Lors du renversement du gouvernement mexicain, le père de Beatriz est exécuté et sa maison saccagée. Quand le beau Don Rodolfo Solórzano la demande en mariage, Beatriz ne tient pas compte des rumeurs qui entourent la mort soudaine de sa première épouse et pense trouver la sécurité dans sa propriété à la campagne. Elle fera de ce lieu son nouveau foyer, quoi qu’il en coûte. Mais l’hacienda San Isidro n’est pas le sanctuaire qu’elle imaginait… Rodolfo se voit bientôt contraint de retourner à la capitale. Très vite, le sommeil de Beatriz est peuplé de voix et de visions. Des yeux invisibles l’épient en permanence. Sa belle-sœur Juana raille ses peurs. Alors pourquoi celle-ci refuse-t-elle d’entrer dans la maison la nuit venue ? Pourquoi la gouvernante a-t-elle dessiné ces étranges symboles à l’entrée de la cuisine et fait-elle brûler du copal sur le seuil ? Qu’est-il réellement arrivé à la première Doña Solórzano ? Beatriz n’a que deux certitudes : le mal habite cette hacienda et aucun de ses occupants ne la sauvera.
À mi-chemin entre Mexican Gothic (silvia Moreno Garcia) et Rebecca (Daphné du Maurier), un premier roman mêlant suspense et surnaturel avec pour toile de fond le Mexique après la guerre d’indépendance. Une maison isolée, des phénomènes paranormaux inquiétants et une femme prise dans leurs griffes…
Isabel Cañas est une autrice mexicaine-américaine spécialisée en littérature de l’imaginaire. Après avoir vécu entre autres au Mexique, en Écosse, en Égypte et en Turquie, elle a (temporairement) posé ses valises à New York. Titulaire d’un doctorat en langues et civilisations du Proche-Orient, elle puise son inspiration dans ses recherches et ses origines pour écrire de la fiction. (éd. Bragelonne)
Informations ISBN : Nombre de pages : 384 Prix : 22€
Charlotte impératrice - Tome 3 Fabien Nury (scénario), Matthieu Bonhomme (dessin) éditions Dargaud, 05-2023
Présentation de l'éditeur
Profitant de l'absence de son mari et épaulée par le colonel Alfred van
der Smissen, dont le charme ne la laisse pas insensible, Charlotte de
Belgique a pris les rênes de l'empire mexicain. Malheureusement pour
elle, au retour de Maximilien, les choses se gâtent. Les révoltes
prennent de l'ampleur et pire encore, l'armée française se prépare à
quitter le Mexique. Par ailleurs, Maximilien cherche par tous les moyens
à concevoir un héritier à la couronne. Refusant de partager sa couche
avec lui, le sachant atteint de syphilis, Charlotte doit se résoudre à
avoir recours à l'adoption. À moins qu'elle ne finisse par succomber à
l'appel de la chair avec le ténébreux van der Smissen...
La bd s'ouvre sur le poème du général Vicente Riva Palacios, Adíos Mamá Carlota (1866) (On remarquera qu'au Mexique Carlota est ortographié avec un seul "t")
I
Alegre el marinero
Con voz pausada canta,
Y el ancla ya levanta
Con extraño rumor.
La nave va en los mares
Botando cual pelota.
Adiós, mamá Carlota;
Adiós, mi tierno amor.
II
De la remota playa
Te mira con tristeza
La estúpida nobleza
Del mocho y del traidor.
En lo hondo de su pecho
Ya sienten su derrota.
Adiós, mamá Carlota;
Adiós, mi tierno amor.
III
Acábanse en Palacio
Tertulias, juegos, bailes,
Agítanse los frailes
En fuerza de dolor.
La chusma de las cruces
Gritando se alborota.
Adiós, mamá Carlota;
Adiós, mi tierno amor.
IV
Murmuran sordamente
Los tristes chambelanes,
Lloran los capellanes
Y las damas de honor.
El triste Chuchu Hermosa
Canta con lira rota:
Adiós, mamá Carlota;
Adiós, mi tierno amor.
V Y en tanto los chinacos*
Que ya cantan victoria,
Guardando tu memoria
Sin miedo ni rencor,
Dicen mientras el viento
Tu embarcación azota;
Adiós, mamá Carlota;
Adiós, mi tierno amor.
En realidad, Riva Palacio no partía de cero: la Mamá Carlota es una
canción que satiriza el viaje de la emperatriz, pero también es una
parodia de un poema patriótico conocido en la época, “Adiós, oh, patria
mía”, de Ignacio Rodríguez Galván. Desde luego, los versos de Riva
Palacio, cargados de convicción republicana, son más simpáticos y
ligeros que los ideados por Rodríguez Galván, que se refieren al dolor
del exiliado. En savoir plus, article de Cronica Mexico (en espagnol).
I Les marins acclament d'une voix lente, ils chantent
et l'ancre se lève déjà
avec une étrange rumeur. Le navire s’éloigne en mer
balloté par les vagues. Adieu maman Carlota, Adieu, mon tendre amour.
II De la plage éloignée,
vous regarde tristement
cette noblesse stupide. Des ignobles et des traitres, au fond de leurs poitrines
ils sentent déjà leur défaite. Adieu, maman Carlota Adieu, mon tendre amour.
III Au palais se terminent Les réunions, jeux, danses, les moines tremblent leur douleur insupportable. La foule des bigots
s’excite en criant Adieu maman Carlota, Adieu, mon tendre amour.
IV Ils se retrouvent dans leurs palais,
leurs tristes chambellans murmurent,
les chapelains psalmodient
et les demoiselles d’honneur sanglotent. Rassemblés sous la triste croix
leur foule hurle d’une seule voix. Adieu maman Carlota, Adieu, mon tendre amour.
V Et déjà les Chinacos*
célèbrent leur victoire gardant votre mémoire
Sans peur ni rancune. Dans le vent qui vous emporte
tous les hommes libres chantent Adieu maman Carlota, Adieu, mon tendre amour.
*Chinaco était le surnom donné aux partisans et guérilleros libéraux du Mexique lors de la guerre de la Réforme et de l'Intervention française au Mexique. Les conservateurs et les partisans du Parti conservateur et de l'Empire étaient surnommés Mochos. Les libéraux ont également été surnommés Hacheros, Tagarnos, Rojos et Colorados (Rouges) car sur le champ de bataille ils portaient un vêtement rouge, couleur du Parti libéral mexicain.
La princesse et l'archiduc (tome 1)
Dessinateur : Matthieu Bonhomme, scénariste :Fabien Nury
éditions Dargaud, 09/2018
Élevée par son père Léopold 1erer, Charlotte de Belgique est destinée à
faire un glorieux mariage. Pour la jeune femme, le choix s'arrête sur
l'archiduc Maximilien d'Autriche, frère cadet de l'empereur François
Joseph. Un mariage somptueux vient sceller leur union, qui, disons-le
tout de suite, ne sera pas heureuse. Le jeune couple est dépassé par les
rivalités dont ils sont le jeu, entre les terribles Habsbourg et le
calculateur empereur Napoléon III. Et Maximilien se révèle un homme
décevant, à tous points de vue. C'est en faisant face à l'adversité que
Charlotte aura finalement l'occasion de quitter les voies d'un chemin
tout tracé...
Depuis son mariage avec Maximilien d'Autriche, Charlotte va de
désenchantements en désillusions. Sa vie conjugale réduite à néant, elle
mise son va-tout sur la couronne du Mexique. À leur arrivée à Veracruz,
le couple impérial découvre un pays exsangue, bien loin d'être pacifié
par les troupes françaises. Ils doivent faire face à la défiance des
élites locales bien décidées à tirer parti de la faiblesse de caractère
de Maximilien pour préserver leurs intérêts.
Née en 1840, Charlotte de Belgique est la fille de Léopold 1er. Mariée
en 1857 à l’archiduc Maximilien d’Autriche qui devient en 1863 empereur
du Mexique, nommé par Napoléon III. Maximiliano sera plus tard abandonné
face à Benito Juarez, président de la jeune république mexicaine. Il
sera finalement fusillé à Querétaro, au cerro de la campanas en 1867.
Charlotte reviendra en Belgique et perdra la raison.
La Fête mexicaine de l'Indépendance ("El grito" 2014) est célébrée à Montpellier par la communauté franco-mexicaine. L'association franco-mexicaine UNIFRAMEX organise cet évènement , le 13 septembre de 18:00 à 23:30.
Contexte historique
Au Mexique, la célébration de cette fête nationale a lieu dans la soirée du 15 au 16 septembre. Elle honore les héros qui luttèrent pour gagner l'indépendance du Mexique face à la couronne d'Espagne en 1810. Ceci a été que le début d’une longue lutte qui s’acheva le 27 septembre 1821 quand Vicente Guerrerro, chef de l’armée des Trois Garanties (Religion, Union et Indépendance), entra triomphalement dans la ville de Mexico avec Agustín Iturbíde, et immédiatement se forma le premier gouvernement indépendant.
" El Grito " (le cri de l'indépendance) rappelle la liste des héros et leurs actions. Il est prononcé chaque 15 septembre à 23:00 par le Président du Mexique :
« Mexicanos: ¡Viva nuestra independencia ! ( et le peuple répond) ¡ VIVA !
¡Viva Hidalgo! ¡VIVA !
¡Viva Morelos! ¡VIVA!
¡Vivan los héroes que nos dieron patria! ¡VIVA!
¡Viva nuestra libertad! ¡VIVA!
¡VIVA MEXICO! ¡VIVA !
¡VIVA MEXICO! ¡VIVA !
¡VIVA MEXICO! ¡VIVA ! »
Cette fête rassemble traditionnellement tous les mexicains, et ceux vivants à l'étranger en ont fait une date incontournable pour se retrouver en famille, entre amis, dans une ambiance chaleureuse et typique.
A Montpellier, c'est la 3e fois qu'Uniframex organise cet évènement. Cette année, la fête se déroulera à la salle Voltaire (Maison Pour Tous Voltaire, square Jean Monnet - Tram ligne 3 arrêt Voltaire) de 18:00 à 23:30. Plusieurs animations sont proposées, piñata, tombola, danse et concours de costumes traditionnels (adultes et enfants). La soirée sera animée par les mariachis CoraSon de Mexico, d'Alejandro Pinto.
El Grito sera donné aux alentours de 22:00.
Une restauration mexicaine est proposée, avec notamment des variétés de tacos, quesadillas et des bières mexicaines.
Au Mexique, Trino est connu par ses publications dans la presse sous forme de tiras en 5 ou 6 images. Ses personnages emblématiques sont Don Taquero, El Santos, La Tetona Mendoza ou El Rey Chiquito. Avec Historias desconocidas de la independencia y la revolución, Trino nous fait partager à travers un album complet, sa visite du bicentenaire de l’indépendance et le centenaire de la révolution. Dans le style d’un dessinateur de presse, avec des croquis très épurés à la Reiser, nous voila aux cotés du padre Hidalgo, de Jose Maria Morelos y Pavon et son paliacate rouge fiché en tête, de Vicente Guerrero, héros de l’indépendance. En deuxième partie, Adelita, los federales, Ayala (et son plan), Porfirio Diaz, Pancho Villa, et Emiliano Zapata illustrent les batailles menées par les révolutionnaires.
Dans une joyeuse ambiance totalement débridée, Trino nous raconte ces morceaux d’histoire mexicaine sur un ton iconoclaste et gentiment irrespectueux. Le trait est vif et précis, ce qui donne beaucoup de dynamise aux situations, toutes déclinées en quelques vignettes sur une ligne. Les dialogues sont savoureux, décalés et porteur d’une autodérision jubilatoire. Largement emprunté au langage populaire du XXIe siècle, on croise beaucoup de gueys, de no manches et autres chingadera ou chingoneria dans les réparties des protagonistes. Moyen aussi pour l’auteur de se moquer des nacos et fresas (populos et bobos) qui rient les uns des autres dans la société d’aujourd’hui.
Jouant sur les clichés de la société mexicaine, Trino va d’abord exalter un nationalisme forcené, avant de rétablir immédiatement l’équilibre en pointant le malinchisme incontournable de ses compatriotes.
L’effet comique est très souvent accentué par l’utilisation d’anachronismes technologiques à la mode aujourd’hui. Ainsi, les héros ou leurs faire-valoir, vérifient ou diffusent l'information sur leur blackberry, le lap-top ou sur facebook. On (ré)apprend d'ailleurs à cette occasion que pour l'état civil mexicain, Pancho Villa s'appelle Doroteo Arango.
Avec une troisième édition en octobre 2010, ces Historias desconocidas de la independencia y la revolución sont un succès de librairie au Mexique. Véritable petit manuel comparable à ce que serait « l'indépendance et la révolution pour les nuls », Trino, en plus de nous distraire très efficacement, fait œuvre d’instruction publique en permettant à son lectorat de se remémorer quelques pages illustres de son histoire. Enfin, son œil critique et sa vision ironique voire caustique lui permet, à travers ses textes et dessins sur le passé, de dresser un portrait sans concession du Mexique moderne, de ses paradoxes, de ses défauts et de ses qualités.