26 février 2022

Terres voraces

Sylvain Estibal
éditions Actes Sud, 02-2022

Présentation éditeur

La vie de Lucia a basculé depuis la disparition de sa fille. Le jour de son enlèvement, l'adolescente portait le maillot de son idole, Lionel Messi. Depuis, sa mère parcourt les collines à la recherche des cadavres ensevelis par les cartels mexicains. Des corps de femmes souvent, que des criminels abandonnent dans les fosses clandestines, les puits oubliés, les trous creusés à la hâte dans le désert. Mais dans un pays résigné face à l'impunité, la force de Lucia, sa volonté furieuse et brûlante de résister, de ne pas se résoudre à accepter l'infamie - celle du mensonge et de la complicité de l'État, celle d'une jeunesse décimée et de ces vies en suspens - deviennent vite embarrassantes pour les trafi­quants et leurs protecteurs.
C'est dans ce décor tragique que Messi entre en jeu, lors du match de demi-finales de la Ligue des champions. Le ravisseur en a décidé ainsi : si le Barça gagne, il libère la jeune Bianca. Sinon, elle sera exécutée. Paradoxe insensé faisant coexister la futilité d'un championnat de football et le prix dérisoire d'une vie...
Un texte sombre et incantatoire, à l'écriture pénétrante - comme les tiges de fer et les pioches qui fouillent ces terres voraces -, pour sonder l'ampleur des fissures invisibles, des séismes silencieux qu'elle révèle

 

L'auteur
Sylvain Estibal est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le désert, parmi lesquels un livre d’entretiens avec Théodore Monod, Terre et ciel. Le Dernier Vol de Lancaster, son premier roman, a été adapté au cinéma par Karim Dridi sous le titre Le Dernier Vol (2009), avec Marion Cotillard et Guillaume Canet dans les rôles principaux. En 2011, Sylvain Estibal a réalisé son premier long métrage, Le Cochon de Gaza, qui a reçu en 2012 le César du meilleur premier film. Il possède les nationalités française et uruguayenne. Il vit entre Chypre et le Mexique. En savoir plus sur l'auteur et sur son livre Terres voraces (vidéos).


"Terres voraces" de Sylvain Estibal : le livre à cran sur l'enfer mexicain !
État du Guerrero, au Mexique : une jeune fille de 14 ans disparaît. Signe particulier : la dernière fois qu'on l'a vue, elle portait un maillot de Lionel Messi. Avec son puissant « Terres voraces » (Actes Sud), le romancier Sylvain Estibal nous emmène en enfer.
Sur la carte du Mexique diffusée par le ministère des Affaires étrangères français, la légende distingue quatre zones selon lesquelles le touriste déterminera son itinéraire. En vert, la « vigilance normale » ; en jaune, la « vigilance renforcée » ; les zones orange sont « déconseillées sauf raison impérative », et les zones rouges sont « formellement déconseillées ». Sauf que des zones vertes, il n’y en a pas...
Lire la suite de l'article de Jean-Paul Brighelli sur Marianne.

19 février 2022

Le corbeau, la blonde et les méchants

Juan Hernández Luna
traduit de l'espagnol (Mexique) par Christophe Josse
éditions L'Atalante, 02-1998

 

Présentation de l'éditeur

Enrique Mejia, dit « le Corbeau », est chauffeur de taxi à Puebla. Sa femme l’a quitté ; sa passion du boléro l’en console bien peu. Au carnaval de Huejotzingo, il assiste à un meurtre, se lie d’amitié avec un peintre et recueille une blonde victime d’une agression. Les « méchants » qui la poursuivent sont à la recherche d’une photo compromettante où James Dean joue de la clarinette...
Par l’originalité de la narration, la liberté de ton, l’alliance du noir, de la mélancolie et de la truculence la plus débridée, Le Corbeau, la blonde et les méchants secoue allègrement le cocotier du polar.

 

L'auteur
Juan Hernández Luna est mexicain et vit à Puebla. « Le plus dur, le meilleur, la relève du nouveau roman noir mexicain » affirme à son sujet Paco Taibo II.

La fiche du  livre sur le site de l'éditeur

12 février 2022

Du tabac pour le puma

Juan Hernández Luna
Titre original  Tabaco para el puma
traduit de l'espagnol (Mexique) par Christophe Josse
éditions L'Atalante, 02-1999

 

Présentation de l'éditeur

Puebla au Mexique, ville fondée, dit-on, par les anges. Pourtant... Ezequiel Aguirre, magicien sur la touche, s’abreuve d’émotions fortes ; il cherche à oublier le départ de sa femme. Liliana, sa fille, risque gros à filmer un trafic d’immigrés clandestins originaires d’Amérique centrale. Un quidam qui revendique le sobriquet de « Main furtive » s’emploie à tripoter en douce d’honorables citoyennes de la ville. Le gouverneur de l’État exproprie des paysans afin de céder leurs terres à une multinationale. Un vieux pompier relate ses exploits d’agitateur dans les années trente. Roger Simon, l’auteur californien vient mener une enquête sur un espion allemand de la Première Guerre mondiale. Autant de destins dont la trame se nouera finalement. Réaliste mais burlesque, amer mais hilarant, Juan Hernández Luna, né en 1962, a obtenu avec Du tabac pour le puma le prix Hammet 1997 décerné au festival international de Gijón. 

 

 La fiche du livre sur le site de l'éditeur

5 février 2022

Les lamentations du Coyote

Gabino Iglesias
traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Szczeciner
éditons 10/18, 04-2022

 

Résumé éditeur

 

Un conte horrifique parfaitement maîtrisé, un coup de pied indispensable à la société américaine, qui envoie tout valser. La Frontera, une zone de non-droit séparant le Mexique des États-Unis. C’est là que sévit le Coyote. Personne ne connaît son nom, mais à quoi bon ? Il est le Coyote, tout simplement. Celui dont la mission divine est de sauver des enfants mexicains en leur faisant passer clandestinement la frontière vers la terre promise. La Virgencita veille sur eux – et sur lui, son guerrier sacré, son exécuteur des basses œuvres. Autour de lui, d’autres habitants de la zone, confrontés eux aussi à la violence, au deuil, au désespoir. Tous résolus à se soulever contre un monde qui fait d’eux des indésirables. Cavales, fusillades, cartels, sacrifices sanglants, fantômes et divinités vengeresses… L’heure de la revanche latina a sonné.


Chansons de Coyote de Gabino Iglesias: un conte de Barrio Noir opportun et nécessaire

" Gabino veut nous montrer l'étendue du spectre des expériences Frontera, et il le fait en ayant plusieurs protagonistes, en consacrant chaque chapitre à une seule perspective. Il y a le Coyote, un homme sans nom qui aide à transporter les enfants d'un côté à l'autre de la frontière, le tout sur instruction de ce qu'il croit être une vocation supérieure.
Nous avons Jaime, récemment sorti de prison et détenant une peine de colère et Pedrito, un enfant avec une perte profonde qui le conduit sur un chemin sombre. Mais pour moi, les personnages les plus intéressants étaient les femmes de Coyote Songs. Il y en a trois: Alma, une artiste de la scène qui cherche à créer une expérience inoubliable, La Mère, une femme qui doit donner naissance à quelque chose de pas du tout humain, et La Bruja. "
Lire la suite de l'article d'Hector Acosta sur le site MysteryTribune.

22 janvier 2022

Les dragons de la frontière

Tome 1, La piste de Santa Fe
Gregorio Muro Harriet (scénario), André Gil (dessins)
éditions Glénat, 02-2021

 

Présentation éditeur

 

Mai 1774. Miguel, jeune vétérinaire, est membre d’un convoi de bétail mené par une troupe de dragons de Cuera, ces fameux cavaliers lanciers espagnols chargés de garder la frontière nord-américaine de l’empire espagnol. Mais à l’issue d’une attaque de leur caravane par des Apaches, Miguel est capturé avec Madeleine, une religieuse. Adoptés par le chef de la tribu, les jeunes gens n’auront d’autre choix que de s’adapter à la rude vie de leur nouvelle « famille ». Malgré eux, ils seront pris au cœur d’une tourmente guerrière opposant Apaches, Comanches et dragons de Cuera...
Western espagnol plein de sang, de drames et d’héroïsme, Les Dragons de la frontière réussit le tour de force de respecter les codes du genre tout en y apportant un nouveau souffle, et nous replonge dans les décors mythiques de la légende de l’Ouest américain.

 

Le début de l'histoire
Une cohorte de colons espagnols remonte de Mexico vers San Juan Pueblo (au Nouveau Mexique). Ils sont escortés par des « dragons », c’est-à-dire un corps de cavaliers munis de lances et vêtus de cuir. Parmi eux, le cadet Miguel de Sasoeta s’est légèrement épris d’une nonne française de la Nouvelle Orléans. Mais malgré son haut lignage, son supérieur le sergent El Chato le rabroue sans cesse et l’oblige à rester dans le rang. Tandis qu’ils avancent péniblement sur la piste poussiéreuse, en se méfiant des crotales, ils s’aperçoivent qu’ils sont observés de loin par des guerriers apaches.

Un article de Benoit Cassel
En lisant le mot « Dragons » en titre, les lecteurs inattentifs se seront fourvoyé en déduisant qu’il s’agit d’une quête de fantasy et à ce qu’elle soit chapeautée par Jean-Luc Istin. Que nenni. Les dragons dont il est ici question appartiennent au corps de cavalerie espagnole qui était chargée de conquérir le Mexique, et dont les costumes étaient majoritairement en cuir. Nous sommes ici au moment des guerres d’indépendance américaine, en novembre 1778, mais l’action se situe en marge, plus au Sud, dans les régions encore sous occupation espagnole. Lire la suite sur Planète BD.

 La fiche du livre sur le site de l'éditeur.

Remarque : le Mexique dont il est question dans cette bd est celui d'avant 1848, avec un territoire formé par la superficie du Mexique actuel, auquel il faut rajouter l'Arizona, l'Utah, le Nouveau-Mexique, le Nevada, la Californie, et le Texas (séparé en 1836) qui rejoignent les Etats-Unis d'Amérique au terme de la guerre americano-mexicaine. Le Mexique a du céder plus de 40 % de son territoire, soit près de 2 000 000 km2. Le tome 2 Cuerno Verde, se déroule intégralement au nord du Rio Bravo au Nouveau-Mexique.

15 janvier 2022

American Dirt

Jeanine Cummins
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain & Christine Auché
éditions 10/18, 01-2022

 

Résumé éditeur

Libraire à Acapulco au Mexique, Lydia mène une vie calme avec son mari journaliste Sebastián et leur famille, malgré les tensions causées dans la ville par les puissants cartels de la drogue. Jusqu’au jour où Sebastián, s’apprêtant à révéler dans la presse l’identité du chef du principal cartel, apprend à Lydia que celui-ci n’est autre que Javier, un client érudit avec qui elle s’est liée dans sa librairie… La parution de son article, quelques jours plus tard, bouleverse leur destin à tous.
Contrainte de prendre la fuite avec Luca, son fils de huit ans, Lydia se sait suivie par les hommes de Javier. Tous deux vont alors rejoindre le flot de migrants en provenance du sud du continent, en route vers les États-Unis, devront voyager clandestinement à bord de la redoutable Bestia, le train qui fonce vers le Nord, seront dépouillés par des policiers corrompus, et menacés par les tueurs du cartel…
Porté par une écriture électrique, American Dirt raconte le quotidien de ces femmes et de ces hommes qui ont pour seul bagage une farouche volonté d’avancer vers la frontière.
 

Avis de la Presse et des lecteurs à lire sur le site de l'éditeur

La Bestia, c'est un train de marchandises qui circule sur les deux lignes qui longent les côtes caraïbes et pacifiques. Parties du Chiapas, elles se rejoignent dans le centre-sud du Mexique, vont vers la capitale, Mexico, et une gare de triage (Lecheria), d'où rayonnent quatre lignes qui se dirigent vers le Texas, l'Arizona et la Californie.
A propos du train La Bestia :
Un article de Radio Canada de 2014
Un article sur Ouest-France de 2018
Un reportage de Brut Media sur Norma Romero qui depuis 25 ans porte secours aux migrants, 2019

8 janvier 2022

Les mortes

Jorge  Ibargüengoitia
traduit de l’espagnol (Mexique) par Dominique Fisher
éditions Gallimard - série noire, 02-1996
éditions Cambourakis, 06-2021

Présentation de l'éditeur

Archangela et Seraphina ne sont pas des anges mais plutôt des maquerelles.
Et quand une loi interdit la prostitution, les deux dames sont bien obligées de cacher leur personnel dans une maison close désaffectée, en attendant des jours meilleurs. La justice et la prostitution n'ont jamais fait très bon ménage. Mais les dames recluses et inactives finissent par avoir des montées de fièvre, si bien que certaine viennent à mourir d'étrange façon.

 

 

Basé sur des faits réels, le livre raconte l'histoire des sœurs Valenzuela qui a défrayé la chronique en 1964 au Mexique, connue sous le nom de "Las Poquianchis". Quatre sœurs maquerelles exploitaient des jeunes filles séquestrées dans des bordels à 200km de Mexico. L'histoire criminelle est tellement exceptionnelle que Dominique Fisher, traducteur et préfacier la présente comme canonique des tueurs en série au Mexique. Las Poquianchis sont à ce pays ce que Landru est à la France, Jack l'éventreur à l'Angleterre ou Al Capone aux Etats-Unis. L'auteur raconte les faits de façon romanesque et détachée, à grand renfort d'humour noir, dans une ambiance semblable à celle de L'Auberge rouge de Claude Autant-Lara, Fernandel en moins. Jorge  Ibargüengoitia, écrivain au talent reconnu et récompensé, utilise un style littéraire qui rend la lecture très agréable. On frémit souvent face aux traitements que subissent les prostituées contraintes malgré le ton très neutre volontairement adopté par l'auteur qui veut par la prendre le contre-pied des chroniques amarillistes qui se répandent après que l'affaire ait été dévoilée. Au delà des nombreuses exactions commises par les sœurs, le livre dénonce toutes les complicités et corruptions de militaires, notables, avocats, policiers, élus, fonctionnaires ... qui ont permis à cette tragédie de se dérouler sur 20 ans dans un État (Guanajuato) aux portes de Mexico. Souvent enlevées à des familles pauvres, revendues pour quelques milliers de pesos illustrant bien l'adage mexicain "la vida no vale nada", nourries avec quelques tortillas et haricots quotidiens, le sort des filles étaient abominable. Mais plutôt que de se complaire dans des descriptions sordides, l'auteur a choisi de privilégier l'étude de l'atmosphère générale du pays qui a permis que ces faits se déroulent sur une période aussi longue avant que la justice ne s'en mêle. Si le livre n'aborde "que" le cas d'une dizaine d'assassinats, les sœurs Valenzuela ont été condamnées pour la mort de 91 personnes (assassinats et infanticides), et on estime à 150 le nombre total de victimes. Pour l'auteur, là est le véritable scandale, la véritable honte pour le pays : le niveau de corruption qui gangrène déjà la haute société, l'absence de considération pour les femmes de ces clients appréciant la jeunesse de filles parfois de moins de 15 ans, l'exploitation de la pauvreté, la traite d'êtres humains et l'absence de réaction de la police de la justice et de la société avant que l'affaire n'éclate. La lecture de ce livre écrit en 1977 sur des faits jugés en 1964 donne un début d’explication à la montée de la violence, à la multiplication des féminicides et aux pouvoirs pris par le crime organisé dans le Mexique contemporain.

PhH

 

L'auteur
Jorge Ibargüengoitia Antillón (1928 - 1983) est né à Guanajuato. C'est un écrivain et dramaturge mexicain. Il remporta un grand succès avec ses récits satiriques, comme Las Muertas (Les Mortes), Dos Crimenes (Deux crimes), et Los Relámpagos de Agosto. Parmi ses pièces, Susana y los Jóvenes et Ante varias esfinges remontent toutes deux aux années 1950. En 1960, Ibargüengoitia  reçut le prix littéraire de la ville de Mexico.Dans ses romans, il s'inspire souvent d'événements réels, qu'il traite d'une façon sardonique. Pour Les Mortes (1977) il traita du plus horrible fait divers de son état de naissance : l'histoire des sœurs Delfina & María de Jesús González, deux tenancières de bordel, chez qui on retrouva 91 cadavres en 1964. 

 

L’édition de 2021 aux éditions Cambourakis

 

Las muertas
editorial RBA libros

Si al despertarse, Simón Corona se hubiera vuelto a su casa, los crímenes de Las Poquianchis habríanpermanecido ocultos. Pero el destino tenía escrita otra historia. El reencuentro con Serafina Baladro, su amante, lecostará a Simón Corona cuarenta y ocho balas de calibre reglamentario, y aún así se librará de la muerte. Pero tambiénle valdrá una confesión ante el inspector Teódulo Cueto: una vez ayudó a Serafina y a su hermana Arcángela a trasladarel cadáver exhumado de una mujer.La obra maestra de Jorge Ibargüengoitia es la extraordinaria recreación de un casoreal que conmocionó el México de los años sesenta, cuando aparecieron varios cadáveres de prostitutas en distintaspropiedades de las dos madame, dueñas de tres burdeles. Las muertas está construida a partir de diversos testimonios,voces que se reúnen para dar forma a un universo literario único.

11 décembre 2021

Le rêve de Malinche

Pablo Aubadell (dessins) Gonzalo Suàrez (scénario)
Éditions de La Cerise, 09-2021

 

Présentation de l'éditeur

 

Fable tragique sur la chute de l’empire aztèque, ce récit à plusieurs voix se concentre sur la figure mystérieuse de la Malinche, esclave offerte par les mayas au conquistador espagnol Cortès, qui devint rapidement sa femme, son interprète et sa conseillère diplomatique. Son rôle historique, aussi crucial qu’ambigu, procède de l’étrange situation de sa parole, intermédiaire entre deux mondes qui ne peuvent - ou ne veulent - pas se comprendre. Pablo Auladell magnifie par son trait charbonneux et envoûtant ce texte du cinéaste et écrivain Gonzalo Suárez.

 

Roman graphique

La fiche du livre sur le site de l'éditeur
Une preview sur le site BDgest

Vue de Tenochtitlan - Extrait du site de l'éditeur

A propos de La Malinche
Les historiens s'accordent à dire que la Malinche (Malinalli de son nom nahuatl) naquit au début du XVI siècle dans une famille noble aztèque. Son père meurt lors de son enfance. Sa mère se remarie alors et donne naissance à un garçon. Afin que ce dernier soit l'unique héritier, la petite fille est vendue à des commerçants de passage. Elle quitte sa région natale qu'est Veracruz et devient alors l'esclave d'un chef militaire de la région de Tabasco où elle apprend les dialectes mayas.
Suite à une bataille perdue, elle est offerte à Cortés comme butin avec métaux précieux et esclaves. Découvrant ses talents linguistiques, la Malinche, baptisée Doña Marina, devient interprète puis amante de Cortés. Elle joue un rôle stratégique lors de la conquête en tant qu'interprète, mais aussi en tant que conseillère de Cortés qui écrira "Après Dieu, nous devons la conquête de la Nouvelle Espagne à Doña Marina". Certains historiens n'estiment pas son rôle déterminant lors de la conquête espagnole, attribuant un rôle bien plus important à la supériorité militaire des Espagnols et à la variole.
Bien qu'elle soit détestée par de nombreux Mexicains, elle reste la mère du premier d'entre eux, reconnu comme tel. Elle donna à Cortés un fils baptisé Don Martin Cortés Tenepal qui devint le premier de la lignée métisse, mélange de sang espagnol et indien. La Malinche demeure un nom associé à la trahison. De là est d'ailleurs né le terme malinchismo qui signifie préférer l'étranger au national.
Lire l'article dans son intégralité
(source : Charlotte Morvan, lepetitjournal.com/mexico, 2013)

27 novembre 2021

Un Québécois à Mexico

Récit d'un double choc culturel
Jérôme Blanchet-Gravel
éditions L'Harmattan, 11-2021

 

Présentation de l'éditeur

 

À l'été 2018, Jérôme Blanchet-Gravel débarque à Mexico sans savoir que son premier séjour dans cette mégalopole va changer sa vie. Il commence à partager son temps entre le Québec et le Mexique, apprivoisant une société hantée par la pauvreté, la mort et la violence, et pourtant si dynamique ! Une société encore épargnée par les nouveaux interdits puritains en vogue dans les pays du Nord, un monde de désir, de couleurs et de métissage, mais aussi de fortes hiérarchies héritées de la colonisation. Il était une fois un double choc culturel... L'auteur redécouvre sous un autre angle son propre pays, le Québec, et jette un regard neuf et décapant sur les grandes différences qui séparent l'Amérique latine de cet Occident anxieux et sans relief que la pandémie a mis en évidence. Un regard critique sur l'évolution de nos sociétés qui ne peut laisser personne indifférent.

 

L'article consacré au livre par Alexis Brunet dans Causeur

Dans un style alerte et limpide, notre ami signe Un Québécois à Mexico (Éditions de l’Harmattan), un réjouissant ouvrage sur son rêve mexicain. Nous venons d’en terminer la lecture.
Du Pays des morts au pays des morts-vivants
C’est l’histoire d’un homme qui, par curiosité, débarque à Mexico. L’histoire d’un homme qui, quand il y pose les pieds, ne sait pas encore qu’il vient d’être happé. Happé par sa vigueur culturelle, happé par son identité marquée, happé par sa capacité à assimiler l’Autre sans jamais tailler une seule de ses propres racines. « La dualité fondatrice », comme l’a conceptualisé l’essayiste Octavio Paz en 1950. Ni préhispanique, ni espagnol, le Mexique est né de la rencontre volcanique entre deux mondes, et l’on ne peut rien comprendre de ce jeune pays si l’on ne prend pas en compte cet élément.
Dans ce magma qui bouillonne depuis l’aube du 1er juillet 1520, cette « Noche Triste » où Hernan Cortés et ses hommes ont bien failli y passer, Jérôme Blanchet-Gravel déambule et se passionne. Il y a peu nous nous y sommes croisés, dans le « nombril de la Lune », comme ils disent là-bas.
Lire la suite de l'article

6 novembre 2021

La femme de tes rêves

Antonio Sarabia
traduit de l'espagnol (Mexique) par René Solis
éditions Métailié, 14-2017

Résumé éditeur

Journaliste sportif au Sol de Hoy, Hilario Godínez a des relations ambiguës avec le monde de sa petite ville de la province mexicaine. Une inconnue lui écrit des lettres d'amour depuis dix ans, il n'a aucune idée de son identité. Lui qui rêvait d'être écrivain et dont la carrière littéraire semble définitivement compromise conquiert des admirations encombrantes chez les tueurs du cartel local grâce à ses chroniques de foot.
Le jour où on retrouve dans un dépotoir le corps du brillant footballeur Torito Medina – enfin, une partie du corps –, tout dérape.
Il se retrouve en première ligne et se lance dans la résolution de l'énigme. Au passage il drague la jolie chroniqueuse mondaine de bonne famille qui lui révèle tout un univers de plasticiens et de galeristes.
Son admirateur musclé le met en garde mais il s'obstine dans sa recherche du salaud qui s'amuse à semer les cadavres incomplets dans la ville effrayée.
Dans ce petit polar cruel, Antonio Sarabia offre un portrait saisissant du Mexique d'aujourd'hui, où l'étonnement n'est plus de mise, mais qui laisse quand même une place à l'amour et à l'espoir.

 

Antonio Sarabia, né le à Mexico et mort le à Lisbonne (au Portugal), est un écrivain mexicain, auteur de roman policier. Il fait des études d'information scientifique et technique à l'université ibéro-américaine de Mexico. Il travaille à la radio et dans la publicité. En 1978, à la suite de la publication d'un recueil de ses poèmes, Tres pies al gato, il décide de se consacrer à la littérature.
En 1988, il publie son premier roman, El Alba de la Muerte, grâce auquel il est finaliste pour le prix international de New Diana. Sa fiche sur wikipedia. Sa fiche chez son éditeur Métailié.


No tienes perdon de Dios
editorial Los Libros del Lince, 2018


Resumen 

Antonio Sarabia firma una novela negra llena de poesía.
¿Qué torpezas ha cometido el héroe de esta intriga? Un narrador equívoco le repite sin descanso que no tiene perdón de Dios y él, en su perpetua desdicha, parece confirmar el dictamen. Hilario Godínez tuvo en otro tiempo pretensiones literarias, pero ahora redacta insignificancias deportivas en un periódico local. Su columna, por cierto, deslumbra a los criminales de la ciudad. Su vida es una acumulación de frustraciones solo interrumpida por la correspondencia que mantiene con una dama muy enigmática. Una mañana, sin embargo, el cuerpo desmembrado del futbolista Torito Medina aparece en un muladar de las afueras y esa monótona existencia es engullida por un torbellino insensato. Para salvar el pellejo debe averiguar lo ocurrido y para averiguar lo ocurrido debe jugarse el pellejo.