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4 mai 2024

Serviteur des Enfers

Aliette de Bodard
traduit de l'anglais par Laurent Philibert-Caillat
édition Mnémos, 03-2024

 

Présentation de l'éditeur

 

1480. Tenochtitlan (Mexico), capitale de l’empire aztèque. Acatl, grand prêtre des morts, s’entaille le lobe des oreilles pour fournir le « sang vif » nécessaire au service funéraire… La routine ! Pendant ce temps, une liaison interdite est sur le point de se nouer entre Eleuia, prêtresse aussi ambitieuse qu’imprudente, et Neutemoc, guerrier jaguar issu de l’élite des combattants et frère du grand prêtre ; mais lorsque Eleuia disparaît, laissant derrière elle des traînées de sang et des traces magiques, Neutemoc est évidemment suspecté.
Roman de fantasy historique passionnant, aux personnages à la fois si lointains et si proches, Serviteur des Enfers fait revivre un monde précolombien riche et complexe, où le plus haut degré de civilisation contraste avec des pratiques sacrificielles omniprésentes. Découvrez l’empire aztèque en suivant l’enquête magico-policière d’Acatl, prêtre-détective pris entre démêlés familiaux, intrigues de cour et créatures démoniaques !

 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 978-2-38267-110-8
Nombre de pages : 400
Prix : 22,50€

Serviteur des Enfers est le premier tome des Chroniques aztèques. Il a été publié en 2011 sous le titre D'obsidienne et de sang. les 2 tomes suivants ne sont pas encore traduits en français.

L'auteur
Née le à New York, Aliette de Bodard est une autrice française de science-fiction et de fantasy. Bien que le français soit sa langue maternelle, elle écrit en anglais. Elle est polytechnicienne, ingénieure dans une grande entreprise française. Elle a été nominée une quarantaine de fois aux prix littéraires anglo-saxons les plus réputés et en a obtenu quatorze. En 2015, elle est lauréate du prix British Science Fiction du meilleur roman et du prix British Science Fiction de la meilleure fiction courte.

27 janvier 2024

La secte des diaboliques

Gilbert Gallerne
éditions Okno, 01-2024

 

Présentation de l'éditeur

 

Dans les années 1980, Adolfo de Jesus Constanzo, chef de la bande des «narcosataniques», est à la tête de l'une des plus terrifiantes affaires de drogue entre le Mexique et les États-Unis. Surnommé « le parrain » par ses adeptes, cet Américain d'origine cubaine est connu pour s’être livré, avec sa bande, à des sacrifices humains en offrande au diable.
Des corps atrocement mutilés sont retrouvés dans une fosse près de Matamoros, ville mexicaine à la frontière du Texas. Il s’agit de victimes de la « Secte des Diaboliques », sacrifiées lors de messes noires afin que le diable protège Constanzo et ses adeptes de toute intervention policière.
Adolfo Constanzo, qui tient ses hommes par la peur et par les promesses les plus folles, commet une erreur : il s’en prend un jour à Mark Kilroy, un Américain dont la famille va remuer ciel et terre pour le retrouver. Une enquête effarante menée des deux côtés de la frontière, qui s’achève en avril 1989 au ranch Santa Elena. Là, dans un chaudron, flottent des restes humains mêlés à des herbes magiques...

Informations :
ISBN-13 : 9782491357436
Nombre de pages : 220
Prix : 20€

Réédition d'un bouquin sorti en 1993 dans la collection Crime-story. C'est un documentaire relatant des faits qui se sont produits en 1989 pendant le springbreak. Publié par les éditions Fleuve noir dans une collection au nom racoleur, le ton est donc assez volontiers grandiloquent,  dans un style journalistique plus à la recherche du sensationnel effrayant que dans l'analyse criminologique, même si l'auteur se révèlera plus tard avec des écrits reconnus. Malgré une présentation exagérément sinistre, il n'en reste pas moins que les faits sont réels. Adolfo de Jesús Constanzo était à la tête d'une secte qui trafiquait de la drogue, versait dans un occultisme proche de santeria cubaine avec sacrifice d'animaux, avant d'y ajouter des enlèvements d'êtres humains et assassinats rituels. Quand un citoyen américain, Mark J. Kilroy, âgé de 21 ans, disparait à Matamoros en 1989 lors des vacances universitaires américaines de printemps, la police mexicaine va s'activer un peu plus, sous la pression de la police étasunienne et de la famille. L'enquête conduira à l'arrestation du chef et d'autres membres du groupe le 6 mai 1989 à Mexico.

Dans le cas de Costanzo on a à faire à un authentique gourou manipulateur et serial-killer, mais des cas de sacrifices humains et d'anthropophagie dans les cartels mexicains ont plusieurs fois été documentés. Plus que des rites sectaires, il s'agit d'épreuve initiatiques pour "prouver" sa "valeur" et entrer dans le cartel. Il s'agit aussi de faire peur aux gangs concurrents en ne mettant aucune limite à la violence et aux exactions. Le cartel Jalisco Nouvelle Génération, considéré comme le plus dangereux du Mexique et s’est imposé comme l’un des plus grands réseaux de trafic de drogue du Monde.  Il fait toujours parler de lui parler par sa brutalité, notamment face aux autorités mexicaines contre qui ils n’ont aucunes limites. En 2022, on aperçoit sur une vidéo un sicario du cartel dévorant le coeur de sa victime. Les nouvelles recrues du réseau auraient l’obligation de se soumettre au cannibalisme dans un schéma bien précis. Ils doivent manger le cadavre de leur ennemi, en débutant par les doigts amputés. Source.  Voir aussi dans le journal Le Figaro, article de Matthias Raynal, en 2015, sur des faits identiques attribués au Chevaliers du temple dans l'état du Michoacan.

La page Wikipédia sur Adolfo Costanzo.
Voir aussi un article en anglais dans The Sun de juin 2022.
Un article d'Emmanuelle Steels dans Libération en juillet 2022, sur un documentaire au ton contesté.

Scientifiques historiens, juristes pénalistes et criminologues ont souvent rapproché ces fait de cannibalisme contemporains avec le cannibalisme rituel pratiqué par les mayas et les aztèques. Il y a toutefois débat sur l'ampleur du phénomène et sa signification profonde. 

L'histoire criminelle du Mexique est régulièrement marquée par l'arrestation de personnes s'étant livré à l’anthropophagie, comme par exemple en 1960, la secte cannibale de Magdalena Solis qui défraie la chronique, ou José Luis Calva Zepeda en 2007. On peut y rattacher le film de Jorge Michel Grau, Somos lo que hay (Ne nous jugez pas) sorti en 2010 sur une famille anthropophage à Mexico Ciudad.

Et n'oublions pas qu'Hannibal Lecter, le psychiatre anthropophage des romans de Thomas Harris  a été en partie inspiré par le chirurgien mexicain Alfredo Ballí Treviño. Ce médecin a été condamné en 1950 pour l'assassinat de amant. Thomas Harris aurait rencontré Ballí Treviño pendant son incarcération dans l'état de Nuevo León (Mexique). Voir l'article de Paloma González sur GQMagazine.

PhH

 

Repas anthropophage après un sacrifice humain chez les Aztèques
(codex Magliabechiano, recto du folio 73).

L'auteur
Gilbert Gallerne est romancier, scénariste, ayant exploré le polar, le thriller, l'horreur, le fantastique et la science-fiction, il a été lauréat du Prix du Quai des Orfèvres 2010 pour Au pays des ombres et le Prix du roman noir 2019 des bibliothèques et des médiathèques de Grand Cognac pour Mauvaise main. Dans la collection Crime story, il a également publié un documentaire sur Edward Theodore Gein Bolivar, dit Ed Gein, tueur et voleur de cadavres. Traducteur, il a traduit notamment Danse avec les loups de Michael Blake, Les enfants du rasoir de Joe R. Lansdale et Basic instinct de Richard Osborne.
Voir le site de l'auteur

Ce tragique fait divers est repris dans le livre de Barry Gifford, Perdita Durangoquand Roméo, avec l'aide de Perdita, kidnappe un couple de jeunes Américains à la frontière mexicaine, dans le but d'organiser un sacrifice humain.

A la fin de Sailor et Lula, la mystérieuse et dangereuse Perdita Durango prenait la fuite en laissant son amant, Bobby Perou, mort devant le magasin d'aliments pour animaux qu'il venait de "braquer" en compagnie de Sailor. Nous la retrouvons à la Nouvelle-Orléans, où elle a fait la connaissance de Roméo Dolorosa, un pilleur de banques, originaire de l'île de Caribe et adepte de "Santeria", une version latino du culte vaudou. Pour faire croire à ses pouvoirs surnaturels, Roméo, avec l'aide de Perdita, kidnappe un couple de jeunes Américains à la frontière mexicaine, dans le but d'organiser un sacrifice humain. Parallèlement, Marcello "zyeux fous" Santos le charge de convoyer un camion de placentas humains destinés à l'industrie cosmétique jusqu'à Los Angeles.
La cavale de Roméo et Perdita, unis par le goût de la mort et du mal, fait écho, en beaucoup plus noir, à celle de Sailor et Lula.
édition Rivages, 1992,  2e livre de la série Sailor et Lula

 

15 décembre 2009

L'homme sans tête

Sergio González Rodríguez

Préface d’Antonio Dominguez Leiva, traduction d’Isabelle Gugnon

Résumé de l'éditeur :
Employant les techniques littéraires chères à Capote (De sang froid), Ellroy (Ma part d’ombre) ou encore Saviano (Gomorra), techniques de la non-fiction novel entre roman, enquête journaliste et essai (voir Des os dans le désert), avec L’Homme sans tête Sergio González Rodríguez analyse le phénomène de la décapitation à partir de la découverte de plus en plus fréquente au Mexique de corps sans tête ou de têtes tranchées exposées à la vue de tous en signe d’avertissement. Enquête insolite et tissu narratif aux multiples résonnances culturelles et politiques, L’Homme sans tête dénonce l’apogée de la violence de notre monde contemporain par le geste le plus atroce, le plus symbolique qui soit : la décapitation. Des décapitations par les trafiquants de drogue au Mexique aux décapitations par les fondamentalistes musulmans largement diffusées sur internet, d’Orient en Occident, l’acte de décollation représente le geste suprême de l’atrocité : la perte de raison dans son sens extrême. L’auteur étudie aussi les phénomènes actuels de sorcellerie et de sacrifices humains utilisés par les narcotrafiquants, les nouvelles expressions de l’intimidation et de la peur, l’usage des corps des victimes comme messages d’une cruauté sans limites à l’adresse des adversaires. Et l’émergence de cultes criminels comme celui de la Sainte-Mort. Un récit sans fiction dans lequel se mêlent témoignages de sicaires coupeurs de têtes modernes, enquête journalistique, essai - dont les références vont de Georges Bataille à Sam Peckinpah, de la littérature à la photo - et des éléments autobiographiques qui, conjointement, font apparaître l’horreur et la terreur dans lequel le monde d’aujourd’hui s’enfonce. L’Homme sans tête démontre une fois encore que la matière journalistique peut atteindre le statut de l’étude historique et sociologique, de la littérature d’exception.

Une chronique à écouter sur France Culture :
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/jeux_epreuves/fiche.php?diffusion_id=79091

Journaliste mexicain, Sergio Gonzalez a consacré un précédent ouvrage aux meurtres de Ciudad Juarez.