) avec « Una solución lógica » et Valentín Andrés 2009 (Oviedo) con « Dromedarios de Palma coloreada ». 

Eric Taladoire
Eric Taladoire est archéologue, spécialiste du monde maya et des jeux de balle préhispaniques, professeur de classe exceptionnelle à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et membre de l'UMR Archéologie des Amériques du CNRS. Il collabore à de nombreuses revues professionnelles d'archéologie, comme le Journal de la Société des Américanistes ou Arqueología Mexicana. Il a publié divers ouvrages scientifiques, et de diffusion, comme Art et archéologie de la Mésoamérique (1977) manuel de l'Ecole du Louvre/ Documentation Française. Il dirige une collection dans les British Archaeological Reports. 
Tous les détails sur le site Place des libraires

5 septembre 2018

Charlotte impératrice

La princesse et l'archiduc (tome 1)
Dessinateur : Matthieu Bonhomme, scénariste : Fabien Nury
éditions Dargaud, 09/2018


Élevée par son père Léopold 1erer, Charlotte de Belgique est destinée à faire un glorieux mariage. Pour la jeune femme, le choix s'arrête sur l'archiduc Maximilien d'Autriche, frère cadet de l'empereur François Joseph. Un mariage somptueux vient sceller leur union, qui, disons-le tout de suite, ne sera pas heureuse. Le jeune couple est dépassé par les rivalités dont ils sont le jeu, entre les terribles Habsbourg et le calculateur empereur Napoléon III. Et Maximilien se révèle un homme décevant, à tous points de vue. C'est en faisant face à l'adversité que Charlotte aura finalement l'occasion de quitter les voies d'un chemin tout tracé...


Voir la fiche de l'éditeur

L'Empire (tome 2)
Dessinateur : Matthieu Bonhomme, scénariste : Fabien Nury
éditions Dargaud, 06/2020

Depuis son mariage avec Maximilien d'Autriche, Charlotte va de désenchantements en désillusions. Sa vie conjugale réduite à néant, elle mise son va-tout sur la couronne du Mexique. À leur arrivée à Veracruz, le couple impérial découvre un pays exsangue, bien loin d'être pacifié par les troupes françaises. Ils doivent faire face à la défiance des élites locales bien décidées à tirer parti de la faiblesse de caractère de Maximilien pour préserver leurs intérêts.



Née en 1840, Charlotte de Belgique est la fille de Léopold 1er. Mariée en 1857 à l’archiduc Maximilien d’Autriche qui devient en 1863 empereur du Mexique, nommé par Napoléon III. Maximiliano sera plus tard abandonné face à Benito Juarez, président de la jeune république mexicaine. Il sera finalement fusillé à Querétaro, au cerro de la campanas en 1867. Charlotte reviendra en Belgique et perdra la raison.

PhH

26 janvier 2018

L'or maudit

Le Bouncer tome 10
dessin et scénario : François Boucq
éditions Glénat, 01/2018


Le Bouncer pensait couler des jours paisibles après s’être débarrassé de l’infâme Ugly John dans son pénitencier de Deep End. Mais il devrait savoir que la loi de l’Ouest est toujours impitoyable... À Barro City, l’horloger a été agressé et sa fille, Gretel, atrocement mutilée. Comment un type sans histoires et une petite si innocente ont-ils pu subir de telles atrocités ? En pourchassant les assassins, le manchot découvre que leur piste rejoint celle d’un trésor maudit au cœur du désert de Sonora au Mexique. Un lieu aride sur lequel courent de sombres légendes, si terrible que même les Indiens n’osent s’y aventurer. Bouncer pensait avoir déjà connu l’enfer. Mais il découvre que ce dernier a de multiples visages.

Retrouvez le héros culte de Boucq et Jodorowsky dans une chevauchée fantastique à la rencontre des contrées les plus hostiles et des pires salopards de l’Ouest. Un western sauvage et sans limites, où les décors grandioses sont des personnages à part entière. De plus, les deux volumes de ce nouveau diptyque tant attendu paraîtront à seulement deux mois d’intervalle !

La fiche de l'album chez Glénat


Un trésor censé se trouver au Mexique, pas toujours au même endroit d'ailleurs a déjà été évoqué dans de nombreux ouvrages. Citons Le trésor fantôme de Paco Ignacio Taibo II, L'or de Maximilien, série XIII de Jean Van Hamme et William Vance, le cycle de Blueberry sur l'or des confédérés qui commence avec Chihuahua Pearl. Selon les récits, le trésor est soit celui de Bénito Juarez, soit celui de l'éphémère empereur Maximilien soit celui des sudistes mais détourné par les mexicains, et ses cachettes sont nombreuses, dans les immensités désertiques du nord du Mexique.

Dans L'or maudit, l'auteur envoie ses héros dans le Sonora mexicain, nom éponyme d'un État de la république du Mexique et d'un des plus grands déserts américain à la recherche du million de pesos sous forme de pièces en or qui auraient du être la monnaie de l'empire. Maximilien de Habsbourg, défait par le républicain Benito Juarez,  va tenter de soustraire ce trésor des mains des mexicains. Il était prévu qu'en cas de défaite, le coffre devait rentrer en Europe en partant du port de Veracruz. Après son éxécution au Cerro de las Campanas à Queretaro, plusieurs dans l'entourage de Maximilien vont céder à l'appat du gain et tenter de récupérer le trésor pour leur compte.

Malgré quelques petites faiblesses scénaristiques, Alejandro Jodorowski qui accompagnait Boucq dans les 9 premiers tomes n'est plus la, et des dialogues qui ne sonnent pas toujours bien, la qualité du dessin, la richesse des personnages et la trame de l'histoire rendent la lecture captivante. On retrouve des personnages secondaires, Yin Li, Panchita et le fidèle Job au premier plan, dans ce western mâtiné d'un brin de fantastique sur un fond historique. Quelques scènes ne sont pas sans rappeler les aventures de Blueberry aux prises avec Le spectre aux balles d'or dans le fond d'une mesa aux dédales infranchissables entourée d'indiens apaches. Avec une pagination conséquente pour une BD, 82 pages alternant cases détaillées et planches de grands espaces, le talent de François Boucq nous offre un bel album d'aventure.

PhH

Le trésor fantôme - Paco Ignacio Taibo II
Rivages/noir

Chihuahua Pearl, 1er album du cycle dans lequel Blueberry
est à la recherche du trésor des confédérés détourné par les mexicains de Benito Juarez
Blueberry sur la piste du spectre détenant un trésor
au fond de la Dead Horse Mesa
XIII dans le désert infernal qui protège l'or de Maximilien


19 février 2017

Dans les griffes de Salm-Salm


Sauvage tome 2
Scénario : Yann - Dessin : Félix Meynet
Éditions Casterman, 01/2017


En 1864, le Mexique est en partie occupé par un corps expéditionnaire français. Engagé au sein de l’armée impériale du Mexique, le sous-lieutenant Félix Sauvage poursuit sa quête de vengeance contre le marquis de Trazegnies, lui-même commandant de cavalerie au sein de l’armée impériale du Mexique et responsable du sort de ses parents. Mais sur sa route se dressent d’autres intrigues qui le dépassent et auxquelles il se trouve mêlé. Après la mort de leur frère Honoré engagé dans le corps expéditionnaire, sa sœur Clémentine Sauvage, femme d’honneur et de caractère, décide de s’engager sur le champ comme cantinière au Mexique. Il lui revient à elle, avant Félix, de venger leurs parents. Mais un an plus tard, c’est Félix qui se retrouve dans l’armée française au Mexique, tenant sa sœur pour morte, avec le devoir d’honorer la vengeance. Il y découvre les méthodes atroces du colonel Dupin, chef du l’escadron de contre-guérilla, qui fait exécuter ses prisonniers en faisant galoper des chevaux sur leurs têtes dépassant de terre. Il reçoit comme une échappatoire à cette barbarie la mission d’aller porter son bâton de maréchal au commandant Bazaine. Au cours de cette mission, Félix se rend compte qu’il était poursuivi par Agnès de Salm-Salm, qui nourrit de son côté un tout autre dessein, l’évasion de son mari, prisonnier des mexicains.
Le premier titre retenu pour ce tome 2 était « Le spectre de Chapultepec ». Voir la fiche du tome 1.

© Casterman - Dupin, en uniforme mexicano-hongrois et ses méthodes expéditives

Sauf sur le plan militaire et la célèbre bataille de Camerone, l’intervention française au Mexique (1861-1867), se solda par un fiasco que les livres d’histoire évoquent peu. Le scénario de Yann, sur trame de fond de vengeance familiale, mêle avec succès aventure, exotisme, western et romance. Avec Félix Meynet au dessin, la griffe artistique est maîtrisée et aboutie, avec une très haute exigence concernant les uniformes, vêtements et les décors. L’ambiance graphique qui en résulte est une indéniable réussite.
© Casterman - Les uniformes très fidèlement dessinés par Meynet
L’album évoque aussi le Colonel Charles Dupin, personnage historique pittoresque qui, à la tête de sa troupe de contre-guérilla, laissa un mauvais souvenir au Mexique. Après la prise d’Oaxaca, les militaires furent envoyés combattre au nord du Mexique, là où la guérilla était la plus virulente. Le corps expéditionnaire n’était pas habitué à lutter de cette manière : lorsque les rebelles étaient en position de force, ils attaquaient, dans le cas contraire, ils fuyaient. En outre, ils avaient des chevaux, ce qui n’était pas le cas des Français. Afin de lutter contre cette stratégie, se mit en place la contre-guérilla du colonel Dupin : une troupe d’hommes du pays, connaissant le terrain sur lequel ils s’aventuraient, équipés de chevaux, agissaient en marge de l’armée française. Les exactions de Dupin sont restées dans la mémoire collective mexicaine dans les régions où il a sévi (états de Veracruz, Puebla, Oaxaca). Il arrive encore aujourd’hui que les enfants turbulents soient menacés de la venue d’el Dupin (prononcer doupine), comme on le ferait en France avec le croquemitaine.

Le colonel Dupin au Mexique

Son portrait est dressé dans plusieurs ouvrages (extraits) :

- Charles est un officier français, baroudeur-buveur-joueur-pilleur-violeur, qui participe aux expéditions impérialistes. Depuis peu, Dupin commande une unité de contre-guérilla chargée de tenir à distance les Mexicains libéraux et les bandes de brigands qui sévissent dans les basses terres. Disposant d’une troupe bigarrée d’environ 150 cavaliers, parmi lesquels des Indiens prêts à se livrer à des exactions moins pour combattre les libéraux du président Benito Juárez que pour terroriser les populations et faire le vide autour de lui, l’intellectuel baroudeur Dupin – surnommé la « hyène de Tamaulipas » par les Mexicains – pense parvenir à rétablir la sécurité en recourant à une technique d’engagement inédite qui fait une large place aux méthodes expéditives de l’adversaire, parmi lesquels brigandage et cruauté le plus souvent gratuite figurent en bonne place. De plus, les légionnaires ont subi des conditions de détention sévères : les exactions du colonel Dupin ne pouvaient qu’exaspérer la population civile et les soldats réguliers et irréguliers de l’Etat de Veracruz qui ainsi vengeaient leurs morts.
(Camerone - 30 avril 1863, André-Paul Comor, Tallendier, 2012)


- Le Mexique ne pouvait que tenter un pareil caractère, et il s’engagea d’abord dans les troupes mexicaines. Mais Forey, puis Bazaine, séduits par sa personnalité et son efficacité, lui confièrent l’organisation de la contre-guérilla dans les Terres chaudes où sa science du terrain, sa technique de l’engagement et son peu de respect pour les règles classiques de la guerre firent merveille. Au grand dam des généraux, il ne dépendait que du commandant en chef qui lui avait donné carte blanche. Sa bande de soldats-brigands qui lui étaient tout dévoués et lui-même avec sa grande barbe, son uniforme mexicano-hongrois éclatant et bizarre et son pistolet dans la ceinture, furent bientôt connus de toute l’armée, et ses colonnes infernales, redoutées des libéraux. Sur les territoires qu’il contrôlait, il signait les décrets « gouverneur Charles Du Pin ». Ses méthodes étaient expéditives. Il multipliait les coups de main, exécutait les prisonniers, brûlait les villages soupçonnés de connivence avec les juaristes, éliminait les civils suspects. Il ne faisait pas de quartier et les actes de cruauté ne le rebutaient pas. Sa tête fut mise à prix pour 100 000 francs, en vain. Dans le même temps – car l’homme était complexe – il écrivait de tendres lettres à sa nièce qui aurait voulu l’épouser si seulement ses parents y avaient consenti, et il dira lui-même : « J’ai fait une guerre atroce ». Remis en activité hors cadre, il avait été fait commandant de la Légion d’honneur et cité à l’ordre du corps expéditionnaire. Mis en cause par l’empereur Maximilien, et par ses pairs à la fois jaloux de ses résultats et réprobateurs des moyens employés, le « monstre » des Terres chaudes, le « diable rouge » fut renvoyé en France en avril 1865 et remplacé par le capitaine Ney d’Elchingen. Une enquête sur ses agissements aboutit à le laver d’accusations de détournements de fonds et il revint au Mexique en janvier 1866. Cette fois, Bazaine refusa d’obéir à Maximilien furieux de son retour et déclara à l’intéressé : « Je serais trop heureux d’avoir beaucoup d’officiers de votre trempe. » Mais l’affaire Du Pin, qui fit grand bruit, illustra pour tous des deux côtés de l’Atlantique, les conditions pénibles et les moyens discutables de l’intervention, et Du Pin finit par être remplacé.

(Dictionnaire du Second Empire, Dupin Charles-Louis, Fayard, 1995)


Pour en savoir plus :
L'expédition du Mexique sur Histoire du monde
Dupin le chacal sur le blog de Claire Grube
Médaille de la campagne du Mexique
PhH