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3 mai 2025

Ici, c'est pas Miami

Fernanda Melchor
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Laura Alcoba
éditions Grasset, 05-2025

Présentation de l'éditeur

Veracruz, sur la côte caribéenne du Mexique, est l’une des villes les plus dangereuses du monde. C’est aussi le lieu de naissance de Fernanda Melchor, figure incontournable des lettres latino-américaines.  
Avec ce recueil de chroniques littéraires, la romancière fait le portrait d’une cité portuaire ravagée par le narcotrafic depuis les années 1970. Dans chaque récit, Fernanda Melchor raconte comment ses habitants vivent sous le joug d’une violence généralisée où les fusillades, les règlements de compte et la corruption n’épargnent personne. Une ancienne reine du carnaval, accusée d’infanticide, est traitée comme une paria ; un avocat, convoqué par un membre du cartel Los Zetas, s’arrange avec la vérité  ; des clandestins dominicains, épuisés par leur traversée, croient être à Miami quand ils accostent à Veracruz ; une adolescente, possédée par un démon, doit subir un exorcisme. La réalité de Veracruz est cruelle, mais les bourreaux ont aussi des élans d’humanité, et les victimes leur part d’ombre.  
Dans la grande tradition du journalisme littéraire qui va de Truman Capote à Leila Guerriero, Fernanda Melchor interroge l’origine du mal, en affirmant le pouvoir des mots pour le combattre. L’intelligence de cette observatrice de son temps et de la condition humaine fait d’Ici, c’est pas Miami une lecture dont nul ne peut sortir indemne.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations
ISBN : 9782246838982
Pages : 240
Prix : 21,50 €

Pour ce livre, Fernanda melchor est la première auteure mexicaine a remporter le Prix Ryszard Kapuscinski du reportage littéraire en 2024 


Aquí no es Miami
editorial Random House, 2013

Aquí no es Miami es un libro de relatos híbridos, aleación entre periodismo y literatura, que aborda lúcidamente las condiciones que germinaron el terror de la llamada guerra contra el narcotráfico en un estado especialmente golpeado por esta debacle como lo es Veracruz.

"Un volumen devastadoramente salvaje y rústico que conmociona y nos hace girar la vista hacia fronteras y paisajes que a menudo ignoramos."Sin embargo

En una epoca de límites borrosos entre la verdad y la mentira, el caos y el orden, el horror y la indolencia, la delincuencia organizada y el Estado, aparece Aquí no es Miami, un libro de relatos híbridos, aleación entre periodismo y literatura, que aborda lúcidamente las condiciones que hicieron germinar el terror de la llamada "Guerra contra el Narcotráfico" en un estado especialmente golpeado por esta debacle: Veracruz.

Más allá de la intención de entregar un recuento de datos duros, Melchor nos ofrece historias sobre personas; víctimas y criminales, sí, pero sobre todo hombres y mujeres comunes entregados a la lucha por la supervivencia, con esa mirada suya honda y compasiva, pero cruda y directa, con la que es inevitable

Premio internacional Ryszard Kapuscinski 2024

Ce qu'en dit l' Enciclopedia de la literatura en Mexico

Las crónicas de Fernanda Melchor dan cuenta de la degradación humana en uno de sus aspectos más sórdidos. Lo que su libro hace es manifestar la ignominia en toda esta rudeza. 

En una época de límites borrosos entre la verdad y la mentira, el caos y el orden, el horror y la indolencia, la delincuencia organizada y el Estado, aparece Aquí no es Miami, un libro de relatos híbridos, aleación entre periodismo y literatura, que aborda lúcidamente las condiciones que germinaron el terror de la llamada Guerra contra el Narcotráfico en un estado especialmente golpeado por esta debacle como lo es Veracruz. 

Más allá de la intención de entregar un recuento de datos duros, Melchor nos ofrece historias sobre personas: víctimas y criminales, sí, pero sobre todo hombres y mujeres comunes entregados a la lucha por la supervivencia, con esa mirada suya honda y compasiva, pero cruda y directa, con la que es inevitable involucrarse y conmoverse. 

El Veracruz de Fernanda Melchor no es tanto un escenario sino un personaje en esta ola de violencia. La cercanía de la autora con las historias que narra, y un uso siempre arriesgado del lenguaje, son las mayores fortalezas de esta nueva edición revisitada que cuenta con una nueva crónica. Y aunque estos relatos se enmarcan en una temporalidad, son aún reflejo deun país cuyas arenas siguen siendo movedizas.

 

Portrait. Fernanda Melchor, figure de proue de la littérature mexicaine contemporaine
À 42 ans, Fernanda Melchor est devenue l’une des autrices phares de la littérature mexicaine, particulièrement dynamique ces dernières années. “Ici, c’est pas Miami”, l’un de ses premiers ouvrages, sur son État natal de Veracruz, vient d’être traduit en français.

5 février 2022

Les lamentations du Coyote

Gabino Iglesias
traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Szczeciner
éditons 10/18, 04-2022

 

Résumé éditeur

 

Un conte horrifique parfaitement maîtrisé, un coup de pied indispensable à la société américaine, qui envoie tout valser. La Frontera, une zone de non-droit séparant le Mexique des États-Unis. C’est là que sévit le Coyote. Personne ne connaît son nom, mais à quoi bon ? Il est le Coyote, tout simplement. Celui dont la mission divine est de sauver des enfants mexicains en leur faisant passer clandestinement la frontière vers la terre promise. La Virgencita veille sur eux – et sur lui, son guerrier sacré, son exécuteur des basses œuvres. Autour de lui, d’autres habitants de la zone, confrontés eux aussi à la violence, au deuil, au désespoir. Tous résolus à se soulever contre un monde qui fait d’eux des indésirables. Cavales, fusillades, cartels, sacrifices sanglants, fantômes et divinités vengeresses… L’heure de la revanche latina a sonné.


Chansons de Coyote de Gabino Iglesias: un conte de Barrio Noir opportun et nécessaire

" Gabino veut nous montrer l'étendue du spectre des expériences Frontera, et il le fait en ayant plusieurs protagonistes, en consacrant chaque chapitre à une seule perspective. Il y a le Coyote, un homme sans nom qui aide à transporter les enfants d'un côté à l'autre de la frontière, le tout sur instruction de ce qu'il croit être une vocation supérieure.
Nous avons Jaime, récemment sorti de prison et détenant une peine de colère et Pedrito, un enfant avec une perte profonde qui le conduit sur un chemin sombre. Mais pour moi, les personnages les plus intéressants étaient les femmes de Coyote Songs. Il y en a trois: Alma, une artiste de la scène qui cherche à créer une expérience inoubliable, La Mère, une femme qui doit donner naissance à quelque chose de pas du tout humain, et La Bruja. "
Lire la suite de l'article d'Hector Acosta sur le site MysteryTribune.

15 janvier 2022

American Dirt

Jeanine Cummins
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain & Christine Auché
éditions 10/18, 01-2022

 

Résumé éditeur

Libraire à Acapulco au Mexique, Lydia mène une vie calme avec son mari journaliste Sebastián et leur famille, malgré les tensions causées dans la ville par les puissants cartels de la drogue. Jusqu’au jour où Sebastián, s’apprêtant à révéler dans la presse l’identité du chef du principal cartel, apprend à Lydia que celui-ci n’est autre que Javier, un client érudit avec qui elle s’est liée dans sa librairie… La parution de son article, quelques jours plus tard, bouleverse leur destin à tous.
Contrainte de prendre la fuite avec Luca, son fils de huit ans, Lydia se sait suivie par les hommes de Javier. Tous deux vont alors rejoindre le flot de migrants en provenance du sud du continent, en route vers les États-Unis, devront voyager clandestinement à bord de la redoutable Bestia, le train qui fonce vers le Nord, seront dépouillés par des policiers corrompus, et menacés par les tueurs du cartel…
Porté par une écriture électrique, American Dirt raconte le quotidien de ces femmes et de ces hommes qui ont pour seul bagage une farouche volonté d’avancer vers la frontière.
 

Avis de la Presse et des lecteurs à lire sur le site de l'éditeur

La Bestia, c'est un train de marchandises qui circule sur les deux lignes qui longent les côtes caraïbes et pacifiques. Parties du Chiapas, elles se rejoignent dans le centre-sud du Mexique, vont vers la capitale, Mexico, et une gare de triage (Lecheria), d'où rayonnent quatre lignes qui se dirigent vers le Texas, l'Arizona et la Californie.
A propos du train La Bestia :
Un article de Radio Canada de 2014
Un article sur Ouest-France de 2018
Un reportage de Brut Media sur Norma Romero qui depuis 25 ans porte secours aux migrants, 2019

24 mars 2019

La cicatrice

Andrea Ferraris (dessin) & Renato Chiocca (textes)
éditions Rackam, 06-2018

Le Mexique et les États-Unis partagent une frontière commune longue de 3200 kilomètres dont un tiers est marqué depuis vingt ans par un haut mur de métal rouillé. Censé empêcher aux migrants d’entrer clandestinement aux États-Unis, cette barrière – que le président Trump voudrait étendre à l’ensemble de la frontière – n’est qu’un rempart dérisoire qui oblige cependant les candidats à l’exil à emprunter les routes dangereuses du désert et des montagnes où beaucoup d’entre eux finissent pour y laisser la vie. Au printemps 2017, Renato Chiocca et Andrea Ferraris ont voyagé le long de ce monument à la haine et à l’ignorance, ont écouté les histoires de ceux qui vivent à l’ombre du mur et recueilli le témoignage de ceux qui portent de l’aide aux migrants, les sauvant parfois d’une mort certaine et leur assurant un accueil dans la dignité et le respect de leur droits. Dans La Cicatrice, Chiocca et Ferraris racontent leur périple le long de ce mur de la honte nous rapprochant de son effrayante réalité et nous poussant à réfléchir à d’autres manières, plus sensées et humaines, de résoudre cette urgence devenue désormais planétaire.

Source : éditions Rackam

13 septembre 2017

Les terres dévastées

Emiliano Monge
Las tierras arrasadas
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Juliette Barbara
éditions Philippe Rey, 08/2017




Au fond de la jungle mexicaine, des projecteurs s’allument en pleine nuit : un groupe de migrants, trahis par leurs passeurs, est pris d’assaut par des trafiquants. Certains sont exécutés ; les autres sont stockés dans des camions pour être livrés alentour.
Sous la direction des deux chefs de bande, Estela et Epitafio, les convois prennent la route des montagnes. Ces amants contrariés jouissent des souffrances qu’ils infligent. Obsédés l’un par l’autre, ils tentent vainement de communiquer pour se dire leurs espoirs d’une nouvelle vie.
Tenu en haleine, le lecteur navigue entre les différents protagonistes : Estela et sa cargaison dans une direction, Epitafio dans une autre, son homme de main occupé à ourdir quelque vengeance, les jeunes passeurs qui répètent inlassablement leur triste tour… tandis que le chœur des migrants devient peu à peu « sans voix, sans âme et sans nom ».
Dans ce récit construit avec une impeccable maîtrise, où les hommes et les femmes sont réduits à l’état de marchandises, Emiliano Monge met à nu l’horreur et la solitude, mais aussi l’amour, la loyauté et l’espérance qui animent les êtres.
Tragédie moderne à la prose rythmée, Les terres dévastées happent le lecteur dans un tourbillon aussi bouleversant que dérangeant.

L'auteur
Emiliano Monge est né à Mexico, le 6 janvier 1978.  Il a étudié les Sciences Politiques à l’Université Nationale Autonome de Mexico, où il a donné des cours. Il a publié des récits, chroniques et notices littéraires dans Letras Libres, La Jornada et dans le supplément littéraire « Hoja por Hoja » du journal Reforma. Actuellement il se consacre pleinement à l’écriture. Ancien éditeur et journaliste, il est l’auteur de trois romans remarqués et fait partie des «Bogota39», les 39 meilleurs auteurs d’Amérique du Sud de moins de 40 ans désignés par le Hay Festival. Traduit dans plusieurs pays, Les terres dévastées ont été récompensées en 2016 par l’un des plus importants prix littéraires sud-américains, le prix Elena Poniatowska.


Source : éditions Philippe Rey


Una road novel de altísimo voltaje estilístico y ritmo trepidante que recrea el drama colectivo de la migración, donde la ficción y la realidad -testimonios de inmigrantes dan forma a los coros de la novela- entretejen un mosaico conmovedor, perturbador y memorable.

En lo profundo de la selva y de la noche se encienden varios reflectores y un grupo de inmigrantes es sorprendido y atacado por otro grupo de hombres y mujeres, presas de la patria en la que viven y de sus propias historias. Así arranca estaroad novelque atraviesa una narración donde los seres humanos son reducidos a mercancía, donde la violencia es el marco en el que suceden todas las historias y donde el espacio está corrompido por la miseria y la moral de los seres que lo habitan, pero también donde surge una historia enigmática de amor inesperado: la de Estela y Epitafio, jefes de la banda de secuestradores.
A través de los protagonistas y de la masa de inmigrantes, cuya individualidad se desmorona poco a poco, Emiliano Monge retrata este holocausto del siglo XXI, desnuda el horror y la soledad, pero también la lealtad y la esperanza que combaten en el corazón del ser humano.

6 mars 2017

Ni vivants ni morts

Federico Mastrogiovanni
Titre original Ni vivos ni muertos
Traduit de l’espagnol (Mexique) par François Gaudry
Éditions Métailié, 09/02/2017

Depuis une dizaine d’années, on compte plus de 30 000 disparus au Mexique. Avec les 43 étudiants de l’École normale d’Ayotzinapa, l’onde de choc s’est répandue dans le monde, mais ni la pression internationale, ni les associations des droits de l’homme, ni les initiatives des familles n’ont suffi, dans ce cas comme dans d’autres, à faire apparaître la vérité – et encore moins à enrayer le phénomène. Ni vivants ni morts : les disparus sont là, dans cet interstice, ce no man’s land, invisibles, sans corps, sans tombe, sans aucune existence. Arrachés à leur vie, et comme dissous dans l’atmosphère. Pour leurs proches, aucun recours, le deuil impossible, l’angoisse interminable, les menaces, l’hypocrisie des autorités. L’enquête fouillée de Federico Mastrogiovanni, à travers des entretiens avec les parents des victimes, des experts, des activistes, des journalistes, démontre que la disparition forcée est un outil de pouvoir terriblement efficace, qui fait taire jusqu’à la possibilité d’une contestation. C’est le portrait sensible et effrayant d’un pays miné par la peur, où l’État piétine sciemment ses propres prérogatives – et les droits de ses citoyens –, quand il ne se comporte pas directement comme le pire des délinquants.


Ni vivants ni morts a reçu le prix PEN Mexico 2015 et le prix national du journalisme en 2015.

L'auteur
Federico Mastrogiovanni est un journaliste et documentariste né à Rome en 1979, qui vit au Mexique depuis 2009. Il travaille actuellement pour plusieurs magazines sud-américains, parmi lesquels Variopinto, Gatopardo, Esquire Latin America et Opera Mundi.

A propos du livre
Au Mexique, la nuit des ni morts ni vivants
Par François-Xavier Gomez (Libération, 22 février 2017)

L’Argentine de la dictature militaire (1976-1983) a comptabilisé, suivant les sources, entre 9 000 et 30 000 disparus ; le Chili de Pinochet, de 2 000 à 3 000. Au Mexique, en 2013, le ministère de l’Intérieur (source on ne peut plus officielle) chiffrait à 27 000 les personnes enlevées qui n’ont plus donné signe de vie. Dans un pays où beaucoup de délits ne sont pas dénoncés, par peur de représailles, par méfiance envers les autorités, il faut sans doute multiplier plusieurs fois ce nombre pour approcher la réalité. Le Mexique actuel ne correspond sans doute pas à la définition d’une dictature, malgré de nombreuses atteintes aux droits fondamentaux, mais il montre les caractéristiques d’un pays en guerre. Telle est la conclusion accablante du livre reportage de Federico Mastrogiovanni.

Qui sont les victimes de ces disparitions ? Des migrants, proies faciles qui tentent de gagner les Etats-Unis, des militants des droits humains, des défenseurs de l’environnement, des journalistes… Et toute personne qui a eu le tort d’être le mauvais jour au mauvais endroit.

Ces exactions, les médias (dont Libération) les relatent avec constance depuis des années. Là où le journaliste italien va plus loin, c’est dans sa désignation des responsables. Le trafic de drogue n’est, selon lui, qu’un rideau de fumée, le véritable donneur d’ordres des enlèvements et des assassinats est l’armée, dans le but de créer un « haut niveau de terreur » et faire taire quiconque s’oppose à l’exploitation minière, notamment le gaz de schiste.

Lire l’intégralité de l’article sur Libération

 


 

4 février 2017

Gabacho

Aura Xilonen
Titre original Campeón gabacho
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Julia Chardavoine
Collection Littérature étrangère
368 pages, 22 euros
Éditions Liana Levi, 19 janvier 2017

Liborio n’a rien à perdre et peur de rien. Enfant des rues, il a fui son Mexique natal et traversé la frontière au péril de sa vie à la poursuite du rêve américain. Narrateur de sa propre histoire, il raconte ses galères de jeune clandestin qui croise sur sa route des gens parfois bienveillants et d’autres qui veulent sa peau. Dans la ville du sud des États-Unis où il s’est réfugié, il trouve un petit boulot dans une librairie hispanique, lit tout ce qui lui tombe sous la main, fantasme, rencontre l’amour, et finit par devenir champion de boxe. Son récit, mené tambour battant, est tissé de souvenirs qui dessinent un parcours chaotique aussi douloureux qu’hilarant. Roman picaresque moderne, Gabacho raconte l’histoire d’un garçon à la recherche de son identité. D’un quasi illettré qui dévore le dictionnaire et des livres savants. D’un jeune Mexicain qui découvre un monde qui ne colle pas avec sa culture natale et qui tente de se l’approprier, à coups de poing et de mots. Mêlant images poétiques, argot ancien et actuel, ingleñol et néologismes, ce roman à l’écriture ébouriffante propose une expérimentation drôle et inventive du langage.

A l’heure ou on parle de plus en plus d’un mur entre les Usa et le Mexique, ce livre prend une dimension nouvelle.


Gabacho est un terme dérivé de l’occitan qui, à l’origine, désignait les Français pour les Espagnols. Mais au Mexique, il est très vite devenu synonyme de « gringo », c’est-à-dire toute personne américaine ou venue du Nord et parlant mal l’espagnol. Par extension, le « Gabacho » est aussi pour les Mexicains une façon de nommer le territoire américain. Liborio, le protagoniste du roman, tente de se convertir en gabacho en migrant de l’autre côté de la frontière.



La chronique de PhH
Liborio est un jeune indien mexicain qui est né et a grandi dans la douleur. Il n’a pas connu sa mère et est élevé à la dure pas une tante. Il choisi de quitter son pays pour aller de l’autre côté du Rio Bravo. Passage difficile ou il risque sa vie, avant d’être à la merci de la migra. Finalement, il arrive à décrocher un emploi dans une librairie dans une ville du sud des États-Unis. Son quotidien est fait de violences, physiques avec les racailles du quartier, verbales face à la rudesse de son employeur. Jusqu’au jour, ou en défendant une jolie fille de son quartier, il est repéré par plusieurs personnes, une journaliste, un entraineur de boxe, une âme charitable qui gère un foyer pour les jeunes en rupture et surtout par celle dont il est amoureux. C’est l’éclosion d’un papillon. Liborio découvre un autre monde dans lequel il ne subit plus mais ou il choisit. Il se met à dévorer des livres alors qu’il sait à peine lire, il devient le héros du foyer, de celle qu’il sauve des voyous, de la journaliste impressionnée par le nombre de vues qu’il suscite sur Youtube, il inspire le respect aux autres boxeurs par la phénoménale puissance de ses poings, et même son patron le regarde d’un autre œil.

Le style d’Aura Xilonen est d’une grande originalité, tout en coups secs, vifs et tranchants comme ceux que distribue Liborio. En même temps, il est empli d’une poésie brutale comme celle qu’à pu exprimer François Villon, poète fasciné par les bas-fonds. Les personnages sont truculents, tel ce libraire qui, derrière un langage de charretier semble cacher une certaine compassion pour le gamin qu’il emploie et exploite. On pense à une version terrestre, moderne et urbaine du Capitaine Haddock qui aurait mis à jour son chapelet de jurons chez les électeurs de Donald Trump. A chaque page, une métaphore lie l’environnement du quotidien à une image inattendue pour former un attelage réjouissant. Alors que le roman se passe chez les oubliés du rêve américain, émigrés latinos, petits-blancs déclassés, gosses des rues, exclus des prestations sociales, l’auteur réussi l’écriture d’un hymne à la vie, à l’espoir, à la solidarité, ce qui rend un futur meilleur envisageable. Les sentiments amoureux naissants que Liborio découvre et dont il goute les prémices arrondissent les angles aigus contre lesquels la vie le cogne, et les émotions qui le transpercent le maintiennent constamment en alerte. L’exploit d’Aura Xilonen est dans l'utilisation soutenue d’un langage argotique voire grossier, sans jamais tomber dans la lourdeur ou la vulgarité, ou les passages crus sont immédiatement adoucis par les constructions allégoriques savoureuses. La fréquence des figures de style, zeugmas, oxymores ou hyperboles, apporte une constante note d’humour alors que les situations vécues par Liborio sont la plupart du temps tragiques. La présence de termes issus de l’espagnol du Mexique et du nahuatl complète une écriture déjà riche. Il faut saluer le travail phénoménal de Julie Chardavoine qui a traduit le texte, restituant un écho aussi limpide que fidèle au talent de l’auteur.

Le lozérien que je suis a d’abord eu le regard attiré par le titre. Gabache est le terme vaguement péjoratif utilisé par les gens des plaines du sud de la France pour désigner les montagnards du Massif-Central. Certains relient aussi gabache à gabale, peuple celte de la province du Gévaudan, qui deviendra par la suite le département de la Lozère, où il resterait d’ailleurs quelques indiens, frères de race de Liborio.

Derrière ce titre se cache un ouvrage décoiffant, rafraichissant et qui pique les yeux, comme le premier vent du nord de l’automne quand il secoue les chênes de la Margeride.


L’auteur
Aura Xilonen est née au Mexique en 1995. Après une enfance marquée par la mort de son père et des mois d’exil forcé en Allemagne, elle passe beaucoup de temps chez ses grands-parents, s’imprégnant de leur langage imagé et de leurs expressions désuètes. Elle a seulement dix-neuf ans lorsqu’elle reçoit le prestigieux prix Mauricio Achar pour son premier roman, Gabacho. Aura Xilonen étudie actuellement le cinéma à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla.

Source : Editions Liana Levi
En savoir plus sur le livre et l’auteur.


Les chroniques se suivent et se ressemblent, étonnant !

Une plume pour les migrants dans La Croix (janvier 2017)
Une écriture brillante pour Le Figaro (janvier 201)
La revanche du  " wetback " sur Médiapart (janvier 2017)
Coup de cœur littéraire de la FNAC (janvier 2017)
Aura Xilonen, prodige mexicaine des lettres sur l'Express  (février 2017)
L'article enthousiaste de Daniel Jacob sur Bibliobs. (février 2017)
L'avis de Cannibales lecteurs (blog) (février 2017)
Toutes les langues du Mexique, dans l'Humanité (février 2017)
Un fabuleux (clan)destin dans Elle (février 2017)
Laissez-vous emportez par une tornade, dans Actu du noir (février 2017)
Une véritable révélation : le mur d'Aura Xilonen sur Nouveaux Espaces Latinos (mars 2017)
Une belle révélation des lettres mexicaines, Dealer de lignes (mars 2017)
Des murs pas encore construits que les mots ont déjà le pouvoir de fracasser, La Vie, (mars 2017)


Premio Mauricio Achar Literatura Random House 2015 Aura Xilonen, en un "ingleñol" que sorprende, narra los problemas sociales, el miedo, la soledad, pero también el amor al que los migrantes se enfrentan en un país del que siempre serán expulsados. Y entonces se me ocurre, mientras los camejanes persiguen a la chivata hermosa para bulearla y chiflarle cosas sucias, que yo puedo alcanzar otra vida al putearme a todos esos foquin meridianos. Al fin, nací muerto y no tengo ni pizca de miedo. Así habla Liborio. De esa forma piensa. Él debe dejar México, esa tierra que no le ha ofrecido nada más que golpes y el instinto de sobrevivencia, tras un asesinato imprudencial. Cruza, como tantos otros, el Río Bravo para llegar "a la tierra prometida". Y en un barrio indefinido de cualquier ciudad gringa, este mojado nos cuenta su historia. Gracias a los recuerdos y a la voz de Liborio descubrimos una infancia desnutrida, abandonada, y una juventud en la que ya no importa arriesgar todo. Él empieza trabajando en una librería donde descubre la inutilidad de las palabras; después conoce a la mujer con la que fantaseará hasta llegar a la obsesión; y finalmente encontrará un camino en el que, tal vez, consiga salvarse: será un boxeador. La vida de Liborio es deslumbrante por el lenguaje con el que está hilvanada y el cual demuestra, a su vez, resistencia y fascinación.


El articulo de Carlos Paul en  La Jornada en 2016.

13 novembre 2016

La file indienne

Antonio Ortuño
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Marta Martinez Valls
éditions Christian Bourgeois
11 - 2016

Irma, assistante sociale à la Commission nationale de migration (Mexique), doit annuler ses vacances à Disneyland avec sa fille pour aller s'occuper d'un groupe de migrants victimes d'une violente agression à Santa Rita. Que lui réserve ce voyage inattendu ? Pourra-t-elle venir en aide à Yein, une jeune Centraméricaine qu'elle prend sous son aile ? Quelles sont les réelles intentions de Vidal, son collègue ? Joël Luna, un journaliste ambitieux, est-il si honnête qu'il y paraît ? Et enfin, qu'en est-il de son ex-mari ? 

La File indienne est un polar dont l'intrigue évolue en enfermant l'héroïne dans un huis clos où les frontières entre le bien et le mal se délitent progressivement.


Un albergue, en el que permanecen algunos migrantes centroamericanos luego de huir de los abusos de sus transportadores, es víctima de un ataque sorpresa. Se cierran bien las puertas y se lanzan bombas hechas en casa para provocar un incendio que cobra muchas vidas. Es por este atentado que llega una funcionaria, Irma, a Santa Rita, el pueblo que será el escenario de la historia. Irma, la Negra, es una de esas mujeres sensibles y acomplejadas que consideran, como parte de su deber y sin importar las consecuencias, salvar a alguien en apuros. Es así como se relaciona con Yein, panameña víctima (en varias ocasiones) de violencias y atentados, personaje enigmático, sediento de venganza, que moverá los nudos de la historia. Leer la reseña de Alicia Escarcega Freixas.

L'auteur
Né près de Guadalajara (Mexique) en 1976, Antonio Ortuño est considéré comme l'un des écrivains mexicains les plus prometteurs. Auteur de plusieurs romans lui ayant valu différentes distinctions ainsi que de recueils de nouvelles, Ortuño s'intéresse surtout à l'actualité politique de son pays. L'ensemble de ses récits porte sur la corruption ou la tension qui règnent au Mexique.

Source éditions Christian Bourgeois

22 octobre 2016

Le royaume, le soleil et la mort

Trilogie de la frontière
Yuri Herrera, traduit de l'espagnol (Mexique) par Laura Alcoba
éditions Gallimard, 11-2016

Présentation de l'éditeur

Yuri Herrera nous ouvre les portes d’un monde fascinant et implacable : celui de la frontière qui sépare les deux rives du Rio Grande, entre le Mexique et les États-Unis. Il s’agit d’un territoire métis et changeant où l’indécente richesse des narcotrafiquants côtoie quotidiennement la misère des clandestins, où la corruption cohabite avec les plus beaux rêves, où la violence extrême se confond parfois avec le combat pour le respect et le droit. Sur les pas du chanteur Lobo, de la jeune migrante Makina et du troublant personnage surnommé l’Émissaire, nous sommes transportés d’un côté et de l’autre du fleuve par une narration exceptionnelle, qui relève souvent d’un réalisme cru mais nous offre aussi toute la beauté des mythes aztèques, des fantaisies médiévales et des contes de fées.
Cette trilogie est l’occasion de faire résonner l’une des voix les plus originales et puissantes de la littérature mexicaine contemporaine. Herrera signe ici trois romans qui ne ressemblent à aucun autre et qui posent sans nul doute un jalon dans la manière d’aborder la question des rapports conflictuels entre le nord et le sud des Amériques.

Ce volume contient : Les Travaux du Royaume / Signes qui précéderont la fin du monde / La transmigration des corps

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur

Informations :
ISBN : 9782072699269
Nombre de pages : 288 pages
Prix : 23,00 €

Yuri Herrera (Actopan, Mexique, 1970) est un écrivain et éditeur mexicain contemporain. Son premier roman, Trabajos del reino  (2003) a reçu le « Premio Binacional de Novela » en 2003 et le prix « Otras voces, otros ámbitos » en 2008. Son œuvre romanesque a été  traduite en dix langues et a reçu le prix Anna-Seghers en Allemagne en 2016. En plus d'être romancier, il a également écrit des essais, des nouvelles et de la littérature pour enfants. Il est actuellement professeur à l'université de Tulane, à la Nouvelle-Orléans.

L’écrivain mexicain Yuri Herrera nous propose un nouveau opus « Le royaume, le soleil et la mort » trois romans en un.
Après avoir publié indépendamment les deux premières parties de cette trilogie (en 2012 Les travaux du royaume et en 2014 Signes qui précéderont la fin du monde), les éditions Gallimard proposent l’œuvre intégrale, enrichie donc de la dernière partie intitulée La transmigration des corps. Trois courts romans qui se complètent pour montrer d’une façon tout à fait originale une certaine réalité de la frontière nord du Mexique...  Un article à lire sur Nouveaux espaces latinos

La transmigración de los cuerpos
editorial Periferica - 2013

Una epidemia paraliza el país pero propicia, a su vez, el encuentro entre una mujer deseada, La Tres Veces Rubia, y un hombre que desea, El Alfaqueque. Las palabras de éste parecen conseguir, calmar o sanarlo todo: producen fascinación. Hay algo en él de mensajero y, también, de ángel sin espada.
Su particular ética organiza el mundo, un mundo tan lleno de muerte como de contradicciones, donde por debajo de la muerte late, sin embargo, una pura vida que nada ni nadie podría enfangar de tan intensa.

Un encargo llevará a El Alfaqueque hasta personas y lugares insospechados para los lectores, más allá de tugurios y tabernas, en una suerte de trama detectivesca que a la vez se incardina en los grandes mitos de la literatura desde los clásicos griegos. Tragedia, redención, familia, sexo y muerte son las claves de una historia escrita en estado de gracia, como todas las de Yuri Herrera, y que parece tan bíblica que nadie diría que pertenece al presente.

Voir la fiche du livre sur le site de l'éditeur (en espagnol)