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5 octobre 2024

Les bâtisseurs

Cartel 1011
Mattias Köpping
Flammarion, 10 - 2024

Présentation de l'éditeur

La péninsule du Yucatán, entre le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Des sites d’une beauté renversante mais qui, depuis des siècles, se résignent à la violence. Le Yucatán est le fief du clan Hernandez, arrivé avec les premiers conquistadors et qui compte sur le pharaonique projet du Train Maya pour resserrer encore l’emprise qu’exerce son conglomérat, la toute-puissante Comex. C’est là aussi, entre Cancún et Tulum, qu’émerge un nouveau cartel, le 1011, capable du pire pour asseoir son hégémonie sur les trafics internationaux.
Comme celui des capitaines d’industrie, l’appétit des criminels est sans limite. Tout s’achète et tout se vend : drogues, armes, matières premières, animaux, territoires, corps, âmes. Rares sont les téméraires qui osent leur résister. En Europe aussi, les victimes s’accumulent. Les forces de police sont sur les dents, confrontées à une sauvagerie inédite. Car nul ne bâtit de nouvel empire sans anéantir les précédents.

Premier volet d’une partie d’échecs dévastatrice qui débute au Mexique pour se déployer dans le monde entier, Cartel 1011 : Les Bâtisseurs confirme le talent hors normes de Mattias Köping, devenu en deux livres cultes, Les Démoniaques et Le Manufacturier, une figure reconnue du roman noir français.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN :
9782080450890
Nombre de pages : 640
Prix : 23€

La critique de Benjamin Delille sur Libération, le 27 octobre 2024.
Extraits :

La grande force de ce premier épisode, c’est qu’il ne tombe pas dans la vulgaire romantisation de ces criminels omnipotents. Les cartels et leurs sbires sont montrés tels qu’ils sont : immensément cruels, sans pitié, dévastateurs. Véritable cancer d’un pays – ou plutôt d’un continent – qui voit toute sa misère gangrenée dans une spirale vicieuse et meurtrière...
Certains narcos – les vrais – ne se cachent déjà pas de leur ambition d’inonder les ports belges, néerlandais, italiens, espagnols et français de ces opioïdes aussi nocifs qu’addictifs. Le cartel que bâtit Mattias Köping les devance par un triste présage : celui d’une importation de l’horreur en plus des substances. Et l’avènement d’une violence que l’on peine encore à imaginer de ce côté-ci de l’Atlantique...
👉 Les avis des lecteurs sur le site Polars Pourpres

24 août 2024

Cartels

Voyage au pays des narcos
Frédéric Saliba
documentaire
éditions du Rocher, 09-2024

Présentation de l'éditeur

 
« Je n'étais pas correspondant de guerre, c'est la guerre qui est venue à moi. » Cette confidence, Frédéric Saliba l'a entendue des dizaines de fois de la part de ses confrères mexicains. Quand il débarque à Mexico, en février 2006, le journaliste écrit sur l'économie, la culture et le tourisme de ce grand pays, voisin de la première puissance mondiale. Dix mois plus tard, Felipe Calderón, le nouveau président, déclare la guerre aux cartels de la drogue. Les mafias s'affrontent, entre elles et contre les autorités, à coups de fusils-mitrailleurs et lance-roquettes antichars. L'embrasement attire l'attention des médias internationaux. Frédéric Saliba se retrouve à couvrir ces crimes glaçants, le marché juteux de la drogue, ses tueurs, ses victimes, ses collusions politiques, sa narco-culture… La militarisation exacerbe un conflit qui fera, de 2006 à 2024, plus de 450 000 morts et 70 000 disparus !
Cartels, voyage au pays des Narcos plonge le lecteur dans le quotidien d'un correspondant étranger qui livre les coulisses de ses reportages, ses craintes, ses poussées d'adrénaline et ses réflexions intimes, sur un puzzle mafieux où l'ultraviolence fait loi. Le reporter nous embarque, dans ses pas, à la découverte d'une guerre sans fin. Un regard journalistique et un vécu personnel qui révèlent un pays contrasté, baroque et généreux, mais aussi inégalitaire, machiste et corrompu. Vue de France, cette spirale infernale semble bien lointaine. Et pourtant, les cartels mexicains ont pris pied en Europe. Les Cassandre parlent déjà de « mexicanisation » du narco-banditisme français.
 
La fiche du livre sur le site de l'éditeur
 
Informations
ISBN : 9782268110295
Nombre de page : 416
Prix :  19,90€ 

L'auteur
Installé à Mexico pendant plus de quinze ans, Frédéric Saliba a assuré la correspondance du journal Le Monde au Mexique et en Amérique centrale, tout en collaborant avec d'autres médias. Auteur de l'ouvrage, Les Mexicains, passionnels, il a également écrit et réalisé un documentaire sur le quartier lacustre de Xochimilco, poumon écologique de la capitale mexicaine.
 

1 juin 2024

Rendez-les-nous vivants !

Sur les traces des disparus d'Ayotzinapa
Anahi H. Galaviz (Dessin, Couleurs)
Marco Parra, Andalusia K. Soloff (Scénario)
éditions Presses de la Cité, 10-2023

 

Résumé

Fin 2014, le Mexique apprenait avec stupeur l'enlèvement de 43 étudiants. Ils manquent toujours à l'appel... Le 26 septembre 2014, le Mexique apprenait avec stupeur la disparition de 43 élèves instituteurs de l'École normale d'Ayotzinapa, dans l'État de Guerrero. Malgré les inlassables recherches des parents et proches des étudiants pour faire la lumière sur cette affaire, ils manquent toujours à l'appel. Rendez-les-nous vivants !
Un roman graphique engagé, qui a révélé l'ampleur de l'état de terreur et de corruption d'un Mexique aux prises avec une guerre des cartels d'une violence inouïe.
" En tant que journaliste indépendante travaillant pour des médias internationaux, j'ai consacré des dizaines de reportages, d'articles et d'entretiens à cette affaire. Mais je sentais qu'il manquait toujours un témoignage à même d'expliquer sa réalité complexe dans son ensemble. Ainsi est née cette bande dessinée dont l'ambition est de documenter le voyage émotionnel des familles de disparus qui, socialement marginalisées et exclues, se sont retrouvées du jour au lendemain les porte-parole de toute une nation. "
Andalusia K. Soloff

La fiche du livre sur le site de l'éditeur
 
Informations :
ISBN : 9782258201767
Nombre de pages : 208
Prix : 20 €


Andalusia K. Soloff est une journaliste indépendante, spécialiste de l’actualité mexicaine, qui travaille comme correspondante locale pour de nombreux médias étrangers.
Marco Parra est illustrateur et a déjà collaboré à plusieurs romans graphiques. Comme Andalusia K. Soloff, il est très investi dans la défense de la liberté de la presse dans son pays.
Anahi H. Galaviz est artiste plasticienne. 

 



18 mai 2024

Rendez-les-nous vivants !

Histoire orale des attaques contre les étudiants d'Ayotzinapa
John Gibler
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Anna Touati
Gravures de Yoel Jimenez
éditions CMDE, 04-2017

Postface inédite du Collectif Paris-Ayotzinapa et du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Présentation de l'éditeur

La nuit du 26 septembre 2014 à Iguala, dans l’État de Guerrero au Mexique, 6 personnes ont été assassinées et 43 étudiants de l’école rurale d’Ayotzinapa ont disparu. Au Mexique, où l’État et le narcotrafic ont fusionné, où plus de 29 000 personnes sont portées disparues, cette tragédie a été celle de trop. « L’affaire » des 43 étudiants d’Ayotzinapa a réveillé la société mexicaine dans ses bases les plus profondes et a suscité un élan de solidarité internationale.
Le gouvernement s’est empressé de répandre de fausses rumeurs et de conclure l'enquête par des théories aussi fumeuses que mensongères. John Gibler, lui, s’est rendu sur les lieux quelques jours après les faits pour comprendre ce qui s’était passé. Pendant près d’un an, il s’est entretenu avec les rescapés, les témoins des attaques et les parents des disparus. Ce livre est fait de leurs voix.

Prologue de l’auteur à l’édition française

Vers 21 heures, le 26 septembre 2014, des centaines d’agents de police et un certain nombre d’hommes armés en civil ont commencé à attaquer cinq bus d’étudiants à Iguala, dans l’État de Guerrero, au Mexique. À 15 kilomètres de cette ville, sur l’autoroute, ils ont aussi attaqué un bus qui transportait une équipe de jeunes footballeurs de troisième division, des voitures et des taxis. Les attaques se sont déroulées simultanément dans différents lieux, pendant plus de huit heures. La police municipale, la police de l’état, la police fédérale et des hommes armés en civil ont tous collaboré, cette nuit-là, pour tuer 6 personnes, en blesser plus de 40 (dont une est toujours dans le coma) et ont fait disparaître 43 étudiants de l’école rurale normale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa, dans l’État de Guerrero. Les tueurs ont torturé un étudiant, lui ont arraché le visage et ont abandonné son corps sur un petit tas d’ordures à quelques rues des attaques. Plus de deux ans après, 43 familles cherchent toujours leurs fils.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

John Gibler est journaliste indépendant. Il est l’auteur de quatre livres, dont Mourir au Mexique (CMDE, 2015) et Mexico Unconquered: Chronicles of Power and Revolt (City Lights), sur l’histoire récente mexicaine.

Informations :
ISBN : 979-10-90507-234
Nombre de pages : 208
Prix : 18 €
Coll. Les réveilleurs de la nuit 



30 mars 2024

Los Intocables

Le visage de la résistance
Los Intocables tome 1

Lune Amar
éditions New Rules, 02-2024

 

Présentation de l'éditeur

 

Dans l’enfer torride des cartels.
Mira est une jeune femme sans histoire à Ciudad Juárez, au Mexique.
Un soir, elle se retrouve impliquée dans une affaire l’opposant au plus important cartel de la ville : Los Intocables. Leur chef, Eduardo Hernandez, réputé pour son sang-froid et sa cruauté, veut l’exécuter mais ses proches lui conseillent d’en faire une alliée aux yeux de l’opinion publique. Il va donc la retenir de force au sein du clan. Une lutte incessante se joue en Mira, tout comme celle qui est le quotidien d’Eduardo : la prison ou la mort.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

Informations :
EAN : 9782809848540
Nombre de pages : 496
Prix : 19,90 €

 

La guerre des cartels
Los Intocables tome 2

Lune Amar
éditions New Rules, 04-2024

 

Présentation de l'éditeur

Plongez dans l’enfer des cartels ! Où l’argent facile se paie de la vie. Mira, une jeune étudiante sans histoire, se retrouve piégée dans le plus puissant des cartels de la ville. Pour sauver sa famille, elle va devoir épouser son nouveau chef, Eduardo Hernandez. À cause de sa meilleure amie, Mira, une jeune femme sans histoire, se retrouve impliquée dans une affaire l’opposant au plus important cartel de Ciudad Juárez, Los Intocables. Le nouveau chef du clan, Eduardo Hernandez, en a fait sa femme pour étouffer le scandale et maintenir sa réputation. Prise au piège de cette cage dorée dominée par l’argent, la drogue et la violence, Mira est au centre des cartels. Son seul levier pour gagner un peu de liberté et garantir la sûreté de sa famille : créer des liens avec Ed pour gagner sa confiance. Mais, à ce jeu dangereux de la séduction, Ed et Mira pourraient bien se perdre.
Tous deux n’ont qu’un seul choix : tout faire pour la survie, rien que la survie.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations :
EAN : 9782809849691
Nombre de pages : 528
Prix : 19,90 €

 



27 janvier 2024

La secte des diaboliques

Gilbert Gallerne
éditions Okno, 01-2024

 

Présentation de l'éditeur

 

Dans les années 1980, Adolfo de Jesus Constanzo, chef de la bande des «narcosataniques», est à la tête de l'une des plus terrifiantes affaires de drogue entre le Mexique et les États-Unis. Surnommé « le parrain » par ses adeptes, cet Américain d'origine cubaine est connu pour s’être livré, avec sa bande, à des sacrifices humains en offrande au diable.
Des corps atrocement mutilés sont retrouvés dans une fosse près de Matamoros, ville mexicaine à la frontière du Texas. Il s’agit de victimes de la « Secte des Diaboliques », sacrifiées lors de messes noires afin que le diable protège Constanzo et ses adeptes de toute intervention policière.
Adolfo Constanzo, qui tient ses hommes par la peur et par les promesses les plus folles, commet une erreur : il s’en prend un jour à Mark Kilroy, un Américain dont la famille va remuer ciel et terre pour le retrouver. Une enquête effarante menée des deux côtés de la frontière, qui s’achève en avril 1989 au ranch Santa Elena. Là, dans un chaudron, flottent des restes humains mêlés à des herbes magiques...

Informations :
ISBN-13 : 9782491357436
Nombre de pages : 220
Prix : 20€

Réédition d'un bouquin sorti en 1993 dans la collection Crime-story. C'est un documentaire relatant des faits qui se sont produits en 1989 pendant le springbreak. Publié par les éditions Fleuve noir dans une collection au nom racoleur, le ton est donc assez volontiers grandiloquent,  dans un style journalistique plus à la recherche du sensationnel effrayant que dans l'analyse criminologique, même si l'auteur se révèlera plus tard avec des écrits reconnus. Malgré une présentation exagérément sinistre, il n'en reste pas moins que les faits sont réels. Adolfo de Jesús Constanzo était à la tête d'une secte qui trafiquait de la drogue, versait dans un occultisme proche de santeria cubaine avec sacrifice d'animaux, avant d'y ajouter des enlèvements d'êtres humains et assassinats rituels. Quand un citoyen américain, Mark J. Kilroy, âgé de 21 ans, disparait à Matamoros en 1989 lors des vacances universitaires américaines de printemps, la police mexicaine va s'activer un peu plus, sous la pression de la police étasunienne et de la famille. L'enquête conduira à l'arrestation du chef et d'autres membres du groupe le 6 mai 1989 à Mexico.

Dans le cas de Costanzo on a à faire à un authentique gourou manipulateur et serial-killer, mais des cas de sacrifices humains et d'anthropophagie dans les cartels mexicains ont plusieurs fois été documentés. Plus que des rites sectaires, il s'agit d'épreuve initiatiques pour "prouver" sa "valeur" et entrer dans le cartel. Il s'agit aussi de faire peur aux gangs concurrents en ne mettant aucune limite à la violence et aux exactions. Le cartel Jalisco Nouvelle Génération, considéré comme le plus dangereux du Mexique et s’est imposé comme l’un des plus grands réseaux de trafic de drogue du Monde.  Il fait toujours parler de lui parler par sa brutalité, notamment face aux autorités mexicaines contre qui ils n’ont aucunes limites. En 2022, on aperçoit sur une vidéo un sicario du cartel dévorant le coeur de sa victime. Les nouvelles recrues du réseau auraient l’obligation de se soumettre au cannibalisme dans un schéma bien précis. Ils doivent manger le cadavre de leur ennemi, en débutant par les doigts amputés. Source.  Voir aussi dans le journal Le Figaro, article de Matthias Raynal, en 2015, sur des faits identiques attribués au Chevaliers du temple dans l'état du Michoacan.

La page Wikipédia sur Adolfo Costanzo.
Voir aussi un article en anglais dans The Sun de juin 2022.
Un article d'Emmanuelle Steels dans Libération en juillet 2022, sur un documentaire au ton contesté.

Scientifiques historiens, juristes pénalistes et criminologues ont souvent rapproché ces fait de cannibalisme contemporains avec le cannibalisme rituel pratiqué par les mayas et les aztèques. Il y a toutefois débat sur l'ampleur du phénomène et sa signification profonde. 

L'histoire criminelle du Mexique est régulièrement marquée par l'arrestation de personnes s'étant livré à l’anthropophagie, comme par exemple en 1960, la secte cannibale de Magdalena Solis qui défraie la chronique, ou José Luis Calva Zepeda en 2007. On peut y rattacher le film de Jorge Michel Grau, Somos lo que hay (Ne nous jugez pas) sorti en 2010 sur une famille anthropophage à Mexico Ciudad.

Et n'oublions pas qu'Hannibal Lecter, le psychiatre anthropophage des romans de Thomas Harris  a été en partie inspiré par le chirurgien mexicain Alfredo Ballí Treviño. Ce médecin a été condamné en 1950 pour l'assassinat de amant. Thomas Harris aurait rencontré Ballí Treviño pendant son incarcération dans l'état de Nuevo León (Mexique). Voir l'article de Paloma González sur GQMagazine.

PhH

 

Repas anthropophage après un sacrifice humain chez les Aztèques
(codex Magliabechiano, recto du folio 73).

L'auteur
Gilbert Gallerne est romancier, scénariste, ayant exploré le polar, le thriller, l'horreur, le fantastique et la science-fiction, il a été lauréat du Prix du Quai des Orfèvres 2010 pour Au pays des ombres et le Prix du roman noir 2019 des bibliothèques et des médiathèques de Grand Cognac pour Mauvaise main. Dans la collection Crime story, il a également publié un documentaire sur Edward Theodore Gein Bolivar, dit Ed Gein, tueur et voleur de cadavres. Traducteur, il a traduit notamment Danse avec les loups de Michael Blake, Les enfants du rasoir de Joe R. Lansdale et Basic instinct de Richard Osborne.
Voir le site de l'auteur

Ce tragique fait divers est repris dans le livre de Barry Gifford, Perdita Durangoquand Roméo, avec l'aide de Perdita, kidnappe un couple de jeunes Américains à la frontière mexicaine, dans le but d'organiser un sacrifice humain.

A la fin de Sailor et Lula, la mystérieuse et dangereuse Perdita Durango prenait la fuite en laissant son amant, Bobby Perou, mort devant le magasin d'aliments pour animaux qu'il venait de "braquer" en compagnie de Sailor. Nous la retrouvons à la Nouvelle-Orléans, où elle a fait la connaissance de Roméo Dolorosa, un pilleur de banques, originaire de l'île de Caribe et adepte de "Santeria", une version latino du culte vaudou. Pour faire croire à ses pouvoirs surnaturels, Roméo, avec l'aide de Perdita, kidnappe un couple de jeunes Américains à la frontière mexicaine, dans le but d'organiser un sacrifice humain. Parallèlement, Marcello "zyeux fous" Santos le charge de convoyer un camion de placentas humains destinés à l'industrie cosmétique jusqu'à Los Angeles.
La cavale de Roméo et Perdita, unis par le goût de la mort et du mal, fait écho, en beaucoup plus noir, à celle de Sailor et Lula.
édition Rivages, 1992,  2e livre de la série Sailor et Lula

 

1 mai 2023

Le Coeur de l'hiver

Craig Johnson
Traduit de l‘américain par Sophie Aslanides
éditions Gallmeister, 11-2022


Présentation de l'éditeur

Bienvenue dans le pire cauchemar de Walt Longmire. L’hiver approche, et pour le shérif, il s’annonce bien plus rude que d’habitude. Tomas Bidarte, le chef de l’un des plus redoutables cartels du Mexique, a kidnappé sa fille Cady. Parti à sa rescousse, Walt s’enfonce dans le désert mexicain, loin de tout, où personne ne parle sa langue ni n’est susceptible d’aider un étranger. Quant aux autorités américaines ou mexicaines, inutile d’y songer. C’est donc armé de son fidèle Colt .45, de sa rage et de son intuition que Walt s’en va affronter toute une organisation.

 

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 978-2-35178-217-0
Nombre de pages : 380
prix : 24,40€

9 avril 2022

Notre otage à Acapulco

Jean-Christophe Rufin
Flammarion, 04-2022

 

Présentation de l'éditeur

La jeune Martha Laborne s’est évaporée à Acapulco. Mauvaise nouvelle pour le Quai d’Orsay : c’est la fille d’un homme politique français. La « Perle du Pacifique » était dans les années soixante le paradis des stars hollywoodiennes. Hélas, la ville aujourd’hui est livrée aux pires cartels mexicains de la drogue.
Aurel Timescu, notre calamiteux Consul, est envoyé sur place.Comme à son habitude, il est fermement décidé à ne rien faire. Son hôtel, le Los Flamingos, est hanté par les fantômes de Tarzan, d’Ava Gardner ou de Frank Sinatra. En suivant ces héros qui l’ont tant fait rêver dans son enfance, il va subir une complète métamorphose.
Un Aurel hédoniste, dandy et buveur de tequila se révèle. C’est bien malgré lui qu’il va se retrouver exposé à des intrigues meurtrières, à des dangers inconnus et au plus redoutable d’entre eux : la passion pour une femme exceptionnelle.


C'est la 5e aventure du Consul Aurel Timescu.

Jean-Christophe Rufin, avec son talent d'écrivain (Rouge Brésil - prix Goncourt 2001 -, Le Collier rouge, Immortelle randonnée…) et son expérience internationale a donné vie à Aurel Timescu avec Le Suspendu de Conakry et Les Trois Femmes du Consul. Le petit Consul revient aujourd'hui dans cette nouvelle aventure mexicaine pour le plus grand bonheur de tous ceux qui ont succombé à son charme.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur.

30 mars 2022

Paradaïze

Fernanda Melchor
traduit de l'espagnol (Mexique) par Laura Acolba
éditions Grasset, 03-2022

Présentation éditeur : 

Dans un complexe résidentiel pour ultra-riches, deux adolescents passent leurs soirées à boire et à fumer. Polo travaille comme jardinier pour les co-propriétaires de «  Paradaïze  » alors que Franco vit ici, avec ses grands-parents. En surpoids, grand consommateur de films pornos, ce dernier n’a qu’une obsession depuis l’arrivée d’une nouvelle famille  dans le quartier : coucher avec madame Marián. Pour Franco, cette mère de famille est un objet de désirs, souvent violents, largement nourris par les vidéos que le jeune homme regarde à longueur de journée. Polo écoute son compagnon avec mépris lorsque ce dernier lui dévoile ses plans pour conquérir le cœur et le corps de madame Marián, d’autant que lui-même a des ambitions bien plus sérieuses. Quitter son travail tout d’abord, et partir loin du logement miteux où il vit avec sa mère et son affreuse cousine. Peu importe s’il doit vendre son âme aux cartels, il est prêt à tout pour fuir son quotidien. De son côté, Franco commence à se rapprocher des enfants de madame Marián, puis à s’infiltrer dans la maison pour renifler les sous-vêtements de leur mère. Et lorsqu’il est suffisamment familier des lieux, il décide de passer à l’action, en pleine nuit, avec le soutien du jeune jardinier. Le plan est mis à exécution, mais il va se révéler bien plus macabre que prévu…
Ce nouveau roman de Fernanda Melchor est une plongée dans l’extrême violence de notre société. Tensions sociales, consumérisme, hypersexualisation des adolescents, glorification de la virilité et banalité du viol, un cocktail absolument tragique. A l’instar de Parasite de Bong Joon-ho, Paradaïze nous conduit inexorablement vers un final explosif, que l’on redoute depuis les premières lignes, et qui nous coupe le souffle jusqu’à la dernière.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Polo, adolescent en décrochage scolaire d'un quartier pauvre de Progreso, travaille comme jardinier à Paradaïze, une copropriété luxueuse. Il habite chez sa mère qui l'exploite et avec sa cousine avec qui les relations sont conflictuelles. Franco vit à Paradaïze, gosse de riche solitaire, obèse, obsédé, et mal dans sa peau. Quand ces deux la se rencontrent, l'alcool coule à flot. Franco dévoile à Polo son plan pour violer sa voisine. Polo voit alors se profiler l'occasion de voler la riche famille et pouvoir changer de vie. La descente aux enfers des deux adolescents peut commencer.
C'est un roman noir, violent, un
portrait social ou règne l'inégalité des classes, le machisme et ou le viol fait partie de la vie, un roman qui déborde de colère.
A ne pas mettre devant tous les yeux.

La presse en parle :
Libération
Les Échos
Le Monde
Le Figaro
RTS (audio)

 

Páradais
editorial Random House, 2021


Páradais abarca dos de los grandes males que laceran México: la violencia hacia las mujeres y la desigualdad social. Una novela que explora los giros oscuros que el deseo y la ambición pueden tomar.

« Fernanda Melchor explora la violencia y la desigualdad en esta novela brutal. Lo hace con una destreza técnica deslumbrante, oído absoluto para la oralidad y precisión de neurocirujana para la crueldad. Páradais es un breve e inexorable descenso al infierno. »
Mariana Enríquez

En un conjunto residencial de lujo, dos adolescentes inadaptados se reúnen por las noches para embriagarse a escondidas y compartir sus descabelladas fantasías. Franco Andrade, obeso y solitario, adicto a la pornografía, sueña con seducir a la vecina de al lado #una atractiva mujer casada, madre de familia-, por quien ha desarrollado una obsesión malsana; mientras que Polo, su reacio compañero, fantasea con renunciar a su agobiante empleo como jardinero del exclusivo fraccionamiento y huir de su casa, de su pueblo infestado de narcos, y del yugo de su dominante madre. Ante la imposibilidad de conseguir lo que cada uno cree merecer, Franco y Polo maquinarán un plan tan pueril como macabro.

Páradais, escrita por Fernanda Melchor, una de las escritoras mexicanas más destacadas de la actualidad, explora la facilidad con la que el deseo puede convertirse en obsesión y, más aún, en violencia, al tiempo que narra la alianza entre los polos opuestos de la sociedad mexicana contemporánea.

Fernanda Melchor (Verazcruz, México, 1982) es autora de las novelas Falsa liebre (2013) y Temporada de huracanes (2017, traducida a más de 15 idiomas), así como del libro de crónicas Aquí no es Miami (2013). Es periodista egresada de la Universidad Veracruzana y maestra en Estética y Arte por la Universidad Autónoma de Puebla. En 2019 ganó el Premio Internacional de Literatura otorgado por la Casa de las Culturas del Mundo de Berlín, y el Premio Anna Seghers. En 2020 fue finalista del prestigioso International Booker Prize por la traducción al inglés de Temporada de huracanes. Páradais es su más reciente novela.

Ver en La Casa del libro

26 février 2022

Terres voraces

Sylvain Estibal
éditions Actes Sud, 02-2022

Présentation éditeur

La vie de Lucia a basculé depuis la disparition de sa fille. Le jour de son enlèvement, l'adolescente portait le maillot de son idole, Lionel Messi. Depuis, sa mère parcourt les collines à la recherche des cadavres ensevelis par les cartels mexicains. Des corps de femmes souvent, que des criminels abandonnent dans les fosses clandestines, les puits oubliés, les trous creusés à la hâte dans le désert. Mais dans un pays résigné face à l'impunité, la force de Lucia, sa volonté furieuse et brûlante de résister, de ne pas se résoudre à accepter l'infamie - celle du mensonge et de la complicité de l'État, celle d'une jeunesse décimée et de ces vies en suspens - deviennent vite embarrassantes pour les trafi­quants et leurs protecteurs.
C'est dans ce décor tragique que Messi entre en jeu, lors du match de demi-finales de la Ligue des champions. Le ravisseur en a décidé ainsi : si le Barça gagne, il libère la jeune Bianca. Sinon, elle sera exécutée. Paradoxe insensé faisant coexister la futilité d'un championnat de football et le prix dérisoire d'une vie...
Un texte sombre et incantatoire, à l'écriture pénétrante - comme les tiges de fer et les pioches qui fouillent ces terres voraces -, pour sonder l'ampleur des fissures invisibles, des séismes silencieux qu'elle révèle

 

L'auteur
Sylvain Estibal est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le désert, parmi lesquels un livre d’entretiens avec Théodore Monod, Terre et ciel. Le Dernier Vol de Lancaster, son premier roman, a été adapté au cinéma par Karim Dridi sous le titre Le Dernier Vol (2009), avec Marion Cotillard et Guillaume Canet dans les rôles principaux. En 2011, Sylvain Estibal a réalisé son premier long métrage, Le Cochon de Gaza, qui a reçu en 2012 le César du meilleur premier film. Il possède les nationalités française et uruguayenne. Il vit entre Chypre et le Mexique. En savoir plus sur l'auteur et sur son livre Terres voraces (vidéos).


"Terres voraces" de Sylvain Estibal : le livre à cran sur l'enfer mexicain !
État du Guerrero, au Mexique : une jeune fille de 14 ans disparaît. Signe particulier : la dernière fois qu'on l'a vue, elle portait un maillot de Lionel Messi. Avec son puissant « Terres voraces » (Actes Sud), le romancier Sylvain Estibal nous emmène en enfer.
Sur la carte du Mexique diffusée par le ministère des Affaires étrangères français, la légende distingue quatre zones selon lesquelles le touriste déterminera son itinéraire. En vert, la « vigilance normale » ; en jaune, la « vigilance renforcée » ; les zones orange sont « déconseillées sauf raison impérative », et les zones rouges sont « formellement déconseillées ». Sauf que des zones vertes, il n’y en a pas...
Lire la suite de l'article de Jean-Paul Brighelli sur Marianne.

15 janvier 2022

American Dirt

Jeanine Cummins
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain & Christine Auché
éditions 10/18, 01-2022

 

Résumé éditeur

Libraire à Acapulco au Mexique, Lydia mène une vie calme avec son mari journaliste Sebastián et leur famille, malgré les tensions causées dans la ville par les puissants cartels de la drogue. Jusqu’au jour où Sebastián, s’apprêtant à révéler dans la presse l’identité du chef du principal cartel, apprend à Lydia que celui-ci n’est autre que Javier, un client érudit avec qui elle s’est liée dans sa librairie… La parution de son article, quelques jours plus tard, bouleverse leur destin à tous.
Contrainte de prendre la fuite avec Luca, son fils de huit ans, Lydia se sait suivie par les hommes de Javier. Tous deux vont alors rejoindre le flot de migrants en provenance du sud du continent, en route vers les États-Unis, devront voyager clandestinement à bord de la redoutable Bestia, le train qui fonce vers le Nord, seront dépouillés par des policiers corrompus, et menacés par les tueurs du cartel…
Porté par une écriture électrique, American Dirt raconte le quotidien de ces femmes et de ces hommes qui ont pour seul bagage une farouche volonté d’avancer vers la frontière.
 

Avis de la Presse et des lecteurs à lire sur le site de l'éditeur

La Bestia, c'est un train de marchandises qui circule sur les deux lignes qui longent les côtes caraïbes et pacifiques. Parties du Chiapas, elles se rejoignent dans le centre-sud du Mexique, vont vers la capitale, Mexico, et une gare de triage (Lecheria), d'où rayonnent quatre lignes qui se dirigent vers le Texas, l'Arizona et la Californie.
A propos du train La Bestia :
Un article de Radio Canada de 2014
Un article sur Ouest-France de 2018
Un reportage de Brut Media sur Norma Romero qui depuis 25 ans porte secours aux migrants, 2019

6 novembre 2021

La femme de tes rêves

Antonio Sarabia
traduit de l'espagnol (Mexique) par René Solis
éditions Métailié, 14-2017

Résumé éditeur

Journaliste sportif au Sol de Hoy, Hilario Godínez a des relations ambiguës avec le monde de sa petite ville de la province mexicaine. Une inconnue lui écrit des lettres d'amour depuis dix ans, il n'a aucune idée de son identité. Lui qui rêvait d'être écrivain et dont la carrière littéraire semble définitivement compromise conquiert des admirations encombrantes chez les tueurs du cartel local grâce à ses chroniques de foot.
Le jour où on retrouve dans un dépotoir le corps du brillant footballeur Torito Medina – enfin, une partie du corps –, tout dérape.
Il se retrouve en première ligne et se lance dans la résolution de l'énigme. Au passage il drague la jolie chroniqueuse mondaine de bonne famille qui lui révèle tout un univers de plasticiens et de galeristes.
Son admirateur musclé le met en garde mais il s'obstine dans sa recherche du salaud qui s'amuse à semer les cadavres incomplets dans la ville effrayée.
Dans ce petit polar cruel, Antonio Sarabia offre un portrait saisissant du Mexique d'aujourd'hui, où l'étonnement n'est plus de mise, mais qui laisse quand même une place à l'amour et à l'espoir.

 

Antonio Sarabia, né le à Mexico et mort le à Lisbonne (au Portugal), est un écrivain mexicain, auteur de roman policier. Il fait des études d'information scientifique et technique à l'université ibéro-américaine de Mexico. Il travaille à la radio et dans la publicité. En 1978, à la suite de la publication d'un recueil de ses poèmes, Tres pies al gato, il décide de se consacrer à la littérature.
En 1988, il publie son premier roman, El Alba de la Muerte, grâce auquel il est finaliste pour le prix international de New Diana. Sa fiche sur wikipedia. Sa fiche chez son éditeur Métailié.


No tienes perdon de Dios
editorial Los Libros del Lince, 2018


Resumen 

Antonio Sarabia firma una novela negra llena de poesía.
¿Qué torpezas ha cometido el héroe de esta intriga? Un narrador equívoco le repite sin descanso que no tiene perdón de Dios y él, en su perpetua desdicha, parece confirmar el dictamen. Hilario Godínez tuvo en otro tiempo pretensiones literarias, pero ahora redacta insignificancias deportivas en un periódico local. Su columna, por cierto, deslumbra a los criminales de la ciudad. Su vida es una acumulación de frustraciones solo interrumpida por la correspondencia que mantiene con una dama muy enigmática. Una mañana, sin embargo, el cuerpo desmembrado del futbolista Torito Medina aparece en un muladar de las afueras y esa monótona existencia es engullida por un torbellino insensato. Para salvar el pellejo debe averiguar lo ocurrido y para averiguar lo ocurrido debe jugarse el pellejo.




3 avril 2021

Pour l'amour d'Elena

Yasmina Khadra
éditions Mialet Barrault, 03-2021

 

Résumé éditeur

À l’Enclos de la Trinité, un trou perdu dans l’État mexicain de Chihuahua, Elena et Diego s’aiment depuis l’enfance. On les appelle les « fiancés ». Un jour, Elena est sauvagement agressée sous les yeux de Diego, tétanisé. Le rêve se brise comme un miroir. Elena s’enfuit à Ciudad Juárez, la ville la plus dangereuse au monde. Diego doit se perdre dans l’enfer des cartels pour tenter de sauver l’amour de sa vie.
Pour l’amour d’Elena s’inspire librement d’une histoire vraie.


Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Extraits

C’était pour apprendre à dire les mots qui seyaient à sa beauté que je m’étais mis à dévorer les bouquins. J’en avais chapardé un tas au marché aux puces de San Cristo. Je les lisais sans trop comprendre de quoi il retournait, mais avec la conviction grandissante qu’à la longue je finirais par trouver ces fameuses formules dont raffolent les filles qu’on aime.
Je rêvais de devenir journaliste ; elle me rêvait, moi. À l’époque, elle ne payait pas de mine. Elle était aussi sèche qu’une sauterelle et elle flottait dans sa robe usée telle une âme menue dans un suaire. Puis elle a commencé à s’épanouir comme une fleur sauvage, et plus elle ajoutait de la chair sur ses os, plus elle avivait les fantasmes des louveteaux qui lui tournaient autour.
À Juárez, tout se joue à pile ou face, et tout le monde participe. Parce que le jeu en vaut la chandelle. Tu peux devenir riche en un claquement de doigts. Moi, par exemple, j’étais parti avec une toile d’araignée au fond de la poche. Maintenant, j’ai une caisse de nabab et un joli pied-à-terre avec jardin. Je ne roule pas encore sur l’or mais j’y crois. J’ai des ambitions. Un jour, je m’offrirai un club branché, un harem de putains et un carnet d’adresses blindé où seront répertoriés des stars, des hauts fonctionnaires et des flics influents.

L'auteur

Yasmina Khadra est né en 1955 dans le Sahara algérien. Il est notamment l’auteur d’une trilogie saluée dans le monde entier, Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat et Les Sirènes de Bagdad, consacrée au dialogue de sourds entre l’Orient et l’Occident. L’Attentat a reçu, entre autres, le prix des Libraires. Ce que le jour doit à la nuit a été élu meilleur livre de l’année 2008 par le magazine Lire et a reçu le prix France Télévisions. Adaptés au cinéma, au théâtre (en Amérique latine, en Afrique et en Europe) et en bandes dessinées, les ouvrages de Yasmina Khadra sont traduits en une cinquantaine de langues.

En 2000, il est parti au Mexique avec sa femme et ses enfants pour s'installer par la suite en France en 2001. Cette même année il révèle sa véritable identité avec la parution de son roman autobiographique L'Écrivain. À cette époque ses romans ont déjà touché un grand nombre de lecteurs et de critiques.

13 mars 2021

Les larmes du cochon truffe

Fernando A. Flores
éditions Gallimard, 09-2020

 

Présentation éditeur

 

Ce n’est pas un mur, mais deux qui séparent le Texas du Sud du Mexique sous le regard perçant des Protecteurs de la frontière.
Les cartels alternent exécutions sommaires, intimidations et représailles avec la même violence que les narcotrafiquants d’aujourd’hui. À cette différence près que leur fructueux trafic porte désormais sur les têtes réduites d’indigènes et les objets d’art amérindiens.
Dans ce monde de demain dominé par la corruption, la cupidité, le racisme et les inégalités, Bellacosa, veuf désabusé, recherche son frère, probablement victime d’un enlèvement. En compagnie du journaliste Paco Herbert, qui enquête sur un autre marché scandaleux, il assiste à un banquet clandestin et hors de prix où l’on sert des espèces animales disparues, reproduites selon un procédé appelé la Méthode. Ils y rencontrent le cochontruffe, inoubliable créature, mythique et hautement symbolique.
C’est ici que le réalisme magique rejoint le roman noir.

Source

 

7 décembre 2019

Le lecteur à domicile

Fabio Morabito
éditions Corti, 05 - 2019

 

Présentation de l'éditeur

À Cuernavaca, près de Mexico, Eduardo se voit infliger un travail d’intérêt général original suite à un retrait de permis : faire la lecture à des particuliers. Un jour, il s’aperçoit de la mystification des frères Jiménez, à qui il lit Crime et Châtiment : Luis, invalide, s’exprime à travers Carlos, qui est ventriloque. La famille Vigil, présentée comme sourde et qui lit L’Île mystérieuse sur ses lèvres, lui a menti elle aussi : si la grand-mère est bien sourde-muette et les parents sourds, le jeune homme découvre que les enfants entendent et peuvent parler, mais se sont adaptés à leur entourage. Le seul à l’apprécier est le colonel Atarriaga… qui s’endort, bercé par le ton monocorde avec lequel il lit Le Désert des Tartares. Un jour, Eduardo découvre des poèmes d’Isabel Fraire dans un vieux livre de comptes de son père, et s’aperçoit que Celeste, analphabète, est émue par celui qu’il lui lit. Il découvrira avec stupéfaction qu’elle les connaît par cœur. Pourquoi ?

Parallèlement à ses visites, Eduardo est racketté par Güero, un ancien employé du magasin de meubles de son père qu’il a repris, lié aux narcotrafiquants, car la « ville de l’éternel printemps » où il faisait si bon vivre subit aujourd’hui la loi des cartels. 

Informations
ISBN : 978-2-7143-1221-1
Nombre de pages : 196
prix : 20 €

Condamné à lire pour autrui, un homme se retrouve manipulé, roman du Mexicain Fabio Morabito.
Un article de Philippe Lançon, Libération.

Fabio Morabito a obtenu en 2019 le prix prestigieux Villaurrutia pour Le Lecteur à domicile


El lector a domicilio

Eduardo, el protagonista de esta novela, ha cometido un delito menor por el cual ha sido condenado a un año de trabajo comunitario, que consiste en leer novelas a domicilio a personas enfermas o jubiladas. A pesar de su seductora voz varonil es incapaz de involucrarse en los libros que lee y apenas capta el sentido de las palabras que desfilan antes sus ojos. Sus oyentes se lo reprochan y las amables visitas domiciliarias se convierten en unas situaciones conflictivas que obligarán a Eduardo a cuestionarse como individuo. Atrapado entre el tedio provinciano de una ciudad eternamente primaveral y el peligro de la criminalidad imperante, se dejará arrastrar a una serie de acontecimientos siniestros que de manera totalmente imprevista lo situarán en el meollo de esa población de ancianos a los que de repente se ha visto forzado a dedicar gran parte de su vida.

Con el estilo descarnado de sus cuentos, Fabio Morábito nos ofrece una novela original y vertiginosa en donde un padre enfermo, una poeta misteriosa, una familia de sordos y un lector a domicilio entrecruzan sus destinos en una ciudad que detenta el dudoso record de ser la ciudad con más albercas en el mundo.


27 juin 2019

La guerre des cartels


Trente ans de trafic de drogue au Mexique
Thierry Noël
éditions Vendémiaire, 06-2019

Chaque mois, plus de 2 500 personnes sont assassinées au Mexique. Des villes sont transformées en champs de bataille, que des bandes ennemies parsèment de signaux macabres adressés à leurs adversaires : corps décapités, démembrés, pendus sous des ponts… On n’en finit plus de découvrir des charniers où les cadavres de civils sont laissés à l’abandon. La violence semble avoir atteint dans l’ensemble du pays un paroxysme que même la mobilisation de l’armée peine à empêcher.

Tandis que partout les trafiquants, les narcos, affichent leurs richesses, armes à la crosse dorée à l’or fin à la main, que des chansons populaires sont composées à leur gloire et que les plus célèbres d’entre eux, tels Joaquín Guzmán Loera, dit El Chapo, ont acquis une réputation légendaire.

Comment en est-on arrivé là ?

Pour la première fois, un historien français remonte aux racines du mal, depuis la fin des années 1970 et le déferlement de la cocaïne colombienne jusqu’à la constitution de cartels organisés en véritables multinationales de la drogue, infiltrant tous les rouages de l’État. En leur sein, les narcos se battent sans merci pour imposer leur autorité. Faisant du pays le théâtre d’une guerre civile qui ne dit pas son nom et totalise à ce jour plusieurs centaines de milliers de victimes.

La fiche du livre sur le site éditions Vendémiaire

25 avril 2018

Ni de jour ni de nuit

Perra brava
Orfa Alarcón
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Mélanie Fusaro
éditions Asphalte - 03/2018



Présentation de l'éditeur
Monterrey, au nord du Mexique. Fernanda, vingt ans, rencontre Julio. Une passion dévastatrice les lie immédiatement. Mais la jeune femme prend rapidement conscience qu’elle ne sait pas grand-chose de son petit ami, qui est en permanence escorté par des hommes de main.
Isolée dans une luxueuse villa, Fernanda se coupe bientôt de sa famille, de ses amis, de ses études – d’une existence normale, en somme – et découvre un nouveau quotidien fait d’argent facile, de fêtes bling-bling, d’épouses potiches, de passe-droits et de violence. Certes, tant qu’elle sera avec Julio et lui restera soumise, rien ne pourra lui arriver. Mais viendra le jour où Fernanda perdra ses illusions et découvrira qui elle est vraiment.
Ni de jour ni de nuit est un roman sauvage, énergique, porté par sa jeune et bouillonnante narratrice.


Source : éditions Asphalte


L'avis de Christian Roinat sur Nouveaux Espaces Latinos


Extraits
Monterrey compte aujourd’hui plus d’un million d’habitants ; il y a quelques dizaines d’années à peine, c’était une ville provinciale, tranquille, presque endormie. Mais tout a changé : des cartels de la drogue s’y sont installés, ainsi que dans la région, et la violence a fait son apparition. Règlements de comptes entre bandes rivales, enlèvements contre rançon… sont devenus des phénomènes courants. C’est dans cette ville et dans cette atmosphère que nous entraîne Orfa Alarcón dont Ni de jour ni de nuit est le premier roman.

Fernanda est une jeune femme objet, elle l’assume, le revendique. Comment a-t-elle connu son Julio, elle ne le sait plus trop, ou ne veut pas le raconter, peu importe, elle est à lui et elle aime ça ! Quand ils sortent dans une boîte chic et branchée, elle doit d’abord passer par le salon de beauté, et c’est lui qui choisit sa courte jupe moulante, mais à peine arrivés, il l’oublie dans un coin pour passer des heures avec un groupe de machos, probablement pour parler « affaires ». Lui, il a peut-être un léger défaut : rien ne semble compter à part lui-même, et il n’est pas question de poser la moindre question ou de dire le moindre mot sur ses activités. Son attitude à elle peut se résumer en une simple phrase d’elle : « Depuis le début j’avais offert mon cou à ses dents. » Ah, l’amour !

Dans toute situation, il y a le pour et le contre ; Fernanda en est consciente. Pour elle, le contre, c’est cette atmosphère de violence très marquée (des corps décapités tout de même) qui l’environne ; le pour, c’est la sensation de puissance que lui confère la protection dont elle bénéficie, Julio n’ayant rien ni personne au-dessus de lui, elle se sent au sommet, elle qui poursuit des études de Lettres à la fac locale, pas toujours très assidûment.

Les chapitres, très courts, donnent un rythme trépidant au récit, la narratrice, qui vit parallèlement entre deux univers, la fac et la pègre (une pègre haut de gamme), est perpétuellement pressée d’aller plus loin ; un plus loin qui semble vide et dérisoire, en dehors de cette curieuse soif d’apprendre, de savoir, que ses études aident à étancher. On a rarement vu ce genre d’héroïne qui n’a rien d’une écervelée et qui est consciente de sa situation.

Ni de jour ni de nuit restera probablement l’un des romans les plus originaux ayant pour thème les cartels mafieux, qui sont si souvent décrits dans les romans ou au cinéma. Ici les voyous, tout machos qu’ils soient, peuvent être tendres, montrer parfois des faiblesses et même avoir des éclairs, brefs, c’est vrai, de morale traditionnelle. Ces hésitations, produites par un esprit capable de déchaîner par ailleurs les pires horreurs, font la force de ce premier roman à ne pas manquer.

Christian ROINAT

13 septembre 2017

Les terres dévastées

Emiliano Monge
Las tierras arrasadas
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Juliette Barbara
éditions Philippe Rey, 08/2017




Au fond de la jungle mexicaine, des projecteurs s’allument en pleine nuit : un groupe de migrants, trahis par leurs passeurs, est pris d’assaut par des trafiquants. Certains sont exécutés ; les autres sont stockés dans des camions pour être livrés alentour.
Sous la direction des deux chefs de bande, Estela et Epitafio, les convois prennent la route des montagnes. Ces amants contrariés jouissent des souffrances qu’ils infligent. Obsédés l’un par l’autre, ils tentent vainement de communiquer pour se dire leurs espoirs d’une nouvelle vie.
Tenu en haleine, le lecteur navigue entre les différents protagonistes : Estela et sa cargaison dans une direction, Epitafio dans une autre, son homme de main occupé à ourdir quelque vengeance, les jeunes passeurs qui répètent inlassablement leur triste tour… tandis que le chœur des migrants devient peu à peu « sans voix, sans âme et sans nom ».
Dans ce récit construit avec une impeccable maîtrise, où les hommes et les femmes sont réduits à l’état de marchandises, Emiliano Monge met à nu l’horreur et la solitude, mais aussi l’amour, la loyauté et l’espérance qui animent les êtres.
Tragédie moderne à la prose rythmée, Les terres dévastées happent le lecteur dans un tourbillon aussi bouleversant que dérangeant.

L'auteur
Emiliano Monge est né à Mexico, le 6 janvier 1978.  Il a étudié les Sciences Politiques à l’Université Nationale Autonome de Mexico, où il a donné des cours. Il a publié des récits, chroniques et notices littéraires dans Letras Libres, La Jornada et dans le supplément littéraire « Hoja por Hoja » du journal Reforma. Actuellement il se consacre pleinement à l’écriture. Ancien éditeur et journaliste, il est l’auteur de trois romans remarqués et fait partie des «Bogota39», les 39 meilleurs auteurs d’Amérique du Sud de moins de 40 ans désignés par le Hay Festival. Traduit dans plusieurs pays, Les terres dévastées ont été récompensées en 2016 par l’un des plus importants prix littéraires sud-américains, le prix Elena Poniatowska.


Source : éditions Philippe Rey


Una road novel de altísimo voltaje estilístico y ritmo trepidante que recrea el drama colectivo de la migración, donde la ficción y la realidad -testimonios de inmigrantes dan forma a los coros de la novela- entretejen un mosaico conmovedor, perturbador y memorable.

En lo profundo de la selva y de la noche se encienden varios reflectores y un grupo de inmigrantes es sorprendido y atacado por otro grupo de hombres y mujeres, presas de la patria en la que viven y de sus propias historias. Así arranca estaroad novelque atraviesa una narración donde los seres humanos son reducidos a mercancía, donde la violencia es el marco en el que suceden todas las historias y donde el espacio está corrompido por la miseria y la moral de los seres que lo habitan, pero también donde surge una historia enigmática de amor inesperado: la de Estela y Epitafio, jefes de la banda de secuestradores.
A través de los protagonistas y de la masa de inmigrantes, cuya individualidad se desmorona poco a poco, Emiliano Monge retrata este holocausto del siglo XXI, desnuda el horror y la soledad, pero también la lealtad y la esperanza que combaten en el corazón del ser humano.

26 juillet 2017

La femme de tes rêves

Antonio Sarabia
No tienes perdon de Díos
traduit par René Solis
éditions Métailié, 04/2017



Journaliste sportif au Sol de Hoy, Hilario Godínez a des relations ambiguës avec le monde de sa petite ville de la province mexicaine. Une inconnue lui écrit des lettres d’amour depuis dix ans, il n’a aucune idée de son identité. Lui qui rêvait d’être écrivain et dont la carrière littéraire semble définitivement compromise conquiert des admirations encombrantes chez les tueurs du cartel local grâce à ses chroniques de foot.
Le jour où on retrouve dans un dépotoir le corps du brillant footballeur Torito Medina – enfin, une partie du corps –, tout dérape. Il se retrouve en première ligne et se lance dans la résolution de l’énigme. Au passage il drague la jolie chroniqueuse mondaine de bonne famille qui lui révèle tout un univers de plasticiens et de galeristes.
Son admirateur musclé le met en garde mais il s’obstine dans sa recherche du salaud qui s’amuse à semer les cadavres incomplets dans la ville effrayée.
Dans ce petit polar cruel, Antonio Sarabia offre un portrait saisissant du Mexique d’aujourd’hui, où l’étonnement n’est plus de mise, mais qui laisse quand même une place à l’amour et à l’espoir.
L'auteur
Antonio Sarabia est né à Mexico en 1944. Spécialiste de la communication, il a commencé sa carrière d’écrivain à 50 ans par un roman historique sur le théâtre au Siècle d’or. Il a vécu à Guadalajara, Paris et Lisbonne, où il s’est éteint au début du mois de juin 2017. Il repose auprès de son ami Antonio Tabucchi dans le carré des écrivains.

22 avril 2017

Disparition du journaliste et écrivain mexicain Sergio González Rodríguez

C’est une des voix les plus honnêtes, les plus indépendantes et courageuses du pays qui s’éteint.

Muere Sergio González Rodríguez, el autor de Huesos en el desierto y premio Anagrama. El escritor y periodista mexicano (Ciudad de México, 1950) ha fallecido el 3 de abril 2017. Su obra contiene un reguero de pistas para llegar a comprender el fenómeno de la violencia en México. Premiado y reconocido fuera y dentro de su país, su compromiso le colocó también físicamente en el centro de la diana del terror. En 1999, mientras investigaba la matanza de mujeres en Juárez para su monumental Huesos del Desierto, unos sicarios lo asaltaron en un taxi y lo golpearon hasta dejarle una cojera crónica y un coagulo en la cabeza. 
Lire l’article (en espagnol) sur El País 

Lire la chronique de Huesos en el desierto sur ce blog


Sergio González Rodríguez (Foto: Héctor González / Aristegui Noticias)

En 2015, il avait publié un livre sur le cas Ayotzinapa, Los 43 d'Iguala


México: verdad y reto de los estudiantes desaparecidos

«Tengo frente a mí –escribe el autor–, sobre mi mesa de trabajo, fotografías, documentos, informes, transcripciones judiciales, testimonios, grabaciones, videos acerca de la crueldad extrema que aconteció una noche de verano en una ciudad al sur de México, la cual, por un entrecruzamiento avieso de sucesos, predestinaciones, azares, intenciones, se convierte en un ejemplo exacto de la vigencia de lo perverso bajo la apariencia de lo normal: allí donde confluyen el poder y el contrapoder del orden global.» La noche del 26 de septiembre de 2014 en Iguala, Guerrero, decenas de estudiantes mexicanos fueron atacados por policías y criminales. Después sucedió una de las barbaries más estremecedoras de los últimos tiempos. Según el gobierno mexicano, los jóvenes fueron secuestrados y sufrieron golpes y torturas antes de ser asesinados; sus cuerpos fueron incinerados por los criminales. Las familias de las víctimas se negaron a aceptar lo sucedido bajo un reclamo: «¡Vivos se los llevaron, vivos los queremos!», e incriminaron al Estado. La indignación que suscitaron esas atrocidades dividió a las personas en dos bandos: quienes apoyan a ultranza la causa de los estudiantes y quienes aceptan la «verdad histórica» del gobierno.

Este libro propone una lectura que rompe tal división artificiosa entre buenos y malos, insurrectos y gobiernistas, para comprender una crueldad que remite a la normalidad de lo atroz, al exterminio de personas entre los resquicios de las reglas universales, al orden constituido, a las relaciones entre México y la mayor potencia del planeta: los Estados Unidos. «Debo hablar –afirma González Rodríguez– de lo que nadie quiere ya hablar. Contra el silencio, contra la hipocresía, contra las mentiras, habré de decirlo. Y lo hago porque sé que otros como yo, en cualquier parte del mundo, comparten esta certeza: el influjo de lo perverso ha devorado la civilización, el orden institucional, el bien común.»

En memoria de los 43, y a través de una crónica-ensayo muy documentada y mejor argumentada, se revelan los agentes, factores, causas, fuerzas y responsabilidades que fueron el detonante de aquella noche de atrocidades.

El autor alerta: «Esta historia sucede ahora en otras partes del mundo de modo semejante y nos resistimos a verlo. Si alguien lo niega o lo duda, le reto a que lea completo este libro. Debemos recobrar la lucidez ante la actualidad del horror consentido, y ejercer la libertad de transformar lo aciago.»