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27 novembre 2021

Un Québécois à Mexico

Récit d'un double choc culturel
Jérôme Blanchet-Gravel
éditions L'Harmattan, 11-2021

 

Présentation de l'éditeur

 

À l'été 2018, Jérôme Blanchet-Gravel débarque à Mexico sans savoir que son premier séjour dans cette mégalopole va changer sa vie. Il commence à partager son temps entre le Québec et le Mexique, apprivoisant une société hantée par la pauvreté, la mort et la violence, et pourtant si dynamique ! Une société encore épargnée par les nouveaux interdits puritains en vogue dans les pays du Nord, un monde de désir, de couleurs et de métissage, mais aussi de fortes hiérarchies héritées de la colonisation. Il était une fois un double choc culturel... L'auteur redécouvre sous un autre angle son propre pays, le Québec, et jette un regard neuf et décapant sur les grandes différences qui séparent l'Amérique latine de cet Occident anxieux et sans relief que la pandémie a mis en évidence. Un regard critique sur l'évolution de nos sociétés qui ne peut laisser personne indifférent.

 

L'article consacré au livre par Alexis Brunet dans Causeur

Dans un style alerte et limpide, notre ami signe Un Québécois à Mexico (Éditions de l’Harmattan), un réjouissant ouvrage sur son rêve mexicain. Nous venons d’en terminer la lecture.
Du Pays des morts au pays des morts-vivants
C’est l’histoire d’un homme qui, par curiosité, débarque à Mexico. L’histoire d’un homme qui, quand il y pose les pieds, ne sait pas encore qu’il vient d’être happé. Happé par sa vigueur culturelle, happé par son identité marquée, happé par sa capacité à assimiler l’Autre sans jamais tailler une seule de ses propres racines. « La dualité fondatrice », comme l’a conceptualisé l’essayiste Octavio Paz en 1950. Ni préhispanique, ni espagnol, le Mexique est né de la rencontre volcanique entre deux mondes, et l’on ne peut rien comprendre de ce jeune pays si l’on ne prend pas en compte cet élément.
Dans ce magma qui bouillonne depuis l’aube du 1er juillet 1520, cette « Noche Triste » où Hernan Cortés et ses hommes ont bien failli y passer, Jérôme Blanchet-Gravel déambule et se passionne. Il y a peu nous nous y sommes croisés, dans le « nombril de la Lune », comme ils disent là-bas.
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4 juillet 2020

Les années avec Laura Díaz

Carlos Fuentes
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Céline Zins
éditions Gallimard, 07-2020 (1ere édition 2001)

Présentation de l'éditeur

« Existait-il une seule vie véritablement achevée, une seule vie qui ne fût promesse inaccomplie, possibilité latente, plus encore…? »

Dans le Mexique du XXᵉ siècle, Laura Díaz, femme libre et artiste passionnée, va vivre dans sa chair les espoirs et les désillusions d’une époque.
Le destin bouleversant de cette héroïne, qui se déploie à travers sa famille, ses amours, ses combats politiques, fait de ce roman inoubliable l’un des chefs-d’œuvre de la littérature latino-américaine.
 

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 9782072875762
Pages : 720
Prix : 11,90 € (Folio poche)


A través de la historia de un personaje entrañable que es testigo de los acontecimientos nacionales e internacionales, en Los años de Laura Díaz Carlos Fuentes escribe la memoria del siglo xx mexicano apoyando su narración en hechos y personas que determinaron la conformación del México actual. Así, Laura Díaz y figuras de la talla de Frida Kahlo y Diego Rivera comparten aspectos centrales de la historia cultural y política del país, y nos llevan a reflexionar sobre la historia, el arte, la sociedad y la idiosincrasia de los mexicanos. De manera simultánea, Fuentes realiza un recorrido por la vida íntima de una mujer y las pasiones, los obstáculos, los prejuicios, el amor filial, las alegrías y los dolores que la conducen a conquistar su libertad propia y su personalidad creativa.
Los años con Laura Díaz es una saga familiar, originada en Veracruz, que sirve de sustento a la novela. Como nunca, Fuentes es fiel a su propósito de describirnos los caminos donde se dan cita la vida individual y la vida colectiva.


3 octobre 2011

Journal de Oaxaca. Deux années passées au Mexique

 
Peter Kuper
éditions Rackam, 2011



En juillet 2006, Peter Kuper, dessinateur étasunien, s’installe au Mexique, dans l’état de Oaxaca. C’est à cette date que la capitale, Oaxaca de Juarez, s’enflamme autour de l’APPO (Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca). Le mouvement a été initié par les enseignants avant de s’étendre à toute la société civile. Les revendications, d’abord limitées aux conditions de travail du corps enseignant, ont rapidement évolué vers une contestation puis opposition frontale au gouverneur de l’état, Ulises Ruiz. Fondée le 27 juin 2006 après une intervention policière contre les occupants du zocalo de Oaxaca, l’APPO regroupe des syndicats, des associations, des organisations sociales et politiques et des communautés indigènes. La mobilisation citoyenne a duré plusieurs mois, attirant sur la ville, l’état et le Mexique l’œil des médias. De nombreux articles, reportages, documentaires et comptes-rendus ont été publiés ou réalisés, tant par les médias locaux que les médias mexicains et internationaux. Le mouvement s’est éteint petit à petit, dans une certaine confusion. La violence et le vandalisme de certains éléments ultras, l’évolution de plus en plus politique et nationale des revendications ont changé peu à peu le visage de l’APPO et la perception qu’en ont eu les mexicains s’est un peu brouillée. Mais ils ont aussi retenu l’intransigeance et la dureté du gouverneur Ruiz, membre du PRI (Partido Revolucionario Institucional), qui a usé et abusé des forces de police et de l’armée fédérale pour une répression féroce qui fit plusieurs morts. Malgré les nombreuses demandes de destitution, Ulises Ruiz a terminé son mandat de gouverneur en 2010. Aux nouvelles élections, le PRI a été battu par une alliance droite-gauche (PAN, PRD, PT, Convergencia, Partido comunista), 50,1% contre 41,9%.


Peter Kuper a rédigé un magnifique journal de ces deux années passées au Mexique, en particulier à Oaxaca. C’est un recueil de dessins, pastels, aquarelles, photos et parfois montages de ces divers éléments. Si tout d’abord il a été un simple témoin des évènements, il va par la suite produire des dessins plus engagés, choisissant de dénoncer les brutalités policières, alors que l’environnement médiatique traditionnel est plus classique, distant, muet voire complaisant. Petit à petit et au fil de l’actualité, son regard se portera aussi sur la riche culture de Oaxaca, les communautés indigènes, la vie artistique. Son âme de dessinateur l’amènera aussi à croquer des scènes simples du quotidien, ici un paysage, là une attitude et partout les réalités et les difficultés des habitants.


En utilisant des outils différents sur un même dessin, par exemple couleurs au crayon et trait surligné au feutre noir, Kuper nous transmet l'image de la douceur de Oaxaca violentée par l’armée et la police. Parfois le dessin est brut, sans phylactère, le seul visuel renforçant le message. Il s’est parfois inspiré des amates, ces dessins naïfs peints sur un papier de fibres végétales, qui représentent souvent des scènes villageoises, livrant alors des dessins foisonnant de couleurs vives et chaudes telles qu’on les voit souvent au Mexique. Enfin, l’agencement de certaines pages, l’ordre des cases et la présence d’éléments symboliques sont des indices indiquant que l’auteur a été victime du surréalisme mexicain. Mais le lien sous-jacent tout au long de l’album reste la lumière que Peter Kuper a su si bien capter et restituer.


Ph.H.

11 décembre 2010

Le bonheur des familles

Carlos Fuentes
Trad. de l'espagnol (Mexique) par Aline Schulman et Céline Zins
éditons Gallimard, 03-2009

Présentation de l'éditeur

Les gens heureux n'ont pas d'histoire, c'est bien connu. Mais les familles heureuses ? Tout au long de ces seize récits qui sondent les différentes couches de la société mexicaine, l'exploration des relations familiales dans leur intimité la mieux gardée fait voler en éclats idées reçues et principes. À travers des situations qui mettent en jeu aussi bien le rapport du Président avec son fils, que celui d'une femme avec l'assassin de sa fille, un curé cachant son enfant dans un village de montagne, deux frères liés par la haine, une épouse subissant par amour le sadisme de son époux, un don Juan à qui ses conquêtes rendent cruellement la monnaie de sa pièce, un général obligé de choisir lequel de ses deux fils il va sacrifier, Carlos Fuentes démontre une fois de plus sa capacité à créer des personnages dont les élans, les petitesses, les vices nous interpellent autant qu'ils nous fascinent. Avec ce livre, le grand romancier mexicain nous offre une véritable « Comédie humaine ».

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 9782070786558
Pages : 468
Prix : 22,90 € (Folio poche : 10,50 €)

 

«Yo vengo de una familia en la que cada miembro dañaba de algún modo a los demás. Luego, arrepentidos, cada uno se dañaba a sí mismo.»

Un ranchero quiere que sus cuatro hijos sean sacerdotes; ellos piensan distinto. Un hombre es humillado por su patrón; su hijo quisiera humillarlo más. Una madre renuncia a su carrera de cantante y se pregunta si valió la pena; su hija renuncia al mundo y vive a través de los reality shows. El hijo del presidente se rebela contra su padre, pero depende de su protección. Una mujer sufre el sadismo de su marido por amor. Una madre dolorosa explica la vida de su hija al hombre que la asesinó. Una pareja sesentona se reencuentra y se pregunta si de veras fueron jóvenes amantes. Un comandante debe escoger quién morirá de sus dos hijos. La vieja madre de un joven mariachi lo rescata. Una fiel pareja gay enfrenta la tentación. Una prima fea hace peligrar un matrimonio. Un cura esconde a su hija en una aldea. Un mujeriego se niega a casarse con su amante por temor a matar el placer. Un actor es obligado a enfrentar la realidad por su hijo minusválido. Un Don Juan juega con dos mujeres que le dan su merecido. Tres hijas se reúnen en torno al féretro de su padre por última vez en diez años.

Historias puntuadas por «coros», algunos humorísticos, la mayoría trágicos, que dan voz a los sin-voz: niños mendicantes, hijas violadas, huérfanos, parientes rivales, traficantes, pandillas asesinas que descienden de las calles de Los Ángeles o ascienden de las selvas de Centroamérica. Todas las familias felices es la polifonía narrativa de los ramales conflictivos del México contemporáneo y, por extensión, de América Latina y del mundo.

Editorial: Alfaguara
ISBN: 978-970-770-575-3
Páginas: 424




6 avril 2009

Uno soñaba que era rey

Enrique Serna
Booket novela
Quand je serais roi, éditions métaillié, 2009

Enrique Serna es uno de los autores contemporáneos mexicanos más importantes. Ha escrito varias novelas entre las que se encuentran: “Fruta Verde”; “Señorita México”; “El miedo a los animales”; “El seductor de la patria” y varios cuentos entre ellos “El orgasmógrafo”; “Amores de segunda mano”.Algunas de sus obras han sido traducidas al francés y publicadas en Francia, es el caso de “La Peur des bêtes”( phébus, rayon noir, traduction de François GAUDRY) y “Amours d’occasion” (atéliers du Gué, traduction Marie-Ange BRILLAUD).Uno que soñaba que era Rey es una de sus primeras novelas en la cual (tal y como lo hacen Balzac y García Márquez) podemos encontrar a algunos de su personajes recurrentes como el comisario Maytorena (que utiliza en El miedo de los animales) o el chico que trabaja en una agencia de publicidad (que retoma en Fruta Verde). Esta novela se lee ávidamente puesto que Enrique Serna logra cautivarnos desde las primeras páginas con el retrato que nos hace de la sociedad mexicana, de sus valores o ausencia de ellos, de sus pobrezas y riquezas, de sus amores y desilusiones, de sus aciertos y torpezas. A través sus principales personajes podemos observar a esta sociedad y darnos cuenta de las enormes diferencias existentes entre ellos, empezando por los diversos medios sociales en los se desenvuelven: el crítico intelectual revolucionario que está obligado a alabar al sistema a cambio de un salario mediocre; el empresario preocupado por la educación de su hijo, preocupación olvidada en los momentos en que se encuentra con su amante; los niños chemos; los niños héroes, las mujeres que observan determinadas conductas religiosas y la corrupción de la policía. Escritor mordaz, crítico y picaresco, ¡les invito a leerlo!
ROB