27 février 2019

La saison des ouragans

Fernanda Melchor
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Laura Acolba
éditions Grasset, 03-2019

Présentation de l'éditeur

Inspiré d’un fait divers, La saison des ouragans s’ouvre sur la découverte d’un cadavre. Dans le canal d’irrigation, aux abords du petit village de La Matosa, un groupe d’enfants tombe sur le corps sans vie de la Sorcière. À la fois redoutée et respectée, elle habitait une maison pleine de mystères où les femmes de la région venaient lui rendre visite pour lui demander de l’aide : maladies, mauvais sort, mais aussi avortements discrets. À l’instar de Chronique d’une mort annoncée de Gabriel García Márquez, nous découvrons au fil du roman les événements qui ont mené à son assassinat, les histoires des bourreaux qui sont autant de mobiles expliquant les raisons du meurtre de cette envoûtante Sorcière de La Matosa.
Yesenia a vu son cousin Luismi, accompagné de Brando, sortir de la maison de la Sorcière avec un corps. Il y a également Munra, le beau-père boîteux de Luismi, qui conduisait le camion le jour de l’assassinat, un simple exécutant dit-il aux policiers. Luismi vit avec Norma, une jeune fille de 13 ans. Elle a été admise à l’hôpital pour d’importants saignements à la suite d’une visite chez la Sorcière. Brando, lui, a besoin d’argent pour ses projets. Un trésor serait caché dans la maison de la femme maléfique. Autant de raisons pour commettre l’irréparable et autant de perspectives qui nous plongent dans la campagne mexicaine où la misère, la drogue et la violence poussent les gens à la folie autant que l’extrême chaleur qui s’installe. Ce qui, en plein mois de mai, semble annoncer que la saison des ouragans sera violente…
Grâce à cette intrigue policière à rebours, Fernanda Melchor dresse un formidable portrait du Mexique et de ses démons. Sa langue est crue, musicale, elle retranscrit la brutalité avec beaucoup de talent. Il s’agit d’un livre sur les pulsions et la violence mais également sur l’une des figures du féminisme – souvent fantasmée, toujours persécutée –, qu’on a cherché à abattre depuis la nuit des temps : la sorcière.

L'auteur
Née en 1982 à Veracruz, au Mexique, Fernanda Melchor a très tôt été remarquée par la critique pour ces publications dans divers journaux et revues. C’est lors de la parution de La saison des ouragans, son deuxième roman, que le monde entier a découvert cette voix unique dans la littérature hispanophone contemporaine.

16 février 2019

Sauvage

Yann (scénario) Félix Meynet (dessin, couleurs)
édition Casterman, 2013-2018
série en cours

 Présentation de l'éditeur

Juillet 1864, dans l’immensité aride et caniculaire du désert mexicain, des troupes françaises progressent péniblement. Elles font partie du corps expéditionnaire envoyé par les puissances européennes – dont la France de Napoléon III – pour se tailler un empire en Amérique, en profitant de la faiblesse de l’État mexicain. Parmi les soldats, souvent des hommes de sac et de corde et de peu d’éducation entrés dans l’armée impériale pour la solde qu’elle procure, un jeune lieutenant, Félix Sauvage, tranche par sa prestance et son air farouche. Lui n’est pas devenu militaire au Mexique pour l’argent, mais pour venger une tragédie familiale. Et l’homme dont il cherche à retrouver la trace se trouve quelque part, comme lui, au sein de cette armée. Sur la piste, les Français sont témoins de l’attaque de la malle poste de Chihuahua par des soudards mexicains et interviennent juste à temps pour sauver du massacre un journaliste américain en reportage et une séduisante jeune femme blonde, si intrépide qu’elle se lance seule à la poursuite de ses assaillants en fuite…

En juillet 1863, Félix et Clémentine Sauvage se trouvent dans leur appartement parisien lorsqu’ils apprennent par missive la mort de leur frère Honoré. Celui-ci s’était engagé dans l’armée impériale envoyée au Mexique en soutien de l’empereur Maximilien. Mais cet engagement n’était pas mû par patriotisme ou conviction : il souhaitait avant tout venger l’assassinat de leurs parents par le marquis de Trazegnies, lui-même commandant de cavalerie au sein de l’armée impériale du Mexique. Femme d’honneur et de caractère, Clémentine décide de s’engager sur le champ en tant que cantinière au Mexique. Il lui revient à elle, avant Felix, de venger leurs parents. Hélas, un an plus tard, c’est bien Félix qui se retrouve dans l’armée française du Mexique, tenant sa sœur pour morte et se faisant un devoir d’honorer la vengeance. Il y découvre les méthodes atroces du colonel Dupin qui fait exécuter ses prisonniers en faisant galoper des chevaux sur leurs têtes dépassant de terre. Il reçoit comme une échappatoire à cette barbarie la mission d’aller porter son bâton de maréchal au commandant Bazaine. Lorsque son cheval blessé chute, Félix se rend alors compte qu’il était poursuivi par Agnès de Salm-Salm, qui nourrit de son côté de tout autres desseins…

Le dénommé Bazaine, bâton de maréchal à la main, peut célébrer ses noces dans la cathédrale de Mexico, auxquelles l'empereur Maximilien assiste sans grand enthousiasme. Félix Sauvage a réussi à se faire embaucher dans la troupe de Trazegnies, se rapprochant de la vengeance familiale que sa sœur et lui ont promis d'accomplir. En effet, quelques années plus tôt, au cours d'un duel inégal et malhonnête, le militaire avait tué le père des Sauvage, nom de plume sous lequel l'écrivain journaliste avait osé le critiquer, et qui cache le patronyme de Castelbajac. Mais de toute évidence, Félix n'est pas le seul à en vouloir au marquis de Trazegnies. La très belle madame Salm Salm tient à retrouver son mari Hubert retenu prisonnier par les troupes mexicaines, pour une mystérieuse histoire de bague qu'elle devrait lui remettre. Tandis qu'une envoyée de Paris semble vouloir jouer un rôle clé que le militaire ne comprend pas vraiment. Dans le faste de la cérémonie, une jeune femme mexicaine se jette sur l'empereur pour le tuer d'un coup de couteau. La vigilance de la jeune Esmeralda, qui a compris des mots échangés en espagnol dans la foule, permet d'éviter le pire. Et de découvrir que l'assaillante n'est autre que la sœur de Juarez. Une prisonnière de choix qui va permettre d'envisager un échange de prisonniers. L'espoir pour Félix de retrouver Clémentine...

Après avoir réglé ses comptes avec le marquis de Trazegnies et vengé la mort de ses parents, Félix Sauvage vient d’accepter une mission des plus périlleuses : à la tête du 3e escadron de chasseurs d’Afrique, il doit gagner le Sinaloa pour en chasser le général juariste Corona. Mais il lui faudra pour cela franchir « L’Échine du diable », une crête montagneuse de la Cordillère occidentale.
De son côté, Esmeralda, orpheline et sans attaches, est confiée aux bons soins d’austères carmélites qui éduquent les jeunes filles à coups de martinet. Son seul espoir : que Félix l’épouse ! Elle n’a pas oublié le geste de Félix qui, en refusant une friandise qu’elle lui offrait, s’est engagé selon une antique coutume aztèque. Elle considère désormais, que le cœur de Félix lui appartient !

Le site de la série aux éditions Casterman

26 janvier 2019

Pepita, la femme du traître

Rosario Acosta-Nieva, Eric Taladoire
éditions Gingko, collection mémoire d'homme, 02-2019


Présentation de l'éditeur

Dans cette nuit houleuse du 9 août 1874, on distingue à peine la petite barque ballottée par les vagues soulevées par le violent mistral. Debout à l'avant, une silhouette féminine s'évertue à préserver la faible flamme vacillante des allumettes qu'elle gratte à la chaîne, tandis que, face à elle, un jeune homme rame avec plus d'acharnement que d'adresse. La petite équipée semble incongrue au milieu de la bourrasque, mais toute considération logique s'efface devant le clapotement de l'eau, annonçant l'approche d'une masse qui s'accroche à l'embarcation et manque la faire chavirer. Le couple se précipite pour lui porter secours et, au prix de gros efforts, arrive, non sans mal, à la hisser et la faire échouer à l'intérieur. C'est un vieillard épuisé que l'on récupère, corpulent certes, et dont la jeunesse semble lointaine. Les ongles déchaussés, le corps couvert de plaies que l'eau de mer rend encore plus douloureuses, il trouve, au bout d'un moment, la force de se relever pour prendre dans ses bras le corps menu de la jeune femme. L'homme repêché des flots n'est autre qu'Achille Bazaine, Maréchal de France, 63 ans, emprisonné pour trahison depuis 8 mois à Sainte Marguerite, une forteresse dans les îles de Lérins au large de Cannes. La jeune femme - sa femme - est mexicaine et a pour nom María Josefa de la Penã, dite Pepita. Jeune fille de la bonne société de Mexico, Pepita se marie en 1865 (elle à alors 17 ans) au Maréchal Bazaine, commandant en chef des forces françaises au Mexique, occupant alors le pays durant la guerre dite d'Intervention (1862-1867), destinée à instaurer au Mexique un empire catholique et latin face au puissant voisin du nord, anglo-saxon et protestant. Pepita se retrouve du jour au lendemain propulsée au rang de deuxième dame du pays, fréquentant leurs souverains Maximilien d'Autriche et Charlotte, ainsi que tout l'Etat-Major français. Accompagnant son mari en France, elle est témoin des dernières années du règne de Napoléon III, de la guerre de 1870, de la chute de l'Empire et du procès pour trahison de son époux, le Maréchal Bazaine, accusé d'avoir livré Metz aux Prussiens. Profondément outragée par la condamnation de son époux, elle organise son évasion et parvient à ses fins dans des conditions rocambolesques, menant d'une main de maître un groupe hétéroclite de comploteurs et de complices. Le succès de l'entreprise lui vaut une renommée mondiale d'héroïne et, malgré la rancœur de l'opinion française, l'admiration quasi-universelle (à commencer par celle d'auteurs comme Maupassant). C'est en Espagne, protégé par la cour pour laquelle Bazaine avait jadis combattu, que le couple trouvera refuge. C'est à Madrid, en 1888, que Bazaine décède, probablement des suites d'une tentative d'assassinat perpétrée l'année précédente par un nationaliste français le rendant responsable de la défaite de 1871. Alors au Mexique pour recouvrer ses biens, Pepita ne reviendra jamais en Europe. Elle meurt à Mexico en 1900, oubliée de tous comme son mari. Bien qu'elle fut célébrissime en son temps, estimée jusque chez ses ennemis, Pepita n'a fait l'objet que de fort peu d'études ou d'ouvrages fouillés. Elle constitue pourtant - et encore de nos jours - un exemple exceptionnel de ce qu'on peut appeler les femmes de tête : Personnalité hors du commun, étrangère dans son pays d'adoption, mère et épouse exemplaire et surtout maîtresse d’œuvre d'un acte qui reste, encore de nos jours, sujet d'étonnement.
Les auteurs

Rosario Acosta-Nieva
Née à Córdoba, dans l'Etat de Veracruz, au Mexique, Rosario Acosta Nieva est archéologue. Elle a participé à de nombreux projets dans diverses régions du Mexique, ce qui lui a permis d'acquérir une solide connaissance de son pays. Elle a obtenu son doctorat à la Sorbonne et sa thèse a fait l'objet d'une publication (British Archaeological Reports). Elle a publié de nombreux articles dans des revues françaises autant scientifiques que de divulgation telles qu'Ulysse, L'archéologue, Archeologia, Télérama, ainsi que dans des ouvrages collectifs : La Science au présent et Universalia de l'Encyclopaedia Universalis, le Larousse des civilisations antiques, Une Histoire mondiale du parfum ou, plus récemment le Dictionnaire des Amériques (Collection Bouquins, nov. 2016). Elle a collaboré régulièrement avec le Bulletin Critique du Livre en Français. Rosario Acosta Nieva a obtenu le premier prix dans plusieurs concours littéraires : Filando Cuentos de Mujer 2005 (Langreo, Asturias) avec « Chepina », Contam Dona 2008 (Catarroja, Valencia) avec « Una solución lógica » et Valentín Andrés 2009 (Oviedo) con « Dromedarios de Palma coloreada ». 

Eric Taladoire
Eric Taladoire est archéologue, spécialiste du monde maya et des jeux de balle préhispaniques, professeur de classe exceptionnelle à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et membre de l'UMR Archéologie des Amériques du CNRS. Il collabore à de nombreuses revues professionnelles d'archéologie, comme le Journal de la Société des Américanistes ou Arqueología Mexicana. Il a publié divers ouvrages scientifiques, et de diffusion, comme Art et archéologie de la Mésoamérique (1977) manuel de l'Ecole du Louvre/ Documentation Française. Il dirige une collection dans les British Archaeological Reports. 
Tous les détails sur le site Place des libraires

19 janvier 2019

Les peintures de la voix

Le monde aztèque en images
Jean-Paul Duviols
éditions Chandeigne, 10-2018


Présentation de l'éditeur


« Les peintures de la voix ». Cette expression que Voltaire appliquait à toutes les formes d’écriture, est parfaitement adaptée aux anciens manuscrits mexicains où l’image a une place prépondérante. Ce recueil qui s’apparente à un guide à contenu didactique, s’attache à décrire et à analyser d’une manière générale les codex mexicains (aztèques et mixtèques) et à montrer quelle fut leur originalité. Il souligne aussi leur valeur documentaire et esthétique. Ils constituent des sources privilégiées pour la connaissance des cultures anciennes du Mexique et reflètent des éléments fondamentaux d’un monde qui a brutalement disparu. Il s’agit de familiariser le lecteur avec un monde ignoré et de lui proposer un premier contact, une sorte de parcours initiatique sans difficulté majeure, tout au long duquel il trouvera une riche iconographie et quelques explications élémentaires sur l’histoire et sur la signification de ces manuscrits. Le foisonnement des images, le mystère qu’elles recèlent dans les rares codex antérieurs à la conquête et ensuite dans leur évolution postérieure, proposent aux lecteurs la surprise d’un choc exotique.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Né en 1936 à Toulouse, Jean-Paul Duviols obtient l’agrégation d’espagnol et la chaire de littérature
et civilisation latino-américaine à l’Université de la Sorbonne. Spécialisé dans l’étude de la période pré-
colombienne, les voyages de découverte et la colonisation en Amérique latine, il collabore à de nombreuses reprises avec les éditions Chandeigne, surtout autour des textes relatifs au Nouveau Monde, au Mexique et à la Patagonie. Depuis une vingtaine d’années, il anime tous les jeudis une tribune autour
des publications récentes sur le monde sud-américain à la Maison de l’Amérique latine.

 

Les éditions Chandeigne nous offrent ici un magnifique ouvrage. La qualité du papier et de l’iconographie sont admirables. Ces illustrations sont le fruit du travail de Jean Paul Duviols, professeur de littérature et civilisation latino-américaine à l’Université de la Sorbonne. Celui-ci s’appuie sur les codex aztèques pour nous donner un panorama de la civilisation et de l’Histoire de ce peuple. On se promène donc entre les pages du livre comme entre celles des codex au fil des sept chapitres et de leurs annexes, elles-mêmes richement commentées et illustrées. Lire la suite de l'article de Sandrine Bonnal sur le site La Cliothèque.

10 décembre 2018

Méjico

Antonio Ortuño
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Marta Martínez Valls
éditions Christian Bourgeois, 09-2018

 Résumé éditeur

À Méjico, un coup de feu était une fleur dans un jardin ou la pluie sur le visage, un phénomène qui n'intéressait personne, sauf ceux qui pouvaient en profiter.
Omar, garçon sans ambition, se laisse entraîner dans une liaison avec Catalina, sa cousine éloignée, brocanteuse de son état. Plusieurs individus menaçants vont bientôt faire exploser sa placide existence, la seule solution sera la fuite. Dans ce roman plein de sang, de violence et d'amour fou, les personnages trouvent leur dignité dans leurs liens avec un noble passé, enraciné de l'autre côté de l'océan Atlantique : les sombres heures de la Guerre Civile espagnole, où éclatent des rivalités intimes. Antonio Ortuño propose un récit truculent, brutal et subtil comme un verre de tequila.

Source: site de l'éditeur

Une citation du livre :

Sans arrogance aucune, tout humble, telle que Dieu l'avait créée, l'identité mexicaine ne s'offrait pas comme la garantie d'une civilisation - comme la culture française -, c'était à peine une marque au tison que tous les bœufs de la République devaient porter gravée sur leur dos, qu'ils le veuillent ou non. Mexicains au cri de guerre*, et si les descendants d’étrangers ne veulent pas s'exécuter, qu'ils la ferment. Après tout, un étranger n'était qu'un Mexicain qui s'ignorait. 

* Mexicano al grito de guerra, paroles du refrain de l'hymne national

 




L’histoire et la petite histoire se mêlent dans ce nouveau roman du Mexicain Antonio Ortuño, dont La file indienne avait attiré notre attention en 2016. Le Mexique de la fin du XXe siècle jusqu’à l’époque contemporaine, puis vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Espagne des années 1920, au moment de la dictature de Primo de Rivera ou de la guerre civile constituent le fond de ce récit multiple.
Éternelle question : de qui descendent les Mexicains ? À qui doivent-ils leur identité ? Cette identité revendiquée existe-t-elle ? Désir et aversion ne s’ajoutent pas l’un à l’autre, ils se confondent. Méjico, qui se lit comme un bon roman noir, prouve qu’action et réflexion profonde ne sont pas ennemies, bien au contraire.
L'article de Christian Roinat, à lire sur Nouveaux Espaces Latinos.

17 novembre 2018

Au-dessous du volcan

Malcolm Lowry
Maurice Nadeau (Préfacier, etc.)
Max-Pol Fouchet (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
Clarisse Francillon (Traducteur)
Stephen Spriel (Traducteur)
éditions Folio, 1973 (1ère éd. Gallimard)

 

Résumé éditeur

Aussi quand tu partis, Yvonne, j'allai à Oaxaca. Pas de plus triste mot. Te dirai-je, Yvonne, le terrible voyage à travers le désert, dans le chemin de fer à voie étroite, sur le chevalet de torture d'une banquette de troisième classe, l'enfant dont nous avons sauvé la vie, sa mère et moi, en lui frottant le ventre de la tequila de ma bouteille, ou comment, m'en allant dans ma chambre en l'hôtel où nous fûmes heureux, le bruit d'égorgement en bas dans la cuisine me chassa dans l'éblouissement de la rue, et plus tard, cette nuit-là, le vautour accroupi dans la cuvette du lavabo ? Horreur à la mesure de nerfs de géant !

Présentation Wikipédia

Le roman se situe dans la ville mexicaine de Cuernavaca, rebaptisée Quauhnahuac. Il tire son titre des deux volcans qui dominent la ville, le Popocatepetl et l'Ixtaccihuatl. L'œuvre raconte l'histoire de Geoffrey Firmin, consul britannique à Quauhnahuac, alcoolique, le Jour des Morts, le 2 novembre 1938, et sa fin tragique. Geoffrey Firmin est un homme rongé par le remords d’un événement tragique : durant la première guerre mondiale, à bord d’un cargo britannique dont il était le commandant, il a laissé enfourner des prisonniers allemands dans la chaudière du navire. Il a été acquitté par la justice de son pays, mais sa conscience refuse d'oublier.

Le livre se compose de douze chapitres, dont le premier se passe un an après les événements du 2 novembre 1938. Les onze chapitres suivants racontent chronologiquement la journée du consul ce 2 novembre 1938, et se déroule en douze heures. Geoffrey Firmin rencontre son épouse Yvonne Firmin, au bar de l'hôtel Bella Vista. Elle l'a quitté depuis des mois, mais veut sauver leur mariage. Le rendez-vous a lieu à sept heures du matin et l'ex-consul montre déjà des symptômes d'ivresse. De là, ils décident d'aller chez Geoffrey. Au cours de leur conversation, il lui reproche de façon voilée ses infidélités, dont une avec le demi-frère de l'ex-consul, Hugh. À l’atmosphère mexicaine se superpose un climat moral dans lequel évoluent Geoffrey, Yvonne, Laruelle (un ancien amant d’Yvonne), Hugh (le frère du consul), et un médecin, le docteur Vigil. Mais cette atmosphère est également marquée par de nombreuses symboliques et des détails obsédants, dont les collines en forme de « miches de pain », les volcans redoutables et familiers, les cantinas où l’on boit du mescal, et un ravin, le ravin aux détritus, « ce sacré abîme que tout homme s’offre à l’heure actuelle… ». 

Au-dessous du volcan (Under the Volcano) est un roman est paru en 1947. Le roman a également été traduit en français sous le titre Sous le volcan. Il figure à la 11e place dans la liste des cent meilleurs romans de langue anglaise du XXe siècle établie par la Modern Library en 1998.

« Au-dessous du volcan » de Malcolm Lowry – roman ivre d’une descente aux enfers
Au-dessous du volcan appartient à la famille des grands romans du XXe siècle. Il a l’échelle de l’Ulysse de Joyce, il se situe dans la veine des romans de Conrad, il porte le souvenir de Moby Dick, il partage le goût d’un exotisme crypté avec Paradiso de Lezama Lima et rejoint par de nombreux aspects la Recherche de Proust… C’est l’œuvre d’un auteur anglais à la vie romanesque, tendue entre l’alcool, la littérature, l’amour et les voyages – une vie qui devient matière vive du roman, composé pendant des années, entre 26 ans et la fin de la trentaine, commencé en 1936 et publié en 1947. La somme finalement conçue ne compte que 12 chapitres, comme les douze heures de l’unique journée qu’elle déploie, ou les douze étapes d’un chemin de croix brutalement interrompu. Dans cette œuvre cryptée, dans laquelle chaque détail, chargé d’une valeur symbolique patiemment tissée de chapitre en chapitre, rejaillit sur l’ensemble, Lowry livre le roman ivre d’un Consul du fin fond du Mexique qui perd pied, de ses impossibles retrouvailles avec sa femme, et de son enfoncement progressif jusqu’au cœur du volcan qui le hante. Lire la suite de la chronique de F. sur le site La Parafe.

« Au-dessous du volcan », de Malcolm Lowry : on ne peut pas vivre sans aimer.
C’est le propre des chefs-d’œuvre littéraires que de rester non pas inconnus mais souvent hors de portée, de heurter la logique et les habitudes. Ce livre ne fut reconnu largement qu’après la mort de son auteur. Cet article est paru dans « Le Monde » du 12 janvier 1961. Lire l'article de Maurice Chavardés publié le 12 janvier 1961, mis à jour le 21 juin 2019sur le site du Monde.

Au dessous du volcan, de Malcolm Lowry
Malcolm Lowry est britannique (le livre fut écrit en anglais) mais a bourlingué toute sa vie, et Au-dessous du volcan, largement autobiographique, fut conçu au Mexique. L'histoire du manuscrit fut aussi chaotique que celle de son auteur : c'est bien au Mexique, en 1936. La seconde version fut perdue, la troisième incendiée. Au-dessous du volcan raconte 24 heures de la vie engluée de Geoffrey Firmin, alcoolique mélancolique, qui entraîne la femme qu'il aime dans sa chute. Le tout sous le regard du Popocateptl. Il est classé parmi les 5 livres à lire avant de partir au Mexiquepar le site Voyageurs du monde.



24 octobre 2018

Les spectres de la terre brisée

S. Craig Zahler
Traduit de l'anglais (USA) par Janique Jouin-de Laurens
éditions Gallmeister - 08/2018



  • Résumé de l'éditeur
Mexique, été 1902. Deux sœurs kidnappées aux États-Unis sont contraintes à la prostitution dans un bordel caché dans un ancien temple aztèque au cœur des montagnes. Leur père, John Lawrence Plugford, ancien chef de gang, entame une expédition punitive pour tenter de les sauver, accompagné de ses deux fils et de trois anciens acolytes : un esclave affranchi, un Indien as du tir à l’arc, et le spectral Long Clay, incomparable pro de la gâchette. Le gang s’adjoint également les services d’un jeune dandy ambitieux et désargenté, attiré par la promesse d’une rétribution alléchante. Peu d’entre eux survivront à la sanglante confrontation dans les badlands de Catacumbas.
Un western impitoyable qui balaie tout sur son passage, comme un film de Tarantino au volume poussé à fond.

  • L'auteur
Né en Floride, S. Craig Zahler est désormais New-Yorkais et a travaillé de nombreuses années en tant que directeur de la photo et traiteur, tout en jouant dans un groupe de heavy métal et en créant des pièces de théâtre bizarres. Son premier roman, un western intitulé A Congregation of Jackals, a été nominé pour les prix Peacemaker et Spur

Tout savoir sur le livre, son auteur et lire un extrait sur le site des éditions Gallmeister.

  • La chronique de Franck Tilliez dans Le Monde
Catacumbas est tenu par un borgne capable de déguster des crevettes charnues tout en contraignant les traîtres à avaler des scorpions vivants. ­Forcément, ça pique, comme le casting goûteux des sept cavaliers – le père et ses deux fils à l’esprit vengeur, l’esclave noir affranchi, l’Indien à l’œil infaillible, le Gringo dandy ruiné et le flingueur psychopathe, celui dont même le Diable a peur, aux faux airs de Javier Bardem dans le film des frères Coen, No Country for Old Men (2007).
Cette chevauchée nous fraye un chemin à travers l’enfer. Son auteur, l’Américain S. Craig Zahler, également réalisateur de films, batteur et parolier dans un groupe de heavy metal, attaque Les Spectres de la terre brisée avec l’âpreté d’un riff sursaturé. A la beauté des paysages et des vives couleurs du ciel se heurte la froideur des ténèbres présentes en chacun de nous...
Lire la chronique sur le site du Monde

10 octobre 2018

Quelque chose du Mexique

Morgane Desbrosses
Illustrations de Lison Cuart
éditions Nanika - 09/2018

Résumé de l'éditeur :

Quelles sont les différences entre les Aztèques et les Toltèques ? Les Mexicaines portent-elles toujours des huilpils ? C’est vrai que ce sont les Mayas qui ont inventé le chocolat ? Comment manger des tacos comme un vrai Mexicain ? Qu’est-ce que la Catrina ?
Le Mexique mystifie autant qu’il attire. Pour passer au-delà des clichés, il faut prendre le temps de le connaître, de creuser un peu sous la surface, de chercher les racines profondes sur lesquelles il repose. Parce que oui, les plages mexicaines sont magnifiques, les soirées endiablées et les cartels très dangereux mais le Mexique c’est bien plus que cela. C’est une histoire millénaire, une cuisine reconnue à travers le monde, une diversité incroyable de la biosphère et surtout des traditions ancestrales qui donnent l’impression que derrière chaque geste, chaque mot, chaque chose se cache une signification nouvelle, un morceau de culture. Dès mes premiers jours au Mexique, j’ai été totalement séduite par la joie de vivre ambiante, les couleurs, la musique mais aussi par les petits moments du quotidien, toutes ces simples habitudes que les touristes considèrent comme anodines mais qui ont en fait une signification symbolique extrêmement profonde pour les Mexicains.

Sur l'auteur :

Son histoire d’amour avec le Mexique démarre en fait à La Havane, Cuba, à l’été 2015 où elle rencontre celui qui deviendra l’un de ses amis les plus chers, Miguel. Mexicain d’origine et grand féru d’histoire, celui-ci va lui transmettre sa passion pour la culture mexicaine. Bien décidée à découvrir par elle-même ce pays à la culture si riche et ancrée dans l’histoire, Morgane s’envole pour la première fois pour le Mexique, direction la petite île d’Holbox en mars 2016. Arrivée à Cancun de nuit et sous une pluie battante, elle va vite faire face à la différence de culture, de langage et de mode de vie, pour le meilleur et parfois pour le pire ! Il ne lui faudra que trois semaines pour tomber amoureuse du pays et décider d’en voir le plus possible.

Ces informations sont issues du site des éditions Nanika, sur lequel vous trouverez tous les détails, le sommaire et quelques illustrations.

27 septembre 2018

El Nakom - 2

Dessin : Jeronaton
Scénario : Jeronaton
Éditions du Long-Bec, 09/2018


Fiche de l'éditeur

Gonzalo Guerrero, naufragé castillan devenu chef de guerre maya, doit faire face aux dangers d'une invasion espagnole. Entre ceux qui sont devenus son peuple et ceux qui étaient les siens, il doit faire un choix. Un album en couleurs directes pour une réflexion sans concession sur le colonialisme et la cupidité humaine
L'arrivée de troupes espagnoles aux abords du village maya qui l'a recueilli met Gonzalo Guerrero face à un dilemme. Le naufragé castillan devenu chef de guerre doit choisir entre ses compatriotes espagnols et les autochtones auprès desquels il a refait sa vie. Gonzalo sait de quoi ses anciens concitoyens sont capables et décide de penser à l’avenir de sa famille maya. Il n’a donc d’autre choix que de devenir un renégat...

Source : éditions du Long Bec
L'article sur le tome 1
Le blog de Jeronaton

5 septembre 2018

Charlotte impératrice

La princesse et l'archiduc (tome 1)
Dessinateur : Matthieu Bonhomme, scénariste : Fabien Nury
éditions Dargaud, 09/2018


Élevée par son père Léopold 1erer, Charlotte de Belgique est destinée à faire un glorieux mariage. Pour la jeune femme, le choix s'arrête sur l'archiduc Maximilien d'Autriche, frère cadet de l'empereur François Joseph. Un mariage somptueux vient sceller leur union, qui, disons-le tout de suite, ne sera pas heureuse. Le jeune couple est dépassé par les rivalités dont ils sont le jeu, entre les terribles Habsbourg et le calculateur empereur Napoléon III. Et Maximilien se révèle un homme décevant, à tous points de vue. C'est en faisant face à l'adversité que Charlotte aura finalement l'occasion de quitter les voies d'un chemin tout tracé...


Voir la fiche de l'éditeur

L'Empire (tome 2)
Dessinateur : Matthieu Bonhomme, scénariste : Fabien Nury
éditions Dargaud, 06/2020

Depuis son mariage avec Maximilien d'Autriche, Charlotte va de désenchantements en désillusions. Sa vie conjugale réduite à néant, elle mise son va-tout sur la couronne du Mexique. À leur arrivée à Veracruz, le couple impérial découvre un pays exsangue, bien loin d'être pacifié par les troupes françaises. Ils doivent faire face à la défiance des élites locales bien décidées à tirer parti de la faiblesse de caractère de Maximilien pour préserver leurs intérêts.



Née en 1840, Charlotte de Belgique est la fille de Léopold 1er. Mariée en 1857 à l’archiduc Maximilien d’Autriche qui devient en 1863 empereur du Mexique, nommé par Napoléon III. Maximiliano sera plus tard abandonné face à Benito Juarez, président de la jeune république mexicaine. Il sera finalement fusillé à Querétaro, au cerro de la campanas en 1867. Charlotte reviendra en Belgique et perdra la raison.

PhH