24 octobre 2012

41

Rogelio Guedea
éditions Ombres noires - 2012

À l'intérieur du coffre d'une voiture, le cadavre de Ramiro Hernández Montes, tué par balles. Situation pour le moins embarrassante pour le frère de la victime qui espère son élection au poste de gouverneur de l'État de Colima. Quatre flics sont chargés de l'enquête avec pour consigne de l'étouffer : le servile commandant Obispo, le Tigre Guerrero, violent mais efficace, Román et Sabino, deux policiers machos confrontés au monde gay. Car l'enquête révèle une série d'assassinats d'homosexuels, tous abattus avec un calibre .41, mais aussi les orgies organisées dans des villas luxueuses et le goût de certains notables pour les enfants. Ailleurs dans la ville, un gamin livré à lui-même se lie d'amitié avec un adulte qui ne tarde pas à l'initier à la drogue et au sexe. Un jour, on le présente à un couple, Roi Camilo et Reine Sofía...

Tiré d'un fait divers, roman sans concession sur la perte de l'innocence, 41 montre jusqu'où peut aller la perversion des plus vils personnages politiques.

(résumé de l'éditeur)

Rogelio Guedea est né au Mexique en 1974, où il a exercé la profession de fonctionnaire fédéral. Il a quitté le Mexique avec sa famille à la suite de nombreuses menaces de mort. Aujourd’hui, il vit en Nouvelle-Zélande où il enseigne la littérature hispanique. Il est considéré comme l’une des nouvelles voix du polar mexicain. 41 a reçu le Premio Interamericano de Literatura Carlos Montemayor. Il s’agit de son premier roman traduit en France.

(Source : Ombres noires)

Tempête sur le Mexique

Michel Peyramaure
édition le Livre de poche - 2012

Le tragique destin d’un empereur sacrifié. 1861. La République du Mexique, ruinée et affaiblie par les guerres civiles, est devenue un enjeu entre les grandes puissances. Napoléon III, en quête d’une tête couronnée à même d’y instaurer un régime à la solde de la France, choisit Maximilien de Habsbourg. Ce jeune prince, que l’accession au trône de son frère, François-Joseph, empereur d’Autriche, a privé de tout avenir, est un poète, un progressiste que rien ne prépare à l’exercice du pouvoir. Accompagné de sa belle épouse, Charlotte, il quitte son château de Miramar pour régner sur un pays dont il ne connaît rien. Persuadé qu’il répond à une aspiration du peuple mexicain, Maximilien déchante lorsqu’il apprend que ses sujets viennent grossir les rangs des rebelles à la solde de Benito Juárez, l’ancien président du Mexique. Au fur et à mesure que se poursuivent les combats entre impériaux et républicains, Maximilien se détourne de son empire pour se consacrer à ses maîtresses, tandis que sa courageuse femme gère les affaires de l’État. Quand Napoléon III annonce le retrait de ses troupes du Mexique, Maximilien relève la tête et décide enfin de se battre. Charlotte part en Europe afin de supplier l’empereur des Français de maintenir son soutien militaire.

Il est des personnages qui entrent dans l’histoire en même temps que dans la légende. Ainsi en est-il de la princesse Charlotte de Belgique et de l’archiduc Maximilien d’Autriche dont les destins incandescents transcendèrent les péripéties historiques pour atteindre d’emblée au mythe. Pouvait-on rêver couple plus romantique ? Elle, belle, ardente, musicienne, lui, raffiné, épris de poésie, avec la noble prestance des Habsbourg. Pourtant les fêtes, les voyages, les fastes de la cour de Vienne et du château de Miramar sur l’Adriatique ne dissipaient pas leur mélancolie. Quand Napoléon III, dans l’une de ces combinaisons diplomatiques scabreuses qui perdront son règne, leur propose en 1859 de devenir les souverains du Mexique, le couple entrevoit en rêve un pays immense, des trésors immémoriaux, le vent de l’aventure, leur amour régénéré. Une fois séparé, le malheur fondra sur le couple ; Charlotte perdra la raison, Maximilien la vie.

(résumé de l'éditeur)

16 octobre 2012

L'ultime secret de Frida K

Gregorio León
éditions Les Escales noires, 2012

Un autoportrait de Frida Kahlo a été voléà Mexico. Une jeune détective privée espagnole, Daniela Ackerman, est envoyée sur place pour le retrouver et fait une découverte surprenante : la toile contiendrait un message codéà destination de Léon Trotski, le célèbre révolutionnaire... devenu l'amant de Frida Kahlo pendant l'exil mexicain de celui-ci.
Au même moment, une série de meurtres défraye la chronique : les cadavres de strip-teaseuses sont retrouvés mutilés, l'image de la Santa Muerte– l'Ange de la mort – tatouée sur le sein gauche, tandis que des autels consacrés à cette secte religieuse rivale du Vatican sont détruits.
Daniela se retrouve ainsi plongée dans une enquête mêlant narcotrafiquants dévôts de la Santa Muerte, évêques officieux et curés aux visages d'ange, tueurs à gages en maillot du Real de Madrid et procureures mangeuses d'hommes obsédées par la chirurgie esthétique...
Un polar hispanique explosif qui nous dévoile, à travers une intrigue contemporaine sulfureuse, l'ultime secret de Frida K. et de sa liaison clandestine avec Trotski quelques mois avant son assassinat.

Source : site de l'éditeur


Mélangez au shaker Frida Khalo, Léon Trotski, la Santa muerte, Azcapotzalco, Tepito, une détective espagnole spécialisée dans l’art, un avocat mexicain véreux, un narcotrafiquant, un prêtre catholique blanchisseur d’argent et en perte d’ouailles, un évêque de la Niña Blanca en gain d’ouailles mais dont les autels sont saccagés, des teiboleras assassinées, un flic taciturne, une procureur nymphomane et un tatoueur. Agitez vivement quelques minutes, et jetez sur le papier ce qu’il en sort. On obtient ce livre qui a une trame linéaire aussi trépidante qu’une autoroute belge par une soirée d’automne. Les ingrédients ne sont la que pour servir d’exotisme à un style simpliste, à une histoire mal racontée et qui reste confuse du début à la fin.

Ph. H

7 septembre 2012

Mezquite Road


Gabriel Trujillo Muñoz
éditions Folio, 2012

Mexicali, état de Basse-Californie du nord, est une ville frontière. Cette frontière entre le Mexique et les Etats-unis rappelle le mur de Berlin, le rideau de fer, le mur autour de la Palestine ou les murailles de Jéricho. Même si à ce jour, aucune armée de trompettistes ne l’a détruit ni même lézardé. Pourtant il est poreux ce mur, y passe les produits de divers trafics, d’êtres humains, de drogue, d’armes ou d’argent sale. De part et d’autres de cette limite bétonnée règnent les narcotrafiquants, faisant de ce coin du continent américain une zone particulièrement dangereuse. C’est dans cet endroit peu attirant qu’est né Gabriel Trujillo Muñoz. Peu attirant mais paradoxalement, il draine malgré tout toute la main d’œuvre servile du lumpenprolétariat qui espère un travail dans les maquiladoras ou, rêve chimérique, passer au nord pour accéder au mode de vie exemplaire de l’oncle Sam.

Le livre débute sur les chapeaux (de cow-boys) de roues (de 4X4). Trois cadavres sont jetés au fond d’un arroyo. Presque en même temps, Heriberto est retrouvé mort dans une chambre d’hôtel. Anastasio, vieil ami d’Heriberto et de Morgado demande alors à celui-ci de se pencher sur les circonstances de la mort qui apparaissent bien troubles. De fait, les activités d’Heriberto étaient parfois tournées vers le jeu, et il avait contracté une dette plus que rondelette auprès d’une tenancière d’un cercle clandestin. Les amis de cette ennemie n’étaient pas des amis pour Heriberto.

L’enquête de notre avocat des droits de l’homme, ce qui n’est pas une sinécure au Mexique, va et vient entre une veuve éplorée découvrant les turpitudes de son mari, une fille lubrique mariée à un voyou, la police qui considère que c’est une affaire de drogue puisque un sachet a été retrouvé sur le cadavre. Morgado peut compter sur Anastasio, ancien militant anarchiste qui philosophe sur les temps modernes et la victoire, et donc sa défaite, de l’individualisme, de l’argent facile, et le narcotrafic qui pourrit tout.

Trujillo Muñoz pimente son récit d’allusions érotiques, de gueules de bois douloureuses sous le climat torride de Mexicali. L’auteur joue d’ailleurs sur cette chaleur accablante qui pousse parfois à la nonchalance et qui contraste avec la dureté des faits et la rapidité de leur survenance. Les intervenants sont nombreux, un gang de motards faisant dans le social lui sert d’anges gardiens. Dans les coups durs, Anastasio parvient à reformer sa brigade comme à l’époque de Ricardo Flores Magon. La police mexicaine est fidèle à sa réputation, inefficace et corrompue. Pour compliquer le tout, DEA et CIA étasuniennes viennent mettre leurs grains de sel – et de sable – dans cet imbroglio. Car si le nombre de pages est supérieur à celui des autres livres de la série, les faits et personnages sont eux aussi plus denses. Il faut suivre avec attention et l’enchainement des évènements est parfois trop rapide et pas claire.

Mezquite Road est un cliché social, politique et sociologique de cette partie du monde, lieu de rencontre de tous les prédateurs, nombreux et variés, qui tournent autour des fortunes nées du narcotrafic, et planent tels les zopilotes au dessus de leurs victimes, femmes, pauvres, indiens, enfants, ce qui génèrent souvent des situations sordides.

Mais, Morgado va parvenir, non pas à faire triompher le bien, la tâche est bien trop démesurée, mais à résoudre l’affaire d’Heriberto et redorer un peu son blason. Joueur, peut-être, malhonnête certainement pas. C’était un innocent, au sens propre et figuré, victime collatérale de la violence endémique de ces provinces du nord du Mexique comme l’ont déjà été plusieurs dizaines de milliers de personnes. On notera avec plaisir le rôle important d’Alicia, la femme plantureuse et hardie dont Morgado est amoureux. Son personnage est attachant, mais Morgado doit-il lui faire une confiance aveugle ?

Ph.H.

6 septembre 2012

Mexico, la muerte

Marty (dessin), Philippe Thirault (scénario)
Agence interpol, tome 1
éditions Dupuis - 09 2012

Résumé de l'éditeur :
Des cadavres de femmes décapitées sont retrouvés en plusieurs endroits de Mexico. La police, corrompue jusqu'à l'os, n'enquête pas particulièrement sur ces meurtres. D'une part parce qu'ils ressemblent beaucoup à la manière de faire des narcos, d'autre part parce que tant que personne n'y trouve d'intérêt, personne n'a de raison de bouger. Le seul à s'intéresser à l'affaire est un détective privé ; un solitaire, du nom de Tikal, à qui le mari d'une victime a demandé de retrouver le meurtrier. Il n'attend aucune aide de la police, mais c'est Interpol qui va s'intéresser à lui, en la personne de l'agent Clare Burnell, chargée de l'affaire depuis qu'on a découvert qu'une des victimes était de nationalité américaine.

Démarre alors, pour le duo a priori mal assorti, une enquête violente, remplie de zones d'ombre et de faux-semblants, sur fond de terreur et de massacre orchestrés par les narcos. Sans compter que les motivations de Tikal se révèlent peu à peu bien plus complexes qu'elles n'avaient l'air de l'être... 

Une intrigue de polar très noire de Philippe Thirault, servie par le dessin âpre et incisif de Lionel Marty.

Source : http://www.dupuis.com/catalogue/FR/al/31342/mexico.html


Mexico, La Muerte
Entretien avec les auteurs Philippe Thirault et Lionel Marty

« Une nouvelle série inspirée de faits réels ». Voilà comment les éditions Dupuis présentent Agence Interpol, dont les deux premiers tomes, Stockholm et Mexico, seront disponibles dans les bacs à partir du 7 septembre avec, pour chaque album, un duo d’auteurs différent. L’enquête se à Mexico met aux prises narcotrafiquants, police locale corrompue et chirurgiens véreux. Quant à Pablo Tikal, un privé local, et Clare Burnell, agent d’Interpol, ils essaient de retrouver l’assassin de jeunes filles retrouvées mortes, décapitées. Philippe Thirault et Lionel Marty, aux commandes de ce polar noir et sanglant, répondent à quelques questions. Lire l'entretien complet sur BD Gest'.



Le trait agressif, dur et anguleux rend bien compte de l’atmosphère tendue qui règne dans les villes mexicaines touchées par la violence, des difficultés quotidiennes des habitants et de l’inquiétude omniprésente qui règne mais avec laquelle il faut bien vivre. Par contre, si ce style convient aux dessins d’ensemble, il est mal adapté aux personnages qui deviennent méconnaissables d’une case à l’autre, voire disproportionnés.

Si l’objectif des auteurs était de faire un album sur les conséquences du narcotrafic, on ne comprend pas trop pourquoi ils ne l’ont pas fait directement, sans passer par cette enquête sur un serial-killer ? En effet, tout le déroulement de l’album est construit sur l’énumération des agissements des narcotrafiquants : décapitation, pendaisons, démembrements, attaques des centres de désintoxication … dans un enchainement qui devient vite rébarbatif puisque finalement, ce n’est pas le sujet principal. Il semble que le Mexique devient de plus en plus victime de sa mauvaise réputation et donc un sujet de plus en plus fréquent pour la littérature ou la bd noire. Mais il ne suffit pas de citer les bidonvilles de Nezahualcoyotl, le quartier riche de Las Lomas, ou la Zona rosa pour recréer une ambiance. Les sources doivent être fiables, ce qui ne semblent pas être le cas puisque lorsqu’il est question de l’aéroport international de Benito Juarez de Mexico DF, on peut lire des panneaux en catalan !?

Finalement, cet album laisse une vision morbide et figée de Mexico DF, alors qu’elle n’est pas la ville mexicaine la plus exemplaire en matière de violence. Elle est largement dépassée par Ciudad Juarez ou Monterey, voire Acapulco ou Veracruz. Il est un peu exagéré de dire, comme c'est le cas dans la bd, que l'espérance de vie à Tepito (marché de Mexico DF où se vendent les produits des vols) est de 10 minutes, même si Tepito n'est pas loin s'enfaut, un endroit recommandable. Les auteurs égrainent la liste des ingrédients qui font du Mexique contemporain un pays dangereux, mais cela reste superficiel et fade, ce qui est dommage pour le pays du piment.

Ph.H.


5 septembre 2012

Juarez

Corentin Rouge (dessin), Nathalie Sergeef (scénario)
éditions Glénat - 08 2012

Résumé de l'éditeur :
Bienvenue à « murder land »
Depuis 1993, dans la petite ville frontière de Ciudad Juárez, près de 400 cadavres de femmes ont été retrouvés, et plus de 2000 sont portées disparues. Sûr que ça crée des vocations. Gael Garcia Morales est venu à Juárez pour y retrouver la trace de sa sœur, dont le visage figure parmi ceux des milliers de disparues pour lesquelles les familles désespérées collent des affichettes. Quelques mois plus tôt, elle avait rejoint l’association Esperanza, qui s’oppose aux trafiquants de drogue, aux policiers complaisants et aux avocats véreux pour faire la lumière sur ces assassinats ignobles. Mais Juárez n’aime pas les fouineurs. Certains ont tenté de mener leur propre enquête, on ne les a jamais revus…

Dans le domaine de l’horreur, la réalité dépasse malheureusement souvent la fiction, et les auteurs se sont inspirés de faits réels pour ce one shot racontant l’enquête d’un personnage, menée au cœur des vérités obscures de cette cité mexicaine gouvernée par le crime et l'impunité.

Source : http://www.glenatbd.com/bd/juarez-9782723482134.htm

Le dessin réaliste, aux traits précis est agréable. Les couleurs, brillantes sur papier glacé, donnent un côté excessivement lumineux qui ne colle pas à l’ambiance. L’album est riche de 72 pages, découpées en nombreuses case et phylactères, offrant un bon moment de lecture, ce qui n’est pas toujours le cas avec une bd.

Le scénario est solide et classique. La sœur de Gael a disparu a Ciudad Juarez. Installé aux Usa, il franchi la frontière pour tenter de la retrouver. Les auteurs décrivent le parcours habituel dans ce genre de situation, le héros croise donc des policiers incapables, véreux, corrompus ou compromis, des avocats du même tonneau, des journalistes dépassés dont la vie est menacée, comme celles des femmes qui militent au sein des associations d’aide aux familles de disparues. Si toutes les origines d’assassinats sont évoquées, violence conjugales, détraqués sexuels, snuff-movies … les auteurs ont choisi celle qui est probablement à l’origine du plus grand nombre de victimes, le narcotrafic. Ils évoquent dans leur bd l’étroite connivence entre les narcos et les politiciens, les luttes intestines entre gangs et l’échec total de toutes les tentatives d’éradication du fléau, tant au niveau de l’Etat de Chihuahua qu’au niveau fédéral.

On regrettera (encore !) quelques mauvaises traductions et quelques fautes d’orthographe en espagnol. Cette bd, loin d’être une ouvre militante comme celle de Baudoin & Troubs (Viva la vida – Los sueños de Ciudad Juarez), une des rares a avoir capté la profondeur du désarroi de ces femmes mexicaines, reste néanmoins une œuvre fidèle à la réalité.

Ph.H.

23 juillet 2012

L'affaire tequila

Francisco Gerardo Haghenbeck
Traduit par Juliette Ponce
éditions Denoël, 2012

C'est à Acapulco que se déroulent cette fois les aventures de Sunny Pascal, privé américano-mexicain porté sur le surf, les jolies filles et les cocktails VIP. Sa mission consiste à biberonner Johnny Weissmuller, ex-Tarzan à la dérive un brin porté sur la boisson, pendant la durée du célèbre festival de cinéma qui se tient le long de cette mythique baie. Un jeu d'enfant, en somme...
Mais c'est sans compter sur les mauvaises fréquentations de l'homme-singe et ses soucis en tout genre : car Weissmuller est plongé jusqu'au cou dans des affaires crapuleuses que Sunny devra démêler s'il veut sauver sa peau. La mafia, de sombres Cubains aux allégeances troubles et même Ann Margret – l'ex d'Elvis avec laquelle Sunny se lie d'une amitié fort peu catholique – viendront mettre à mal le flegme de notre fin limier. Dans ce nid d'espions où chacun essaie de tirer son épingle du jeu, Sunny mènera l'enquête avec la nonchalance et l'humour qu'on lui connaît. Portrait drôle et sexy du milieu hollywoodien des années soixante, L'Affaire tequila nous entraîne dans une intrigue caliente en diable.
Source : site de l'éditeur


Es 1965, el mundo se está recuperando del asesinato de kennedy y baila al ritmo del rock. Su amigo, el productor de cine Scott Cherries, contrata a Sunny Pascal para que vuele a la turística playa y sirva de guardaespaldas de Johnny Weissmüller, alias Tarzán, durante el afamado festival de cine. El viejo campeón olímpico y estrella de cine, se ha metido con la mafia local y debe una buena cantidad por su afición al juego y bebida. Sunny debe sacarlo del embrollo pero su afán de meterse en problemas lo envuelve en un trama de carácter internacional contando con la ayuda del mafioso más seductor : Frank Sinatra.


Francisco Gerardo Haghenbeck (nn. Ciudad de México, 1965 ) es un escritor y guionista de comics mexicano. Entre sus obras destaca Trago Amargo, novela que recibió el Premio Nacional de Novela «Una Vuelta de Tuerca» en el año 2006

19 juin 2012

El rencor

Fabrizio Mejía Madrid
editorial FCE De Bolsillo
primera edicion, Planeta 2006

Max Urdiales, un político gris y fanfarrón, es llamado para cumplir con una tarea que sólo él puede hacer: encontrar al anciano y temible licenciado X., quintaesencia del priismo; ha pasado por las tres etapas de todo militante del partido único: porrista, policía secreto y hombre de negocios nunca diáfanos. Max Urdiales nos narra episodios claves de la historia política de México en los setenta años de PRI. Nos dejará ver, gradualmente, su verdadero rostro y el de la política mexicana; y a la vez, hace un viaje interior hacia su propio rencor: no pertenecer a la clase política a pesar de ser leal a ella.
(Reseña FCE)

“Le llamamos grilla a la política mexicana porque es justo lo que queremos que la gente piense de ella : un ruidero incomprensible que viene de la noche”, sentencia al final del libro el Licenciado X. Ante tal realidad, la única medicina posible es el sarcasmo. Y en ese sentido El rencor se toma a gozosas cucharadas.
Bernardo Esquinca


1 juin 2012

Tijuana Straits

Kem Nunn
éditions Sonatines, 2010

Avec Tijuana Straits, Ken Nunn a écrit un roman environnemental, social et engagé. L’histoire se passe entre Imperial Beach, une ville des Usa de la vallée de la Tijuana River, et de l’autre côté de la frontière, à Tijuana, plus grande ville l’état mexicain de Baja California. Sam Fahey est un ancien surfeur malmené par la vie. Il a de mauvaises relations avec son père, un petit truand qui ira jusqu’à assassiner des clandestins mexicains. Ce mauvais exemple, s’il ne l’empêche pas de réussir quelques sorties mémorables sur les houles prisées du pacifique, le fameux mystic peak entre les iles Coronados et l’embouchure de la Tijuana river, ne lui épargnera pas des dérapages autour de la drogue, consommation et trafic, qui le conduiront en prison pour plusieurs années. A sa sortie, il a un seul désir, se ranger dans une petite vie tranquille, sans horizon et sans exploit sportif mais sans aussi sans embêtement.

Magdalena, à Tijuana, voudrait que les choses changent pour les femmes mexicaines. Elle travaille à la Casa de las mujeres, où elle apporte une aide psychologique, matérielle et juridique aux nombreuses victimes d’un univers social et professionnel très particulier, dans lequel les conditions de travail sont basées sur le machisme, l’absence de législation, l’absence de protection, la violence et la corruption. Cette activité va valoir à Magdalena un attentat qu’elle attribue aux patrons des maquiladoras, ces petites usines qui fourmillent sur la frontière, dans lesquelles les femmes sont exploitées par des employeurs yanquis sans scrupules, avec l’accord des autorités mexicaines qui y voient un essor économique. Echappant à ses poursuivants, Magdalena va être recueillie par Sam Fahey, qui de partage entre son emploi pour la protection de des oiseaux et sa petite ferme dédiée à la vermiculture. L’engagement de Magdalena va lui redonner un peu de conscience, de solidarité, et peut être l’occasion de laver les taches laissées par son père auprès des immigrants mexicains qui croient trouver le paradis aux Usa.

Il va devoir pour cela protéger Magdalena de ces agresseurs qui ne se laissent pas décourager par la frontière, cette ligne qui a vu se développer de chaque côté des zones de non-droit très dangereuses, ou l’on croise des narcotraficantes, des clandestins, des milices, des junquies, et toute une humanité rejetée par l’ultralibéralisme, le tout dans un environnement toxique du aux rejets chimiques des usines, sous le regard complice des services environnementaux mexicains qui falsifient les résultats d’analyses, transformant en cloaque un espace autrefois peuplé de plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs. Le gouvernement gringo a même du déplacer une base des Navy Seals à cause du niveau de pollution.

La traque lancée contre Magdalena permet à Ken Nunn de dénoncer les exactions contre les hommes et contre la nature, de brosser un portrait des coupables et des victimes, et d’alerter ses lecteurs sur les conditions de vie liées à des accords économiques qui, finalement, renvoi les relations de travail et de vie à un niveau proche de celui du XIXème siècle.

Kem Nunn réussi ce portrait grâce à son style d’écriture particulièrement agréable qui le situe dans le haut du panier littéraire. Dans la lignée de La patrouille de l’aube (Don Winslow) ou La frontière (Patrick Bard), Tijuana Straits est un autre témoignage sur la frontière entre Mexique et Etats-Unis, ce territoire de violence extrême qui échappe à tout contrôle où les cadavres poussent plus vite que les cactus.

Ph.H.

Le jour des morts

Francisco Gerardo Haghenbeck
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Albert Bensoussan
éditions L'Herne, 2012

Cette biographie romancée de l’artiste mexicaine Frida Kahlo prend comme fil d’Arianne un cahier de recettes culinaires que la peintre gardait toujours par devers elle et qui disparut mystérieusement à l’heure de sa mort.

Il s’agit d’une pièce imaginaire que le romancier mexicain compose, avec un plaisir évident. Chacun des 24 chapitres s’achève sur une ou plusieurs recettes. Quant à la vie de Frida, elle suit dans ses péripéties la célèbre biographie de H. Herrera, à l’origine du film Frida. Sans la fantasmagorie, et un style qui se prête volontiers aux incursions dans la pensée magique et la mythologie mexicaine, sans les multiples recettes de cuisine, ce titre pourrait être sans surprise, car nous savons déjà tout de cette vie de Frida Kahlo, et par sa belle biographie de Herrera et par le beau film qui en a été tiré ; et aussi par les nombreux articles sur l’artiste. Mais voilà, on lit ce livre avec intérêt, avec plaisir, et même jubilation. Et pour les plus mordus, on court à sa cuisine, à ses casseroles et on se lance dans la savante et savoureuse alchimie de la hierba santa et de ses sortilèges.

Francisco G. Haghenbeck est l'un des écrivains mexicains les plus intéressants du moment. Il a travaillé dans des musées et à la télévision en tant que réalisateur et producteur. O lui doit également les romans : Martini Shoot (Trago Amargo, Denoël, 2011), El código nazi, Le jour des morts (Hierba Santa) et Aliento a Muerte. Il a reçu le prix de la nouvelle de Oaxaca ; le prix La Bisagra de Puerto Vallarta ; et le Prix National du Roman au Mexique pour Trago Amargo en 2006.


Lors d'une grande exposition pour le centenaire de Frida Khalo, un petit carnet noir, découvert dans ses affaires personnelles après sa mort, fut mystérieusement dérobé au cours du vernissage... Après un terrible accident de voiture, et sa "première mort", Frida avait conclu un pacte avec la Mort en personne : elle survivrait à ses blessures mais en contrepartie elle lui préparerait chaque année des offrandes très particulières. Depuis, elle notait dans ce carnet les recettes secrètes à réaliser le Jour des morts, une date sacrée célébrée à travers tout le Mexique par des fêtes, des réunions et des présents... La souffrance de son corps meurtri, sa passion pour son mari, le peintre Diego Rivera, et sa vie tumultueuse achèveront de la détruire. 
 
Informations
ISBN : 9782851977243
Pages : 240