16 septembre 2014

Gilberto Bosques, la diplomatie au service de la liberté, Paris-Marseille (1939-1942)


Gérard Malgat
Editions L’Atinoir, 2013

Préface de Stéphane Hessel

Présentation de l'éditeur :
L’itinéraire de Gilberto Bosques, jalonné par ses combats, commence au cœur de la révolution mexicaine. Il se destinait à être instituteur mais il interrompt ses études pour participer à la lutte armée au nom de la justice et pour la dignité d’un peuple dont les droits à la terre, à l’éducation, à la libre expression sont bafoués en se lançant dans la Révolution mexicaine. Puis il prend part au combat politique comme député et comme journaliste. Si la plume remplace le fusil, son engagement reste le même.
Quand le président Lázaro Cárdenas lui propose d’intégrer le corps diplomatique mexicain et de le nommer consul général à Paris à partir du 1er janvier 1939, Gilberto Bosques sait qu’il va être confronté aux agressions totalitaires qui dévastent l’Espagne et menacent de se propager en Europe. Dès sa prise de fonction, il entreprend de venir en aide aux centaines de milliers de républicains espagnols qui ayant passé la frontière pour fuir la répression franquiste sont parqués dans des camps d’internement par un gouvernement français qui renâcle à accueillir cette masse de réfugiés, ces « rouges » espagnols suspectés d’inoculer le vers révolutionnaire dans le fruit de la vieille république libérale.
À Paris, puis à Marseille et Vichy après la défaite et pendant l’Occupation, les diplomates mexicains consacrent tous leurs efforts à aider les réfugiés.
Gilberto Bosques utilise la diplomatie comme un outil efficace pour porter secours à tous les « indésirables » : républicains espagnols, antifascistes allemands, autrichiens, hongrois, italiens, yougoslaves, juifs de la diaspora européenne, tous persécutés par la police, les militaires et les agents de renseignements français, allemands et espagnols.
Source : éditions L'Atinoir

L'article de Jacqueline Covo-Maurice dans les Cahiers de civilisation espagnole contemporaine (extraits)

Étudiant instituteur, Gilberto Bosques participe à la Révolution mexicaine dans le camp des « Constitutionnalistes », contribue à la profonde réorganisation du pays qui la suit comme député et journaliste, et est ensuite nommé consul à Paris en 1938 par le Président Lazaro Cardenas. C’est ce moment clé de sa trajectoire qui est l’objet du travail de Malgat.

Sans académisme pesant, le contexte apparaît clairement ; certes, les relations entre le Mexique de Cardenas puis de Avila Camacho et la République espagnole sont connues, mais l’auteur développe utilement les répercussions sur le drame des réfugiés républicains de la reconnaissance par la France du régime de Franco, puis de la Collaboration avec l’occupant allemand, tant en France – hôte malgré elle – qu’en Espagne qui réclame inlassablement leur extradition, et au Mexique, refuge potentiel lointain qui, on le sait, n’a jamais reconnu le gouvernement franquiste. Les points forts en sont la formation et l’action du sere (Service d’Évacuation des Républicains Espagnols) créé par Negrín et très vite pris en charge par la légation mexicaine, puis de la jare (Junte d’Aide aux Républicains Espagnols) ; en face, les tentatives de l’ambassadeur de Franco, Lequerica, pour neutraliser leur action, et les efforts du régime de Vichy soumis à l’occupant pour éviter de reconnaître la qualité de réfugiés politiques aux républicains espagnols, malgré l’accord franco-mexicain en ce sens signé en août 1940. Au centre de ces forces contradictoires, l’action diplomatique et le talent d’organisateur inlassables de Gilberto Bosques.

Sont ainsi étudiés le travail de recensement effectué par le consul – 150 000 réfugiés espagnols en France à l’été 40 – la signature de visas, le départ de bateaux – dont le fameux Sinaïa – d’abord effectif malgré les nombreux obstacles en 1939, très difficile après la déclaration de guerre, et surtout l’accueil des réfugiés dans les châteaux de la Reynarde et de Montgrand – qui héberge les femmes et les enfants – tous deux en zone libre, près de Marseille. Grâce aux témoignages et rapports, la vie quotidienne de plus de mille personnes dans ses aspects multiples, ravitaillement, agriculture, ateliers, activités culturelles et sportives, santé… est étudiée minutieusement, et laisse apparaître l’implication personnelle du consul dans son organisation rigoureuse.

L’œuvre humaniste de Bosques immense, est cependant de courte durée puisque, dès la fin de 1941, le durcissement de l’occupation allemande ferme le château de la Reynarde, puis celui de Montgrand ; les départs de bateaux, de plus en plus difficiles, cesseront à la fin de 1942. Huit mille réfugiés espagnols environ auront pu émigrer entre 1940 et 1942 grâce à Gilberto Bosques, parmi lesquels Max Aub, Victor Serge, Anna Seghers, et les nombreux « niños de Morelia » dont beaucoup deviendront Mexicains.
Référence électronique
Jacqueline Covo-Maurice, « Gérard Malgat, Gilberto Bosques la diplomatie au service de la liberté. Paris, Marseille (1939-1942) », Cahiers de civilisation espagnole contemporaine [En ligne], 12 | 2014, mis en ligne le 26 mars 2014, consulté le 16 septembre 2014. URL : http://ccec.revues.org/5109





Gilberto Bosques, la diplomacia al servicio de la libertad. París-Marsella (1939-1942)


El profesor poblano, periodista y diplomático, convertido en 1939 cónsul de Francia por órdenes del entonces presidente Lázaro Cárdenas, jugó un papel trascendental en el salvamento de miles de refugiados políticos españoles, y aunque en menor medida, también de otras nacionalidades...



Un articulo a leer en El Universal
por Diana Mandiá


La traduction du livre en espagnol vient d'être publiée :
Gilberto Bosques, la diplomacia al servicio de la libertad. París-Marsella (1939-1942),
Mexico, Conaculta, Vanilla Planifolia, Casa Refugio Citlaltépetl, 2013, 378 p.



Une projection du documentaire de Lilian Liberman aura lieu à Montpellier, le 2 octobre à 20:00 au cinéma UTOPIA, suivie d'un débat animé par des membres de l'association franco-mexicaine Uniframex. Voir sur le blog d'Uniframex.






9 septembre 2014

Triple crossing

Sebastian Rotella
traduit de l'anglais par Anne Guitton
éditions Liana levi, 2012

Résumé de l'éditeur :
Chaque nuit, sur la Ligne entre le Mexique et les États-Unis, une foule de migrants tentent leur chance. Et chaque nuit, les agents de la patrouille frontalière américaine sont là pour les refouler. Certains, sans scrupule, profitent de la faiblesse des clandestins et donnent libre cours à leurs penchants sadiques. D'autres, comme Valentin Pescatore, essaient de s'en tenir aux règles. Cela ne l'empêche pas de commettre une entorse qui pourrait lui valoir une sanction sévère, à moins de collaborer... Mais avec qui, au juste ? C'est bien les Américains qui lui demandent d'infiltrer une famille de narcos de Tijuana, mais qui peut garantir que son inexpérience ne va pas l'entraîner du côté de la corruption, de la drogue et de l'argent facile ? En tout cas, c'est ce que redoute Leo Méndez, flic mexicain aux allures de justicier... Sebastian Rotella nous conduit vers de troubles frontières dans un thriller saisissant sur la mondialisation du crime.
L'avis de Julien Bisson, de l'Express :
Dès le préambule de Triple Crossing, Sebastian Rotella l'affirme sans ambages : si son premier roman est une fiction, tout ce qu'il y raconte est vrai, nourri par des années de reportages acclamés pour le Los Angeles Times. Des trafics en tous genres aux méthodes troubles de la police, en passant par la folle prison de Tijuana, ce cousin de Don Winslow donne ainsi à voir la réalité d'une Amérique latine à la dérive, minée par les cartels, la violence et la corruption. Un cocktail délétère qui culmine dans la Triple Frontière éponyme, aux confins du Brésil, de l'Argentine et du Paraguay. Une jungle sans loi livrée aux pègres du monde entier, devenue plaque tournante de ce que la globalisation a de pire à offrir... Passionné et passionnant, Sebastian Rotella nous gratifie, lui, d'un prodigieux thriller, comme un hommage à la lutte inégale d'une poignée d'honnêtes hommes face au chaos de notre époque. Lire l'intégralité sur le site de L'Express.
Le livre est disponible au format poche aux éditions 10-18 depuis 2013. On  notera au passage le changement d'image de couverture, le cactus sur fond nocturne étant remplacé par une photo de la frontière dans les environs de Tijuana.

 

8 septembre 2014

Tu marcheras avec le soleil


Alfonso Mateo-Sagasta
Traduit de l’espagnol (Espagne) par Philippe Rabaté
Payot – Rivages, 2014

Résumé de l'éditeur :
Gonzalo Guerrero est un conquistador ambitieux, qui part à la découverte du Nouveau Monde. Vers 1511, le naufrage de son navire le conduit près de la Jamaïque. Une partie de l'équipage trouve la mort ; les autres, dont Guerrero, s'adonnent au cannibalisme pour survivre, puis sont réduits en esclavage par une tribu maya. Lorsqu'il découvre cette culture fascinante, il s'imprègne de ses rituels au point de devenir l'un des leurs.
Récit d'aventures au rythme haletant, Tu marcheras avec le soleil s'inspire de faits réels. Traître ou héros, Gonzalo Guerrero est le personnage romanesque par excellence, symbole des ambiguïtés et des controverses de l'Histoire

Pour ce livre, l’auteur a reçu le prix CajaGranada de la nouvelle historique en 2011.


Caminarás con el sol
De bolsillo 2012

Reseña del editorial :
En noviembre de 1536, el gobernador de Guatemala informó, aliviado, de la muerte de Gonzalo Guerrero, el español que llevaba veinte años creando problemas a los conquistadores en las selvas del Yucatán.Todo empezó cuando una carabela naufragó al sur de Jamaica y el mar empujó a los supervivientes hacia la costa de una tierr a desconocida. Nada más llegar, los náufragos fueron capturados por una partida de guerreros que sacrificó a los más fuertes en el altar de sus feroces dioses y esclavizó al resto. Ocho años más tarde, sólo dos de aquellos hombres seguían con vida: Jerónimo de Aguilar que, llegado el momento, no dudó en incorporarse al ejército de Hernán Cortés; y Gonzalo Guerrero, quien, pese a intuir su destino, decidió permanecer hasta el final al lado de aquellos que lo habían esclavizado.Desde entonces, a uno y otro lado del mar se repite la pregunta de si Gonzalo Guerrero fue un héroe o un traidor. Tal vez fuera ambas cosas, o quizás sólo un hombre capaz de mirar con otros ojos el convulso mundo que le rodeaba.«Intensa, reveladora, cinematográfica son algunos de los calificativos que merece esta novela. Gonzalo Guerrero, un personaje con tantos registros y matices, necesitaba encontrarse con un autor como Mateo- Sagasta, maestro en el género.

A lire aussi sur ce blog

5 septembre 2014

Fête de l'Indépendance 2014

La Fête mexicaine de l'Indépendance ("El grito" 2014) est célébrée à Montpellier par la communauté franco-mexicaine. L'association franco-mexicaine UNIFRAMEX organise cet évènement , le 13 septembre de 18:00 à 23:30.

Contexte historique
Au Mexique, la célébration de cette fête nationale a lieu dans la soirée du 15 au 16 septembre. Elle honore les héros qui luttèrent pour gagner l'indépendance du Mexique face à la couronne d'Espagne en 1810. Ceci a été que le début d’une longue lutte qui s’acheva le 27 septembre 1821 quand Vicente Guerrerro, chef de l’armée des Trois Garanties (Religion, Union et Indépendance), entra triomphalement dans la ville de Mexico avec Agustín Iturbíde, et immédiatement se forma le premier gouvernement indépendant.

" El Grito " (le cri de l'indépendance) rappelle la liste des héros et leurs actions. Il est prononcé chaque 15 septembre à 23:00 par le Président du Mexique :
« Mexicanos: ¡Viva nuestra independencia ! ( et le peuple répond) ¡ VIVA !
¡Viva Hidalgo! ¡VIVA !
¡Viva Morelos! ¡VIVA!
¡Vivan los héroes que nos dieron patria! ¡VIVA!
¡Viva nuestra libertad! ¡VIVA!
¡VIVA MEXICO! ¡VIVA !
¡VIVA MEXICO! ¡VIVA !
¡VIVA MEXICO! ¡VIVA ! »


Cette fête rassemble traditionnellement tous les mexicains, et ceux vivants à l'étranger en ont fait une date incontournable pour se retrouver en famille, entre amis, dans une ambiance chaleureuse et typique.

A Montpellier, c'est la 3e fois qu'Uniframex organise cet évènement. Cette année, la fête se déroulera à la salle Voltaire (Maison Pour Tous Voltaire, square Jean Monnet - Tram ligne 3 arrêt Voltaire) de 18:00 à 23:30. Plusieurs animations sont proposées, piñata, tombola, danse et concours de costumes traditionnels (adultes et enfants). La soirée sera animée par les mariachis CoraSon de Mexico, d'Alejandro Pinto.

El Grito sera donné aux alentours de 22:00.

Une restauration mexicaine est proposée, avec notamment des variétés de tacos, quesadillas et des bières mexicaines.



1 septembre 2014

Viva

Patrick Deville
éditions du Seuil - 08/2014

Présentation de l'éditeur :
En brefs chapitres qui fourmillent d’anecdotes, de faits historiques et de rencontres ou de coïncidences, Patrick Deville peint la fresque de l’extraordinaire bouillonnement révolutionnaire dont le Mexique et quelques-unes de ses villes (la capitale, mais aussi Tampico ou Cuernavaca) seront le chaudron dans les années 1930. Les deux figures majeures du roman sont Trotsky, qui poursuit là-bas sa longue fuite et y organise la riposte aux procès de Moscou tout en fondant la IVe Internationale, et Malcolm Lowry, qui ébranle l’univers littéraire avec son vertigineux Au-dessous du volcan. Le second admire le premier : une révolution politique et mondiale, ça impressionne. Mais Trotsky est lui aussi un grand écrivain, qui aurait pu transformer le monde des lettres si une mission plus vaste ne l’avait pas requis.

On croise Frida Kahlo, Diego Rivera, Tina Modotti, l’énigmatique B. Traven aux innombrables identités, ou encore André Breton et Antonin Artaud en quête des Tarahumaras. Une sorte de formidable danse macabre où le génie conduit chacun à son tombeau. C’est tellement mieux que de renoncer à ses rêves.

Cela fait dix ans que conter ces deux histoires trottait dans la tête de l’auteur. Dix ans qu’il séjourne au Mexique une à deux fois par an, sur les traces de ses héros afin de réaliser ce qu’il décrit comme «un roman d’aventure sans fiction».

Un bon livre pour les amoureux d’histoire, de littérature et du Mexique.

24 juillet 2014

Cortés


Christian Duverger
éditions Fayard - 2001

Hernan Cortes fut la grande figure espagnole de la conquête de la Méso-Amérique.
L’auteur de ce livre, Christian Duverger, nous dresse un portrait magistral de ce « conquistador » qui par son parcours et sa forme de pensée se démarque des hommes de son époque. « Cortes s’exprime en latin ce qui casse évidemment l’image du conquistador inculte et brutal » mentionne l’auteur.

Arrivant d’Espagne en 1506, Cortes fait ses classes à Cuba et à Saint Domingue. En 1519 il quitte Cuba pour les terres se trouvant à l’ouest. En moins de deux ans, Hernan Cortes conquiert l’empire aztèque, territoire de l’actuel Mexique, et essaie d’accomplir son idéal de colonisation. Il se bat pour mettre en place une société métisse et prône la fusion entre espagnols et indigènes, ce qui n’est pas du goût de la Vieille Castille.

Cortes, bien que déjà marié en Espagne, vit avec une interprète indienne, la Malinche, qui lui donnera un fils mais qui lui permettra, surtout, de mieux s’intégrer dans la communauté indigène. Adulé par certains, méprisé par d’autres, il restera toujours écartelé entre deux mondes.

Christian Duverger ne peut cacher son admiration pour son héros et nous le rend attachant malgré son comportement qui reste très contestable, d’un point de vue humain. Cependant ce livre est un fantastique témoignage de cette époque dramatique qui a changé à jamais l’histoire du continent américain.

« Christian Duverger est directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (chaire d'anthropologie sociale et culturelle de la Méso-Amérique). Depuis 1973, il a parcouru l'Amérique centrale et le Mexique où il a dirigé de nombreuses missions scientifiques. » Il est l’auteur de La Fleur létale (Seuil, 1979), de L’Origine des Aztèques (Seuil, 1983 et « Points Histoire », 2003), et d’une biographie de Cortès (Fayard, 2001) qui a fait date.


En castillan
editorial Taurus
2005

Hernan Cortes fue la gran figura de la conquista española de Meso-América. El autor de este libro, Christian Duverger, nos presenta un retrato magistral del "conquistador", quien a través de su trayecto y su forma de pensar se distingue de los hombres de su tiempo. "Cortés se expresa en latín lo que, obviamente, rompe la imagen del conquistador inculto y brutal." menciona el autor.

Llega de España en 1506, y hace su instrucción militar en Cuba y en Santo Domingo. En 1519 sale de Cuba para explorar las tierras al oeste. En menos de dos años, Hernán Cortés conquista al imperio azteca, territorio del México de hoy, y trata de lograr su ideal de colonización. Lucha para establecer una sociedad mestiza y promueve la fusión entre españoles e indígenas, lo que no agrada a la vieja España.

Cortes, aunque casado en España, comparte su vida con una intérprete indígena, la Malinche, de la cual tendra un hijo, pero lo más importante es que le permite una mejor integración en la comunidad indígena. Adorado por unos, odiado por otros, siempre se debate entre dos mundos.

Christian Duverger no puede ocultar su admiración por su héroe y nos lo hace entrañable a pesar de que el comportamiento de este, sigue siendo altamente cuestionable, desde un punto de vista humano. Sin embargo, este libro es un fantástico testimonio de esta época dramática que cambió para siempre la historia del continente americano.

Christian Duverger es director de estudios en « l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales” (cátedra de antropología social y cultural de Mesoamérica). Desde 1973, ha viajado en América Central y en México, donde dirigió numerosas misiones científicas.

ChB




En janvier 2013, Christian Duverger a publié Cortès et son double - Enquête sur une mystification.


Présentation de l'éditeur
1568. Un ancien compagnon de Cortés, Bernal Díaz del Castillo, écrit, à la fin de sa vie, L’Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne, considérée encore aujourd’hui non seulement comme un document de première main, mais comme un authentique chef-d’œuvre littéraire, qui met en scène, sur fond de volcans mexicains, des conquistadores, des franciscains, des courtisans, des guerriers indigènes… Voilà la version officielle. Mais elle ne résiste pas à l’examen approfondi auquel se livre Christian Duverger. Alors surgit une énigme : qui est cet homme qui se cache dans l’ombre ? Quel est son dessein ?

Avec une écriture jubilatoire, Christian Duverger nous entraîne dans une enquête au long cours, où l’on côtoie Cortés et Malinche, Díaz del Castillo, Charles Quint et José Maria de Heredia. On s’invite à quelques procès, on ouvre des testaments, on surprend des complots d’antichambre. On suit à la trace de précieux manuscrits qui disparaissent et réapparaissent en Espagne, au Mexique, au Guatemala. On entre peu à peu dans l’alchimie d’une insoupçonnée création littéraire qui sut déjouer l’absolutisme et ses interdictions pour défier le temps. Et au cœur de l’énigme, on découvre ce que la gloire doit au secret.

Christian Duverger, spécialiste du monde méso-américain, historien et archéologue,  est l’auteur de La Fleur létale (Seuil, 1979), de L’Origine des Aztèques (Seuil, 1983 et « Points Histoire », 2003), et d’une biographie de Cortès (Fayard, 2001) qui a fait date.


Également publié chez Taurus en 2013 en castillan, Hernán Cortés -Más allá de la leyenda.


Reseña del editor
La Conquista de México arroja una cruda luz sobre la complicada mezcla de la civilización humana. En ese encuentro del Viejo y el Nuevo Mundo, choque de una inusitada violencia, cada uno ve la barbarie en el otro campo. ¿Cómo interpretar una cultura en la que se yuxtaponen las hogueras de la Inquisición y el espíritu libre del Renacimiento? ¿Cómo comprender el refinamiento de los aztecas y a la vez su práctica del sacrificio humano? ¿Fue Hernán Cortés el conquistador brutal que sugiere su negativa leyenda?

En esta biografía, Christian Duverger despoja al hombre de su condición de mito para perfilar a un personaje nada ordinario y muy lejos del tradicional arquetipo: Cortés es culto, seductor y refinado; prefiere el gobierno de las mentes a la fuerza, que, no obstante, sabe manejar. Tiene voluntad e inteligencia; conoce tanto el éxito como el fracaso; posee familia y amigos y se debate entre amores complicados; envejece; sus reflexiones profundas chocan con sus preocupaciones más terrenas y, cuando ve venir la muerte, juzga su época.

Duverger dibuja así a un Cortés de personalidad compleja cuyos contornos son, sin duda, polémicos, y que se inscribe en una fase particularmente sensible de la historia de América, en la que las sociedades indígenas sufren la intrusión española. Para Duverger, Cortés, hijo de Castilla, es al mismo tiempo un tránsfuga que elige muy pronto a la América de los indios. En ruptura con su cultura de origen, sueña con fundar otro mundo a partir del mestizaje.

23 juillet 2014

Guerrero, d'après l'histoire de Gonzálo Guerrero, "el renegado"

Dessins de Camille Legendre, scénario de Richard Marazano
Editions Carabas
Tome 1, L’étranger, 2008
Tome 2, Le destin accompli, 2009

Ce récit de Richard Marazano et Camille Le Gendre s’inspire de l’histoire de Gonzálo Guerrero. Ce Castillan est un des seuls survivants d’une expédition ayant fait naufrage en 1511 près de la péninsule du Yucatan. Capturés par les Mayas, Gonzalo Guerrero et le frère franciscain Gerónimo de Aguilar, sont les deux seuls espagnols à survivre à ce périple.

Les duègnes lui ont prédit un avenir magnifique à sa naissance. Habité par leurs voix, Guerrero est parti conquérir le Nouveau Monde. Capturé par des guerriers du Yucatán, il voit ses compagnons d’armes offerts en sacrifice à des dieux avides de sang. Pourtant la beauté du lieu, la simplicité des habitants, la bonté d’Ukmal, son maître, et de sa famille le touche profondément. Alors qu’il s’acclimate peu à peu à sa nouvelle vie, son âme est déchirée entre ses racines espagnoles et ce monde qu’il découvre un peu plus chaque jour. Son propre nom est un tourment : Guerrero, le guerrier, élevé pour combattre et tuer. Quel sera donc son choix ?

L’histoire se déroule au rythme de la rencontre de deux mondes et de la compréhension qui, peu à peu, se fait jour chez l’Ibérique. A l’horreur engendrée par les sacrifices sanglants des prisonniers qui périssent en haut des pyramides sous le couteau d’obsidienne succède l’étonnement face à un univers inconnu, un chatoiement de couleurs inouï, une douceur de vivre exceptionnelle. Effleurant la corde de la sensibilité, Marazano parvient à transcrire avec force et justesse cet apprentissage mutuel entre l’étrange étranger blanc et ces Mayas impénétrables. Parallèlement à son acclimatation progressive, les interrogations de Guerrero, d’abord nombreuses, se dispersent avant de s’effacer en fin d'album. Elles prennent la forme d’un chœur de duègnes. Toutes de noires vêtues, pareilles aux sorcières de Macbeth, elles lui rappellent sans cesse ses origines, le persécutent de leurs cris et de leurs accusations. La mise en scène très théâtrale liée à leur apparition s’apparente fortement aux pièces des plus grands dramaturges de la Grèce Antique.
Une page du tome 1 - © Editions Carabas 2008 Marazano/Le Gendre
L’impression que ces femmes font est d’autant plus grande que Camille Legendre les représente dans leurs vêtements sombres sur un fond gris – celui de la mémoire ou de la stérilité de leur intransigeance aveugle ? Leurs visages pâles déformés évoquent le personnage hurlant de Munch, tandis que les Mayas et Guerrero se détachent et s’animent dans les ocres, les bruns et les rouges flamboyants du Nouveau Monde. Formidable peintre, Legendre rend magnifiquement la noblesse des traits mayas, l’intensité de la violence et la douceur infinie de cette terre. Ici le lecteur reconnaît les panaches de plumes qu’affectionnaient les Amérindiens, là les ébauches et esquisses de quelques monuments précolombiens. C’est une fresque mouvante et vivante qui se déroule pour le plus grand plaisir des yeux.
L’étranger est le splendide premier volet d’un diptyque, qui s’annonce très prometteur. A ne pas manquer, ne serait-ce que pour le graphisme !
Chronique de M. Natali sur BDGest.


Dans le tome 2, Le destin accompli, conquistador échoué en terres Maya, Guerrero abandonne son nom pour prendre celui d’Aroca. Alors que les conquêtes de Cortès menace sa cité, c’est lui, le blanc tatoué, l’hidalgo renié, qui prendra les armes et mènera la révolte.



Quelques mots sur Gonzálo Guerrero

Gonzalo Guerrero, originaire de Huelva, est l'un des deux Castillans naufragés que Hernán Cortés rencontre lors de son expédition sur la péninsule du Yucatan. Il est le symbole pour certains de l'indianisation extrême et pour la plupart des historiens du métissage. Victime, tout comme Geronimo de Aguilar, d'un naufrage en 1511, il parvient à s'intégrer dans une tribu indienne. Retrouvé par Cortès en 1519, Gonzalo était marié et père, tatoué, le visage peint, les oreilles percées ; il refuse de réintégrer la vie européenne. Il est accusé d'avoir fait échouer la première expédition envoyée au Mexique (celle de Hernandez de Cordoba en 1517). En effet, les Indiens de Campeche avaient mal accueilli les envahisseurs castillans au cri surprenant de "Castilan, Castilan ".

Source : wikipedia


 Vignette dans le tome 2 - © Editions Carabas 2009 Marazano/Le Gendre

 Jerónimo de Aguilar y Gonzálo Guerrero : dos actitudes frente a la historia
A lire dans Mexico desconocido, un article (en castillan) sur Jerónimo de Aguilar et Gonzálo Guerrero, deux attitudes face à l’histoire.

Un article de L’Universal consacré au documentaire de TV-Unam, réalisé en 2013 sur Gonzálo Guerrero. TV-Unam a reçu le prix national de journalisme pour ce documentaire : « Entre dos mundos. La historia de Gonzálo Guerrero ».



Aujourd’hui, Gonzálo Guerrero est souvent appelé le père du métissage.
En 1527, Francisco de Montejo cruzó el océano Atlántico con el objetivo de conquistar la región maya. Entre tanto, el imperio azteca había caído ya en manos de Hernán Cortés. Gonzalo Guerrero y los mayas dieron la más férrea defensa, y el padre del primer mestizaje en lo que hoy es México murió en la batalla de Puerto Caballos, en Honduras. Al día siguiente de la batalla, el 14 de agosto de 1536, el gobernador Andrés de Cerezeda dio fe del suceso. Por su parte, los españoles se refirieron a Gonzalo Guerrero como el maldito traidor, apóstata que renegó de su patria, de su sangre, de su fe y negó a Cristo.

En cambio, agradecidos, los mestizos de Quintana Roo escribieron en su himno :
Esta tierra que mira al oriente,
cuna fue del primer mestizaje
que nació del amor sin ultraje,
de Gonzalo Guerrero y Za'asi.
Gonzálo Guerrero et le métissage ont été au centre d'un cycle de conférences en 2011 au Quintana Roo.


Il est aussi le sujet de plusieurs livres :

Un roman de Eugenio Aguirre, traduit en français et publié aux éditions l'Harmattan (épuisé).

La novela es un recuento realista y bien documentado de la odisea de este héroe olvidado por el tiempo. El lenguaje y la ambientación evidencian un gran conocimiento de la región y su historia, así como de la cultura maya, lo que hace a esta obra sumamente recomendable para quien desee acercarse al tema con un interés más allá del gusto por la aventura. Su autor Eugenio Aguirre, quien ha recreado en novelas anteriores la vida de personajes como Isabel Moctezuma, Hidalgo y otros, recibió por su magnífica obra sobre Gonzalo Guerrero, la Gran Medalla de Plata de la Academia Internacional de Lutèce 1981.


Une étude de Carlos Villa Roiz.



En Gonzalo Guerrero…, Carlos Villa Roiz presenta la vida de Gonzalo Guerrero (España, ¿1470? – Honduras, 1536), quien fue quizás el primer “conquistador” en conquistar realmente, es decir, en establecer una comunicación e intercambio cultural con los habitantes del mundo americano en un plano de relativa igualdad. En 1511 naufragó en las costas de Yucatán; fue hecho prisionero por los mayas; paulatinamente se ganó un lugar en esa sociedad y llegó a ser jefe militar, cacique, esposo de una princesa y muy apreciado por la población maya de la zona de la península de Yucatán.

Con él naufragó también el fraile Jerónimo de Aguilar, compañero de viaje que igualmente fue hecho prisionero. Vivió ocho años como esclavo entre distintos pueblos mayas, siempre con la mente puesta en que algún día lo rescatarían sus hermanos españoles. En cambio, Guerrero, soldado arcabucero, dejó de lado los ideales de conquista, gloria, oro y fama, para dar paso a una experiencia inusitada en un mundo totalmente desconocido para el mundo del que él venía. Sentó familia, tuvo hijos (tal vez los primero mestizos conocidos sin violación sexual de por medio), ocupó un lugar destacado en la sociedad maya de entonces y combatió al lado de varias tribus mayas defendiendo la península de Yucatán y zonas aledañas.

La novela, como narración, tiene un estilo frágil, lo que la hace mejor libro de historia que novela. Algunas voces en ella son inverosímiles, profundamente eruditas y omniscientes. Por ejemplo, la narradora principal, la hija de Gonzalo Guerrero, es de una sapiencia descomunal y cita la mitología griega o sucesos europeos cercanos de imposible alcance para una esclava maya de mediados del siglo XVI, por muy criada de españoles que hubiera sido. Otros, como el mismo Guerrero, soldado, se expresa como si estuviera a 300 años de distancia de su época y habla de Edad Media, Renacimiento, Colón no era un científico como Bacon, etcétera, o se refiere a Diego de Landa y a Cortés como personajes históricos, cuando se supone que son contemporáneos.

En su descargo, la obra es abundante en datos históricos interesantes (con notas a pie de página y bibliografía) y presenta una visión sensible de la invasión al continente a través de las reflexiones de un hombre que involuntariamente tiene la oportunidad de conocer a los habitantes de estas tierras “descubiertas”. En algunos pasajes describe las importantes oportunidades que tuvieron los nativos para expulsar de sus tierras a los invasores, especialmente cuando avanzadas de sólo unos pocos soldados españoles, mal armados y cansados, apenas se acercaban a las costas de lo que ahora llamamos El Caribe mexicano.

El autor destaca la incapacidad que por la sorpresa, la admiración o bien por el temor a las profecías que anunciaban a los hombres barbados que vendrían de oriente, tuvieron los pueblos nativos para detener el inminente avance de una civilización que llevaría a la suya casi a la extinción.

Gonzalo Guerrero es una figura singular en la historia de México y de España. Destaca sobre todo por su postura contraria a los conquistadores españoles y su simpatía hacia los diferentes pueblos mayas. Supo ver y más o menos comprender la grandeza de la civilización que estaban devastando sus compatriotas. Sufrió el esclavismo con los mayas, pero al mismo tiempo tuvo oportunidad de conocer otro mundo sin el hambre de poder, oro y gloria que ofuscó a muchos de sus antiguos compañeros. Al final, irónicamente, habiendo sido él arcabucero, muere por un disparo de arcabuz en Honduras, combatiendo a la cabeza de los mayas en contra de sus ex paisanos.
(Résumé de Gonzalo Lara, Profesor de Español, CEPE-CU, UNAM, México)

Héros de l'histoire mexicaine et de la péninsule yucatèque, Gonzálo Guerrero a été honoré par plusieurs statues.

Monument a Gonzálo Guerrero, "padre del mestizaje" -  Mérida, Yucatán, México.


Bronze de Gonzálo Guerrero -  Akumal, Quintana Roo, México.
(wikipedia)


 La cuna del mestizaje (le berceau du métissage)
Guerrero, son épouse Ix Chel Can et ses enfants - Chetumal, Quintana Roo, México.


PhH