17 avril 2021

Esperanza et ses saints

María Amparo Escandón
traduit de l'espagnol (Mexique) par Bernard Cohen
éditions Robert Laffont, 08-1999

Présentation éditeur

Parce que la mort de sa fille est une douleur insupportable, parce que l'un des saints qui guident son existence lui souffle que son enfant bien-aimée est toujours en vie, san Judas Tadeo le lui a confirmé, lorsqu'il est apparu sur la porte grasse de son four à gaz la belle et pieuse Esperanza se lance à sa recherche et entreprend un étrange voyage. Entre madone et fille de joie, elle plonge dans un enfer moderne de souteneurs, de prostituées et de perversions - adouci par de fugaces moments d'amour -, qui, de sa tranquille bourgade mexicaine jusqu'à la violente Los Angeles, la mènera à la découverte d'elle-même... Sa rencontre avec Angel, le catcheur mythique, détourne le cours de son destin.

Au cœur du Mexique contemporain, où " la foi est plus belle que Dieu ", un merveilleux conte d'initiation spirituelle sur la fragilité des traditions ancestrales à l'heure du cynisme consumériste. Dans la meilleure veine de la littérature latino-américaine, voici un premier roman audacieux, sensuel, tendre et drôle. 
La Mexicaine Maria Amparo Escandon pourrait être la sœur spirituelle de Pedro Almodovar première manière. Une communauté de situations kitsch les unit de façon indéniable.

 

Santitos
editorial Maeva, 1999

 

Santitos comienza con un milagro: la joven viuda Esperanza está velando a su hija Blanca de doce años, fallecida de forma repentina, después de una operación rutinaria, cuando de pronto se le aparece San Judas Tadeo para darle un importante mensaje: Blanca está viva y ella debe salir a buscarla.
Entonces Esperanza inicia una larga travesía no sólo geográfica, sino también espiritual, llena de aventuras, milagros y dolorosas experiencias que la lleva desde su pequeño pueblo natal en Veracruz hasta los prostíbulos de Tijuana y finalmente a los centros del sexo más sórdidos de Los Ángeles, donde hace un descubrimiento que cambiará su vida para siempre...

 

María Amparo Escandón se dicidió muy pronto por la literatura. Siendo muy joven, asistió al prestigioso taller de Juan Rulfo y empezó a publicar relatos en diversas revistas literarias mexicanas. En 1983 decidió trasladarse a Los Ángeles, donde inició realmente su carrera literaria. En 1999 hizo su espectacular debut con Santitos, que se convirtió rápidamente en un best seller y fue llevado al cine por Alejandro Springall, con el aval del prestigioso productor y director John Sayles, gran admirador de Escandón. Santitos ha sido traducido a diecisiete idiomas.

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10 avril 2021

Récif

Juan Villoro
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Isabelle Gugnon et Juliette Barbara
éditions Buchet Chastel, 01-2014

 

Résumé éditeur

La côte mexicaine des Caraïbes, autrefois paradisiaque, a désormais tout d’un enfer sur terre. Les aléas climatiques, la crise économique et le délitement général du pays ont tué le business mais attiré un nouveau type de touristes, adeptes de sensations fortes. Un seul complexe hôtelier, situé à l’orée d’une immense barrière de corail et géré par Mario Müller, ex-leader du groupe de rock mexicain les Extraditables, semble survivre : la Pyramide. L’établissement propose une plongée dans la terreur mexicaine : faux kidnapping par de pseudo-guérilleros, rencontre avec des mygales, pratique de sports extrêmes sans filet.
Un an après l’arrivée de Tony Góngora, l’âme damnée de Müller, son ancien compagnon de bohème rock, ex-junkie, la folie gagne peu à peu les lieux. Un membre de l’équipe est assassiné. Sous ces tristes tropiques ravagés par la cupidité des uns et la veulerie des autres, Tony, avec l’indolence des désespérés, part à la recherche de la vérité.
Roman postmoderne, Récif est une balade mélancolique et réflexive dans les tréfonds de l’âme contemporaine, en même temps qu’un saisissant aperçu des maux qui ravagent le Mexique.

L'auteur

Juan Villoro est né Mexico le 24/09/1956. Romancier, essayiste, nouvelliste, chroniqueur, scénariste et traducteur mexicain, Juan Villoro, est l’une des voix majeures de l’univers littéraire et artistique de son temps. Après une expérience dans le monde des affaires diplomatiques, Juan Villoro a pratiqué la traduction, enseigné à l’université et beaucoup œuvré dans le journalisme culturel. Vite reconnu comme auteur essentiel de sa génération grâce à la publication de ses nouvelles, c’est avec le roman El disparo de Argón (Le maître du miroir) qu‘il a acquis une réputation internationale.

Sociologue de formation et chroniqueur, Juan Villoro sait faire réfléchir et sourire le lecteur, réconcilier la lucidité cruelle de la fable et les rêveries de l’espace romanesque. C’est avec son troisième roman, El testigo (Le témoin), que Juan Villoro réussit à faire la somme de ses qualités de narrateur. Salué par le prestigieux prix Herralde en 2004, ce livre a la résonance des œuvres majeures, en donnant le sentiment qu’il est le plus mexicain des romans, tout en étant le plus universel possible.

Les nouvelles de La casa pierde, (Les Jeux sont faits) reçoit le prix Xavier Villaurrutia en 1999. Il obtient en 2008 le prix Antonin Artaud pour son livre de nouvelles, Los culpables.

( Source : www.centrenationaldulivre.fr)

 

Arrecife
Juan Villoro
editorial Anagrama, 04-2012

Hubo un tiempo en que las playas eran un sitio de descanso. En la época del turismo extremo los viajeros necesitan otras emociones. Mario Müller, ex integrante del grupo de rock Los Extraditables, descubre una visionaria posibilidad en el Caribe: los placeres del miedo. Y a orillas de un inmenso arrecife de coral edifica La Pirámide, resort que ofrece peligros controlados hasta que un buzo muere fuera del agua. Müller conoce la naturaleza de sus huéspedes: unos crían arañas venenosas, otros juegan a la ruleta rusa, otros quieren actualizar los sacrificios mayas. En el arrecife, delicadas especies nadan entre piedras afiladas.

Reflexión sobre los daños que elegimos para intensificar la vida, esta apasionante novela de Juan Villoro describe una nueva ecología: el cambio climático vacía los hoteles y el lavado de dinero los regenera como emporios fantasma.

Pero Arrecife también es una historia de amistad, amor y redención. Mario Müller recupera a su mejor amigo para asignarle una misión que transformará tres biografías. Tony Góngora, narrador de los hechos, ha perdido buena parte de la memoria. La Pirámide representa para él una variante de la caverna de Platón, un sitio de aislamiento donde «conocer es recordar». La intriga policiaca lo lleva al fondo de sí mismo.

Con la ironía y la profundidad reflexiva que definen su escritura, Juan Villoro, uno de los mejores escritores latinoamericanos en tantos géneros literarios, otorga realidad a una utopía: los problemas de ese paraíso son las virtudes de una novela excepcional.

(Editorial Anagrama)

3 avril 2021

Pour l'amour d'Elena

Yasmina Khadra
éditions Mialet Barrault, 03-2021

 

Résumé éditeur

À l’Enclos de la Trinité, un trou perdu dans l’État mexicain de Chihuahua, Elena et Diego s’aiment depuis l’enfance. On les appelle les « fiancés ». Un jour, Elena est sauvagement agressée sous les yeux de Diego, tétanisé. Le rêve se brise comme un miroir. Elena s’enfuit à Ciudad Juárez, la ville la plus dangereuse au monde. Diego doit se perdre dans l’enfer des cartels pour tenter de sauver l’amour de sa vie.
Pour l’amour d’Elena s’inspire librement d’une histoire vraie.


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Extraits

C’était pour apprendre à dire les mots qui seyaient à sa beauté que je m’étais mis à dévorer les bouquins. J’en avais chapardé un tas au marché aux puces de San Cristo. Je les lisais sans trop comprendre de quoi il retournait, mais avec la conviction grandissante qu’à la longue je finirais par trouver ces fameuses formules dont raffolent les filles qu’on aime.
Je rêvais de devenir journaliste ; elle me rêvait, moi. À l’époque, elle ne payait pas de mine. Elle était aussi sèche qu’une sauterelle et elle flottait dans sa robe usée telle une âme menue dans un suaire. Puis elle a commencé à s’épanouir comme une fleur sauvage, et plus elle ajoutait de la chair sur ses os, plus elle avivait les fantasmes des louveteaux qui lui tournaient autour.
À Juárez, tout se joue à pile ou face, et tout le monde participe. Parce que le jeu en vaut la chandelle. Tu peux devenir riche en un claquement de doigts. Moi, par exemple, j’étais parti avec une toile d’araignée au fond de la poche. Maintenant, j’ai une caisse de nabab et un joli pied-à-terre avec jardin. Je ne roule pas encore sur l’or mais j’y crois. J’ai des ambitions. Un jour, je m’offrirai un club branché, un harem de putains et un carnet d’adresses blindé où seront répertoriés des stars, des hauts fonctionnaires et des flics influents.

L'auteur

Yasmina Khadra est né en 1955 dans le Sahara algérien. Il est notamment l’auteur d’une trilogie saluée dans le monde entier, Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat et Les Sirènes de Bagdad, consacrée au dialogue de sourds entre l’Orient et l’Occident. L’Attentat a reçu, entre autres, le prix des Libraires. Ce que le jour doit à la nuit a été élu meilleur livre de l’année 2008 par le magazine Lire et a reçu le prix France Télévisions. Adaptés au cinéma, au théâtre (en Amérique latine, en Afrique et en Europe) et en bandes dessinées, les ouvrages de Yasmina Khadra sont traduits en une cinquantaine de langues.

En 2000, il est parti au Mexique avec sa femme et ses enfants pour s'installer par la suite en France en 2001. Cette même année il révèle sa véritable identité avec la parution de son roman autobiographique L'Écrivain. À cette époque ses romans ont déjà touché un grand nombre de lecteurs et de critiques.

27 mars 2021

Les mutations

Jorge Comensal
traduit de l'espagnol (Mexique) par Isabelle Gugnon
éditions Les escales, 08-2019

 

Présentation de l'éditeur

À cinquante ans, Ramón, avocat brillant et patriarche conservateur, découvre qu’il est atteint d’une forme rare de cancer. Son seul espoir de guérison : une amputation de la langue. Une tragédie pour celui dont la verve faisait le succès professionnel. Autour de lui gravitent sa femme Carmela et ses deux ados – plus intéressés par le karaoké et la masturbation que par leur réussite scolaire – et enfin Elodia, la dévote et dévouée employée de maison, convaincue qu’un miracle est encore possible.
Mais qui pourra réellement l’aider à traverser cette épreuve ? Teresa, sa psy amatrice de petits gâteaux au cannabis ? Benito, son perroquet blasphémateur et fidèle confident ? Ou bien les représentants de la médecine conventionnelle, persuadés d’accéder à la gloire grâce au cas unique de Ramon ?
Perdu dans les méandres de la maladie et accablé par les dettes, le chef de famille est bien décidé à concocter un plan pour se sortir de cette impasse dignement.

Un premier roman brillant, caustique et érudit : lorsque Ramón, avocat renommé, perd l'usage de la parole, c'en est fini de sa vie tranquille. Entre superstitions et médecines alternatives, il embarque sans le savoir dans une épopée tragi-comique

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Las mutaciones
editorial Seix Barral 

Una tragicomedia llena de humor y ternura. Un debut extraordinario.

Ramón Martínez es un abogado de éxito, un ateo convencido y un padre de familia como otro cualquiera. Pero todo cambia el día que Ramón tiene que ser operado y pierde la lengua —y con ella la capacidad de hablar— y comienza para él una silenciosa tragicomedia. Carmela, la mujer de Ramón, comenzará a tener discusiones diarias con un marido que no puede contestarle; Paulina y Mateo, sus hijos adolescentes, tendrán que afrontar la nueva situación mientras lidian con sus propias obsesiones (la obesidad y el onanismo). Elodia, la asistenta supersticiosa, busca una cura milagrosa para su jefe, que acude a terapia con Teresa, una psicoanalista, que cultiva marihuana en su ático. En medio de todo este barullo, Benito es el nuevo miembro de la familia: un loro de una especie en peligro de extinción con el que, paradójicamente, Ramón se comunica mejor que con sus seres queridos y que es capaz de blasfemar y gritar todo lo que Ramón no puede.
Contada con un humor tierno y a veces un poco negro, esta tragicomedia nos muestra una familia como todas: con su día a día, con sus problemas, con su dosis de amor y de risas, y también, como en la vida misma, con su dosis de mala suerte y de lágrimas. Y con un loro.

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20 mars 2021

Barrier

Brian K. Vaughan (scénario)
Marcos Martin (dessin)
éditions Urban Comics, 10-2019


Présentation éditeur

Liddy, propriétaire d'un ranch, vit à Pharr, ville du sud Texas. Elle est sur le point de faire une rencontre inattendue : celle d'Oscar, un Hondurien qui a réussi à franchir la frontière mexico-américaine. Sur les terres de Liddy, Oscar se retrouve braqué à bout portant par la Texane. Mais tout à coup, une troisième entité intervient et les kidnappe... Liddy et Oscar s'entraident bien malgré eux, obligés d'unir leurs forces pour tenter de s'enfuir. Ils réalisent peu à peu que ce qui les séparait n'est rien face à cette rencontre du troisième type !

BARRIER est une nouvelle réflexion éclairante des auteurs de PRIVATE EYE sur notre société, et une exploration de la nature humaine dont nous limitons le potentiel par méconnaissance de l'autre. Au-delà de ce qui pourrait n'être qu'une déclaration d'intention, BRIAN K. VAUGHAN et MARCOS MARTIN proposent une véritable expérience linguistique à leurs lecteurs. Conformément à leur projet, certains passages de cet album ont été conservés en espagnol. Aussi, il faudra au non-hispanophone s'investir dans une lecture active et aller au-devant d'une langue peut-être inconnue pour comprendre le parcours d'Oscar. Faire un pas vers l'autre et sa culture en quelque sorte...

 

Dans un bout de désert, au Texas. Un homme effectue une ronde avec son 4/4. Il passe un panneau sur lequel il est inscrit, en anglais et en espagnol, que les intrus seront abattus. Il roule depuis un moment, le soleil se couche. C'est alors que son regard est attiré par un objet qu'il aperçoit le long de la piste. Il descend du véhicule et laisse échapper un juron. Le voici désormais accroupi, en train de scruter ce qu'il reste de la tête d'un cheval. Le pauvre animal a été écorché et ses orbites sont vides. L'homme décroche son mobile et appelle son boss. Liddy est la propriétaire du ranch et de ses terres. C'est une veuve et elle comprend que cette tête de cheval, c'est le signal qu'un cartel lui adresse, pour lui faire comprendre que ses panneaux d'avertissement ne les impressionnent pas et qu'ils ont décidé, d'une façon ou d'une autre, de prendre un itinéraire qui passe par chez elle... De l'autre côté du continent, à San Pedro Sula, la seconde ville du Honduras, Oscar est un jeune homme qui va fuir le pays. Le meilleur avenir qu'il puisse se construire, c'est aux États-Unis qu’il le projette, alors il embarque dans un camion et commence un long périple qui va le conduire jusqu'à Liddy...

 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur
 

Les formes d'un soupir

Hubert Antoine
éditions Gallimard, 03-2021

 

Présentation de l'éditeur

« Le vent porte le corbeau. Toi et moi, nous sommes le vent. »

Grâce à une expérience hallucinogène, un libre-penseur mexicain parvient à entendre de nouveau la voix de sa fille, Melitza, assassinée pendant l'insurrection d'Oaxaca, deux ans auparavant. Elle lui relate ses derniers instants auprès d'Evo, un chaman huichol qui va lui offrir, à travers un étourdissant rituel d'oubli, la plus romantique des métamorphoses.
Road movie au pays de Quetzalcóatl, le deuxième roman d'Hubert Antoine défonce les portes du deuil, supprime les frontières entre morts et vivants pour révéler un Mexique toujours aussi captivant dans les plus ardentes couleurs de l'intensité

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

13 mars 2021

Les larmes du cochon truffe

Fernando A. Flores
éditions Gallimard, 09-2020

 

Présentation éditeur

 

Ce n’est pas un mur, mais deux qui séparent le Texas du Sud du Mexique sous le regard perçant des Protecteurs de la frontière.
Les cartels alternent exécutions sommaires, intimidations et représailles avec la même violence que les narcotrafiquants d’aujourd’hui. À cette différence près que leur fructueux trafic porte désormais sur les têtes réduites d’indigènes et les objets d’art amérindiens.
Dans ce monde de demain dominé par la corruption, la cupidité, le racisme et les inégalités, Bellacosa, veuf désabusé, recherche son frère, probablement victime d’un enlèvement. En compagnie du journaliste Paco Herbert, qui enquête sur un autre marché scandaleux, il assiste à un banquet clandestin et hors de prix où l’on sert des espèces animales disparues, reproduites selon un procédé appelé la Méthode. Ils y rencontrent le cochontruffe, inoubliable créature, mythique et hautement symbolique.
C’est ici que le réalisme magique rejoint le roman noir.

Source

 

6 mars 2021

Tristessa

 Jack Kerouac
éditions Gallimard, 04-2013

 

La peau sur les os, mais une peau de pêche et de café, et ça suffit pour faire une femme, une "Tristessa" - bien nommée, il faut le dire, entre cauchemar et veille - une Aztèque des faubourgs aux yeux athées, douloureuse comme le Mexique où se tapit, dans des ruelles sombres encombrées d'odeurs, l'autre côté du rêve américain, ce miroir sans tain.

Et ça suffit pour faire un livre qui "change la langue", rempli d'anamorphoses extravagantes, phrases inachevées, mots tordus, rapiécés, inventés, impossibles. Un roman mystique et déglingué comme les vrais chagrins d'amour. Désir ou délire, drogue ou Nirvana, amour ou fantasme, nuit blanche ou éternité...

Une seule certitude, le texte lui-même, dévergondé, abandonné, il tourne autour de ce corps d'Indienne, corps malade et merveilleux, tel un papillon autour d'une ampoule nue allumée dans le noir.  

Entre poésie et sentiments rapiécés, Tristessa nous invite dans une relation impossible entre Kerouac et la prostituée Esperanza Villanueva. Dans un Mexique miséreux, souffreteux, les êtres erratiques survivent dans la religion ou le réconfort d'une cuillère chauffée à la bougie.

 

 « Cette façon qu’elle a de se planter au beau milieu de la pièce avec les jambes écartées pour discuter, Tristessa, on dirait un camé au coin d’une rue de Harlem ou de n’importe où dans le monde, Le Caire, Bombay, dans ce monde où on se tutoie du nord des Bermudes aux confins de l’Arctique, là où la terre se déploie comme une aile d’albatros, mais la drogue qu’on prend là-haut, chez les Esquimaux dans les igloos au milieu des phoques et des aigles du Groenland est moins nocive que la morphine germanique que cette Indienne doit subir à en mourir dans la terre de ses ancêtres. »

En racontant son amour pour Tristessa, jeune prostituée mexicaine, Jack Kerouac nous offre l’un de ses récits les plus poignants, prière à une nouvelle Madone, perdue dans les cercles du désir et du manque.

 Fiche du livre sur le site de Folio

 

L’attachement de Kerouac au Mexique s’est également exprimé dans le court roman (ou longue nouvelle) qu’il a intitulé Tristessa. Le personnage donnant son nom au livre est basé sur une rencontre réelle, celle d’Esperanza Villanueva – femme mexicaine, prostituée et toxicomane, connue par Kerouac en 1955 par l’intermédiaire de Bill Garver. Il en fait une image emblématique d’un Mexique tragique et souffrant dans une misère surréaliste (il faut lire les descriptions que fait Kerouac du taudis où habite Tristessa avec sa sœur, ainsi qu’El Indio, un autre toxicomane, des volailles, un petit chat « rose », un petit chien chihuahua, etc…) Tristessa est montrée comme une « Indienne pauvre – pareille à celles que l’on devine dans l’obscurité épaisse des entrées d’immeubles, on dirait seulement des trous d’ombre et non des femmes, mais si on y regarde à deux fois, alors on reconnaît la mujer courageuse et noble, mère, femme, la Vierge du Mexique – Dans un coin de la chambre de Tristessa il y a une énorme icône » . Kerouac identifie Tristessa à une Madone (« cette Madone triste et bleue et mutilée ») et en même temps à une mystique indienne (« elle connaît le karma… ») héritière d’une sagesse ancestrale : « elle vérifie en elle-même cette sombre croyance aztèque, cette sagesse instinctive… ».

Lire l'article "Le Mexique de Jack Kerouac " sur le site de La Revue des Resources

27 février 2021

Travis - 4e cycle, Les enfants de Marcos

Fred Duval (scénario)
Christophe Quet (dessin)
éditions Delcourt, 2016-2018

Dans un futur proche (2052), la société est dominée par des multinationales, dont l'influence a des répercussions allant jusqu'à la géopolitique mondiale. Steve Travis, pilote freelance qui pensait faire une simple livraison pour une station spatiale orbitale, va se retrouver pris au milieu d'un conflit d'intérêts entre deux firmes spécialisées en agronomie et biotechnologies (Baxter & Martin vs. Transgenic), toutes les deux cibles d'un groupe terroriste très puissant mené par Vlad Nyrki, lequel semble avoir des comptes à régler avec certains membres de la station. L'action des tomes 11 à 13 est située au Mexique, dans les forêts du Chiapas aux côtés des rebelles zapatistes.

4e cycle : Les Enfants de Marcos

Tome 11 : Les Enfants de Marcos (2016)

Travis est porté disparu. Sa navette a été retrouvée vide, arrimée à une station spatiale désaffectée en orbite basse. Sa mère implore Vlad Nyrki de le retrouver. L'enquête mène rapidement l'ex-mercenaire dans un enfer où les puissantes armées des narcotrafiquants sont sur le point de prendre le contrôle total du Mexique, précisément là où Travis livrait illégalement des médicaments à la résistance.


 

 

Tome 12 : Les Tueurs de fer (2017)

Alors que les puissantes armées des narcotrafiquants étaient sur le point de prendre le contrôle total du Mexique, Vlad Nyrki parvient à retrouver son plus vieil ami mystérieusement disparu dans cette zone de guerre civile. Il y découvre alors Travis, réfugié dans la jungle du Chiapas chez les enfants de Marcos et engagé aux côtés des rebelles zapatistes pour le partage des terres mexicaines...


 

 

Tome 13 : Le serpent à Plumes (2018)

Guidés par Pacman, bien à l'abri dans une pièce sécurisée, Travis, Vlad et Salina recherchent des traces d'une IA dans un bunker au milieu de la jungle. Cernés par une armée de cyborgs tueurs, ils sont tributaires des talents de hacker de leur acolyte pour sortir vivants de cet enfer de béton. C'est sans compter sur Tarentula qui ne compte pas les laisser s'échapper.

 

 

Voir la collection sur le site des éditions Delcourt

6 février 2021

La perle

Jean-Luc Cornette, John Steinbeck (scénario)
Jean-Luc Cornette (dessin)
éditions Futuropolis, 01-2019


 

Kino, est un pêcheur de perle. Il vit avec sa femme Juana et leur bébé Coyotito, au bord de l’eau en Basse-Californie, à la pointe nord-est du Mexique. Leur vie est rythmée par les gestes simples de la vie, dans un ordre immuable des choses : dormir, manger, s’occuper de leur enfant, prendre la barque, pêcher des huitres, chercher des perles. Ils vivent très modestement, mais cela leur suffit apparemment pour être heureux. Or un jour, un scorpion grimpe au plafond de la hutte, descend depuis les cordes jusqu’au berceau de Coyoyito et plante son dard dans l’épaule du bébé. L’enfant réveille ses parents avec ses pleurs. Kino tue aussitôt ce maudit insecte et il emmène sa petite famille dès l’aube, afin de consulter un docteur. Le fils du médecin les accueille sur le perron de leur villa cossue. Il répond aux indiens que le médecin n’est pas là. Car il sait que les indiens n’auront pas un centime pour le payer. Et son père, occupé à petit-déjeuner goulument dans une pièce du fond est bien d’accord avec cette manière de voir les choses. Kino s’en retourne à sa hutte en ayant compris qu’il lui faut de l’argent pour soigner son fils. Il décide alors d’aller aussitôt pêcher des perles parmi les plus belles et de les vendre. Il sait où l’on trouve les plus belles, ces perles ont fait jadis la fortune du roi d’Espagne…Jusqu’au jour où Kino pêche une perle énorme « parfaite comme la lune ». Les forces du mal se déchaînent alors contre lui. La cupidité et l’envie l’obligent à se défendre et à tuer. La perle fabuleuse n’aura été pour eux qu’une brève rêverie et un atroce cauchemar. Car on ne dérange pas si facilement l’ordre des choses.

Adapté du roman de John Steinbeck (prix Nobel 1962) qui signe avec La Perle une fable sociale noire mais lucide sur les injustices les plus révoltantes de son époque. Jean-Luc Cornette s’empare de cette histoire universelle, dans une adaptation graphique captivante au pouvoir d’évocation d’une grande intensité. 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur