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20 mai 2014

Balles d'argent


Élmer Mendoza
Balas de plata
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Isabelle Gugnon
Gallimard Série noire, 03-2011

Résumé éditeur :

Anéanti par une rupture amoureuse, dépendant de son psy, l'inspecteur Edgar Mendieta, alias Zurdo, le Gaucher, s'oublie dans un travail acharné. Il enquête sur le meurtre de Bruno Canizales, avocat aussi prestigieux que décrié pour sa vie dissolue et fils d'un ancien ministre de l'Agriculture, retrouvé la tête perforée d'une balle d'argent. Le téléphone de Mendieta ne cesse de sonner et l'inspecteur, harcelé par son supérieur, découvre que sa route est jonchée de nouveaux cadavres. Qui se cache derrière ces crimes? Les narcos? Les politiciens soucieux de nettoyer le terrain avant les élections? Les membres de l'étrange Petite Fraternité Universelle, dont Canizales faisait partie? Mendieta s'escrime à trouver les coupables et à faire son travail à grands coups d'adrénaline et avec une bonne dose d'humour. Il court les bars et les villas huppées, croise des journalistes et de charmantes lesbiennes pour finir par démêler un écheveau où convergent des intérêts divers. Mais il est le seul à vouloir réellement aller jusqu'au bout, sans doute parce qu'il n'a rien à perdre...

Voir sur le site de Gallimard
 
La critique de Philippe Lançon dans Libération

L’auteur mexicain rejoint ses fantômes parmi les narcotrafiquants

Elmer Mendoza a l’air d’un paysan trotskiste que la vie aurait raffiné avec une imperceptible joie. Il a 61 ans, il est fils de camionneur et ne milite dans aucun parti. Enfant, il fut élevé dans la maison de ses grands-parents, des paysans. En automne, les cyclones dévastaient tout. La nuit, il voyait les fantômes. Il les voit toujours et ne dort jamais lumière éteinte. Ils sont là, comme dans Pedro Páramo. Dans un de ses livres, Cóbraselo Caro (Fais-le payer cher), un restaurateur mexicain de Chicago, de retour au pays, ne se sépare jamais du roman de Juan Rulfo : « Quand je l’écrivais, je tombais chaque jour, dans l’escalier de la maison, sur le fantôme de Rulfo. Il me disait : tu dois travailler plus »...
Lire l'article dans Libération


Balas de plata
Tusquets editores, 03-2008

reseña editor :
Hundido por el abandono de la mujer a la que ha amado, y necesitado de psicoanalista, al agente Edgar «el Zurdo» Mendieta se le acumula el trabajo en cuanto se hace cargo del asesinato de Bruno Canizales, un prestigioso abogado con doble vida, hijo del ex ministro de Agricultura, al que encuentran con la cabeza perforada por una bala de plata. El teléfono del Zurdo no deja de sonar con las llamadas de su superior, que va anunciándole la aparición de nuevos cadáveres en tan sólo un par de días. ¿Quién hay detrás de todo ello? ¿Los narcos?, ¿los políticos alborotados ante las elecciones que se acercan?, ¿los miembros de la dudosa Pequeña Fraternidad Universal a la que pertenecía Canizales? La investigación, que no sin humor y adrenalina recorre antros y mansiones, y mezcla reporteros y bellísimas lesbianas, destapa un intrincado ovillo de perversos intereses, en el que el único realmente empeñado en ir hasta el fondo y, para variar, hacer justicia, es «el Zurdo» Mendieta. Tal vez porque ya no le queda nada que perder.
Leer en sitio Tusquets



3 octobre 2011

Journal de Oaxaca. Deux années passées au Mexique

 
Peter Kuper
éditions Rackam, 2011



En juillet 2006, Peter Kuper, dessinateur étasunien, s’installe au Mexique, dans l’état de Oaxaca. C’est à cette date que la capitale, Oaxaca de Juarez, s’enflamme autour de l’APPO (Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca). Le mouvement a été initié par les enseignants avant de s’étendre à toute la société civile. Les revendications, d’abord limitées aux conditions de travail du corps enseignant, ont rapidement évolué vers une contestation puis opposition frontale au gouverneur de l’état, Ulises Ruiz. Fondée le 27 juin 2006 après une intervention policière contre les occupants du zocalo de Oaxaca, l’APPO regroupe des syndicats, des associations, des organisations sociales et politiques et des communautés indigènes. La mobilisation citoyenne a duré plusieurs mois, attirant sur la ville, l’état et le Mexique l’œil des médias. De nombreux articles, reportages, documentaires et comptes-rendus ont été publiés ou réalisés, tant par les médias locaux que les médias mexicains et internationaux. Le mouvement s’est éteint petit à petit, dans une certaine confusion. La violence et le vandalisme de certains éléments ultras, l’évolution de plus en plus politique et nationale des revendications ont changé peu à peu le visage de l’APPO et la perception qu’en ont eu les mexicains s’est un peu brouillée. Mais ils ont aussi retenu l’intransigeance et la dureté du gouverneur Ruiz, membre du PRI (Partido Revolucionario Institucional), qui a usé et abusé des forces de police et de l’armée fédérale pour une répression féroce qui fit plusieurs morts. Malgré les nombreuses demandes de destitution, Ulises Ruiz a terminé son mandat de gouverneur en 2010. Aux nouvelles élections, le PRI a été battu par une alliance droite-gauche (PAN, PRD, PT, Convergencia, Partido comunista), 50,1% contre 41,9%.


Peter Kuper a rédigé un magnifique journal de ces deux années passées au Mexique, en particulier à Oaxaca. C’est un recueil de dessins, pastels, aquarelles, photos et parfois montages de ces divers éléments. Si tout d’abord il a été un simple témoin des évènements, il va par la suite produire des dessins plus engagés, choisissant de dénoncer les brutalités policières, alors que l’environnement médiatique traditionnel est plus classique, distant, muet voire complaisant. Petit à petit et au fil de l’actualité, son regard se portera aussi sur la riche culture de Oaxaca, les communautés indigènes, la vie artistique. Son âme de dessinateur l’amènera aussi à croquer des scènes simples du quotidien, ici un paysage, là une attitude et partout les réalités et les difficultés des habitants.


En utilisant des outils différents sur un même dessin, par exemple couleurs au crayon et trait surligné au feutre noir, Kuper nous transmet l'image de la douceur de Oaxaca violentée par l’armée et la police. Parfois le dessin est brut, sans phylactère, le seul visuel renforçant le message. Il s’est parfois inspiré des amates, ces dessins naïfs peints sur un papier de fibres végétales, qui représentent souvent des scènes villageoises, livrant alors des dessins foisonnant de couleurs vives et chaudes telles qu’on les voit souvent au Mexique. Enfin, l’agencement de certaines pages, l’ordre des cases et la présence d’éléments symboliques sont des indices indiquant que l’auteur a été victime du surréalisme mexicain. Mais le lien sous-jacent tout au long de l’album reste la lumière que Peter Kuper a su si bien capter et restituer.


Ph.H.

12 mars 2011

Zitilchén

Hernan Lara Zavala
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Claude Fell
éditions L'Herne, 01-2011

Présentation de l'éditeur

Zitilchén (1981) est un des premiers livres de Hernán Lara Zavala. Il s’agit d’un recueil de neuf nouvelles qui ont toutes pour cadre un village du sud-est du Mexique, Zitilchén. Comme le Comala de Rulfo ou le Macondo de García Márquez, Zitilchén est un village imaginaire, même si la présence de personnages de culture maya et les allusions à la flore locale et à des villes réelles comme Campeche et Mérida enracinent ces nouvelles dans la réalité du Yucatán des années 60.
Tout au long de son œuvre, Lara Zavala est revenu sur ce village mythique et plusieurs de ses nouvelles postérieures au livre de 1981 ont pour cadre Zitilchén.
Cette culture et ses mythes nourrissent les métaphores et les images qui émaillent un texte caractérisé par sa sobriété, son refus de toute théâtralité et du manichéisme qui avait souvent marqué la littérature mexicaine antérieure quand elle abordait le monde indien. Les problèmes sociaux de cette communauté ne sont pas pour autant éludés : exploitation des Indiens, racisme plus ou moins larvé, corruption de l’administration locale, violence et alcoolisme. Mais Lara Zavala suggère, plus qu’il ne dénonce, les agressions menées contre la culture et les coutumes locales, qui peu à peu se délitent et perdent de leur vigueur.
Dans les échanges laconiques entre personnages et sous la légèreté des anecdotes tirées de la vie quotidienne et souvent teintées d’érotisme transparaît une angoisse, une nostalgie qui laissent prévoir une possible extinction de ce monde à la fois imaginaire et réel.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur.

Informations
ISBN : 9782851977199
Pages : 128
Prix : 15 €


Hernán Lara Zavala (México, 1946), romancier, nouvelliste, enseignant, essayiste, éditeur, a fait une grande partie de sa carrière dans divers organismes culturels et universitaires mexicains. Il a publié des livres pour la jeunesse, plusieurs recueils de nouvelles et des romans, dont Península, Península (2008), qui a obtenu plusieurs prix en Espagne et au Mexique. Il a reçu le Premio Real Academia Espanola 2010. (source : éditions L'Herne)


editorial FCE 2012 por la ultima edicio

Este libro refleja la labor de treinta años de escritura. Cuando en 1982 Lara Zavala creó el icónico pueblo que su imaginación ubicó en la intersección de los tres estados de la península de Yucatán, nunca imaginó que ese lugar seguiría alimentando su obra narrativa hasta la fecha. Más que el inicio de un viaje literario, los cuentos aquí entretejidos son punto de partida de perpetua reinvención y descubrimiento a través de una suerte de "novela vía cuento". Zitilchén es un infierno grande: tierra de mayas, blancos y mestizos en continuos enfrentamientos políticos, religiosos, sociales y pasionales. Pero es, sobre todo, el lugar donde Lara Zavala logró encontrar su mundo literario. De Zitilchén nos conduce a 1982, cuando Lara Zavala creó el icónico pueblo que su imaginación ubicó en la intersección de los tres estados de la península de Yucatán. El pueblo, personaje principal del libro, convertido en ciudad con el correr de los años, mira sereno la marcha de todos aquellos que le proporcionan tanto vida como historia. Esta nueva edición, con cinco cuentos inéditos, redefine la visión que el autor había plasmado de este lugar, y muestra la vida de mayas, blancos y mestizos en continuos enfrentamientos políticos, religiosos, sociales y pasionales.

 "Hernán Lara Zavala es uno de los escritores mexicanos más cultos y reticentes... se inscribe en la gran tradición, la fundadora de Cervantes... la diversidad genérica."
Carlos Fuentes

14 février 2011

El Spectro, les mutants de la lune rouge

Dessin d'Yves Rodier
Scénario d'Antoine Frédéric
éditions du Lombard, 01-2011

Si vous aimez le Mexique,
Si vous aimez la lucha libre,
Si vous aimez El Santo, Blue Demon, et autres héros masqués à gros biscottos,
Si vous aimez la BD ligne claire et la BD d'aventures,
Alors vous devriez aimer El Spectro.

Yves Rodier avait frappé un grand coup peu après la mord d'Hergé en dessinant, en toute piraterie, le dernier album de Tintin, Tintin et l'alph'art. Ce premier opus d'El Spectro n'est pas sans rappeler Gil Jourdan et les séries d'aventures publiées dans le journal de Spirou dans les années 70. Les premières pages s’ouvrent sur un crash aérien dans les Andes mettant en scène Ukumar, version sud-américaine du yéti. C’est aussi un beau clin d’œil à Tintin car il est difficile de ne pas penser aux épisodes neigeux du Temple du soleil et de Tintin au Tibet. De même, le look des moines évoque la tenue des Moines rouges de Tillieux. Quant à l'histoire, El Spectro, en goguette en Espagne avec une espionne russe est au prise avec une secte tripotant les gènes et fabriquant des créatures de cauchemars qui rappellent le film La mouche. Si l'album bénéficie d'une pagination généreuse (56 p.), les cases sont un peu grandes, ce qui ne favorise pas le précis du trait. L'ambiance générale est d'une nostalgie sympathique pour les grands, à voir si le jeune public, gavé de mangas, suivra ces aventures installées dans les années 1950/1960 ?

Ph.H.